San Perdido – David Zukerman

9782702163696,0-5520410San Perdido de David Zukerman. Paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Lévy dans la collection Littérature. 19€90. (410 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

« Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ?
Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains.Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d’une population jusque-là oubliée de Dieu.

 

 

À propos de l’auteur : Né en 1960 à Créteil, David Zukerman a été successivement ouvrier spécialisé, homme de ménage, plongeur, contrôleur dans un cinéma, membre d’un groupe de rock, comédien et metteur en scène. Pendant toutes ces années, il a également écrit une quinzaine de pièces de théâtre, dont certaines furent diffusées sur France Culture, et quatre romans qu’il n’a jamais voulu envoyer à des éditeurs. San Perdido est sa première publication.

 

 

Extrait :
À San Perdido, tout le monde connaît Yerbo Kwinton. Son nom est désormais légendaire. Les enfants qui jouent au milieu des rues à s’éclabousser dans les canalisations crevées peuvent réciter des fragments entiers de sa vie et reproduisent partout sa marque en appliquant leur paume humide sur les murs lézardés. « La Mano ! » crient-ils de leurs voix claires, et les petits vendeurs ambulants qui proposent des cassettes de Bob Marley ou de Tito Ramon reprennent le même appel. « La Mano ! La Mano ! » Pour quelques balboas1, ils peuvent fournir également des enregistrements du poète Manuel Diaz déclamant l’odyssée de Kwinton, longue de mille vers libres.
Les marchandes de fleurs qui sillonnent le front de mer chaque matin avec leurs paniers emplis de jasmin et d’œillets noirs savent aussi l’histoire. La nuit venue, elles s’agenouillent dans les bordels de la place Dorée, excitant les clients en leur racontant comment Kwinton croisa un jour leur propre mère, la brûlant avec la glace de ses yeux. « Oui, mon amour, tu as le même regard. Tue pour moi ! Tue et je t’aimerai ! » chantent-elles lorsque les hommes s’accroupissent sur elles, rêvant qu’ils sont Kwinton. Et dans les bars louches du port, il y a toujours un tenancier 8complaisant capable de vous installer à la table que La Mano occupa jadis. « Mon père lui apportait un verre de porto blanc bien frais. »
Et c’est sans compter sur les chauffeurs de taxi qui proposent tous le même itinéraire lorsqu’ils chargent les touristes en mal de sensations fortes. Ils l’appellent « la route de Kwinton ». Elle passe par le boulevard Salvación, tourne devant la statue de Carlos Hierra, seizième gouverneur, qui croisa un jour le chemin de Kwinton, puis elle rejoint la rue des Pleureuses et sort de la ville par le boulevard des Négriers qui serpente à flanc de montagne.

Le post-it de Ge

San Perdido – David Zukerman

Yerbo, orphelin muet, apparaît un jour de juin 1946 dans la décharge publique de San Perdido, petite ville côtière du Panama. Cet enfant noir aux yeux bleus possède une force singulière dans les mains. Il devient en grandissant le héros de la favela, défenseur des femmes et des opprimés.

Déjà la couverture a elle seule est une vraie tentation a elle seule.

L’auteur décortique toutes les couches de la société panaméenne dans les années 50 et c’est sans concession.

Ce jeune garçon, très mystérieux, qui survit en récupérant dans la décharge de San Perdido tout ce qui peut être revendu, deviendra un homme qui n’aura de cesse de défendre les femmes, les enfants abusés par les plus forts. Il s’attachera à remettre un peu d’ordre dans ce lieu.

« La Langosta » appliquera « Sa » justice.  Et aidera les habitants, victimes de toutes sortes de préjudices à se libérer du joug des oppresseurs de tout crin.

Une chronique très colorée, à l’image de la couverture, de ce coin si éloigné et exotique.

Un premier roman parfait, tellement abouti et tellement bienveillant. Ce livre fait du bien.

Une écriture qui vous emporte. Tel un conteur David Zukerman crée un monde et lui donne vie devant vos yeux. Il nous raconte une histoire noire, il peint des destins tragiques mais il a une telle palette de couleur qu’il y met de la lumière.

Il donne vie à de tels personnage, que longtemps ils vont vous accompagner.

Une de mes plus belle lecture 2019. Un livre lumineux. Quelle  découverte.

 

7 réflexions sur “San Perdido – David Zukerman

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