Un anniversaire déjanté : la publication des nouvelles, chapitre seize

Un anniversaire déjanté : la publication des nouvelles, chapitre seize

Humour Noir de Lou Vernet

 

Humour Noir

Ni avant ni après.

Le timing parfait.

Une foutue opportunité à ne pas louper.

La petite dame voulait un feu d’artifice, j’allais lui en donner.

Stop, arrêt, marre. Fini de me prendre pour un looser, de me snober, de tirer sur la ficelle du yoyo.

Cette fois-ci, je suis bien décidé. Et gare aux égos !

Des mois que je cours après la légendaire « Gé »  et qu’un abyssal précipice me renvoie l’écho de son silence.

Parce qu’évidemment, il n’y en a toujours et encore que pour les polardeux, ces psychopathes de la vulgarité qui, sous couvert de faire frissonner la mégère entre deux lessives, se branlent le bulbe en écrivant de sales histoires.

Sexe, violence, protagonistes en berne et toujours la part belle au gentil héros qui vient, in extremis, sauver la situation en donnant des sueurs froides aux lecteurs, chaudement installés sous leur plaid.

Des scribouillards du crime qui, s’ils n’en commettent pas eux-mêmes, en profitent allègrement pour vivre leur fantasme par procuration.

Ainsi en est-il de la littérature aujourd’hui. Tombée bien bas sous le joug d’un engouement plus que douteux. Et manifestement encouragé par cette bande de dégénérées qui se font pompeusement appeler les « Flingueuses ».

J’ai nommé « Isabelle, Cécile et Madame Gé ».

Dans leur tour d’ivoire, la non moins fameuse bibliothèque Parmentier, elles encensent avec une espèce de frénésie de midinettes, un panel d’auteurs tout juste bons à aligner sujet, verbe, complément et encore pas toujours.

La mode livresque est au noir. Au cru. Aux bas-fonds d’une société en perdition.

A gerber !

Il n’y a pas si longtemps, j’ai écrit un essai là-dessus, « L’infiniment blanc ».

Dans une société comme la nôtre, aux abois, percluse de violence, de sauvagerie et de barbares qui se font péter la cervelle aux terrasses des cafés, je posais la question de savoir qui voulait encore lire qu’un prédateur, nécrophile, violeur ou pédophile ensanglante le monde plus qu’il ne l’était déjà.

La réponse était d’une banalité affligeante : tout le monde ou presque. Et si ce bas monde ne lisait pas, il se ruait au cinéma, allumait la télévision et zappait les séries B comme on pioche dans un sachet de popcorn.

Des goinfres de la pire espèce, assoiffés d’hémoglobine et de testostérone purulente.

Puisqu’ils voulaient fêter ça, autant être de la partie. Pour une fois que la porte était ouverte, ne pas se gêner.

Les quatre ans du blog de ladite « Gé », (G)Hachis Parmentier de chroniques toutes plus laxatives les unes que les autres, m’offraient la providence.

Une grande fête se préparait. Farandoles et cotillons. Des surprises à gogo. Certainement un gâteau, des bougies. Et quelques dizaines de lecteurs psychopathes, triés sur le volet de la nomenclature polardesque.

Des privilégiés du Noir avec un grand Haine tatoué sur le front. Certains de côtoyer pléthore d’écrivains et d’appartenir, l’espace d’une journée, à une caste hors norme.

Privilège obtenu à la ferveur d’un fanatisme quasi religieux qui consistait à énumérer le nombre de livres lus et à lire. Et à photographier l’étendue de sa bibliothèque.

Un mot clé pour cela : le sésame P.A.L.

Qu’il fallait savoir prononcer toutes les trois phrases et placer à n’importe quelle occasion. En s’insurgeant le plus souvent possible auprès de son voisin qu’un pauvre inculte ne sache pas encore ce qu’était une Pile A Lire.

J’allais leur en donner, moi, du Pire à Lire.

Et à vivre.

Il était temps d’en finir avec ce snobisme de genre.

Les auteurs qui, comme moi, s’essayaient à créer un peu de poésie étaient vus comme des sous-genres, des rebuts, des exceptions qu’on tolérait sur la dernière étagère mais pour lesquels la société n’avait plus aucune considération.

En témoigne ce collectif qui pérorait le polar à tout va sans avoir jamais lu ou su lire autre chose. Surtout pas moi. Ni mon livre.

J’allais m’inviter à cette fête et les faire danser, Elle et sa plèbe de dégénérés.

Ils voulaient du Noir, ils allaient être servis.

Qu’on ne me dise plus que je m’étais trompé de genre. De case. De caste.

On entrait dans cette bibliothèque comme dans une vespasienne. Suffisait de le vouloir et de se boucher les narines.

Parce que l’odeur du Noir est le même que dans une pissotière. Des relents d’urine, de merde, de gerbe, de foutre, chairs en décomposition suintant le mauvais alcool, la drogue, le sexe, la débauche, le sang.

Tout ce qu’ils aimaient à lire et à ressentir en somme.

Il suffisait d’emballer quelques chats et chiens morts, de les empaqueter avec les sacs poubelle de mon immeuble, d’en faire un bon gros paquet cadeau, de le faire livrer la veille du jour J, juste avant la fermeture.

Et d’attendre.

La nuit produirait son effet. Les effluves auraient le temps de bien se propager. Et à l’ouverture du paquet le lendemain, il serait trop tard.

A ce moment-là, seulement j’interviendrai.

J’arriverai, déguisé en l’un de ces héros à la con qu’on voit pulluler partout, cap plein vent. Je tomberai à pic, l’homme de la situation, armé d’un gigantesque bouquet de fleurs parfumées. Je feindrai la surprise. J’aurai l’audace de proposer une alternative. De les pousser vers la sortie.

Et de voir leur sourire se figer au premier pétard qui explosera mon cadeau.

Une belle gerbe pestilentielle viendra éclabousser les murs de livres et se ficher un peu partout sur la peau, les visages, les mains. Dans la bouche.

Alors seulement et seulement là, je goûterai au plaisir du Noir dans toute sa splendeur.

Je balancerai nonchalamment le détonateur qui aura servi à faire exploser mon colis à distance. Et quand tout sera fini, bien après qu’une équipe de nettoyage aura tout passé au karcher, ladite « Gé » trouvera comme par miracle un exemplaire de mon livre « L’infiniment blanc » posé sur son bureau, intact, miraculé.

Qui sait, alors, ce qu’il en adviendra ?

En tout cas, ça sera un anniversaire très spécial.

A classer, non sans ironie, dans le genre « humour Noir » !

Et tchin, mesdames J.

7 réflexions sur “Un anniversaire déjanté : la publication des nouvelles, chapitre seize

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