La GAV : @Elsa Roch sous le feu des flingueuses, seconde audition. 2/4

La GAV : @Elsa Roch sous le feu des flingueuses, seconde audition. 2/4

Suite de la Garde à vue de Madame

Elsa Roch

2e interrogatoire par Mamie Danièle

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et  demain après-midi.

Allez place à la GAV de madame Elsa Roch

Dany : Est-ce que la prévenue à eu le temps de prendre son café ?

Elsa : Danièle  absolument ! J’espère que vous aussi ?

Ge : Je ne prends jamais de café !

Dany : Merci, c’est le café qui me prend, il coule pur dans mes veines !

Ge : 😆

Elsa : 👍

Elsa : Pareil

Dany : Merci Elsa de reprendre notre audition, en fait tu n’as pas vraiment le choix …

Elsa : Prévenue je suis

Dany : Alors cet après-midi j’aimerai que l’on parle de tes personnages …

Elsa : Je vous écoute

Dany : Pourquoi un héro récurrent ?

Elsa : Parce que je les aime, en tant que lectrice

Dany : Mais n’est-ce pas un piège sur le long terme ?

Elsa : Si cela en devient un, j’aviserais 😉

Dany : Je vais ouvrir le tome 3, je sais que je vais retrouver Amaury et qu’il survivra !

Elsa : Ah ah ! Ce n’est pas faux… pour le moment… mais un one shot est prévu ! Que se passera-t-il entre temps ??

Dany : Comment se passe la construction d’un personnage comme Marsac ?

Elsa : Au départ sans réfléchir vraiment
Je pense avoir crée un personnage qui peut me plaire longtemps, auquel j’ai envie de m’attacher.
À travers son regard, j’explore le monde

Dany : Pas que … il a une lourde histoire à gérer

Elsa : Ce qui le rend encore plus intéressant à mes yeux
Un homme droit mais avec ses failles

Dany : Est-ce qu’il apparaît vraiment pour la première fois dans Ce qui se dit la nuit, ou est-ce qu’il existe dans un roman antérieur, dans un tiroir, jamais publié ?

Ce qui se dit la nuit

À peine quadragénaire, le commissaire Amaury Marsac a l’impression de porter mille ans de noirceur sur ses épaules. Vingt ans qu’il côtoie le mal dans ses manifestations les plus sombres. Il n’en peut plus. Il fuit Paris et part se ressourcer dans le village de ses origines. Mais alors qu’il renoue avec Elsa, son amour de jeunesse, une vieille dame est retrouvée morte chez elle, égorgée et tondue. La victime, c’est Marianne, une figure bienveillante de son passé. Horrifié, Marsac s’impose dans l’enquête. De nouveau happé par les coulisses obscures de l’âme humaine, il va devoir démêler passions amoureuses et superstitions, blessures de l’enfance et cicatrices de l’Histoire jamais refermées.

Un premier roman à la voix originale et finement maîtrisée.

Un polar tout en atmosphère pesante et moments angoissants.

Elsa : Il est apparu nombre de fois auparavant, dans des écrits secrets, voire des rêves. Il me permet d’évoquer la perte, dans chaque roman… Grandir, c’est perdre…

Dany : C’est bien ce que me disais … un préquel un jour ?

Elsa : Ah pourquoi pas. À suivre

Dany : Oui l’histoire de Solène est très touchante …
Le nom et la profession de sa copine d’enfance … un hasard n’est-il pas ?

Elsa : 😆

Elsa : Elle (Solène)me permet d’évoquer sa relation compliquée aux femmes !
Pour Elsa oui bien sûr un pur hasard 😉

Dany : et les petites filles autistes aussi

Elsa : Ah là non 😉

Dany : Mais encore …

Elsa : L’imaginaire se nourrit de la réalité, toujours
La petite Liv est clairement inspirée de ma petite Elsa

Dany : Justement j’aimerais que l’on reparle un peu de tes thèmes favoris au travers de tes personnages

Elsa : Prête

Dany : Donc l’autisme, cette différence qui rend la communication si touchante … tu peux développer ?

