Heimaey de Ian Manook

 Heimaey de Ian Manook lu par Mamie Danièle pour le bingo de l’été de Trhillers et vous

 Un livre qui se passe très loin de chez vous

Le livre: Heimaey de Ian Manook. Sorti le 26 septembre 2018 aux Editions Albin Michel. 22 euros; 464 pages; format 15,5 x 3,2 x 22,5 cm.

Réedition en poche le 1er octobre 2019 chez le Livre de Poche. 8€70

4ème de couverture:
Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l’Islande, c’est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l’aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s’enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d’un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave… jusqu’à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan.
Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancœurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne.
L’auteur : Patrick Manoukian est un journaliste, éditeur et écrivain, né en 1949 à Meudon.
Il a écrit sous les pseudonymes de Manook, Paul Eyghar, Ian Manook et Roy Braverman.
Grand voyageur, dès l’âge de 16 ans, il parcourt les États-Unis et le Canada, pendant 2 ans, sur 40 000 km en autostop. Après des études en droit européen et en sciences politiques à la Sorbonne, puis de journalisme à l’Institut Français de Presse, il entreprend un grand voyage en Islande et au Belize, pendant quatorze mois, puis au Brésil où il séjournera treize mois de plus.
De retour en France au milieu des années 1970, il devient journaliste indépendant et collabore à Vacances Magazine et Partir, ainsi qu’à la rubrique tourisme du Figaro. Journaliste à Télémagazine et Top Télé, il anime également des rubriques « voyage » auprès de Patrice Laffont sur Antenne 2 et de Gérard Klein sur Europe 1. Il devient ensuite rédacteur en chef des éditions Télé Guide pour lesquelles il édite, en plus de leur hebdomadaire, tous les titres jeunesse dérivés des programmes télévisés :Goldorak, Candy, Ulysse 31. Patrick Manoukian écrit en 1978 pour les éditions Beauval deux récits de voyage : D’Islande en Belize et Pantanal.
En 1987, il crée deux sociétés : Manook, agence d’édition spécialisée dans la communication autour du voyage, et les Éditions de Tournon qui prolongent son activité d’éditeur pour la jeunesse (Denver, Tortues Ninja, Beverly Hill, X-Files…).
De 2003 à 2011, sous le pseudonyme de Manook, il signe les scenarios de plusieurs bandes dessinées humoristiques aux éditions Semic et Hugo & Cie. Son roman pour la jeunesse Les Bertignac : L’homme à l’œil de diamant (2011), signé sous le nom de Paul Eyghar, obtient le Prix Gulli 2012.
En 2013, il signe du pseudonyme de Ian Manook un roman policier intitulé Yeruldelgger. Les aventures du commissaire mongol éponyme lui ont valu pas moins de seize prix dont le Prix SNCF du polar 2014. Lesdites aventures se poursuivent dans Les Temps sauvages, paru en 2015 et récompensé par un nouveau prix et La Mort nomade (2016).
Son roman Hunter, écrit cette fois sous le pseudonyme de Roy Braverman, est publié en 2018 aux éditions Hugo Thriller. Crow(2019) est le deuxième titre de la trilogie.
Extraits :
« La vapeur fuse à plus de cent degrés et plusieurs centaines de kilomètres à l’heure. D’un simple trou dans le sol. Sans jamais reprendre son souffle. Depuis des siècles. Des millénaires peut-être. Et l’idée de cette force jaillie des entrailles de la Terre et que le temps ne parvient pas à épuiser réveille en Beckie l’image de sa propre colère. De son intarissable rage à elle aussi. Alors, tout le paysage autour d’elle prend un sens. Cette terre fumante, ocre et jaune, marbrée de coulées rouges, où dansent dans l’incendie du couchant des centaines de fumerolles blanches qu’un vent tire toutes en oblique dans le même sens, puis relâche soudain pour les laisser danser et virevolter, ivres et hystériques, comme des âmes damnées. Perdues. Abandonnées. Ces cloaques de boues puantes où des eaux épaisses et acides dissolvent pierres et roches en une soupe nauséabonde où viennent, du plus profond de la Terre, mourir de lourdes bulles de gaz. Ces vapeurs brûlantes, jaillissant de la moindre fissure pour dégorger contre le ciel ce que le magma pourrit dans le ventre de la Terre. Tout ça, c’est l’horreur de l’Enfer à n’en pas douter, et sa beauté mortelle à la fois. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Heimaey de Ian Manook – Bingo « loin de chez vous »

