Poissons volants de François Filleul

Le livre : Poissons volants de François Filleul – Paru le 08 février 2019  chez Ker éditions dans la  collection Tranches de vie – 18 €. (250 pages) ; 24 x 14.5 cm

 

4ème de couverture :
Réveillon 2016. À La Línea, aux confins de l’Andalousie, face au détroit de Gibraltar, où prospèrent les trafics en tout genre, plusieurs familles sont exécutées quelques secondes avant minuit. Alors que grouillent les rats et s’échouent les baleines, l’inspecteur Fulgor Durán mène l’enquête sous une étrange canicule hivernale. Il croise sur sa route migrants, dirigeants locaux, travailleurs en crise et des poissons volants, égarés par le réchauffement climatique.
Ce roman a remporté le prix Fintro Écritures Noires 2018.

 

L’auteur : François Filleul est un auteur belge, né à Frameries en 1974 il a étudié la philologie romane à l’Université libre de Bruxelles. Dès la fin de ses études, il enseigne la langue et la littérature françaises, ainsi que l’espagnol, dans divers niveaux d’enseignement.
Engagé dans le mouvement des potagers urbains bruxellois, il est aussi passionné de musiques populaires et pratique assidûment la photographie argentique en noir et blanc.
Il a vécu plusieurs années en Andalousie, région où il a créé des racines et qu’il parcourt régulièrement.
En 2018, François Filleul a été récompensé par le prix Fintro Ecritures noires pour son premier roman Poissons volants, Ker Editions. 
 Extraits :
« … la débâcle était générale : tous les offices et les commerces disparaissaient de la ville, si l’on omettait ce qui s’adressait à l’estomac. Les devantures vides et déglinguées de marchands de meubles, électroménager, décoration, d’une librairie-papeterie, une distillerie et même un brûleur de café témoignaient d’un passé moins sinistre »
« La physionomie, l’économie et même l’esprit de La Línea étaient profondément liés à Gibraltar. La ville lui devait tout, à commencer par son existence puisqu’elle avait été créée en réponse à l’occupation anglaise du rocher, au XVIIIe siècle. Depuis lors, les habitants avaient appris à tirer parti de ce que beaucoup appelaient, non sans une certaine dose d’autodénigrement, « le furoncle sur le cul de l’Espagne ». L’entente était loin d’être cordiale, mais Gibraltar était devenu une montagne de billets de banque où chacun grappillait ce qu’il pouvait. »
 « Quand même, ces derniers temps, nos dirigeants faisaient de nouveau très fort dans le manque de retenue. Swiss leaks, Panama papers, réseaux de corruption à tous les étages du pouvoir et dans toutes les couleurs politiques… Le triomphe de l’argent à tout prix et dans le mépris était flagrant. Et puis on avait les rois qui passaient leurs vacances, aux frais du contribuable, à chasser l’éléphant ! »
« Le spectacle était désolant. Une bonne vingtaine de cétacés jonchaient le sable. Mourants. Plus personne n’essayait de les repousser vers la mer. Les gens en faisaient le tour, les prenaient en photo. Malgré tout, l’essentiel de la foule restait digne et respectueux. Hormis l’un ou l’autre adolescent et des enfants qui voulaient toucher les animaux et que leurs parents devaient retenir par la manche, tout le monde semblait conscient de ce qui se jouait ici : une hécatombe du plus gros animal vivant au monde, notre cousin éloigné. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Poissons volants de François Filleul

Tout y est. Le lieu : au pied du rocher de Gibraltar, une petite ville oubliée où les voitures arrêtent au passage à niveau pour laisser la priorité … aux avions. Le contexte économique : des industries polluantes en perdition et le système D d’une économie parallèle qui permet la survivance, favorisée par sa situation géographique. La politique : à peine plus corrompue qu’ailleurs, marchés publics truqués, fonds européens détournés et émergence de Podemos. La police : à court de moyens et bien alcoolisée, dont le parking est sécurisé par des junkies qui survivent grâce à ce petit commerce. La culture : la cavalcade des rois mages bien préservée avec les spécialités culinaires locales. Les migrants exploités, qui jouent au foot avec les flics qui les renvoient sur leurs terres natales le lendemain. La vraie vie quoi !

Et une enquête qui échoue entre les mains de l’inspecteur-chef Fulgor et son équipe, par hasard qui, fort de son intuition, va s’acharner à découvrir qui sont les gentils et qui sont les méchants … à qui profitent les crimes ?

Et ces poissons volants … qui arrivent avec six mois d’avance alors qu’une canicule s’est installée sur l’Andalousie, dont le séchage devrait donner de quoi vivre aux pêcheurs, en temps « normal ». Anormal également cette catastrophe écologique d’échouage de cétacés …

Beaucoup de choses dans ces 250 pages, une bonne enquête, classique dans sa structure mais édifiante par son contexte qui évoque tous les centres d’intérêt de l’auteur avec un ton percutant et très juste, avec beaucoup d’humour et de dérision.

Bref, tout ce que j’aime pour ce premier roman de François Filleul. Le ton est juste, sans emphase. Le récit est ponctué de courts dialogues en espagnol, ce qui contribue à la pointe d’exotisme et rythmé d’articles de presse qui apportent la vision décalée du spectateur … En le repérant, Barbara Abel ne s’est pas trompé … une très bonne découverte !

Je remercie l’éditeur et l’auteur pour leur confiance.

Lu en e-pub 9.99 €

 

5 réflexions sur “Poissons volants de François Filleul

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