En quête d’Elena de Lise Pradère

Le livre : En quête d’Elena de Lise Pradère, paru le 29/04/2019 aux Editions Flamant Noir,  20 euros ( 275 p.),  22 x 14 cm

Elena Vassiliev, jeune et brillante géologue, est retrouvée morte dans son appartement, le visage couvert d’ecchymoses, la tête dans une flaque de sang.

Le commandant Gignac du SRPJ, policier solitaire et bourru, arrive sur place. Aucune trace d’effraction n’est relevée, mais une fouille rapide lui permet de trouver un carnet contenant des photos et des pages manuscrites, certaines écrites en langue étrangère, mélangées à des croquis et autres éléments ; un objet suspect qu’il va devoir décrypter.

Des bureaux feutrés de la Défense, aux vallées oubliées de l’Isère, en passant par une plateforme pétrolière norvégienne, le commandant Gignac tentera d’en savoir davantage sur la victime et ses relations. Mais l’histoire de cette femme, qui fait écho à sa vie personnelle, risque de troubler sa vigilance.

Un visage peut en cacher un autre…

 

L’auteure : Lise Pradère est née au bord du Léman, entre lac et montagne. Elle en a gardé le goût des décors paisibles au caractère changeant et imprévisible. Elle vit aujourd’hui près de Bordeaux.  Petite fille, elle allait dénicher des livres dans l’armoire de sa grand-mère avant d’aller les dévorer sur la pelouse. À l’époque, elle inventait déjà des histoires de détective. Initiée au souffle des grandes épopées par « les rois maudits », ses maîtres sont aujourd’hui Henning Mankell, Elizabeth George, John Le Carré. Elle admire leur capacité à camper des personnages complexes et des histoires haletantes d’une plume élégante. Son commandant Gignac a de multiples facettes : Pur produit du Sud-Ouest exilé à Paris, policier tenace et rugueux, père débordant d’affection contenue pour son fils, homme sensible qui se confronte aux turpitudes de la société par sens aigu de la justice. Lise travaille dans la communication. Elle a vécu en Norvège et en Indonésie. Ses voyages, le monde du management, les faits de société, les évolutions technologiques et les héros discrets du quotidien sont des sources d’inspiration pour son écriture, qu’elle aime agrémenter de touches d’humour. Elle anime un petit atelier d’écriture pour le plaisir de frotter sa plume à celle d’autrui, elle aime partager un bon film ou une expo pour en discuter ensuite à la terrasse d’un restaurant ou sur les banquettes d’un bistrot. Elle est toujours curieuse de découvrir de nouveaux endroits ou des parcours de vie. Elle s’intéresse à l’Histoire et ses petites histoires, à l’économie et à la géopolitique et qu’avec elle, on finit toujours autour d’une tasse de thé, Darjeeling de préférence, mais ça c’est une autre histoire….

 

Extrait :
Il demanda à voir Alban de Sauvigny qui vint immédiatement l’accueillir à la réception.
   – Je viens d’apprendre la terrible nouvelle, je n’arrive pas à y croire, dit-il.
Effectivement, il était pâle.
C’était un homme jeune, mince et élégant. Son visage fin était tendu. Gignac se demanda si cela était dû aux circonstances ou à son tempérament. Il nota mentalement la poignée de main énergique, le costume à la décontraction étudiée, la chevalière armoriée, la chevelure brune ébouriffée, la barbe de deux jours, soigneusement entretenue. Le physique était séduisant, la voix bien timbrée, alban de Sauvigny avait une tête de jeune homme de très bonne famille et de gendre idéal.
Il invita courtoisement les policiers à s’asseoir dans son bureau.
    -Que puis-je faire pour vous, messieurs ?
Gignac installa consciencieusement son bloc-notes et ses stylos en face de lui, puis il se cala dans le fauteuil et dit, en regardant son interlocuteur : 
   -Nous aimerions que vous nous parliez de mademoiselle Vassiliev, s’il vous plaît. Et pour commencer, pouvez-vous nous dire en quoi consistait son travail ?
L’homme marqua un court silence, puis se redressa et expliqua :
   -Elena était géologue. Elle évaluait le potentiel des permis d’exploitation que nous espérions         obtenir ou que nous venions d’obtenir.
   -Pour ma gouverne, sur quoi vous basez-vous pour ces évaluations ?
   -Sur ds infos obtenues suite à différentes campagnes de mesure : gravimétrie, sismique, etc. C’est ce travail d’analyse qui nous permet de faire des hypothèses de rendement et qui détermine le niveau de notre offre.
   -Que voulez-vous dire par “offre” , Financière ?
   -Pas seulement. Notre offre comprend aussi les travaux pour lesquels nous nous engageons afin de valoriser au mieux ce permis et ultimement le développement et produire.
   -Quelles qualités faut-il pour mener cette analyse à bien ?
   -De la rigueur, de l’esprit critique, une grande expérience, mais aussi de l’imagination, du flair, ce qu’Elena possédait … Et il faut aussi un peu de chance.
Gignac le dévisagea avec surprise, son interlocuteur répondit à son regard :
   -Je ne parle pas d’imagination poétique, mais d’une capacité à imaginer la structure du sous-sol plusieurs kilomètres sous terre à partir de données limitées. Aucun terrain n’est semblable et certains posent de véritables challenges techniques.

Chronique d’une flingueuse

Les Chro de Flo

En quête d’Elena

Un premier roman avec un commandant Gignac terriblement attachant (ainsi que d’autres personnages à découvrir !).. Une intrigue très bien ficelée avec ce qu’il faut de suspense, un milieu très intéressant à découvrir (celui des sociétés d’exploitation des sols), des chapitres courts et dynamiques. Tous ces ingrédients réunis font que j’ai passé un moment de lecture vraiment agréable à tel point que j’ai très envie de retrouver notre cher Gignac dans de nouvelles enquêtes.

Le style de Lisa Pradere est fluide, les pages tournent toutes seules ou presque et en moins de 300 pages, elle réussit à dérouler une intrigue sans temps mort mais sans manques, on voyage même, et les personnages principaux sont bien étayés. En bref, n’hésitez pas à faire connaissance avec le commandant Gignac, et ses coéquipiers : Pelletier, Seb, Cyril. Vous ne le regretterez pas.

Merci beaucoup aux Editions Flamant Noir pour cette découverte !

7 réflexions sur “En quête d’Elena de Lise Pradère

  1. Merci Flo pour cette chronique encourageante.
    Je trouve très intéressant votre choix d’extrait car il rend compte des talents et notamment de l’imagination qui font les bons ingénieurs. Cette qualité est souvent attribuée aux seules professions artistiques ou littéraires. Merci d’avoir mis ce passage en valeur.

    Aimé par 2 personnes

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