Filles de la mer  de Mary Lynn Bracht

Le livre : Filles de la mer de Mary Lynn BRACHT. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sarah Tardy. Paru le 1er février 2018 aux éditions Robert Laffont. 22,00 € ; (432 pages); 13,5×21,5 cm. 

Poche paru le 21 février 2019 aux éditions Pocket. 7,90 € ; (416 pages); 11×17 cm.

4ème de couverture :

Corée, 1943. Hana a vécu toute sa vie sous l’occupation japonaise. En tant que haenyeo, femme plongeuse en mer, elle jouit sur l’île de Jeju d’une indépendance que peu d’autres Coréennes peuvent encore revendiquer. Jusqu’au jour où Hana sauve sa sœur cadette, Emi, d’un soldat japonais et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d’autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie. Emi passera sa vie à chercher Hana et à essayer d’oublier le sacrifice que sa sœur a fait. Mais les haenyeo sont des femmes de pouvoir et de force…
Plus de soixante ans plus tard, Emi saura-t-elle affronter le passé et les horreurs de la guerre pour retrouver enfin la paix ?

 

L’auteur : Mary Lynn Bracht, américaine d’origine sud-coréenne, vit aujourd’hui à Londres. Elle a passé son enfance et sa jeunesse au Texas, au sein d’une communauté de Sud-Coréennes, et a été influencée par les épreuves qu’ont endurées sa mère et des milliers d’autres femmes qui ont grandi en Corée après la guerre. Filles de la mer est son premier roman.

 

 

Extrait :
Emi n’avait pas répondu. Elle regardait la petite fille insouciante qui semblait aussi légère que l’air en suivant sa mère à travers le marché bondé. Emi réprimait un pincement de jalousie chaque fois qu’elle apercevait un enfant heureux. Tout le monde sans exception avait souffert pendant l’occupation japonaise. Beaucoup avaient survécu pour ensuite perdre la vie pendant la guerre de Corée. Mais si, comme Emi, cette mère et sa fille avait réussi à survivre à ces deux conflits, cela signifiait qu’elles aussi portaient en elles le fardeau du désespoir et se trouvaient rongées par les regrets. Les membres de nombreuses familles avaient été tués, affamés, enlevés ; des voisins s’étaient dénoncés les uns les autres – et toutes ces choses formaient son han, un mot que chaque Coréen ne connaissait que trop bien un fardeau que tout le monde portait. Tout le moned, même JinHee et les autres pêcheuses, mais la manière dont elle s’en accommodait ne regardait qu’Emi et personne d’autre.

 

 

Les émotions de lecture de Cécile

Filles de la mer  de Mary Lynn BRACHT

Ne vous fiez ni à la jolie couverture ni à ma photo et encore moins au terme de «femmes de réconfort » qui est presque trop doux pour recouvrir la réalité des centaines de milliers de femmes coréennes enlevées à leurs familles, leurs pays pour être violées dans des bordels pour la satisfaction des soldats japonais.

Ou peut-être si, fiez vous à ce beau, et si innocent visage de cette jeune fille, qui pourrait être Hana livrée aux pires sévices sexuelles des soldats. Elle avait 16 ans sur son île de Jeju quand pour sauver sa petite soeur Emi, elle décide de se livrer aux soldats japonais.

Et oui, finalement, fiez-vous aussi à ce tendre visage pour imaginer Emi, la petite sœur, qui vivra dans la honte et sacrifiée à 14 ans sur l’autel d’un certain patriotisme coréen pendant la guerre de Corée.

C’est le destin de deux soeurs, de deux coréennes mais aussi de toutes les femmes, victimes « faciles », sous la botte des soldats à travers le monde.

L’écriture et le style sont fluides, sans fioritures excessives et se marient avec justesse à l’histoire de ces deux sœurs. Je l’ai dévoré pour connaître le destin d’Emi et Hana mais aussi pour en finir avec l’image des violences qu’elles ont subies.

Ce n’est pas un thriller à proprement parler mais pour moi, un livre noir qui regroupe beaucoup de nos peurs à toutes mais aussi à tous! L’humanité doit toujours apprendre de son passé que ce soit à nos portes, ou un peu plus loin. Les maux restent, dans tous les cas, les mêmes; la violence sans un regard pour ses victimes, un sentiment de supériorité ethnique, sexuelle ou nationaliste, et un refus d’assumer ses erreurs et ses responsabilités dans les souffrances de l’autre. Ils mènent tous à la même sauvagerie, aux mêmes sacrifices bien trop souvent ceux des femmes.

Un roman qui marque….

25 réflexions sur “Filles de la mer  de Mary Lynn Bracht

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