Casher nostra de Karim Madani

Le livreCasher nostra de Karim Madani. Paru le 3 octobre 2013 au Seuil.  19€. (283 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : Comment échapper à son destin ? Vieille question. Des années après sa grise adolescence, Maxime habite toujours le quartier d’Hanoukka, seul avec Hannah, sa vieille mère, son alzhei-mère, qui danse en écoutant Sun Ra. Il est coursier, et justement, il en a vraiment plein les bottes d’être coursier, car il pleut tous les jours sur Arkestra, la ville qui ne dort jamais, ghettoïsée et violente, où tentent de vivre les personnages de Karim Madani. Fils d’un petit truand fiché à la Casher Nostra, la mafia du quartier juif, Maxime ne sait pas dire non quand il le faut. D’autant que les services sociaux lui mettent la pression pour qu’il abandonne sa mère, devenue folle, dans un mouroir municipal. Et que sa copine Sarah ne voit pas où est le problème.

Le voilà donc entraîné dans un deal d’herbe particulièrement foireux. De quoi se mettre à dos tous les caïds des Tours Organiques, dont Max pique la clientèle, et l’ensemble dès services de police d’Arkestra, qui n’en est pas avare. Évidemment, ça va mal tourner. Mais ce n’est pas le problème. Le problème, c’est la question. Comment échapper à son destin ?

Extrait :“ Il regarda les deux gigantesques cheminées de la déchetterie d’Hanoukka-ville vomir des nuages de soufre et des vapeurs d’ammoniac, dans un ciel adénopathique, chargé d’organismes procaryotes. ”
L’auteur : Karim Madani a baigné dans une culture américaine de polars, de comics, de films noirs, de jazz, de soul, de funk et de bandes originales de films. Journaliste et spécialiste reconnu de la culture alternative américaine et des musiques urbaines. Il a écrit pour de nombreux magazines de Hip-Hop tels l’Affiche, Groove, Rap US ou Digital Hip-Hop.En 2005, il publie un recueil de chroniques urbaines, Fragments de cauchemar américain et autres textes, aux éditions Inventaire. Deux ans plus tard, il livre un premier roman, Hip-Hop Connexion. Karim Madani publie son second roman dans le cadre de la rentrée littéraire 2008, intitulé Les Damnés du Bitume. puis suivrons Cauchemar périphérique (Philippe Rey, 2010), Le Jour du fléau («Série noire», Gallimard, 2011).
Extrait : «Dans quelques heures, ces étudiants se retrouveraient dans un pavillon chic du quartier, pour une défonce joyeuse et collective. Tout le monde aurait l’air heureux, sous herbe. Lunaires effluences. Exhalaison des jardins d’Éden. »

Le post-it de Ge

 

Karim Madani : Casher Nostra.

Arkestra. La ville qui ne dort jamais. Gangrenée par la came et les gangs. Une ville schizophrène, bipolaire. Les pires criminels y ont élu domicile. c’est là que vit Maxime qui est coursier dans le quartier d’Hannouka. Maxime découvre un jour qu’il est spasmophile. Et à ce titre, il peut bénéficier d’un programme gouvernemental. On lui attribue une dose de cannabis médical hebdomadaire. C’est pour Maxime une révélation. En ce procurant des faux papiers , il arrive a ce faire prescrire un stock conséquent de tétrahydrocannabinol . La meilleur beuh que l’on peut trouver… Il imagine qu’il va pouvoir aider sa mère et sortir de sa condition en revendant la précieuse herbe… Et oui Maxime Goldenberg n’est-il pas le fils d’un truand de la mafia juive. Il se retrouve donc entraîné dans un deal d’herbe qui ne se passe pas comme prévu. Forcément il met à mal toute l’organisation et le bel équilibre de la cité. Et les bandes, les gangs et la police va chercher à lui tomber sur le râble.Karim Madani réinvente le roman noir social, il lui redonne ses lettres de noblesse. Avec son style boxé qui tel un uppercut qui va droit au but et ne s’embarrasse pas de descriptions inutiles, il donne le ton. Il brosse un portrait réaliste de la vie dans les ghettos, ces cité dortoir où les habitants survivent plus qu’il ne vivent.

  Extrait :« Maxime était suffisamment défoncé pour passer entre les gouttes acides d’une biographie placide sans nourrir de pensées homicides ”

De plus, Karim Madani réinvente la langue. Son écriture est elle aussi coup-de-poing, mélange de mélopée et de mots crus. Avec sa plume il peint un décor en noir et blanc, univers gris où déambule des personnages magnifiques de noirceur. Et pourtant, tous plus attachant les uns que les autres. Maxime bien sur, son coté un peu gauche est attendrissant. Sa mère avec qui il forme un couple détonnant, celle ci partant peu à peu dans les limbes. Et même Alex, l’agent de sécurité, l’ami de Max, porté sur la bouteille et pratiquant la violence gratuite nous parait plutôt sympathique. Et puis j’ai oublié de vous parler de Skit que l’on entraperçoit de temps à autre, reliant ainsi les différentes parties du livre. Cette artiste, peintre des rues d’Hanoukka, adolescente virevoltante qui crée sur les murs de la cité  un parcours tagué à coup de bombe de peinture et de pochoir, à la mémoire des héros juifs du ghetto.Vous l’aurez compris, j’ai surkiffé cette tragédie moderne et urbaine saisissante.

Extraits : 
« Désolation urbaine post-industrielle. Les usines avaient fermé il y a une dizaine d’années. Les promoteurs parlaient de la future “revitalisation urbaine”, mais tout ce que Max voyait, c’était l’amoncellement obscène de centaines d’immeubles de rapport décrépis, aux loyers bloqués. Loi de 1948. »
« Le ciel avait pris une teinte charbonneuse. Quelques éclairs et les lumières des avions qui traversaient l’espace aérien d’Arkestra déchiraient le tissu tuméfié de la coche d’Ozone ».

26 réflexions sur “Casher nostra de Karim Madani

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