Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (34)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (34)

Bonjour, nouvelle interview, nouveau personnage. Quelques mots pour vous présenter ?

Je m’appelle Amy. Je suis une petite fille souffrant d’une maladie nommée Progeria, ce qui fait ressembler mon visage à celui d’une vieille personne. J’ai grandi dans un asile en compagnie de personnes pas toujours amicales. C’est grâce aux mauvais traitements que mon pouvoir m’a été révélé : celui de donner vie aux terreurs les plus profondes. Par conséquent, même si je les ai toutes torturées à mort, je leur suis reconnaissante. Et puis, je suis en quelque sorte devenue immortelle au sein du Mal !

Voilà qui ne promet rien d’encourageant… Comment s’est développé votre caractère connaissant votre parcours ?

Je suis quelqu’un de très joyeux pourrait-on dire. Je ne résiste pas au plaisir de faire souffrir les gens, de les torturer au creux de leurs cauchemars, de faire prendre vie à leurs pires peurs dans des mises en scène de mon invention. Je suis assez facétieuse dans mon genre. Et je dois bien admettre que je suis assez encline à la vengeance également. Il y a dans ce dernier aspect de ma personnalité quelque chose de totalement jouissif.

Je commence à comprendre… C’est un passif très abouti, êtes-vous restée longtemps dans la tête de votre créateur ?

Mettons directement les choses au point ! Il n’est pas mon créateur mais juste un instrument soumis à ma volonté. Après tout, je suis née bien avant lui. Lorsque je l’ai rencontré au creux d’un cauchemar, il m’a semblé montrer quelques dispositions à relater mes aventures. Alors, même si je l’effraie au plus profond de ses songes, je lui laisse la raison afin qu’il puisse retranscrire mes petites histoires. Il est juste un pantin, rien de plus.

Mais à quel moment pantin et marionnettiste se confondent ?

Disons que nous avons des points communs. Avant que je ne fasse sa connaissance, il écrivait déjà des histoires horribles dans lesquelles bon nombre de personnes mouraient dans d’atroces souffrances physiques ou morales. Et comme il ne peut rien me cacher, je sais parfaitement qu’il éprouve un plaisir malsain à exercer cette facette de son talent. Avec le temps, nos personnalités se sont intimement liées. Nous évoluons dans une relation symbiotique.

Il est juste persuadé d’avoir du talent. Vous savez comment sont les auteurs !

Mais si ces atrocités existaient avant votre influence, c’est peut-être lui qui vous les souffle ? Vous ne lui en voulez pas ?

Pourquoi lui en voudrais-je ? Il n’a même pas conscience que j’existe. Il est juste persuadé d’avoir du talent. Vous savez comment sont les auteurs ! (rires) La vanité se dispute à l’égocentrisme au sein de son être. J’attends juste le bon moment de lui révéler ma présence afin de le briser. En ce moment même, il est « en sommeil » et n’a aucune conscience de répondre pour moi à cette interview. Lorsqu’elle sera publiée, il mettra certainement le fait de l’avoir oublié sur le compte du surmenage et la relaiera sur les réseaux sociaux. Égocentrisme, vous dis-je ! (rires)

Entre deux aventures, dès qu’il pose la plume, vous occupez comment votre temps libre ?

Il pose rarement la plume, c’est bien là sa seule qualité (rires). Sinon, quand il n’est pas à mon service et qu’il explore d’autres horizons tels que la littérature jeunesse (Pouah ! Je déteste les enfants !), j’en profite pour visiter le moindre recoin de son esprit. Je peux vous affirmer que ce n’est pas très beau là-dedans ! Sinon, quand il écrit ces histoires sans intérêt, je le laisse afin de visiter d’autres foyers. Les gens et leurs problèmes sont une telle source d’inspiration ! Je ne m’en lasse pas ! (rires)

Vous reconnaissez tout de même une certaine autonomie à votre créateur…

J’ai déjà dit qu’il n’était pas mon créateur ! Vous êtes bouché ou quoi ? Si vous continuez, je viendrai vous rendre une petite visite ! D’ailleurs, je note votre nom dans mon petit cahier !

Je crois qu’il est justement le temps de conclure. Je vous laisse le dernier mot ?

N’ayez pas peur et lisez mes petits contes ! Qui sait ? Peut-être qu’un jour vous figurerez dans l’un de ces récits ? En tous cas, je me réjouis d’avance de vous rencontrer…

2 réflexions sur “Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (34)

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s