CINQ LIVRES, CINQ CONTINENTS, le choix d’Yvan

CINQ LIVRES, CINQ CONTINENTS

J’ai demandé aux flingueuses de bien vouloir répondre à ce tag :

« Hello les filles,

J’ai un petit travail d’été pour vous.

Un peu comme vos tops 10 de fin d’année…

J’aimerai bien que vous me donniez, votre sélection : un livre un continent.

5 continents, 5 livres, européen, américains, asiatique, africain et océanien.

Et si vous voulez pousser plus loin, je veux bien aussi un livre sur l’Antarctique »

Et puis, vous avez été quelques uns à me demander si vous pouviez vous aussi jouer avec nous.

Mais pourquoi cette question, bien entendu que j’attendais aussi vos réponses !

Aujourd’hui j’ai de la chance c’est Yvan qui se prête au jeu.

L’immense Yvan du Blog Emotions.

Et je ne peux rien refuser à Yvan même quand il n’en fait qu’à sa tête ! 🤣🤣🤣

CINQ LIVRES, CINQ CONTINENTS, le choix d’Yvan

Geneviève, la cheffe de meute du blog Collectif Polar a lancé un appel à mettre en avant des romans autour du thème : cinq romans, cinq continents.

Je suis très respectueux des règles en général, mais quand elle ne sont qu’un prétexte j’aime bien jouer avec ;-). Voici donc mon : dix romans pour cinq continents (enfin, onze…).

Une manière aussi pour moi de montrer combien les écrivains francophones de romans noirs sont particulièrement ouverts sur le monde.

 

AMÉRIQUE

Stephen King – 22/11/63

Quel livre représente le mieux les USA dans la lecture de l’imaginaire ?

Le King nous propose là une œuvre foisonnante, pleine de pages, d’idées et d’émotions.
22/11/63 est un roman d’ampleur, par sa taille et son sujet. Mais c’est également une œuvre d’ampleur par l’émotion qu’elle suscite auprès du lecteur.
936 pages, cela peut paraître démesuré, mais croyez-moi, si vous arrivez à plonger comme moi dans ce récit, elles vous paraîtront presque insuffisantes. Cette histoire respire par tous ses pores. Elle respire d’intensité, de crédibilité et d’émotion. Parce que, oui, Stephen King fait la part belle à l’émotion dans ce roman, loin de ses anciens récits horrifiques. Et il touche en plein cœur.

Imaginez que vous puissiez remonter le temps, changer le cours de l’Histoire. Le 22 novembre 1963, le président Kennedy était assassiné à Dallas. À moins que…

Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner en 1958, à l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un dégénéré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake.

Avec une extraordinaire énergie créatrice, Stephen King revisite au travers d’un suspense vertigineux l’Amérique du baby- boom, des « happy days » et du rock’n’roll.

 

 

David Zukerman – San Perdido

San Perdido est un livre rare, à tous points de vue. C’est un premier roman, il restera pourtant gravé dans la mémoire de nombre de lecteurs.

David Zukerman est un conteur extraordinaire, et son récit est unique, entre audace et pudeur, sublimée par une plume profondément humaine.

San Perdido est une formidable aventure. Exotique, émotionnelle et humaine. L’histoire est passionnante, les personnages inoubliables et l’écriture aussi vivante que poétique. Un roman sombre, littéralement transpercé de traits de lumière.

Quand un auteur français sublime l’Amérique du Sud des années 40-50.

« Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ? »

Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains.

Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d’une population jusque-là oubliée de Dieu.

 

ASIE

Paolo Bacigalupi – La fille automate

En arrière plan : un avenir proche, un monde ravagé par des maladies génétiquement modifiées, un krach énergétique ayant fait se recroqueviller les civilisations à l’intérieur de leurs frontières (psychologiques et géographiques).

L’auteur (américain) aurait pu tomber dans la facilité et prendre pour scène une Amérique effondrée. Mais non : l’action se déroule en Thaïlande et le dépaysement est tout autant temporel, qu’environnemental et sociétal.

On découvre, médusé, une société thaïlandaise retournée par la force des choses à ses traditions et Paolo Bacigalupi nous y plonge au plus profond avec un énorme talent.

La fille automate

Dans un futur proche où le tarissement des énergies fossiles a radicalement modifié la géopolitique mondiale, la maîtrise de la bio-ingénierie est devenue le nerf d’une guerre industrielle sans merci. Anderson Lake travaille à Bangkok pour le compte d’un géant américain de l’agroalimentaire. Il arpente les marchés à la recherche de souches locales au coeur de bien des enjeux. Son chemin croise celui d’Emiko, la fille automate, une créature étrange et belle, créée de toutes pièces pour satisfaire les caprices décadents des puissants qui la possèdent, mais désormais sans plus d’attaches.

 

 

Ian Manook – Yeruldelgger

Ce roman, d’une richesse rare, vous plongera au plus profond de la Mongolie d’aujourd’hui, un pays qui se modernise mais où les traditions sont ancrées, consciemment ou non, dans chacun de ses habitants. Un voyage totalement dépaysant, loin de beaucoup de nos certitudes occidentales.

