L’abbaye Blanche de Laurent Malot

Aujourd’hui c’est double chronique

Et c’est Eppy Fanny et Sylvie K qui nous donne leur avis sur un même livre.


Le livre  : Une enquête de Mathieu Gange Volume 1, L’abbaye Blanche de Laurent Malot.  Réédité en poche  le 14 février 2018 chez Bragelonne  dans la collection Poche Thriller . 7€90. (378 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

À Nantua, dans le Jura, Mathieu Gange s’occupe seul de sa fille de six ans depuis que sa femme, Gaëlle, a disparu sans donner d’explication. Flic intègre, il enquête sur deux crimes survenus coup sur coup, quand un cadavre mutilé est retrouvé dans la forêt. Helena Medj, une journaliste indépendante, soupçonne l’Abbaye blanche, une secte récemment installée dans la montagne. Lorsque son supérieur est laissé pour mort, Gange comprend que, de chasseur, il est devenu proie. Mais il ne peut pas renoncer. La disparition de Gaëlle est peut-être liée…

 

L’auteur : Laurent Malot est né en 1969. Il s’est mis à écrire des romans, des pièces et des scénarios dans sa chambre, à 19 ans, parce qu’il rêvait de travailler avec Steven Spielberg. Il a gagné ses premiers droits d’auteur grâce à des fictions radio. Son premier roman, De la part d’Hannah (Robert Laffont, 2014) a conquis près de 25 000 lecteurs. Son premier roman jeunesse, Lucky Losers(Albin Michel, 2017), est en cours d’adaptation pour le cinéma. Mêlant habilement polar, action et roman noir, L’Abbaye blanche trouve une suite avec Sème la mort, au cœur des grandes exploitations céréalières de la Beauce.

 

Extrait :
Non, tout n’allait pas bien. La petite avait une mine cadavérique, les meurtres avaient plu sur la vallée, des familles avaient été brisées, des notables trempaient dans des trafics d’argent, la justice n’était qu’un leurre et de hauts fonctionnaires étaient responsables de cette chienlit. En tirant, Gange remettrait un peu d’ordre.

 

La Kronik d’Eppy Fanny

Les romans de Laurent Malot attendaient tous, sagement dans ma Pal, il était temps que je lui consacre un moment. C’est chose faite.

L’histoire :

Dans le Jura le Lieutenant Mathieu Gange, d’un abord pas toujours facile, jongle entre son métier de policier et l’éducation de sa fille Marine. Ce second point est particulièrement compliqué pour lui, puisque sa femme, Gaelle, a quitté le domicile depuis plusieurs mois.

Des meurtres sont commis dans ce coin de Jura habituellement calme où vit et travaille le Lieutenant Gange. Il va être en charge de l’enquête avec son équipe (le capitaine Michelet et Etienne, le geek de l’équipe). Une enquête complexe s’annonce.

Le 1er mort est retrouvé dans un hôtel luxueux. Une mystérieuse femme blonde, qui pourrait être, au vu du descriptif fourni par le personnel, sa propre femme ? Et voilà que le doute s’insinue en lui et ne le lâche plus.

Un second mort est retrouvé à son domicile et le PC du défunt a lui aussi été atomisé. Heureusement une clé USB va leur donner quelques indices.

Les deux morts étaient des hommes ayant de bonnes situations et sans problèmes apparents. Aucun lien ne semble les relier.

Puis le corps nu d’un homme est retrouvé dans la nature. Amaigri et torturé.

3 meurtres en si peu de temps. C’est juste incroyable.

Une journaliste est également sur le coup, Helena Medj. Elle alerte Gange sur l’agression de

Cyclistes commise par des moines. Cette info n’a pas de sens pour lui. Totalement hors sujet.

Mais Gange est consciencieux :

Extrait P.92 :
« – Ce matin je suis allé à l’abbaye de Bellegarde, qu’il faut appeler Abbaye Blanche, maintenant.
Qu’est-ce que t’es allé foutre là-bas ?
La petite Medj m’a raconté une histoire bizarre, qui remonte au soir où on a retrouvé Quesnel dans sa baignoire. Des moines auraient agressé deux cyclistes pour leur voler leurs vélos.
J’ai toujours pensé qu’il fallait être branque pour aller se fourrer dans les ordres !
Ceux-là sont courtois et très propres sur eux.
Tant mieux. Moi les missels, les cornettes et les vœux de chasteté, ça me file des ulcères.
Si Gange connaissait l’histoire par cœur, il prenait toujours plaisir à l’entendre : le fond restait le même, mais la forme changeait, selon l’humeur.
Ça me vient d’un grand con de curé, quand j’étais môme. Dans sa Bible, quelques pages avaient dû s’égarer parce qu’il avait de drôles de méthodes : si tu savais pas par cœur ce qu’avait dit St François ou St Totor, tu prenais une demi-livre. Et s’il s’était oublié sur le vin de messe, il t’emplâtrait carrément.
Gange sourit en imaginant Michelet en enfant de chœur, robe blanche, sandale et coupe au bol. »

La juge Harlan, tenace et intègre, est saisie de l’affaire. C’est que la liste de noms qu’a révélé la clé USB concerne des notables de la région. Notables tous muets comme des carpes lorsqu’ils sont interrogés par Gange et son équipe. Puis que vient faire une galerie d’Arts au milieu de tout ça ? Et quid de cette Abbaye et ses sages qui intriguent Helena et sur qui elle enquête ?

Il n’est jamais bon de déranger les notables et de faire des vagues. Les pouvoirs en place mettront tout en œuvre pour que l’enquête soit étouffée au plus vite.

Mais Gange, son équipe, et la juge sont têtus et intègres ! Comme un chien avec son os, malgré les menaces et les dangers, ils ne lâcheront rien. Mettant en danger leur carrière et leur vie.

Laurent nous offre un récit fort.

La gravité des sujets abordés pourrait rendre le livre rébarbatif mais que nenni. Car l’humour est largement présent (Cf. L’extrait qui donne une bonne idée de l’ambiance).

Laurent nous parle de : Notables véreux, de secte, d’affaires d’Etat. Il y dénonce, de facto, les travers de notre Sté, malade jusqu’aux plus hautes sphères.

Il a créé un personnage principal humain, plein de failles liées à ses doutes, ses colères mais dont l’amour pour sa fille est comme un phare. Un personnage très attachant que l’on a envie d’accompagner dans de nouvelles aventures. Les autres personnages sont également fouillés et l’on est plongé au cœur de l’aventure dès les premières pages. Aussi bien qu’un film de qualité. En immersion totale. Il faut dire que la région où se déroule l’intrigue est magnifiquement dépeinte. Ne manque que les odeurs de ses forêts denses.

Vous aurez compris que je me suis régalée. J’ai donc enchaîné sur la suite de cette histoire !

8 réflexions sur “L’abbaye Blanche de Laurent Malot

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s