Papote d’auteur, Miss Aline et Mamie Danièle étaient avec Benoît Grelaud

Papote d’auteur, Miss Aline et Mamie Danièle étaient avec Benoît Grelaud

 

Miss Aline : Avant toutes choses, Benoit peux tu  te présenter brièvement aux lecteurs ?
La parole est à toi Benoit

Benoît Grelaud : L.O. les Flingueuses, et bonjour à toutes et tous ! Pour faire rapide, je suis né dans le sud Vendée, d’un père vendéen et d’une mère d’origine basque. Je suis marié à une bretonne. Trois identités géographiques fortes. Ce qui explique très certainement mon attachement aux racines régionales. J’ai deux enfants, qui sont grands maintenant, et qui ont été les premiers à tester mes histoires puisque je leur en inventais chaque soir. Je suis un amoureux fou de la vie, et je me passionne donc facilement pour beaucoup de choses (minéraux, montagne, musique, sport, etc). Ce qui fait que je regrette que les journées ne fassent que 24h !

Miss Aline : Donc tu inventais des histoires pour tes enfants le soir… comment et pourquoi as -tu franchi le cap d’écrire tes histoires et les publier ?

BG : Paul Eluard disait: « il n’y a pas de hasard. Il n’est que des rendez-vous ». Je crois beaucoup à ça. C’était dans l’ordre des choses. Il fallait que ça se fasse. Et tout est allé très vite : une histoire originale (Le Maître des clés), un blog myspace (ancêtre de facebook !) sur lequel je déposais des extraits et qui a eu près de 100 000 visites en quelques mois, des amis qui me poussent à en faire une version papier, un imprimeur qui joue le jeu, un ami artiste (Tri Yann) qui accepte de faire la préface, une société informatique qui lançait le concept de simulation 3D et qui a donc créé le site du « Maître des clés », un illustrateur (Sylvain Even) qui intègre le projet quasi gratuitement (et avec qui je bosse depuis sur chaque projet jeunesse). Sylvain, qui croyait dur comme fer au projet, va jusqu’à réaliser une bande-annonce animée. Un autre ami musicien (Dorian Gray) compose la musique et fait la voix off. Eric Antoine se prête au jeu et fait la voix du lutin… Bref, en quelques mois le projet prend une ampleur incroyable. Tous les exemplaires en auto-édition sont vendus en quelques semaines et le livre atterrit sur le bureau de Xavier Decousus, qui lança notamment Pierre Bottero. Il m’appelle aussitôt et, passionné par l’univers du roman, il me propose de signer pour une trilogie (éditions Gründ). Tout est allé très vite…. « Il est des rendez-vous »…

Dany : Bonjour Benoit, belle aventure …
l’âge des enfants explique-t-il aujourd’hui le virage vers le thriller ? Pourquoi et comment ce virage ?

BG : Bonjour Danièle, le virage s’est fait en douceur. J’ai commencé par des séries 8/12 ans (Le Maître des clés  (Gründ),  Les koboltz  (Slalom/Editis)…). Je poursuis d’ailleurs avec Eko, la nouvelle trilogie, dont le tome 1 vient de sortir chez Fleurus. Puis, je suis passé par la case science-fiction (Métamorphose), avant de publier un diptyque  sur la différence (Fleurus). C’est quelque chose qui me touche et je voulais donc écrire deux romans pour les 13 ans et plus, sous forme de messages positifs et encourageants. Comme quoi la différence, quelle qu’elle soit, peut être une force. C’est ainsi qu’est né P’tit gros, dont le point de départ est le harcèlement subi par un collégien, puis La jeune fille qui parlait aux singes, traitant du handicap. En parallèle, je peaufinais un projet plus poétique, proche de l’univers d’Edmond Rostand, que j’adore. Je suis très attaché aux mots et on est inévitablement un peu bridé en littérature jeunesse, afin que cela soit adapté à l’âge du lectorat. J’avais donc cette envie prégnante de m’adresser à un public plus âgé avec, en parallèle, le désir de me frotter à un nouveau genre littéraire. L’histoire est apparue dans une sorte de fulgurance qui me poussait à me lever la nuit pour écrire. Pour compléter ma réponse, je pense que le fait de m’être mis à la lecture de polars et de thrillers (d’auteurs rencontrés sur les salons, comme F.Thilliez, B.Minier ou JL BIzien) m’a évidemment emporté doucement vers le projet de Via Crucis.

Miss Aline : Parle nous plus précisément de Via Crucis. As-tu fais des recherches particulières pour ce roman ? Quelles ont été tes sources pour ces recherches ?

