Du danger de se mêler des affaires des autres d’Alexander McCall Smith

Le livre : Le club des philosophes amateurs Volume 12, Du danger de se mêler des affaires des autres  de Alexander McCall Smith.  Traduction : Denyse Beaulieu – Paru le 05 juin 2019 aux éditions JC Lattès  dans la collection Thriller.  19.50 €.  (250 pages) ; 13 x 20  cm

 4ème de couverture :

C’est l’été à Édinbourg et Isabel Dalhousie est débordée. Non seulement il faut boucler le prochain numéro de La Revue d’éthique appliquée, dont elle est l’éditrice, mais elle doit absolument  remettre un peu d’ordre dans sa maison tout en donnant un coup de main à sa nièce, Cat. Heureusement, l’arrivée d’Antonia, son exubérante fille au pair italienne, la débarrasse des corvées les plus urgentes. Et lorsqu’elle embauche Claire, nouvelle assistante à la Revue, redoutablement diligente mais d’une beauté troublante, Isabel se dit qu’elle pourra enfin souffler un peu.
Mais son sens de l’observation affûté et son rôle d’éternelle confidente pousse Isabel à remettre en cause toutes ses décisions récentes. Qui plus est, l’instinct qui la pousse à secourir son entourage lui fait peut-être courir, cette fois, un véritable danger. En tentant de mener de front une vie domestique bien ordonnée et une carrière professionnelle, aurait-elle simplement créé une situation plus chaotique  ? Et si, au fond, les plus belles passions étaient les passions tranquilles  ?

L’auteur : né à Bulawayo en Rhodésie , le 24/08/1948, Alexander (R.A.A.) « Sandy » McCall Smith, CBE, FRSE, est un écrivain et juriste d’origine écossaise.
Benjamin d’une famille de quatre enfants, il est élevé à Bulawayo en Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe) où son père travaille comme procureur. Après ses études au Christian Brothers College, il déménage en Écosse, à l’âge de 17 ans, pour étudier à l’Université d’Édimbourg où il obtient son doctorat en droit. Il enseigne ensuite à l’Université Queen’s de Belfast.
En 1981, il retourne en Afrique et devient professeur à l’Université du Botswana. Il s’installe à Édimbourg en 1984, où il est professeur de droit appliqué à la médecine à l’université.
Il devint un expert très connu de droit appliqué à la médecine et de bioéthique vers la fin du XXe siècle, et fit partie de comités britanniques et internationaux à ces sujets.
Professeur émérite de l’Université d’Édimbourg, il a été président du Comité d’éthique du British Medical Journal jusqu’en 2002, ainsi que vice-président de la Commission sur la génétique humaine du Royaume-Uni et membre du Comité international de bioéthique à l’UNESCO.
Il est toutefois surtout connu pour ses livres de fiction. Il a écrit trente romans, entre 1980 et 1990.
Alexander McCall Smith est l’auteur de plusieurs séries de romans policiers, la plus connue est « Les enquêtes de Mma Ramotswe » (Ladies’ Detective Agency) où il créé le personnage de la première femme détective du Botswana, Mma Precious Ramotswe. « Mma Ramotswe détective » (The N°1 Ladies’ Detective Agency), le premier tome, a été publié en 1998.
Il est aussi l’auteur de la série « Le Club des philosophes amateurs » (The Sunday Philosophy Club) dont Isabel Dalhousie est l’héroïne.
Alexander McCall Smith a reçu de nombreux prix et il a été nommé meilleur auteur de l’année par les British Book Awards en 2004. En 2007, il a reçu le titre de commandeur de l’Empire britannique (CBE) pour services rendus à la littérature.
Il est également bassoniste amateur et cofondateur du Really Terrible Orchestra, en 1995.
Père de deux filles, il vit avec sa femme médecin à Édimbourg.  
Extraits :
« Ta nouvelle vie sera sans stress aussi longtemps que tu ne te mêleras pas de ce qui ne te regarde pas.
C’était un refrain familier dans leur vie de couple. Isabel aidait les autres. C’était plus fort qu’elle. Jamie le savait. Il savait aussi qu’elle trouvait difficile, voire impossible, de refuser son aide lorsqu’on la lui demandait. Il l’avait suppliée tant et plus d’être prudente ; le monde fourmillait de personnes dans le besoin, et il y avait des limites à ce qu’elle pouvait faire pour les secourir. Isabel était d’accord ; elle savait qu’en théorie, on n’est pas obligé de faire plus qu’il ne nous est possible, et qu’il est raisonnable de réserver une partie de son temps et de son énergie à ses propres projets. Mais ça, c’était la théorie. En pratique, c’était beaucoup plus difficile et ses tentatives de ne plus se mêler des affaires du monde s’étaient toutes soldées par des échecs. »
« La lecture de Kant lui avait à tout jamais retiré le confort des petits mensonges. Car Kant n’aurait jamais menti. Jamais. Et il avait raison, évidemment, bien que dans certaines circonstances, tout le monde s’accordait à penser qu’il était permissible de mentir – par exemple pour sauver un ami si un meurtrier vous demandait où le trouver. Kant avait tort de laisser entendre qu’il fallait dire la vérité, même dans un cas comme celui-là ; tout simplement tort. Ou alors, Kant lui-même mentait lorsqu’il avait écrit que même dans le cas où un meurtrier pose la question, on aurait tort de mentir. Il mentait, parce qu’il ne croyait pas à ce qu’il disait. Quelqu’un avait-il déjà songé à cela ? »
 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Du danger de se mêler des affaires des autres d’Alexander McCall Smith

