La GAV : @Danielle Thiery sous le feu des flingueuses, deuxième audition. 2/4

La GAV : @Danielle Thiery sous le feu des flingueuses,

deuxième audition. 2/4

Suite de la Garde à vue de Madame

Danielle Thiery

2e interrogatoire par Mamie Danièle

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et  après- demain  après-midi

Allez place à la GAV de Danielle Thiery

Dany : Désolée mais la sieste est terminée …

Danielle : yes ! présente!

Dany : Danielle on va parler de celle qui te colle à la peau depuis plus de 20 ans : Edwige !
Comment t’est-elle apparue ?

Danielle : Elle me colle, oui, c’est rien de le dire ! Elle est venue comme ça, dans un livre Le sang du bourreau où je voulais surtout mettre en scène une femme dans une équipe d’hommes mais sans vouloir en faire une série.

Le sang du bourreau danielle thiery. Paru le 2 octobre 1996 chez Lattes.
Des meurtres qui s’accumulent, et à chaque fois, la même boucherie. C’est un psychopathe, un serial-killer, que doit traquer la commissaire Edwige Marion. Il lui faudra toutes les ressources de la police scientifique et de son intuition féminine.

Dany : Elle n’était pas destinée à être récurrente et pourtant … est-ce que ce ce n’est pas handicapant de ne pas pouvoir la tuer une bonne fois ?

Danielle : Ce premier livre avec elle a été bien accueilli et alors que j’écrivais tout autre chose, mon éditrice d’alors m’a suggéré de la garder… Ce n’est que longtemps après que j’ai voulu la tuer. Le problème est que la mort est définitive (cf Conan Doyle avec Sherlock Holmes) et que finalement, elle ne m’a rien fait pour que j’en arrive là. Je peux très bien ne plus la mettre en scène, c’est tout.

Dany : Y a-t-il des choses que tu t’interdis de lui infliger ? Elle est tout de même ton double de papier …

Danielle : Non, rien du tout, mais je lui en fais subir pas mal déjà…
Mon double, non, ma moitié plutôt…

Dany : Alors les lecteurs ne peuvent pas passer à côté des ressemblances qu’elle a avec toi … son parcours pro notamment …
Elle te rassure ?

Danielle : Au début, oui, plus maintenant pour le parcours. Elle ne me rassure pas, elle m’inquiète au contraire, je ne sais jamais jusqu’où elle peut aller !

Dany : et que dire de ses confrontations avec les personnages masculins

Danielle : Comme dans la vraie vie, je ne fais que montrer l’existant. L’avantage de l’écriture c’est que tu peux buter qui tu veux s’il t’enquiquine trop…

Dany : Mais je trouve que les hommes sont tout de même bien cassés dans ton environnement. Les femmes me semblent plus fortes.

Danielle : Pas toutes, elles sont surtout plus présentes. Je crois que c’est ce qui arrive aux femmes dans la deuxième partie de leur vie, quand elles ne croient plus au prince charmant…
Et il y a quand même des mecs super dans mes livres…comme dans la vie

Dany : Tes romans ne croisent pas vraiment de princes charmants …
Y a-t-il des « perversités » que tu t’interdis d’aborder ?

Danielle : Non, aucune, je crois que je l’ai prouvé… Mais je n’aime pas la complaisance dans les descriptions de certaines scènes. Ça ne me semble pas indispensable de décrire un viol par exemple dans les moindres détails. Et il y a beaucoup d’enfants dans mes livres, raison de plus.

Dany : est-ce que tu as recours à des « experts »?… Je ne te vois pas fréquenter les milieux sataniques comme Nestor ou des bordels à sex dolls ?

Danielle : Bien sûr que si je les connais ces endroits, ce qui ne signifie pas que je les fréquente. Et j’ai beaucoup de collègues qui m’en parlent…
C’est important d’avoir des indics!