Le tout est mis en mots et en images avec maestria par l’auteur, grâce à son style très riche et expressif. Tantôt cynique ou poétique, tantôt drôle ou cinglant, ce roman est une claque tant dans la forme que dans le fond.

Éblouissant et inattendu, noir et touchant, éprouvant et intelligent, original et dépaysant. Avec ce roman, Ian Manook s’est imposé, dès son arrivée dans le milieu du polar, comme un Khan.

Rude journée pour le commissaire Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnkhen. À l’aube, il apprend que trois Chinois ont été découpés au cutter dans une usine près d’Oulan-Bator. Quelques heures plus tard, dans la steppe, il déterre le cadavre d’une fillette aux boucles blondes agrippée à son tricycle rose.

Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Écosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Manook ! Une maîtrise époustouflante pour le polar le plus primé et le plus dépaysant de tous les temps.

 

 

 

AFRIQUE

Jérôme Camut et Nathalie Hug – Et le mal viendra

Jérôme Camut et Nathalie Hug ne font jamais les choses comme les autres. Avec Et le mal viendra, ils vont encore plus loin, font encore plus fort et plus original. Vous n’avez jamais lu un livre de cette nature, ni dans la forme ni dans le fond.

L’action se déroule en grande partie en Afrique, mais pas que. Mais les thématiques donnent tout leur sens au fait d’en parler ici. La guerre de l’eau est la goutte qui nous pend au nez.

Jérôme Camut et Nathalie Hug sont des inventeurs visionnaires. Des alchimistes du noir, créateurs d’émotions et de réflexions. Et le mal viendra est une œuvre unique, atypique, prenante, choquante parfois. Impossible d’y rester insensible.

« On vous a alertés sur la valeur inestimable de l’eau, vous n’avez pas voulu voir. Alors on vous a assoiffés, et vous vous êtes entretués. Va-t-il falloir que l’on entasse six mille cadavres d’enfants devant vos portes pour que vous réagissiez enfin ? »

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Guillaume – Doux comme la mort

Voilà bien un écrivain français de romans noirs qui a toute sa légitimité pour parler de l’Afrique (allez voir sa bio, vous comprendrez).

Un mélange détonnant de vengeance, de trahison, de violence, d’action, de complot politique, dans une histoire qui ne ménage pas ses effets (toujours à bon escient).

L’auteur a son style propre, son bagage d’ancien flic et son expérience au Mali sont parfaitement utilisés pour donner crédibilité à ce récit ambitieux.

 

Dans une prison malienne, le Messager, ancien commando de marine devenu mercenaire, purge sa peine comme une rédemption. Mais lorsqu’il apprend la mort de son ancien associé et compagnon, il se lance à corps perdu dans un périple sanglant. Sur sa route, une femme flic amoureuse, un djihadiste salafiste, un galeriste parisien passionné, un acteur de films X reconverti dans le proxénétisme, un policier de l’antiterrorisme, un ancien ministre de la Défense, un biker à machette…

Trahir son Messager est dangereux, car il ne délivre qu’un seul message : la mort.

« Laurent Guillaume décrit avec froideur et minutie une humanité en péril, à force de cynisme et de cruauté. »

 

 

OCEANIE

Paul Cleave – Un employé modèle, et sa suite Un prisonnier modèle

Plongée noire en Nouvelle-Zélande.

Le concept du tueur en série caché derrière une personne bien sous tout rapport est très à la mode. Ce serait cependant faire injure à ce livre que de le noyer dans la masse.

Détonant, et décalé.

Les histoires permettent de développer des thématiques profondes, entre notions du bien et du mal, processus de deuil, loi du talion ou encore questionnement sur la peine de mort. Et tout ça, tout au long d’une intrigue particulièrement jouissive, écrite de main de maître par un Cleave qui s’en donne à cœur joie avec son humour très noir qui est sa marque de fabrique. Paul Cleave est un génie.

un employé modèle

Christchurch, Nouvelle-Zélande.

Célibataire, aux petits soins pour sa mère, Joe Middleton, homme de ménage au commissariat central de la ville, est au fait des enquêtes criminelles en cours.

En particulier celle qui concerne le Boucher de Christchurch, un serial killer accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Pourtant, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch. Contrarié, Joe décide de démasquer le plagiaire.

Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres…

Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d’une originalité confondante, au-delà des clichés du genre, révèle un nouvel auteur, dont on n’a pas fini d’entendre parler.

Paul Cleave ne se prive de rien et dès le début la barre est placée si haut qu’on se demande comment le romancier va tenir sur toute la longueur. Une sacrée réussite !

Un prisonnier modèle

Tueur en série légendaire, Joe Middleton, surnommé le Boucher de Christchurch, s’est tiré une balle dans la tête. Par malheur, il s’est raté et a atterri à l’hôpital, escorté par une horde de policiers qui se demandent déjà s’ils n’auraient pas mieux fait de l’achever discrètement.