Elsa : Ah la la j’ai écrit un mémoire à ce sujet. Je vais donc résumer ?

Dany : 👍

Elsa : Il s’agit essentiellement d’un trouble de la communication, qui peut s’exprimer de façon extrêmement variable d’un individu à l’autre
Tous les degrés d’atteinte se rencontrent.

Dany : Mais les « récepteurs » ne sont pas préparés, c’est aussi ce que tu montres !

Elsa : Personne n’est jamais vraiment préparé aux rencontres différentes !

Et la Rencontre, un thème que j’affectionne

Dany : Un conseil pour ça se passe bien ?

Elsa : Un conseil ? Respecter la distance que ces enfants ou autres vont nous imposer.
Ensuite, lire quelques ouvrages

Dany : Ceux d’Elsa Roch par exemple …

Elsa : Par exemple 😉
Mais aussi Je suis né un jour bleu, ou Comme d’habitude !

 

NDLR :

Je suis né un jour bleu, ou Comme d’habitude ! sont des livres sur l’autisme

Je suis né un jour bleu

Ce témoignage est un voyage aux côtés d’un jeune homme aux capacités hors du commun.

« Je suis né le 31 janvier 1979. Un mercredi. Je le sais parce que dans mon esprit, le 31 janvier 1979 est bleu. »

Daniel Tammet est un autiste savant aux capacités hors du commun, un génie des nombres. Il a ainsi mémorisé les 22 514 premières décimales de (…), parle sept langues et a appris l’islandais en quatre jours. Pour lui, les nombres sont des formes et des couleurs.

Dans ce témoignage plein d’espoir, il explique comment il a mis toute son énergie pour sortir de ces ténèbres qui l’ont longtemps coupé du monde et comment il a réussi à se socialiser.

Un voyage en couleur qui entrouvre la prison de l’autisme.

Comme d’habitude

Cécile Pivot s’adresse à Antoine, son fils de vingt-deux ans. Elle lui raconte les débuts, sa petite enfance, incompréhensible, où elle savait que quelque chose n’allait pas mais que personne ne prenait ses doutes au sérieux. Et ce jour où les mots « troubles autistiques » ont été posés, enfin. Puis la vie après le diagnostic : les erreurs, les joies, les colères, les fous rires…

Elle n’édulcore rien, ni les rendez-vous chez des médecins parfois incompétents, ni les difficultés à trouver une structure d’accueil et encore moins ses propres manquements et questionnements.

Ce récit, elle le porte en elle depuis la naissance d’Antoine, prenant des notes, figeant dans l’écriture l’intensité d’instants inoubliables, drôles ou tragiques, rocambolesques ou quotidiens, dont elle savait qu’elle tirerait un livre.

Ce livre, que, probablement, il ne lira jamais.

Dany : Parlons des décors de tes romans … passer du bucolique quasi Mare aux diable du premier à Paris et le « mythique 36 » … c’est décoiffant !

Elsa : Tant mieux !
J’aime varier les atmosphères

Dany : Mais tu vis à la campagne si j’ai bien compris, pourquoi céder à « la mode » du 36 ?

Elsa : Je ne l’ai pas du tout envisagé comme une mode. Je trouvais intéressant de le faire évoluer dans un lieu mythique, chargé d’histoire, comme lui…

Dany : Oui mais Marsac aurait-il pu être Gendarme dans le Vercors ?

Elsa : Bonne question ! Peut-être faudrait-il le lui demander ?

Dany : La question plus large est de savoir si les lieux ont une importance au moment de la construction du roman ? Un choix initial ou imposé par l’histoire ?

Elsa : Oui, les lieux ont une importance fondamentale pour moi en tant qu’auteure. Ils participent à l’histoire.