Sex doll Paru le 1er mai 2019 chez Flammarion Une enquête de la commissaire Edwige Marion À Paris, l’ouverture d’un hôtel de passe 2.0, dont les pensionnaires sont des poupées de silicone, ne fait pas l’unanimité. Son jeune propriétaire, précurseur sur le marché du sexe, n’avait pas imaginé les réactions violentes que sa start-up provoquerait… Dans le même temps, l’Office, dirigé par la commissaire Marion, est confronté à une série de meurtres atroces. Trois femmes sont retrouvées mutilées, des parties de leur corps trafiquées afin d’en faire des créatures parfaites. La psycho-criminologue Alix de Clavery, dont l’expertise est indispensable sur ce dossier, a mystérieusement disparu. Si Marion devine que ces affaires sont liées, elle n’imagine pas à quel point. De Paris au Japon, elle traque ce Docteur X qui l’obsède depuis quinze ans.

Dany : Tu joues sur plusieurs genres … polar adultes, ados, nouvelles … y en a-t-il un qui te plaise d’avantage que les autres ?

Danielle : Non, j’aime écrire, quel que soit le public. Il faut juste que je sois emballée par le sujet

Dany : J’ai l’impression que tu t’es bien amusée à endosser les habits et le verbe de Nestor Burma …

Danielle : Ah oui, formidablement jubilatoire… Parler à la première personne, dans la bouche d’un homme et qui plus est pas un perdreau de l’année, c’était un régal !

Dany : Justement, se plonger dans la peau d’un homme et quel homme … c’est plus difficile que dans la peau de ta moitié ?

Danielle : C’est très différent. L’emploi de la première personne crée une intimité que même ma moitié ne m’apporte pas. Je n’ai pas utilisé le procédé avec Marion pour qu’il n’y ait pas de raccourci entre nous deux. Elle c’est moi ou…pas. Au lecteur de faire le tri.

Piquette à la Roquette : Les nouvelles enquêtes de Nestor Burma Paru le 19 septembre 2019 chez French Pulp éditions Un client vient demander à Nestor Burma de retrouver une personne disparue. Au cours de son enquête, il a affaire à la disparition violente de témoins, à l’apparition d’un fantôme, au milieu sataniste et à celui des modifications corporelles.

Dany : Quand tu penses au prochain (bouquin, roman, …) est-ce que tu sais d’avance à quel type de lecteurs il s’adressera (adultes, ados), s’il fera partie de la série Marion ou si ça sera un one-shot ?
Ou est-ce que le sujet de fond prime ?

Danielle : Non, ça ne marche pas comme ça ! En moyenne je sors deux livres par an ce qui veut dire que je les écris non pas l’un après l’autre mais en même temps. Pendant que l’un est en lecture, ou en prépa ou en pré-sortie, j’écris l’autre. Ou les autres, ça arrive aussi… Et oui, c’est le sujet qui prime. Le déclic se produit sur un thème, un incident, un rêve, une rencontre et là c’est l’effervescence, il faut que j’en fasse quelque chose.

Dany : et entre l’idée et la première dédicace il se passe combien de temps ?

Danielle : Boooouuuuu… Un certain temps…Disons un an pour être large mais ça ne peut guère être moins. Et ce n’est pas moi qui décide de tout, l’éditeur est le vrai patron du calendrier.

Dany : Tu t’es essayée avec succès au livre disons « documentaire » avec la BRI : est-ce que tu y as découvert des choses en investiguant, quel était le but de cet exercice ?

Danielle : J’avais déjà fait ça avant (LA PJ de Versailles, Le Souffleur…) et j’adore aussi mais c’est un exercice compliqué. Surtout avec la grande maison qui est exigeante et les collègues en activité qui ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent. Bien sûr qu’on découvre toujours quelque chose même après des années de police. Et des choses qui évoluent très vite. Mais c’est ce que j’aime aussi, repartir chaque fois d’une page presque blanche!

Dany : Les personnages et les genres sont donc les outils au service de tes sujets. Y a-t-il des genres que tu souhaiterais aborder et que tu n’as pas eu l’occasion d’approcher ? Même en dehors du polar ?

Danielle : Franchement ? Non. Mais c’est parce que le polar est un genre qui permet tout. Aussi bien plonger dans l’histoire, la science, le porno, le fantastique, la psychologie et les prisons. Ce genre est un témoin du temps et de son temps. Son offre est infinie et elle me convient très bien.

Dany : Et la TV … ton expérience avec le « quai n°1 » est ancienne maintenant … serais-tu tentée à nouveau ?

Danielle : Bien sûr, mais j’ai fait de petites choses depuis Quai N°1… Il y a des projets, ils se font…ou pas… C’est compliqué l’adaptation. Et franchement pas toujours réussi.Mais oui  je serais ravie de voir Marion à l’écran!

