Azteca de Gary Jennings

Azteca, de Gary Jennings par Ge notre Porte Flingue pour le bingo de l’éte de Thrillers & Vous.

 Un livre de plus de 800 pages

Le livre : Azteca de Gary Jennings. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Martine Leroy. Réédité en poche le 1er juillet 2008. 10€90. (1055 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Azteca

1529, Don Juan de Zumarraga, évêque du diocèse de Mexico, capitale de le Nouvelle-Espagne, est chargé par Charles Quint de s’informer « auprès d’anciens Indiens sur l’histoire de leur pays, de leurs gouvernements, de leurs coutumes… » C’est Mixtli, dit Nuage Sombre, un vieux Mexicatl. jadis copiste, « outrecuidant spécimen d’une race déchue », qui est choisi pour témoigner.

L’histoire qu’il va raconter, c’est celle d’une civilisation qui s’est épanouie seule pendant de longs siècles et qui s’est éteinte sous les coups de boutoir des armées de conquistadors conduites par Hemán Cortés.

Ce grand roman, plein de sang, d’amour et de sexe, est aussi l’aventure et le destin exceptionnel d’un homme qui assiste à la disparition de son monde, un monde fabuleux, violent, traversé de secrets et de terreurs, parcouru par des personnages inoubliables, et exterminé dans l’indifférence.

 

L’auteur : Romancier prolifique, Gary Jennings (1928-1999) est l’auteur de nombreux ouvrages dont notamment le célèbre Azteca (1980) puis, aux éditions du Rocher, de Automne aztèque en 1998 et Sang aztèque en 2002.

 

Extrait :
« Oc ye nechca : « Il était une fois », diriez-vous, notre pays était une terre où rien n’allait plus vite que la course de nos rapides messagers, sauf lorsque les dieux se déplaçaient, et il n’y avait pas de bruit plus sonore que le cri de nos hérauts, sauf quand les dieux parlaient. Le jour appelé sept Xochitl ou Sept Fleur, dans le mois du Dieu Ascendant, au cours de l’année du Treizième Lapin, Tlaloc, le dieu-pluie, se faisait entendre de toute sa voix dans un orage fracassant. C’était quelque chose d’inhabituel, vu que la saison des pluies aurait dû prendre fin. Les esprits Tlaloques qui sont au service du dieu Tlaloc frappaient le ciel de leurs bâtons à éclairs fourchus, pour faire crever le gros ventre des nuages qui éclataient en rugissant et en grondant et crachaient de violentes bourrasques de pluie.
L’après-midi de ce jour, dans le tumulte de la tempête et dans une petite maison de l’île de Xaltocan, je sortis du ventre de ma mère et commençai mon chemin vers la mort. »

 

Le post-it de Ge

Mixtli, dit Nuage sombre, raconte la légende d’une civilisation qui s’épanouit pendant des siècles au cœur du Mexique. Un monde éclatant et pourtant condamné.

Mixtli, un vieil Aztèque, est interrogé par l’évêque de la Nouvelle Espagne, Juan de Zumárraga, sur ordre de sa Majesté l’Empereur Charles Quin, curieux de connaître l’histoire et les mœurs de ce peuple qu’il a récemment conquis.

Azteca raconte la légende colorée et puissante d’une civilisation qui s’épanouit pendant de longs siècles dans un isolement splendide.

De bonne grâce, Mixtli commence donc son histoire, qui débute dans une petite ville située non loin de la capitale, Tenochtitlan, où il est né de parents de condition modeste. Il nous raconte, à travers son périple et sa vie qui le verra accomplir une fulgurante ascension sociale, l’apogée et la destruction de la civilisation Aztèque, avec de multiples détails sur de sur les coutumes de son peuple et de ceux alentours, tout comme les détails de leur histoire récente, s’achevant par leur rencontre avec les Espagnols et la guerre qui s’ensuivit.

Un récit bouleversant, mouvementé, riche de la beauté et de la violence qui caractérisaient le Mexique ancien.

Mais si l’histoire de Mixtli est brillamment retranscrite, si l’Histoire de ce Mexique révolu est parfaitement restituée, si l’attention du lecteur est soutenue, il y a cependant quelques  quelques point faible à ce récit.

 On pourrait reprocher à l’auteur un petit côté voyeur qui pourrait déranger. Si la civilisation aztèque était violente, ce que je ne conteste pas, il y a ici une surenchère de sacrifices humains, de cannibalisme. Et c’est sans compter les nombreuses scènes de sexe.  Tout y passe , l’inceste, le viols,  la pédophilie, les orgies, ou encore le lesbianisme ou la zoophilie!

Violence et sexe souvent associés.

Heureusement je ne suis ni pudibonde, ni puritaine, et Azteca ce n’est pas que ça. C’est aussi un contexte historique réaliste, une écriture fluide, le dépaysement garanti, de superbes descriptions, des décors hors normes, un protagoniste à l’histoire incroyable et de nombreux rebondissementsqui ont su me tenir en haleine.

Azteca c’est un Game of Throne grandeur nature, c’est la lutte pour le pouvoir, c’est les querelles intestines qui ont permis la conquête des envahisseurs espagnols.  C’est aussi une sacré découverte de la société aztèque, de sa façon de régir le quotidien de tout à chacun, c’est l’organisation de cette société aztèque. Toute la complexité de la société aztèque avec toutes les couches qui composent celle-ci, comment elles sont organisées entre elle. C’est tout un pan de notre histoire universelle qui se joue là sous nos yeux.

Au final Azteca est une belle lecture intense, une fresque historique étonnante et incroyable.

Extrait 2
« Les châtiments infligés plus fréquemment par ma mère étaient distribués sans hésitation, sans scrupules et sans pitié ; je la suspecte même d’avoir pris un certain plaisir à me faire mal. Cela n’a peut-être pas laissé de trace dans l’écriture de mon pays, comme le symbole de l’épine, mais cela a certainement affecté mon histoire personnelle et celle de ma sœur. Une nuit, je me souviens avoir vu ma mère fouetter jusqu’au sang le postérieur de ma sœur avec un paquet d’orties parce qu’elle s’était rendue coupable d’impudeur. Il faut dire que chez nous, l’impudeur n’a pas forcément le même sens que pour vous, hommes blancs : l’exposition indécente d’un corps dénudé. »

8 réflexions sur “Azteca de Gary Jennings

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