Dany : Donc je reviens sur la construction du roman … classer par ordre d’apparition dans la tête de l’auteure … le lieux, les personnages, les thèmes, l’histoire ?

Elsa : L’histoire et son ou ses thèmes c’est-à-dire ce que je veux transmettre

Dany : oui, le message

Elsa : En moins prétentieux que « message » : une invitation à voir

Dany : Cependant il y a des « causes » qui te tiennent à cœur ...

Elsa : Puis personnages et lieux mêlés, je crois
Oui mais le mot message m’effraie un peu

Dany : Histoire – thèmes – personnages – lieux

Elsa : J’ai peur du mot « morale » qui pourrait lui être accolé

Dany : La morale est relative, elle s’attache à notre culture, notre éducation et sans doute pas universelle

Elsa : Disons cela, même si je pense que tout est moins clair au moment de l’écriture
Tout est important pour moi, c’est un tout, cogéré si possible
La morale me fait peur car je ne veux pas être une donneuse de leçon …

Dany : Tu travailles à partir d’un plan ? Quand tu commences la rédaction tu connais la fin ?

Elsa : Pas de plan mais j’ai la fin !

Dany : Aline parlera demain plus dans le détail du travail du conteur …

Elsa : 👍

Elsa : Ok 👌

Dany : Pas de plan mais des notes ?

Elsa : Ah oui, beaucoup, partout

Dany : des post-it, des cahiers, de la documentation <?

Elsa : Tout cela. Et un beau cahier par roman, que je prends le temps de choisir !

Dany : où ?

Elsa : Mes écrits sont partout de mon bureau à ma chambre en passant par le salon, mon portable…

Dany : et Amaury aussi a son cahier (épais le cahier) ?

Elsa : Il a une fiche et une place dans mon cœur 😁

Dany : Tu le connais personnellement ?

Elsa : Non mais j’adorerais
C’est un personnage fictif hélas 😉Pour Amaury je crois avoir en quelque sorte synthétisé mon homme idéal

Dany : C’est pour ça que tu aimerais le rencontrer 😂😂

Elsa : 😆 Oui, j’en suis tombée amoureuse

Dany : Quels sont tes modèles pour les personnages ?
Quel personnage de fiction aurais-tu aimer créer ?

Elsa : Oh, tout Shakespeare par exemple !!

Dany : Est-ce que la psy clinicienne a rencontré des personnages (peut-être pas de Shakespeare), chez ses collègues auteurs plus contemporains qu’elle aurait aimé créer ?

Elsa : Le duo de Dennis Lehane

Dany : What else ?

Elsa : C’est déjà pas mal !
Peut-être aussi la petite de My Absolute Darling

Dany : Si j’ai bien compris, le 4ème roman est un one shot ?

Elsa : Non, le suivant si tout se passe comme prévu

Dany : Le tome 4 de la saga Marsac ?

Elsa : Je suis en train de l’écrire
Ce fut douloureux d’abandonner Le baiser de l’ogre et la petite Liv

Ge : 👍

Dany : On reste à Paris ?

Elsa : Ah je préfère ne pas trop en parler, il est encore en phase de gestation ! Tout peut changer si vite

Ge : 👍

Ce flic n’affronte pas seulement le mal. Il combat les ogres.

Paris, en pleine nuit. Amaury Marsac, chef de groupe à la Criminelle, découvre dans le hall d’un immeuble sa plus jeune équipière, Lise Brugguer, gisant entre la vie et la mort. Près d’elle, un cadavre d’homme à la tête explosée, mais pas d’arme.

Avant de sombrer dans l’inconscience, Brugguer lui révèle qu’elle a une fille de trois ans, qui est peut-être en danger, et que lui, Marsac, doit veiller sur elle.

Marsac est stupéfait d’apprendre l’existence de cette enfant. Et quand il la rencontre, petite fille muette aussi mystérieuse qu’attachante, la protéger devient son obsession.