Dany : et le cinéma ?

Danielle : J’adorerais… Mais ce n’est pas moi qui décide… J’ai fait des choses, il y a longtemps et ça n’a pas abouti, pas forcément à cause de moi ou de la qualité du scénario.Tous les auteurs te le diront, c’est un parcours du combattant…
C’est souvent une question de rencontre.

Dany : Et d’agent offensif ou pas.
Il y a malheureusement des projets que les lecteurs aimeraient « voir » et des réalisations qu’on aimerait oublier …

Danielle : Oui les agents volent plus souvent au secours de la victoire qu’ils ne sont proactifs !

Dany : Tous tes romans sont publiés ou dans les tuyaux … y a-t-il dans un tiroir, un manuscrit qui n’a jamais rencontré son éditeur ?

Danielle : Pas de manuscrit en déshérence dans un tiroir pour la bonne raison que je ne me mets vraiment à écrire que si j’ai un éditeur enthousiaste sur le sujet et, éventuellement un contrat. Sinon je ne me lance pas. Pas la première fois, bien sûr. J’ai écrit Mauvaise graine d’une traite et il a été publié par le premier éditeur qui l’a lu.

Il s’appelle Mathieu. Il erre désespérément, hanté par des images de corps meurtris, à la recherche d’une mère. Le jour où il la voit, son choix est fait : ce sera elle. Elle : Madeleine, cinquante ans passés, pas de mari, pas d’enfants. Et un besoin d’aimer, de protéger, qui va la faire accéder au désir de Mathieu, laissant se nouer entre eux des liens ambigus. Madeleine tiendra bon, jouera le jeu jusqu’au bout, indifférente aux meurtres en série qui mobilisent les policiers et les journaux. Des meurtres de vieilles dames… Première femme devenue commissaire divisionnaire dans la police nationale, Danielle Thiery nous offre, avec ce thriller, son premier livre, un suspense implacable.

Dany : Bel exploit !

Danielle : C’est la voie royale, je reconnais mais Mauvaise graine est un bon roman, sorti de mes tripes….

Dany : Est-ce que tu as connu l’angoisse de la feuille blanche ou la panne d’inspiration ?

Danielle : Pas de page blanche non plus car quand j’entame l’écriture, je sais où je vais, à quelques nuances près, bien entendu. La panne d’inspiration ça arrive malheureusement mais pas encore pour moi. Ce jour-là, je ne forcerai pas la machine, j’attendrai que ça revienne et si ça ne revient pas, ce sera tant pis pour moi. Je n’aime pas la marche forcée et quand un auteur que j’aime a écrit un livre de commande ou alimentaire, je le vois aussitôt.

Dany : Sûr, c’est tout de suite moins convaincant …Pour en revenir à Marion à l’écran, tu verrais qui pour l’incarner si tu avais libre choix …?

Danielle : Moi ! Non, je déconne…J’ai passé la date de péremption d’une part et d’autre part, je m’en fiche. J’ai souvent pensé à Nathalie Baye mais elle est trop refaite… Alors qu’importe, il faut juste qu’elle ait du caractère et la niaque.

Dany : Surtout que l’action se déroule sur plusieurs décennies si tu en fais une série …
Tu pourrais être celle qui raconte ses histoires passées
Bon … on verra ça plus tard j’espère !
As-tu encore quelque chose d’essentiel à dire sur tes personnages ?

Danielle : Oui, bien que je sois très attachée à eux, ils doivent quand même faire gaffe… J’ai la particularité de me lasser vite des gens qui me lassent!!!!

Dany : 😆

Dany : Merci Danielle pour ces confidences qui nous font approcher ta réalité de créatrice. Merci pour le temps que nous a consacré aujourd’hui.
Demain à 16 h avec Aline tu aborderas d’autres aspects de ton métier d’auteur.
Bonne soirée !

Danielle : OK,  à demain alors…

Dany : Il est 17h14 et se termine la deuxième audition de la prévenue Danielle Thiery

Geneviève : Merci Dany pour cet interrogatoire menée de main de maître.

On se retrouve après demain sur notre blog pour la suite et la fin de cette Garde à vue exceptionnelle de Madame Danielle Thierry

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