Lire en Poche

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Le retour du salon de Dany

Il était une fois la quinzième édition d’un salon près de chez moi ! Forte de l’expérience caniculaire de l’année dernière, compte-tenu des prévisions météo j’ai décidé de faire plus cool … ça sera sur deux après-midi, quelques échanges autour des stands et quatre tables rondes … presque homéopathique mais riche !

Première journée : samedi 12 octobre 2019

Au fil des stands, nouvelle rencontre avec les éditions Caïrn et leur impressionnant catalogue qui compte plus de 80 titres en moins de 4 ans … de vrais militants du noir local, au sens élargi au Sud-Ouest.

13h30 – Table ronde : Ils vont nous parler des périphéries

Je retrouve Benoît Séverac, auteur remarqué avec Trafics et ………….Lauréat 2019 du prix polar de Sud-Ouest avec 115 et découvre David Lopez qui en est à son premier roman Fief. L’animation est assurée par Bertrand Mirande-Irribery.

Ils n’ont pas trop parlé des périphéries en fait mais les ont évoquées au travers ce qu’ils nous ont dit de leurs romans.

Fief  aurait dû s’appeler Aquarium, il s’agit d’un huis clos et la notion d’enfermement y est fondamentale. Le personnage principal, Jonas, fait du renoncement son credo et de la notoriété, un ennemi à fuir. « Réussir, c’est trahir » ses origines, il fera tout pour se faire oublier, se rendre anonyme dans la foule des losers, s’identifiant ainsi à l’antisystème.

115, c’est le numéro d’appel du Samu Social, on y retrouve la véto de Trafics, Sergine (prononcer à l’allemande SerGUine), qui  approche les SDF par leurs animaux afin de les aider, accompagnant la fliquette Sarah, toujours aussi taiseuse,  dans sa lutte contre la prostitution albanaise. L’auteur a voulu rendre un hommage admiratif à tous les travailleurs du 115 à qui il dédie le prix qu’il vient de recevoir.

Quand l’animateur pose la question du rôle de l’auteur de cette littérature de combat, Benoît Severac se défend de ce rôle donné au roman noir. Dans son cas, ses « romans naissent toujours d’un coup de gueule » personnel. De son côté David Lopez ne veut pas éveiller les consciences mais le cheminement de son écriture part d’une description du « microscopique » pour élargir son champ a postériori … compliqué à expliquer mais l’idée c’est que la description de l’environnement dont dépend le fait microscopique, s’impose à lui dans une deuxième étape.

Benoît travaille à partir des personnages qui guident son écriture et les fait ensuite évoluer dans leur environnement, David considère que les choses importantes sont « les sorties de route », alors que le fil rouge est le chemin principal.

Quand David parle d’agir étape par étape (courir oui, mais l’objectif c’est le réverbère à quelques mètres et on voit après…) Benoît lui, vise plus loin (courir oui, essayer le 500 bornes et voir jusqu’où on va)

Pour tout comprendre il faudra lire

Coups de cœur de nos auteurs pour leurs lectures récentes :

Benoît : Nous rêvions juste de liberté d’Henri Loevenbruck et Trois mille chevaux vapeur d’Antonin Varenne

David : Eloge des bâtards de Olivier Rosenthal et Boy Diola de Yacouba Diémé (son pote)

On lève le camp pour d’autres occupations …

Beaucoup de monde dans les stands de dédicaces …

Message personnel : Lucienne Cluytens m’avait demandé des nouvelles de son pote : Oui Maxime Gillio va bien, ce vice-président des amis de San Antonio écrit maintenant des feelgood à quatre mains avec son éditrice Sophie Jomain.

Deuxième table ronde de ce samedi où il commence à faire très chaud : Complots et mystères …

On a surtout parlé de la fausse arrestation hier de Dupont de Ligonnès et des péripéties qui dans un thriller auraient semblé too much !

Nicolas Beuglet et Hervé Commère sont les invités de cette table ronde, animée par Hubert Artus (que j’ai trouvé comment dire … un peu bavard pour un animateur qui doit avant tout organiser la parole)

En évoquant sa carrière, Nicolas Beuglet déclare qu’il a quitté le journalisme et la télévision pour l’écriture pour aller au-delà des faits objectifs. Il parle rapidement de son premier roman paru sous le pseudonyme de Nicolas Sker Le premier crâne, faisant l’objet d’un marché parallèle à 800 € l’exemplaire d’occasion ! Il est surtout connu maintenant pour ce qui est à ce jour une trilogie norvégienne : Le cri – Le complot – L’île du diable.