BG : Oui, commissaire, j’avoue que j’ai fait pas mal de recherches ! En fait, tout est parti du titre. Je voulais une histoire baignée d’ésotérisme, avec un titre en latin. J’avais également l’envie d’écrire un thriller se déroulant dans le cadre d’un trek en pleine montagne, l’une de mes grandes passions. Une longue randonnée qui deviendrait rapidement un calvaire. Cela m’a fait penser au Via Crucis, le chemin de croix de la religion catholique. J’ai donc creusé la question et, au fur et à mesure que je glanais les renseignements sur internet, j’ai été frappé par certains points méconnus et pourtant captivants. En même temps que je m’imprégnais de ce que je découvrais, mon histoire se construisait. Lorsque tout fut calé, je suis parti dans les Pyrénées avec ma chérie et, tout en nous adonnant à notre passion pour l’alpinisme, nous avons effectué des repérages. J’avais continuellement un carnet avec moi, et nous avons fait des tonnes de photos. Lorsqu’on est rentrés, j’étais complètement absorbé par le paysage. Je pouvais alors y lâcher mes personnages !

 

Dany : Les huis clos sont un genre, la montage ça fait penser à Thilliez (Vertige) et Minier … des modèles ?

BG : Franck Thilliez et Bernard Minier sont des exemples, c’est certain. Deux des meilleurs. Je ne cherche toutefois pas à copier qui que ce soit car il faut avoir sa propre plume, son propre univers, mettre profondément de soi si l’on ne veut pas « gâcher du papier », pour reprendre l’expression de Marcel Pagnol.

Miss Aline : comment se passe une séance d’écrire pour toi ; toujours aux mêmes heures, un endroit précis, un fond musical ?

BG : Lorsque je dégrossis l’histoire, c’est du grand portenawak, comme dirait l’un des ados de Via Crucis ! J’ai toujours un papier sur moi, et les idées s’imposent à moi. Ça peut être quand je fais les courses, la nuit quand je suis couché (je griffonne alors dans le noir afin de ne pas réveiller ma douce. Mais, sinon, impossible de retrouver le sommeil), ou même quand je suis avec les gens. J’ai l’impression d’avoir deux cerveaux. Un qui fonctionne pour la vie de tous les jours, et un qui mouline à côté pour les romans… A l’inverse, quand je suis en phase d’écriture réelle, j’ai besoin de calme et de silence. Impossible pour moi d’écrire avec un fond musical car je ne parviens pas à me détacher de ce que j’entends. Pourtant, j’adore la musique (et notamment le hard et le métal)… C’est pour ça que j’aime bien écrire la nuit ou que je m’isole. J’aime particulièrement écrire dans la salle à manger, sur une grosse table en bois, à un endroit où il y a une force énergétique importante. Sinon, j’ai remarqué que je suis très efficace en Bretagne, dans le petit village où nous allons régulièrement. En fait, je suis très sensible aux ambiances. J’ai ainsi corrigé Via Crucis dans une chambre d’hôte, à la Rochelle, dans laquelle je me sentais particulièrement bien.

Miss Aline : Quels sont les retours pour Via Crucis ? Je parle des remarques lecteurs.

BG : Les retours sont très bons, et bienveillants. Cela fait plaisir car c’est beaucoup de travail. Je suis content que cela récompense le formidable accompagnement de mon éditeur Stéphane Million, de Sable Polaire. Il m’a fait confiance et croit de manière très touchante à ce roman. Espérons maintenant que les ventes vont suivre. Pas facile pour un petit éditeur d’exister à notre époque !

Miss Aline : J’ai lu Via Crucis et j’avoue que je ne m’attendais pas à ce thème ésotérique. Tu as su aussi captiver et rendre une atmosphère. Envisages-tu de poursuivre l’aventure thriller ?

BG : Merci, cela me touche. Merci d’ailleurs d’avoir eu la curiosité de sortir des sentiers battus et de découvrir un nouvel auteur dans ce genre littéraire, qui plus est publié dans une petite maison. J’écris actuellement la suite de Via Crucis (à paraître au printemps 2020). Une marque de confiance supplémentaire de la part de mon éditeur, avant même de savoir si Via Crucis va se vendre… Je prends beaucoup de plaisir à écrire dans ce registre. J’aimerais donc poursuivre avec de nouveaux romans. Mais, tout va dépendre du succès de Via Crucis !

Miss Aline : Je lui souhaite tout le succès qu’il mérite.
Comment travailles-tu tes personnages ? Tu fais des fiches ? Tu te laisses porter par leurs caractères…?

BG : Merci !
Un peu les deux, en fait. J’ai un grand cahier en format A4. Je colle sur une page le texte imprimé, et je laisse vierge la page suivante. Je corrige alors sur l’impression et je rajoute des notes à côté. Dans ce cahier, il y a également les fiches de personnages. Le texte et les fiches évoluent au fil des corrections. Je les ré-imprime pour faire un deuxième cahier, puis un troisième, etc… Jusqu’à ce que le roman me convienne.

Miss Aline : Ah oui , gros travail pour arriver à la fin. Qui est/sont tes premier(e)s lectric(e)s quand tu as terminé ?

BG : J’ai fait lire Via Crucis à mes proches, ainsi qu’à des amis fans de polars et de thrillers. Un grand amateur de thrillers, conseillé par une amie, a également fait partie des primo-lecteurs. Ils ont été unanimes et leur enthousiasme m’a vraiment fait du bien.

Miss Aline : C’est important le soutien  le travail d’auteur est fait de solitude, de sacrifice.

