Le dernier Lapon de Olivier Truc

Le dernier Lapon de Olivier Truc. Paru le 13 septembre 2012 chez Métailié dans la collection Noir. 22€. (452 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en pochele 12 septembre 2013 chez Point dans le collection Point Policier. 8€40. (570 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv:

Depuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit. Dans l’obscurité, les éleveurs de rennes ont perdu un des leurs. Mattis a été tué, ses oreilles tranchées – le marquage traditionnel des bêtes de la région. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les Lapons se déchirent : malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté ?

 

 

 

L’auteur : Olivier Truc est journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point, après avoir travaillé à Libération. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste. Il est l’auteur de la biographie d’un rescapé français du goulag, L’Imposteur (Calmann-Lévy). Il écrit ici son premier roman.
 Extrait : 
Lundi 10 janvier.
Nuit polaire.
9 h 30. Laponie centrale.
C’était la journée la plus extraordinaire de l’année, celle qui portait tous les espoirs de l’humanité. Demain, le soleil allait renaître. Depuis quarante jours, les femmes et les hommes du vidda survivaient en courbant l’âme, privés de cette source de vie.
Klemet, policier et rationnel, oui rationnel puisque policier, y voyait le signe intangible d’une faute originelle. Pourquoi, sinon, imposer à des êtres humains une telle souffrance ? Quarante jours sans laisser d’ombre, ramenés au niveau du sol, comme des insectes rampants.
Et si, demain, le soleil ne se montrait pas ? Mais Klemet était rationnel. Puisqu’il était policier. Le soleil allait renaître. Finnmark Dagblad, le quotidien local, avait même annoncé dans son édition du matin à quelle heure la malédiction allait être levée. Que le progrès était beau. Comment ses ancêtres avaient-ils pu supporter de ne pas lire dans le journal que le soleil allait revenir à la fin de l’hiver ? Peut-être ne connaissaient-ils pas l’espoir ?
Demain, entre 11 h 14 et 11 h 41, Klemet allait redevenir un homme, avec une ombre. Et, le jour d’après, il conserverait son ombre quarante-deux minutes de plus. Quand le soleil s’y mettait, ça allait vite.
Les montagnes allaient retrouver leur relief et leur superbe. Le soleil se coulerait au fond des vallons, donnant vie à des perspectives endormies, réveillant l’immensité douce et tragique des hauts-plateaux semi-désertiques de la Laponie intérieure.
Pour l’instant, le soleil n’était qu’une lueur d’espoir, se reflétant sur les nuages orangés et rosâtres qui couraient au-dessus des sommets à la neige bleuie.

Le post-it de Ge

Le dernier Lapon de Olivier Truc

Tout a déjà été dit sur le dernier Lapon. Ce livre a fait l’effet d’une bombe lors de sa sortie. Il a d’ailleurs tout remporté sur son passage en commençant par le Prix des lecteurs Quais du polar-20 minutes 2013 et le prix Mystère de la critique 2013. Mais ce n’est pas tout. A chaque fois qu’il était en compétition pour un prix dans un salon, il le remportait. Le dernier Lapon a vraiment fait carton plein, plébiscité par les lecteurs mais aussi la critique, la blogosphère et les journalistes mais aussi les professionnels du livres, libraires et bibliothécaires en tête.

C’est vrai que je n’ai peut-être pas été aussi enthousiaste que mes petits camarades qui en faisait le roman policier de l’année même si pour moi Olivier Truc nous livrait un excellent polar ethnologique.

Petit confidence :  ( personnellement à peine 3 mois plus tard que la lecture du Dernier Lapon je découvrais Sandrine Collette et ses nœuds d’acier. C’était le dernier jour de l’année et là j’avais mon coup de cœur absolu de 2012) . Mais bon je vous l’ai dit Olivier Truc avez tout de même frappé fort, très fort. Il me rappelait les frissons que j’avais eu quelques année plutôt avec Utu (2004), puis Zulu (2008) de Caryl Ferrey. Nous étions là dans la même veine avec moins de violence chez Olivier Truc. A son tour il nous dépaysait et nous faisait aller à la rencontre du peuple Sami. Ces Lapons de l’extrême nord de notre bon vieux continent européen.

Je vous le disais, Le dernier Lapon remettait en selle le polar ethnologique. Et l’année d’après en 2013 on faisait la connaissance avec Yeruldelgger d’un certain Ian Manook qui lui aussi allait tout remporter sur son passage.

Mais revenant à notre roman, Le dernier Lapon. D’ailleurs de quoi ça parle ?

Kautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial. Demain le soleil, disparu depuis 40 jours, va renaître. Demain entre 11h14 et 11h41, Klemet va redevenir un homme, avec une ombre. Demain le centre culturel va exposer un tambour de chaman légué par un compagnon de Paul-Émile Victor.

Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d’un éleveur de rennes n’arrange rien à l’affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères.

Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante. Mais à Kautokeino, on n’aime guère les vagues. Ils sont renvoyés à leurs patrouilles en motoneige à travers la toundra, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes.

Les mystères du 72e tambour vont les rattraper. Pourquoi en 1939 l’un des guides sami a-t-il confié à l’expédition française ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks traditionnels que chante le vieil oncle de Klemet ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et qui a l’air de si bien connaître la géologie de la région ? À qui s’adressent les prières de la pieuse Berit ? Que cache la beauté sauvage d’Aslak, qui vit en marge du monde moderne avec sa femme à moitié folle ?

Dans un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l’hypermodernité et de la tradition d’un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

Alors si vous ne connaissez pas cet auteur, n’hésitez surtout pas, attrapez son dernier Lapon, premier tome d’une trilogie que vous aurez le plaisir de dévorer. Vous allez adorer découvrir la police des rennes…

Et c’est certain vous vous lancerez dans ses suites car notre Dernier Lapon est suivi du Détroit du loup, et de La montagne rouge.

Alors bonnes futurs lecture à vous mes polardeux

12 réflexions sur “Le dernier Lapon de Olivier Truc

  1. J’ai adoré labtrilogoe de la police des rennes, notamment le.deuxieme, le détroit du loup qui montre les consequences de la recherche petroliere dans ce secteur. Quel univers, glacé, mais riche en histoire.

    Aimé par 1 personne

  2. La Laponie et ses minorités , c’est la plume d’Olivier Truc qui me l’a rappelée après Roger Frison-Roche il y a bien longtemps. Cette approche des minorités fait écho aux romans sur l’Amazonie également et je pense à Colin Niel.
    La suite de ce roman, « le détroit du loup » est tout aussi passionnante et instructive des enjeux économiques qui se traitent sur le dos de ces peuples.
    Inoubliable immersion !

    Aimé par 1 personne

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