Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (44)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (44)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (44)

Bonjour, c’est un long voyage pour vous rencontrer. Aussi bien en kilomètres que pour parvenir jusqu’à vous une fois sur place. Je vous laisse le soin de vous présenter.

En Guadeloupe, j’ai pas mal de noms. Appelle-moi Vegeta. A Pointe-à-Pitre, c’est comme ça qu’on me surnomme. Les gars de Morne-à-L’Eau disent aussi Carotte. “Carotte”, c’est pour tout ceux qui, là-bas, ont tenté de me la faire à l’envers. “Vegeta”, c’est un super-salaud dans Dragon Ball Z, le manga japonais que je regardais quand j’étais môme. Sur l’île, les flics ne me connaissent pas vraiment alors je n’ai aucune envie qu’un fouille-merde comme toi ne connaisse mon vrai nom. Entre toi et moi, ce sera Vegeta et rien d’autre.

Je te reçois dans notre squat. Ici, ça fume tout le temps alors on a appelé cet endroit “la Havane”. Si tu veux comprendre le business en Guadeloupe, comment on fabrique la merde, à qui l’on cache et à qui l’on vend le crack… alors il te faudra rester ici un moment, nous regarder bosser. Il faudra que tu m’accompagnes en ville, dans les bois et la mangrove, parfois en mer. Il te faudra suivre le caillou, garçon.

C’est donc bien une découverte. Mais pouvez-vous être plus précis et nous parler de vous, au-delà de la surface. Votre caractère par exemple.

Mon caractère ? C’est selon les jours. Demande à mes gars et ils te diront. Ils savent qu’ils ne faut pas trop me chercher. Je suis calme, organisé et froid quand il s’agit des affaires. Mais le reste du temps, j’aime vivre à 200 à l’heure. Les filles, la musique, profiter de mon fric sans rendre de compte. Retiens que je n’ai pas un caractère tranquille. Sur un bateau pirate, je serais le tonneau qui contient la poudre.

Et qu’en est-il de votre créateur Stéphane Pair ? Vous l’avez accompagné longtemps avant de prendre votre envol ?

Le temps qu’il se débarrasse de moi ! Il m’a expliqué qu’il connaissait un autre dealer du nom de Vegeta. C’est ce type lui aurait donné l’idée d’écrire une histoire de crack aux Antilles. A l’origine, il devait raconter le trafic, la façon dont ça se passe. Mais Il a fait un livre sur mon histoire d’amour avec Lize. Je me suis pas méfié.

C’est une relation qui ne paraît pas vraiment apaisée. Pourtant vous devez bien partager des choses avec lui.

Non, je n’ai rien à voir avec ce baltringue.

Une raison particulière pour lui en vouloir à ce point ?

Je lui en veux pour un truc précis. Page 234.

Sur un bateau pirate, je serais le tonneau qui contient la poudre.

Ce qui instaure directement un suspens indéniable. Vous désirez peut-être lui poser une question pour crever l’abcès ?

J’ai toujours été réglo avec toi. Tu aurais pu me prévenir de la venue de Sterling, non ?

Et maintenant que l’aventure est terminée, vous vous occupez comment ?

Je fais mes affaires aux quatre coins de l’île. Je vends du crack à Pointe-à-Pitre en attendant de vivre mieux ailleurs. Loin d’ici.

Quelques mots pour les lecteurs qui vous découvrir ?

Avec ce livre, vous allez tout savoir de ma vie, de mon histoire d’amour avec Lize, de mon business avec le Bahaméen. J’ai rien voulu de tout ça. Je vous demande de garder ces secrets pour vous ou Vegeta saura vous retrouver.

 

3 réflexions sur “Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (44)

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