BG : Yes…

Miss Aline : Dans ton thriller il y a parité garçon / fille . Un hasard ?

BG : Np
Non. Il y a une raison… Mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant !
Les réponses à toutes les questions viendront dans le tome 2  🙂

Miss Aline : Tu ne nous laisse pas le choix : attendons ! 🤪
Quelle part de toi as-tu mise dans ce livre (hormis ton goût pour la montagne) ? De quel personnage es-tu le plus proche ?

JEU 16:34

BG : Des choses conscientes et d’autres plus ou moins conscientes, étant donné que je pense qu’un auteur est une sorte d’éponge qui absorbe tout ce qui l’entoure. Avant d’en ressortir un jus sous forme d’histoire. Il y a des éléments que, une fois de plus, je ne peux pas te donner, car je tiens à garder le suspens pour le tome 2   🙂  Disons, cependant, que j’y ai mis mon expérience auprès des jeunes (en tant qu’enseignant ou lorsque j’entraînais en club), mon attachement aux valeurs d’entraide et de tolérance, une écriture rythmée en raison de mon affection pour le cinéma, la notion d’effort… On retrouve un peu de moi dans plusieurs personnages mais, inévitablement, celui dont je me sens le plus proche c’est Jeff, le héros. C’est quand même avec lui que j’ai passé le plus de temps ! 🙂  Au niveau des lecteurs, on me parle souvent de Théo. Il a des côtés agaçants, certes, mais, finalement, il est plutôt attachant.

Dany : Alors je vais être honnête Benoit … je n’ai pas lu ton thriller … ni les autres d’ailleurs mais à ce que m’en a dit Aline, j’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’une sorte de huis clos … tu confirmes ?

BG : Si tu n’as pas lu mon livre, alors je ne te parle pas… 🙂  Blague à part, on va dire que c’est effectivement un grand huis clos… à ciel ouvert ! Et les 14 jeunes vont tout faire pour essayer de sortir de ce piège dressé au cœur des montagnes.

Dany : Tu peux m’en dire plus sur le titre ?

BG : Comme je le disais tout à l’heure, en même temps qu’une référence aux voies montagnardes, c’est un clin d’œil au chemin de croix catholique. D’où la présence de références bibliques ou ésotériques. Cela créé l’ambiance pesante et inquiétante que je souhaitais. Via, c’est à la fois le passage étroit et périlleux en paroi (Via ferrata), et la procession religieuse (via crucis). De nombreuses clés sont liées à cette référence. Les jeunes ne sont pas embarqués dans cette succession de sacrifices par hasard.

Dany : Merci de ces précisions.
A part le goût de la rando en montagne qu’on partage a priori, est-ce que tu peux me donner 3 bonnes raisons de lire ton bouquin ?

BG : Je suis sympa. Mon éditeur est sympa. La rando, c’est sympa 🙂
Plus sérieusement, tout d’abord, j’ai voulu que ce roman sorte des sentiers battus. Un thriller, certes, mais avec une ambiance et une histoire atypiques. « A la frontière entre Saw, Hunger Games, Seven et Battle royale », comme l’a défini Ophé lit. Deuxièmement, si vous aimez les « page turner », si vous aimez être aspirés dans une aventure rythmée, welcome ! Enfin, si vous êtes fans de nature, et notamment de montagne, j’espère que vous serez transportés par les paysages que j’ai pris un immense plaisir à décrire. Si vous aimez découvrir de nouveaux auteurs et soutenir des éditeurs indépendants, voici une occasion rêvée. Lancez-vous à l’assaut de la VIA CRUCIS !

Dany : Ça fait beaucoup de raisons tout ça … je vais succomber c’est sûr !
Et avant de nous quitter peux-tu nous dire quelques mots rapides sur ta maison d’édition ?

BG : J’espère bien que tu vas te laisser tenter !  🙂  Sable Polaire a été créée par Stéphane Million, qui était éditeur chez Robert Laffont. Un gros enjeu/risque financier. Il est en effet très compliqué pour les petites maisons d’être mis en place dans les librairies, même si le distributeur est Flammarion. Le bouche à oreilles va donc être capital, de même que toute mise en lumière, comme cette interview que vous réalisez. Stéphane est un véritable éditeur. Dans le sens noble du terme. Un passionné de littérature. Vraiment. Qui fait passer cette passion et son dévouement pour ses auteurs avant son propre intérêt personnel. Rien que pour ça, j’espère que Via Crucis aura un joli parcours.

Dany : Merci Benoit de ta disponibilité et ravie d’avoir un nouveau bouquin pour alourdir ma PAL … même en numérique ça laisse des traces sur la CB … Au plaisir de se croiser dans un salon !

BG : Merci à toi. Avec plaisir. Et merci à Aline.

Miss Aline : Merci beaucoup pour cet échange. Ravie de t’avoir rencontré à SMEP. Merci pour ta disponibilité et ta gentillesse .
Belle aventure à toi, à Via Crucis et à sable polaire. Au plaisir de te lire et d’une nouvelle rencontre .
Bonne soirée Benoit

BG : Merci Aline ! A bientôt

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