Soulniz est en froid avec sa fille fugueuse depuis 3 ans. Il décide de lui offrir LE voyage de réconciliation, en retrouvant ses pas d’il y a quarante ans en Islande. Rebecca sous ses allures de rebelle a publié les détails de leur trip sur le net et … toute l’e-planète est au courant de leur itinéraire. De fait cela va faciliter la traque de ces Français depuis l’aéroport … jusqu’où ira la malveillance à leur encontre ? S’agit-il vraiment de malveillance ? Pourquoi avoir décidé ce voyage au bout du monde ? Pour le grand tour des spots de géothermie ? Pour plonger dans les racines de la culture islandaise ?

Tout ça ne serait (presque) rien si deux kilos de drogue n’avaient pas été subtilisés à un gang lituanien dont le chef parle de façon décalée, par citations littéraires …

Pour le paysage, c’est beau et contemplatif comme du Franck Bouysse qui aurait délaissé sa campagne corrézienne pour le contraste chaud-froid du grand nord. On connaissait le talent de Ian Manook pour emmener ses lecteurs au fin fond de la Mongolie et de la philosophie des moines Shaolin, il confirme ici sa grande connaissance des cultures et sa maîtrise des ambiances de l’extrême le tout avec un humanisme rare.

Attention ce thriller palpitant est le premier d’une série dite Kornelius Jacobson du nom du flic improbable de cette aventure, le tome 2, Askja,  étant annoncé pour le 02/10/2019 …

Lu en version numérique.

Autres extraits :
« – Parce que c’est l’Islande. Une île où on découvre encore des cascades nouvelles, et où en même temps on massacre des monstres inoffensifs. Une allégorie de la vie où on enchaîne les bonheurs et les conneries.
– C’est censé être un message ?
– Non, juste une réflexion. Te voilà dans un pays où les routes contournent certains rochers parce que les elfes du Peuple Caché y vivent peut-être et où on découvre encore de nouvelles cascades, et dans le même temps on y chasse la baleine avec des harpons explosifs dont la charge perce l’animal pour y enfoncer un tripode qui se déploie dans son corps et le ferre à mort. Comme quoi on peut aimer quelque chose d’odieux et de généreux à la fois. »
 
« Tu es flic. Si tu as quelque chose à dire, tu prends la parole, et je te dispense du monsieur.
– Je voulais juste souligner qu’il ne faudrait peut-être pas parler de victime ou de proie ici. Dans la tradition du Nábrók, il faut un accord entre celui qui cède son nécropant et celui qui le prend.
– Comment tu peux savoir ça, toi ? s’étonne un des policiers.
– J’ai visité le musée de la Sorcellerie à Hólmavík l’été dernier. Ils ont un nécropant exposé dans un cadre avec toutes les explications.
– Que Dieu vous entende !
– Laissons Dieu en dehors de tout ça, si vous voulez bien.
– De la part de quelqu’un qui croit en l’existence d’un peuple invisible !
– Et alors, vous croyez bien en Dieu, n’est-ce pas ?
– Qu’est-ce que ça a à voir ?
– Vous l’avez déjà vu ?
– Bien sûr que non.
– Alors, où est la différence ! »
 
«  Les disparitions sont une spécialité islandaise. Les vraies disparitions, pas les corps disparus dans des affaires criminelles. Juste des gens ordinaires qui disparaissent. Il y avait même encore, au siècle dernier, un désert des disparus au cœur de l’île où les brigands et les bannis pouvaient se faire oublier du monde. Il fallait aussi compter avec les disparus en mer, qu’ils tombent d’un pont de pêche ou sombrent au large. Et les solitaires imprudents que les glaciers avalent et recracheront intacts quelques siècles plus tard. Ceux aussi dont le corps en décomposition s’enfonce lentement dans les boursouflures de la mousse qui s’en nourrit dans les failles des vieux champs de lave. Ou ceux qui fuient en silence cette île trop petite malgré ses horizons immenses. »

4 réflexions sur “Heimaey de Ian Manook

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