November road de Lou Berney.

November road de Lou Berney. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Maxime Shelledy. Paru le 6 février 2019 chez HarperCollins dans la collection HarperCollins Noir. 20€. (380 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

November road

Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert. Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.

Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même. Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque.

Alors, Guidry prend le risque.

Il s’arrête.

Quelque part entre Fargo et films de gangsters : un road trip noir, vibrant et atmosphérique.

L’auteur :  Lou Berney est né en 1964 à Oklahoma City. Il a fait ses études à l’Université Loyola de La Nouvelle-Orléans et à l’Université du Massachusetts à Amherst. Il enseigne dans le cadre du programme de création littéraire (MFA) à l’Université d’Oklahoma City.
Après avoir travaillé comme cuisinier, entraîneur et livreur de journaux, il fait ses débuts littéraires en 1991 avec le recueil de nouvelles « Road to Bobby Joe and Other Stories » signé Louis Berney. Lou Berney est l’auteur de trois romans, Gutshot Straight, Whiplash River, et The Long and Faraway Gone (prix Edgar-Allan Poe). Ses nouvelles ont notamment paru dans The New Yorker. Il vit toujours dans l’Oklahoma.
Extrait :
« Voyez, mesdames et messieurs ! La Big Easy* dans toute sa décadente splendeur !
Frank Guidry s’arrêta un instant à l’angle de Toulouse Street pour se chauffer à la lueur des néons de la fournaise. Il avait vécu à La Nouvelle-Orléans pendant la majeure partie des trente-sept années qu’il avait passées sur cette Terre, mais il sentait toujours le scintillement crasseux du Vieux Carré français, sa perpétuelle effervescence, déferler dans son sang avec la puissance d’une drogue. C’était un mélange de bouseux en virée en ville et de citadins du cru, de petites frappes guettant le passant à dépouiller et d’arnaqueurs de tout poil, de cracheurs de feu et de magiciens. Une go-go danseuse était alanguie sur la balustrade en fer forgé d’un balcon, au premier étage. Elle avait un sein à l’air, échappé de son déshabillé à paillettes, qui oscillait comme un métronome au rythme du trio de jazz qui jouait à l’intérieur. La basse, la batterie et le piano interprétaient Night and Day à un rythme endiablé. Mais c’était ça, La Nouvelle-Orléans. Même le pire orchestre dans le boui-boui le plus minable de la ville savait swinguer, mon vieux, vraiment swinguer.
Un type déboula dans la rue en criant à l’assassin. Sur ses talons, une femme, qui brandissait un couteau de boucher et vociférait, elle aussi.
Guidry esquissa un pas de côté pour les laisser passer. Le flic 12 qui faisait sa ronde au coin de la rue bâilla. Le jongleur devant le 500 Club ne laissa même pas tomber une balle. C’était un mercredi soir comme les autres sur Bourbon Street. »

* :  Surnom donné à la ville de La Nouvelle-Orléans (la « Grande Nonchalante »). (Toutes les notes sont du traducteur.)

Le post-it de Ge

Que voilà une belle découverte de ce début d’année.

Si j’étais assez septique au départ avec ce roman de gangster, très vite la plume de Lou Bernet et ses personnage m’ont rassurée.

Que je vous explique.

Franck Guidry est une petite frappe, un sale type qui bosse pour la mafia de la Nouvelle Orléan. Son boss Carlos Marcello est le parrain local. Un jour il lui demande un petit service. Oh trois fois rien, garer une voiture dans un parking de Dallas. Guidry est prêt à tout pour se faire une place dans la pègre. Aussi s’exécute-t-il.

Mais voilà, une fois la mission accompli, il se rend très vite compte qu’il a par son acte plutôt innocent participer à l’effroi qui vient de saisir l’Amérique tout entière.

Et oui nous sommes en novembre 63, le parking où Franck a déposer la voiture est juste à coté de l’endroit ou le président Kennedy s’est fait descendre. Son supposé assassin aussi vient de ce faire buter, et la bagnole dans le parking que Guidry a déposé dans ce foutu parking a du servir au vrai meurtrier de se faire la malle.

Et alors que l’on fait le ménage autour de lui, il comprends qu’il es devenu témoin gênant et que son tour va arriver, aussi lui aussi décide de se faire la malle. Et c’est pas parce que on est un homme de main sans scrupule que l’on est moins bête pour autant.

Voilà donc notre voyou en cavale avec à ses trousse un tueur à gage bien déterminer à mener à bien son contrat.

Nous voilà embarqué dans une course poursuite déjantée. ça va a cent à l’heure, ça se lit à toute allure aussi.

Et puis tout à coup, on tombe, comme Guidry sur une jeune femme un peu paumée  avec ses deux filles , son chien épileptique en panne au milieu de nul part sous une pluie battante. Elle arrive d’un bled de de l’Oklahoma. Et elle aussi est en fuite, Notre jeune mère de famille fuit un mariage raté et un mari devenu alcoolique. Elle cherche l’eldorado et pense qu’en Californie, elle pourra refaire sa vie.

Aussi très vite les destin de Franck et Charlotte vont se croiser et notre truand de bas étage va très vite comprendre qu’on faisant la route avec cette famille, il passera plus inaperçu.

Là le roman va prendre une autre tournure, il va devenir plus lent. On va s’attarder sur la psychologie de chaque personnage. On va même renter dans l’intime. On va aller au delà du simple roman de ganster du début, on entre dans un roman intimiste et ici il se fait le récit de l’émancipation d’une jeune femme des année 60; un mère de famille qui finit par se révéler féministe.

Mais je ne vous ai pas encore parler de Barone, le tueur à gage qui dézingue à tout va. Lui l’homme à sang froid qui finalement se révélera plus complexe que ça, plus humain peut-être aussi.

Car chez Lou Bernet, les personnage ont une vrai profondeur. Même les second couteaux, les personnage annexe et secondaire. Ils sont surprenants et on se laisse surprendre avec bonheur.

Aussi ce road moovie a quelque chose de romanesque qui nous fait frémir.

Et puis il y a en toile de fond, l’assassinat de Kennedy, l’Amérique qui pleure son cher président. Une Amérique qui cherche elle aussi à s’émanciper. Les femmes, les afro américains qui voyaient une porte de secours dans ce président progressiste et réformateur. Un changement espéré dans cette Amérique blanche puritaine et raciste.

Nous somme bien là dans un roman noir américain. Pour autant ce raod trip se révèle parfois lumineux sous la plume trempé à l’humour noir de son auteur.

Nous avons là, un parfait roman qui mêle tout les ingrédients d’un bon polar.

Un roman sombre certes mais initiatique aussi avec ce qu’il faut de tendresse et d’humanisme pour y percevoir un peu de clarté.

Une très belle découverte, je vous le disait en préambule et je continu à le scander.

Ah et vous ai-je dis que ce roman est un roman choral

22 réflexions sur “November road de Lou Berney.

Répondre à Les Lectures de maud Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s