Piquette à la Roquette de Danielle Thiery

Le livre : Piquette à la Roquette de Danielle Thiery – Paru le 19 septembre 2019 chez French Pulp éditions dans la collection Les nouvelles enquêtes de Nestor Burma … – 16 €.   (288 p.) ; 22 x 15 cm

 4ème de couverture :

Un ancien taulard qui prétend rechercher sa petite-fille disparue, la réapparition d’une ancienne maîtresse, morte depuis trois ans, amènent Burma dans le bouillonnant 11ème arrondissement de Paris.
De la Roquette à la Bastille, le quartier des Apaches et des bistrots pris pour cible par les fous de Dieu.
Celui aussi des tatoueurs, piqueurs en tout genre qui font des corps un terrain de jeux dangereux.
Parce qu’on ne le provoque pas impunément, le détective de choc va plonger dans les tréfonds nauséabonds, au fond des caves où se planque le diable !

« Burma entreprend quelques pas de danse avec le diable… »

L’auteur : Née en 1947 en Bourgogne, Danielle Thiéry fut la première femme commissaire divisionnaire en France en 1991. Elle a entre autres dirigé la sécurité d’Air France. Mauvaise graine, son premier polar a paru en 1997. Beaucoup d’autres ont suivi, dont certains ont été traduits. Elle est également l’auteur de la série télévisée Quai n°1 diffusée sur France 2.
Elle a obtenu des prix littéraires, notamment le Prix Polar et le Prix Charles Exbrayat pour Mises à mort, le Prix Gayant Lecture – Catégorie 3 pour Nuit blanche au musée et le Prix du Quai des Orfèvres 2013 pour Des clous dans le cœur.

Extrait :
« C’était plus fort que moi, mettre les pieds dans un poste de police m’avait toujours rebuté. Aujourd’hui ne faisait pas exception à la règle. Je ne pouvais pas dire à quoi ça tenait au juste. L’odeur, les bruits, les uniformes qui vous en foutaient plein la gueule, la tronche des mecs, les menottés et ceux qui leur tenaient le bras. Plus sûrement, le sentiment d’être une souris entrée dans une cage pleine de chats affamés. De me dire que, d’une façon ou d’une autre, même si maître Borgne veillait, personne ne pouvait se sortir d’un endroit comme celui-là les fesses propres. Quoique tu aies fait ou pas fait, ils étaient capables de trouver quelque chose pour te boucler. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Piquette à la Roquette de Danielle Thiery

Quelle bonne idée a donc eu cette maison French Pulp Editions, de donner un coup de jeune au héros de Léo Mallet, en confiant sa nouvelle destinée à nos auteurs de polars contemporains.

Cette fois c’est Danielle Thiery qui a endossé l’habit et la personnalité de Nestor Burma et qui l’accompagne à la première personne dans l’antre du diable et des tatoueurs. Comme à l’accoutumée, notre détective privé va accompagner un client, solvable cette fois, mais frappé de malchance, à la recherche de sa petite-fille disparue. Nestor sera rattrapé par une récente et triste histoire d’amour.

Dans un Paris historiquement peuplé de mauvais garçons et de filles de petite vertu, en voie de boboïsation, Nestor va devoir jeter ses nouveaux complices, secrétaire et geek, dans la tourmente et aura par ailleurs beaucoup de craintes pour leur avenir. On y découvrira le Paris souterrain, sectaire, satanique et luciférien. On approchera les tatoueurs en découvrant le dernier chic  en matière de marquage et d’implants. Un monde souterrain, noir et sans concession traité avec humour, dans un environnement social bien contemporain, du paraître et du plaisir. Une parenthèse heureuse dans la biographie de cette auteure.

6ème opus de cette collection, à lire sans modération, remarquablement documenté et au ton fidèle à l’esprit de son créateur

Je remercie les éditions French Pulp et NetGalley pour leur confiance

Lu en version numérique. – epub 11.99  €

Autres extraits :
« Les migrants, SDF et tutti quanti, fleurissaient dans tout Paris, tel un fleuve en crue que nulle barrière législative, moraliste ou protectionniste ne pouvait contenir. Le barrage avait cédé depuis longtemps et, pas plus qu’à la prolifération des dealers de coke dans les quartiers oubliés, nul n’y pouvait rien. Je déplorais profondément cet état de fait mais n’avais, hélas, pas de solution clef en main à proposer. Sinon à en prendre un ou deux sous mon toit. Ce à quoi je n’étais pas encore prêt, je l’avouais sans détour »
« La prostitution gangrénait la population des deux sexes, mineure souvent, prête à utiliser des atouts naturels pour s’offrir aux amateurs de chair fraîche. Et gagner — très bien — sa vie sans s’enliser dans des études à rallonges qui ne les mèneraient à rien, sinon à un maigre salaire ou au chômage. Ce crédo d’une jeunesse de plus en plus cynique et plus sûrement désabusée ne pouvait pas ne pas susciter de vocation chez ceux qui pouvaient en tirer des profits sans trop se mouiller. Les petits julots casse-croûte, les proxos en herbe et, immanquablement aussi, les chevaux de retour, féroces, opportunistes et sans scrupules. »
« Autrefois les voyous qui se faisaient embarquer par la police disaient, pour expliquer à mots couverts leur parfois longue absence, qu’ils étaient allés aux « poulets » parce que la Préfecture de police avait été érigée sur l’ancien marché aux volailles de l’Ile de la Cité, le long de la Seine où les bateaux déchargeaient les volatiles importés de la campagne. Le vocable était resté, comme chacun sait, pour désigner les cognes, une autre allusion aimable à leur savoir-faire. »

7 réflexions sur “Piquette à la Roquette de Danielle Thiery

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