Morts chroniques de Nick Gardel

Le livre : Morts chroniques de Nick Gardel – Paru le 15 septembre 2019 aux éditions Friends Only –  16.99€ – (280 pages) ;  13 x 19 cm

 4ème de couverture : 

Un corps est retrouvé dans le chaudron de caramel d’une fête foraine. Bientôt, c’est un second cadavre qui est découvert dans une petite ville de Seine-et-Marne. Les deux victimes n’ont en commun que leur appartenance à un groupe de lecteurs sur Facebook. Les meurtres suivent le déroulement d’un exercice de « cadavre exquis » initié sur le réseau social.
Un jeu de piste compliqué et sanguinaire se lance pour Éliane Condrieux et les autres membres de l’équipe du Capitaine Henri Verdiant. Surtout quand sa plus jeune collègue vient à disparaître.

 

L’auteur : Si Desproges revêtait ses plus beaux atours pour agacer la libido d’un Exbrayat ayant viré sa cuti, le résultat de telles amours coupables aurait sans doute donné une calamité biblique comme l’est Nick Gardel.
Ni Rasta ni danseur de Tango, le type s’ingénue à valser avec les mots. Son quadrille lexical n’a aucun sens, mais il lui arrive de lorgner du côté des aînés illustres. Ça tombe bien, Nick Gardel est né dans les années 70, élevé par des tontons, biberonné au Bebel magnifique ou marginal et il balance des mandales comme Lino.
Mais, chez lui, point de nostalgie, le verbe se mâchonne avec des pâtes et des potes, entre Brassens et Thiéfaine.
Le noir et le polar n’ont qu’à bien se tenir, c’est avec le sourire qu’il les alambique. Le roman de gare y retrouvera au moins ses lettres de noblesse.

 

Extraits :
« Ce petit-fils d’immigrés portugais est tombé sous le charme slave d’Aneta. Pour les deux, ce pays d’origine qui les définit et les marque n’est qu’une vague destination de vacances. Les hivers glacés d’Aneta sont des cartes postales, les fados de Miguel des souvenirs de touristes. Ces deux-là rigolent doucement quand la mode revient aux troubles identitaires, à la préférence nationale, au grand remplacement. Nés ici, leurs parents subissaient déjà les mêmes soupçons réchauffés. Ils savent que ce pays a toujours deux mains : celle, ouverte, qui vous accueille et une autre, poing serré, qui ne demande qu’à en découdre. Sans doute parce que, dans ce système de convoitise extravertie, on ne peut être heureux que si les autres le sont moins. Ce n’est pas tant la recherche du bonheur qui mobilise les foules mais son évaluation, sa comparaison avec celui du voisin. »
« Tu en connais beaucoup des endroits où ton avis te donne l’impression d’exister ? Où tu peux seulement exprimer cet avis ? Une polémique, même vaine est une reconnaissance finalement. S’opposer à toi et à ton avis, c’est le prendre en considération. Tu existes. Sans compter que tu peux trouver facilement une communauté de pensées. C’est le nombre qui est la clé, la masse, le flot. Bien sûr Internet est un grand vecteur de plaisanteries remâchées et de photos de chatons, mais c’est aussi un lien instantané avec des millions de personnes qui potentiellement pensent comme toi. Le véritable sens du lien social. Sur Facebook tu n’as aucun des freins de la vie courante. La couleur de ta peau, ton poids, ta ville, ton origine sociale, ton accent. Tu peux être totalement toi en te dissimulant derrière un avatar, un pseudo, une projection. »
« Moi je vous parle de l’autre frustrée de Lilolivres. Encore une engeance, tiens ! La version féminine du pitbull. Plus adhésive qu’une teigne ! Sincèrement, ça valait ce tombereau de menaces ? Qu’est-ce que j’avais fait en définitive ? J’avais remis à sa place une analphabète incapable de distinguer un participe passé d’un infinitif ! Tout juste capable de produire laborieusement une fiche de lecture digne d’un CE2 sur l’autre guignol qui écrit ses romans à l’emporte-pièce et est obligé de foutre en couverture des photos de chatons avec des bonnets péruviens pour vendre sa soupe fade. »
« On a remplacé l’écoute désuète du curé par l’ordonnance psychiatrique. C’est plus chic et nul besoin de réciter des Pater pour se faire absoudre. Les bondieuseries ont été synthétisées en laboratoire. Ça creuse le trou de la sécu mais on n’a pas besoin de se montrer à la messe pour avaler le corps du délit. »
 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Morts chroniques de Nick Gardel

Virage radical de style pour ce nouveau roman de Nick Gardel, quoique …. Non pas qu’il manque d’humour, les situations sont toujours originales, mais il est résolument plus grave. Il nous offre ici un thriller plus classique que ce à quoi il nous avait habitués.

Amis internautes, nous sommes dans ce roman comme à la maison, en immersion dans le réseau social le plus partagé : Face Book. Au hasard d’une enquête menée par des personnages presque « normaux », le lecteur est pris en otage ! Des groupes de lecture, des chroniques et commentaires amicaux ou franchement odieux, des frustrations mal assumées, plantent un décor familier. Cette réalité virtuelle cache-t-elle le mobile de cette série de vrais crimes commis en prenant modèle sur un exercice pratiqué sur le net : le cadavre exquis ?

L’auteur ici nous surprend d’une part par le traitement du sujet. Il nous confirme d’autre part sa grande maîtrise de la langue et des dialogues ciselés. Son humour pour être moins flagrant, n’en est pas pour autant absent et la satyre de nos nouveaux modes de communication, de nos amitiés virtuelles, d’autant plus cruelle : un exercice efficace.

Nick Gardel confirme son talent d’observateur sans concession de ceux qui se découvrent un sens critique toxique sous couvert d’anonymat ou d’avatar, en égratignant au passage l’intolérance.

Un virage réussi donc. Plus polar que les précédents romans qui méritent eux aussi d’être découverts, pour leur originalité.

Lu en version numérique.  3.99 €

 

18 réflexions sur “Morts chroniques de Nick Gardel

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