Mais pourquoi Brugguer était-elle dans ce hall ?
Quelles étalent ses relations avec la victime, vermine criblée de dettes ? Et qui pourrait en vouloir à cette petite fille ?

Marsac va devoir démêler les faux-semblants et déterrer les secrets du passé de son équipière pour percer la vérité. Et vaincre l’Ogre…

Dany : OK
Je reviens sur le deuil à faire de l’histoire du baiser de l’ogre … combien te faut-il de temps justement pour sortir de l’histoire et passer à autre chose ?

Elsa : Afin d’éviter un trop grand book blues, je me remets vite à l’écriture, toujours
Ce qui ne signifie pas que ce soit aisé et sans douleur

Dany : Pas de temps mort ? De vacances d’écriture ?

Elsa : Mais j’ai compris une chose : mes personnages resteront en moi à jamais et ça, c’est plutôt bien.

Si, au départ d’un nouveau roman j’écris moins assidûment 😉

Dany : Il y a du monde en toi et aussi des méchants !

Elsa : Nous avons tous des méchants en nous non ?

Dany : Peut-être mais pas forcément nous qui les créons, nous subissons plutôt …

Elsa : Les miens me servent à dénoncer ça va !
Ceux que nous subissons… il m’arrive de les transformer en méchants de papier, et là, ce sont eux qui subissent
Magie de l’écriture

Dany : Justement … la violence … l’écriture est une bonne thérapie ?

Elsa : Sans doute oui
Mais l’écriture n’est pas pour moi une thérapie

Dany : ??

Elsa : C’est une passion !

Dany : Il faut guérir le mal par le mal … la passion est-elle néfaste ? … Vous avez 5 heures !

Elsa : 😆

Dany : La place des femmes dans la galerie de tes personnages est importante ...

Elsa : Oui, je les aime, ces femmes
J’ai besoin de parler de leurs souffrances

Dany : et jamais de leur bonheur ? Tu n’envisages pas un jour d’écrire un feel good ?

Elsa : Le bonheur dans le polar ??
Un feel good ? J’en serais incapable

Dany : Tes personnages sont fouillés dans leurs émotions, les verrais-tu en adaptation TV ou ciné ?

Elsa : Ah quel auteur n’aimerait pas ?

Dany : Ils perdraient en épaisseur ?

Elsa : Mais gagneraient en visibilité !

Dany : Au point où nous en sommes, y a-t-il quelque chose que tu souhaites ajouter sur ce que l’on vient d’évoquer ?

Elsa : Je ne vois pas

Dany : Merci Elsa pour ta participation, je vais passer le relais à Aline  qui viendra pour la 3ème audition demain matin.

Geneviève : 👍

Elsa : Merci à toi Danièle!  À quelle heure demain ?

Ge : Très tôt me semble-t-il

Dany : Tôt mais je pense qu’Aline va nous le dire quand elle sortira de son boulot …

Elsa : 7 heures je pense ?

Ge : 7h pas après

Elsa : Entendu !

Dany : Oui c’est bien 7 h.
Bonne fin de journée mesdames !

Elsa : Merci mesdames 😉 Je retourne à mon clavier 💙 et vous souhaite un bel après-midi !

Dany : 😍

Elsa : Et des bises !!

Dany : Pareil !!! Plein !

Elsa : 😍

Elsa : J’espère t’avoir donné ce que tu attendais Danièle. Pareil pour Geneviève  d’ailleurs !
Par message l’exercice n’est pas simple !

Ge : 👍 oui je sais, c’est ce qui fait la beauté de l’exercice qu’est la GAV

Dany : Oui on verra ça après les 2 prochaines séquences …

Ge : Alors fin de cette deuxième audition, reprise des interrogatoires, demain matin avec Miss Aline et demain en fin d’après-midi avec mon double maléfique.

Je vous donnes rendez-vous pour la suite, et je compte sur vous pour nous suivre très chers polardeux

Une réflexion sur “La GAV : @Elsa Roch sous le feu des flingueuses, seconde audition. 2/4

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