Un an plus tard, Joe est toujours derrière les barreaux d’un quartier de très haute sécurité. Son procès est imminent. Mais pour ceux qui ont eu affaire à lui, seule sa mort rapide est souhaitable. On retrouve dans Un prisonnier modèle tout ce qui a fait la réussite d’Un employé modèle : des scènes violentes qui secouent, un humour férocement noir, une intrigue aux multiples rebondissements. Que les âmes sensibles s’abstiennent… et que les autres plongent avec délices dans ce thriller jubilatoire où notre serial killer préféré devient une cible à son tour.
Du Cleave… pur sang !

 

Maud Mayeras – Lux

La plus douée de sa génération pour moi, sans aucun doute ! Bienvenue dans l’Australie profonde…

Les mots de Maud Mayeras sont comme des tentacules. Ils t’enveloppent, s’en est presque douillet parfois tant ils sonnent justes et vrais. Ils t’enserrent ensuite. Fort, de plus en plus fort, jusqu’à arriver au stade de l’étouffement.
Les mots de Maud, tu les prends aussi en pleine tronche, certains comme des gifles. Ces mots, tu les ressens au plus profond de ton être, ils te tordent les tripes, te fendent le cœur. Mais comment fait-elle pour toucher ainsi ce qu’il y a de plus profond en toi, de plus personnel, de plus humain, de plus inhumain ?

Lux ne se lit pas, il se ressent ; hypertrophie émotionnelle. Ces mots-là, cette histoire-là, se dégustent. Et sans que tu n’y prennes garde ils se retrouvent tatoués en toi. Indélébiles, omniprésents même lorsque le livre est refermé.

Lux

  1. Antoine Harelde débarque à Ceduna, une petite ville perdue au ciel rose et à la poussière collante, dans les terres arides du sud de l’Australie, pour des vacances chez sa mère. Vingt ans auparavant, il y a passé un été inoubliable, un été au cours duquel il a connu la joie, l’amitié, l’amour, mais aussi l’horreur.

Aujourd’hui, il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné. Son but ? Se venger. Mais Antoine est frappé de plein fouet par la dure réalité. La justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse…

 

 

 

 

EUROPE

Olivier Norek – Entre deux mondes

Notre monde, notre pays, maintenant…

Entre deux mondes est sans aucun doute l’un des romans qui m’aura fait vivre le plus d’émotions fortes et contradictoires depuis des lustres. Autant de lumière dans ces ténèbres, autant de frissons, autant de larmes qui montent, c’est très rare. Une boule dans la gorge qui n’est pas près de disparaître.

Olivier Norek n’y va pas avec le dos de la cuillère. C’est plutôt un récit qui inflige des coups de bâtons à répétition. Direct, dur, sans concession, sans moralisation déplacée. Personne n’est épargné. Certaines scènes sont terribles, et l’ambiance souvent irrespirable. Mais avec l’humain toujours au centre.

Entre deux mondes

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires.

Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.

 

 

Michaël Mention – Adieu demain

Parce qu’on parle de l’Europe et non de la France. Même avec un auteur français. A l’heure du Brexit, parlons de l’Angleterre d’avant.

Il y a les livres que vous lisez avec intérêt, mais que vous oubliez très vite. Et il y a les autres, ils ne sont pas légion…

Ceux qui s’insinuent dans votre esprit ligne après ligne, page après page. Ceux qui vous obsèdent… omniprésents.

Ceux qui vous chamboulent… différents.

Adieu demain est de ceux-là. Car ce roman de Michaël Mention mérite une palme dans la production noire actuelle !

Pas facile d’en parler et tant de choses à dire sur ce roman noir assez inclassable. A la croisée des chemins du polar, de la chronique d’actualité et du roman psychologique, il vous bringuebale et vous fait tanguer jusqu’à faire vibrer vos fondations les plus profondes.

 

Vingt ans se sont écoulés depuis l’arrestation de l’éventreur du yorkshire. Un nouveau tueur sévit dans le nord de l’angleterre. Les victimes sont des femmes transpercées par des carreaux d’arbalète. Pour mark burstyn, promu au grade de superintendant, le cauchemar recommence. Il a cependant un atout : l’inspecteur clarence cooper, un jeune flic aussi obsessionnel que lui. La police n’a pas droit à l’erreur et, pour stopper le meurtrier, cooper est prêt à tout. Même à devenir quelqu’un d’autre.

Un voyage au coeur de la peur par l’auteur de sale temps pour le pays, récompensé par le grand prix du roman noir du festival international de beaune en 2013.

 

 

59 réflexions sur “CINQ LIVRES, CINQ CONTINENTS, le choix d’Yvan

  1. Il y a de quoi piocher dans cette sélection (et y’a pas de mal à déborder).
    En revanche, je m’attendais à voir des livres écrits par des auteur•ices issu•es de chacun ces continents, ce qui n’est pas le cas dès lors qu’on s’aventure du côté de l’Afrique ou de l’Amérique du Sud.
    J’ai lu quelques livres de littérature de l’imaginaire d’Afrique et pris note de références en matière de polar pour ma wishlist (Florent Couao-Zotti pour le francophone, Unity Dow pour l’anglophone) et si ça me fait la même que pour la SF, je m’attends à de superbes lectures.
    Je vous en souhaite autant et merci pour cette sélection.

    Aimé par 1 personne

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