Un kimono pour linceul de Jean-Michel Leboulanger

Le livre : Un kimono pour linceul de Jean-Michel Leboulanger. Première parution aux Editions du 38 le 2 février 2016 – Ré-édition chez AFNIL le 24 juillet 2019. 20,00 € ; (376 pages); 14 x 22 cm.

 

4ème de couverture :

« Un coup de poing n’aurait pas été plus violent ni brutal. Les jambes molles, Gutxi s’adossa contre un mur, le souffle coupé. Ce n’était pas tant le portrait souriant de Tamae qui le troublait, que l’enfant de quelques mois assis sur ses genoux.

Gutxi venait de se découvrir un fils. . . »

Après vingt ans d’exil, Gutxi, un ancien terroriste basque, revient au pays des extrêmes, un Japon violent sous ses dehors polis. Condamné par les médecins, il souhaite finir ses jours dans ce lieu où il a laissé ses souvenirs et sa vie, de rares instants de bonheur pourtant liés à l’univers trouble des Yakuza. Il n’aspire plus qu’à la paix. Mais certains ne l’ont pas oublié. . .

 

L’auteur : Voyageur, écrivain, photographe, Jean-Michel Leboulanger parsème ses romans d’images, de visage, de parfums et de sons ramenés de ses voyages. Loin des guides touristiques et des clichés exotiques habituels, il y parle des hommes, des femmes souvent avec dérision et humour, même dans les situations les plus désespérées.

 

 

 

 

Extrait :
Malgé la torpeur de ces jours paisibles, Gutxi n’avait pas relâché sa vigilance. Depuis sa rencontre avec l’obayun, il avait remarqué qu’on le suivait. Discrètement, mais efficacement, il s’était surpris de s’en amuser, lui qui ne riait jamais et qui pensait avoir perdu sa jovialité d’autrefois. Par jeu, il emmenait ses suiveurs dans des rues étriquées d’Akasaka Mitusuké, là où les limousines ne pouvaient se frayer un chemin sans risquer d’écraser de multiples piétons qui se croisaient et se bousculaient à longueur de jour et de nuit. Gutxi leur jouait des tours. Quand la voiture ne pouvait plus rouler, il les voyait sortir précipitamment,  à demi coincés par les portières qui butaient contre les façades, alors que lui-même disparaissait dans l’étroitesse d’un passage entre deux maisons. Il se faufilait avec adresse entre les câbles électriques, les énormes climatiseurs et les nombreux vélos qui encombraient ses allées. Gutxi débouchait généralement dans une autre rue piétonne où il attendait ensuite calmement ses poursuivants qui apparaissaient enfin, hagards et nerveux. Gutxi continuait sa marche négligemment, observant en douce dans les reflets des vitrines la filature dont il faisait l’objet.

 

Les émotions de lecture de Cécile

Un kimono pour linceul de Jean-Michel Leboulanger

Tout d’abord, il faut préciser que mes attentes étaient élevées quant à la plume et l’invitation au voyage de Jean-Michel. Nous partageons de nombreux goûts communs  pour des personnages de fiction avec des appareils photo en bandoulière, pour une certaine conception de la mélancolie, pour des rythmes folk voir même coréens et pour finir, notre appétit d’auteur de faire voyager comme nous voyageons. Si à cela vous ajoutez mon appétence tout particulière pour toute fiction qui se déroule entre Corée et Japon vous imaginez bien que la barre était haute !

Coupons court au Suspens, j’ai adoré ! Pour plusieurs raisons, ce voyage m’a embarquée au travers d’un personnage qu’on adorait détesté, Gutxi,  un ancien terroriste de l’ETA qui part sur les traces de son passé au Japon mais aussi de son présent à travers les yeux de son fils et peut-être d’un futur bien compromis au travers de ceux de Claudine. La plume fluide et acérée de Jean-Michel nous emmène dans les bas-fonds d’un Japon qui oscille entre la carte postale des cerisiers en fleur et la cruauté des Yakuzas et de leurs clans où les hommes et les femmes ne sont réduits qu’à leur état de marchandise. On rage de ces hommes riches et puissants qui se servent sans un regard d’humanité pour ces exilés dont le seul tort n’est que de vouloir un peu plus que ce que la vie à leur offrir dans leur pays d’origine. C’est un regard sur le passé de chacun et sur ce qui nous mène à nos choix, notre conscience, ce qui nous lie les peuples, les membres d’une même famille, d’un même clan. C’est aussi un thriller dur aux multiples rebondissements avec certaines scènes à la limite du supportable. Mais c’est aussi sensuel comme un Kimono qui s’entrouvre. Vous l’aurez compris je vous invite avec insistance et fermement à suivre le guide pas franchement touristique du Japon et du peuple Aïnou de Jean-Michel Leboulanger !

9 réflexions sur “Un kimono pour linceul de Jean-Michel Leboulanger

  1. Ma chronique suivra, ici ou là. Et elle rejoindra la tienne.
    Une 10aine en retard à écrire. Mais j’ai adoré ce roman de Jean-Michel et j’ai hâte de trouver un nouveau moment pour un lire un second de sa plume.

    Aimé par 1 personne

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