J’avais adoré l’ambiance de l’agence des dames détectives, ses personnages dans ce Botswana inconnu, aux valeurs humanistes et … j’étais curieuse de découvrir l’auteur en Ecosse, terre de ses origines, avec ce nouveau roman …

L’empathie est pour Isabel une valeur fondamentale et la bienveillance, une déclinaison présente en permanence dans ses rapports sociaux. Mais Isabel a un fâcheux travers : elle aime tellement rendre service qu’elle s’immisce dans l’intimité des personnes qu’elle croise, pour résoudre ce qu’elle pense être un problème pour elles.

Au-delà de sa vie de bourgeoise plutôt chanceuse, elle est surtout philosophe, même philosophe professionnelle, puisqu’elle édite une revue spécialisée et que dans sa vie quotidienne, tout événement même minime donne lieu à analyse. Et des événements, il y en a beaucoup au cours de ces 250 pages.

Donc, bien éloigné de l’ambiance africaine, on ne retrouve pas « d’ambiance écossaise » dans ce douzième épisode de cette série qui peut être lu isolément. L’action aurait très bien pu se passer ailleurs.

Autre surprise : ce roman est classé « polar/thriller » alors qu’il s’agit plutôt d’un « feel good » hormis l’évocation rapide d’une vengeance un peu violente.

Cependant, l’auteur n’a pas perdu de son style fluide et réjouissant en changeant de continent, rien que pour ce talent, il mérite le détour.

Un bon moment de lecture, idéal pour les vacances, sans hémoglobine ni méchants … ou alors si peu que s’en est anecdotique.

Lu en version numérique.

#UnePassionTranquille #NetGalleyFrance

Autres extraits
« …en Afrique, il faut vivre et laisser vivre. Quand on se met à faire de la morale, on se prend très vite un mur de brique en pleine figure. On perd tous ses amis, et on ne peut plus rien faire. Tout est corrompu, là-bas. »
« C’était le pire argument qu’on puisse utiliser auprès d’une personne plus jeune que soi. « Tu vas grandir. » Les gens ont horreur qu’on leur dise ça, parce que nous pensons tous que ce que nous sommes aujourd’hui, nous le serons demain. Ce qui est manifestement faux – mais nous y croyons tous. »
« Une simple inscription sur la pierre tombale : « Le poisson, c’était sa vie. » Combien d’existences pouvaient être résumées aussi simplement ? La plupart, se dit-elle. On peut vivre pour quelque chose, ou pour quelqu’un. La plupart d’entre nous traversons notre existence en vivant pour quelqu’un d’autre – cet autre qui est notre raison d’être. « Elle a vécu pour son mari » ou « Il a vécu pour sa femme ». Cela résumerait bien des existences, et cette simple épitaphe ne manquait pas de dignité. Ou alors : « Il a vécu pour les voitures de collection. » Elle avait un ami à qui la phrase aurait pu s’appliquer : il adorait les vieilles Bugatti. À ses yeux, elles étaient aussi belles que le plafond de la chapelle Sixtine. « Il a vécu pour l’art. » « Elle a vécu pour le ballet. » « Il a vécu pour la malbouffe »… Ça, évidemment, c’était le genre d’épitaphe qui formulait un jugement sur une vie – ce qui peut être le rôle d’une épitaphe, certes, mais il serait sans doute plus charitable d’écrire : « Il a vécu pour la malbouffe, mais comment le lui reprocher ? »

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