Il s’attache aux lieux empreints d’un lourd passé et connaît la fin de l’histoire quand il commence à nous la raconter, d’un seul point de vue. Il est très inspiré par la mémoire ancestrale.

Quant à Hervé Commère, après un passé professionnel « agité », il peut enfin se consacrer à l’écriture à temps plein, pour le plus grand plaisir des lecteurs qui ne devront plus attendre deux ans avant «le prochain ». Il prend l’exemple du barrage de Sivens et la mort de Rémi Fraisse et confirme que, pour accéder à l’actualité « cachée », Ce qu’il nous faut c’est un mort ! pour répondre à la question : comment mettre en lumière ce qui disparaît derrière la multiplication d’actualités mineures ?  Un bon roman qui a malheureusement fait peu de ventes … (Note de flingueuse : il devait faire l’objet d’une adaptation en série TV mais que le projet n’a pas abouti). Pour ce qui est des lieux, il les invente de toutes pièces !

Enfin à la question du choix littéraire d’un personnage récurrent ou non, je ne saurai pas si Nicolas Beuglet est prêt à tuer Sarah …

Le rideau tombe ainsi sur la première journée …

Dimanche 13 octobre, encore plus chaud que la veille … ça va être dur dans les stands ! Un dimanche à la campagne

Un accueil sympa à la médiathèque où j’apprends que tout le personnel présent est volontaire pour participer à l’événement, que tous les services municipaux de la ville de Gradignan sont concernés, que les hôtesses que j’ai rencontrées sont en plus lectrices de polars et ….

Geneviève, elles vont aller visiter le blog !

NDLR : Dany, il faut que tu me donne les contacts de ses bibliothécaires

…en plus j’ai partagé leur café : merci mesdames !

On va d’abord entendre François Médéline et Michaël Mention parler sur le thème du chaos social, dans un face à face animé par Christophe Dupuis

François Médéline a travaillé dans la sphère politique et traite de ce qui est vrai ou faux dans notre civilisation « 2.0 », fasciné par les datas, dans un monde fait de « post-réalité » (post : ni avant l’après mais bien le « machin » qu’on dépose sur FaceBook). Il dresse dans Tuer Jupiter (Jupiter = Macron) un portrait satirique du pouvoir, des religions, …

Michaël Mention n’écrit pas dans la colère, son écriture est celle du plaisir qu’il se donne, des histoires d’avant le téléphone portable et l’ordinateur. .  Ainsi dans Manhattan Chaos, il s’appui sur la grande panne d’électricité à New-York en 1977 pour imaginer les déambulations du musicien qui le fascine, Miles Davis, dans le noir absolu.

Deux chaos, deux époques, deux visions !

L’insoumission à l’ordre établi : tout un programme pour cette dernière table ronde, à 16 h le dimanche, presque la clôture du salon …

L’animateur commence à fatiguer !  Cependant Christophe Dupuis assure en recevant Yves Pagès, écrivain et éditeur et Marin Ledun, écrivain et chercheur en sciences humaines et sociales, régional de l’étape puisqu’ habitant les Landes.

Yves Pagès a commis notamment un « inventaire » de 4000 graffitis urbains du monde entier, traces populaires d’une expression débridée. Par ailleurs son roman Encore heureux retrace la cavale d’un jeune braqueur.

Marin Ledun a quant a lui quitté le noir pour l’humour avec une saga familiale déjantée Salut ô toi mon frère suivi cette année de La vie en Rose. Il parle de la recherche du style et du ton qui va véhiculer l’histoire. Il travaille d’abord sur l’utopie avant d’approfondir les personnages qui vivent bien dans notre époque alors que la mère de famille nombreuse est anarchiste, 68tarde, et que son compagnon tente d’entrer dans la profession notariale. Il traite aussi de la réalité rurale.

Yves Pagès écrit bien l’urbain, sa culture et ses modes de vie, l’ordre établi face à la délinquance. Il expose les points de vue de la légalité au travers d’un juge, d’un journaliste, d’un psychiatre qui portent un jugement sur un loser.

17h : extinction des feux pour moi … deux après-midi de bonne compagnie. Une quinzième édition qui a rassemblé et en attendant la seizième … lisez, lisez et lisez !

Et si je laissais le mot de la fin à Michaël

 

Et le petit + de Collectif Polar

 

9 réflexions sur “Lire en Poche

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