Papote d’auteur : Maud était avec Ge Froideval

Papote d’auteur : Maud était avec Ge Froideval

 

Interview exclusive

MV : Bonjour GE Froideval, je vous remercie de nous accorder quelques instants. Pourriez-vous nous parler un peu de vous (les lecteurs sont curieux) …

 GF : Je viens du Mexique. Je suis venue en France il y a 20 ans pour les études. Après un parcours assez atypique (langues, relations internationales, gestion), j’ai fini par travailler dans l’informatique. La France est devenue mon pays de cœur.

J’ai toujours aimé la littérature, l’écriture, le dessin, le cinéma et la musique. J’admire les musiciens ! Question goûts, ils sont assez éclectiques. J’ai une préférence pour la musique classique et – vous l’aurez deviné – le violon me transporte dans un petit nuage de plaisir. Sinon, mes découvertes musicales se font par le biais des films. J’apprécie les BO et Tarantino est mon jukebox officiel ainsi que l’un de mes cinéastes préférés.

MV : Et votre arrivée à l’écriture…

GF : J’ai toujours aimé imaginer des petites histoires. Lorsque j’étais petite, je les dessinais comme des BD. Après, je me suis rabattue vers des cahiers. J’étais très prolifique à l’adolescence où j’écrivais plusieurs histoires en parallèle (très maladroites, d’ailleurs). C’est à cette époque j’avais commencé à imaginer la trame de mon roman Le violoniste sans l’avoir aboutie. Puis, avec l’âge adulte et ma venue en France, j’avais mis ce rêve de côté, même si l’histoire de Franz, mon violoniste, me hantait. Je l’avais repris par périodes et finalement, j’ai décidé il y a 3 ans qu’il était temps de la reprendre et de la finir pour de bon.

MV : Le Violoniste : Coup d’Archet, est votre premier livre. Comment vous est venue l’inspiration de ce thème ?

A l’adolescence je trouvais que le violon (et surtout les violonistes) avait un charme fou. Pendant mes études de français à l’Alliance française de Chihuahua (non, pas le chien, mais la ville où j’habitais au Mexique), j’assistais toutes les semaines à un concert de musique classique, car l’Alliance était dans les locaux du Centre culturel de Chihuahua. Voir les musiciens sur scène dans un cadre magique (un bel immeuble à l’architecture fin XIXe) m’a inspiré les premières lignes de mon roman. Pour ce qui concerne l’ambiance et l’arme du crime mettons que j’ai été très influencée par Matador, un film d’Almodovar et Basic Instinct, mais ne cherchez pas, seulement le micmac dans ma tête arrive à faire le lien. Plus tard, quand j’ai lu « La bête humaine » de Zola, j’ai trouvé des similitudes avec le caractère instable que je voulais pour mon héros. J’ai eu le même ressenti avec « Le parfum » de Patrick Süskind. Mon héros, Franz, le violoniste, est un anti-héros comme eux, avec une obsession et un problème avec les femmes.

 

MV : Est-ce qu’il y a des messages ou des symboles que vous avez voulu transmettre dans votre roman ?

GF : Clairement il y a le « réveil sexuel », car l’instinct meurtrier du personnage se réveille avec un certain type de relation. Sa première expérience ne l’a pas aidé non plus.

J’ai voulu aborder aussi un autre type de violence faite aux femmes, la violence psychologique, parfois sans aller plus loin, sans toucher, cela peut faire des dégâts. Puis, la vraie violence, les meurtres, les corps considérés comme des déchets pour lesquels il n’y a plus aucun respect, comme les nombreuses « disparues de Juarez ». En arrivant à Chihuahua dans les années 90 il n’y avait pas de jour sans que les journaux ne mentionnent des corps des femmes retrouvées dans des poubelles, sur le bord de la route. La corruption et autres intérêts ont fait que les meurtriers n’ont jamais été inculpés. De loin (et de manière très light) je tente d’évoquer ces sujets.

MV :  Une anecdote sur ce livre en particulier ?

GF : Lorsque j’avais repris l’écriture, j’ai commencé à publier sur un site dédié aux apprentis écrivains : Scribay. J’ai eu beaucoup de retours qui m’ont aidé à m’améliorer et à avancer. J’ai été surprise de découvrir qu’il était devenu très populaire pendant sa vie là-bas. J’avoue que je ne m’attendais pas. A cette époque je publiais un chapitre par semaine, chapitre que je laissais en cliffhanger et j’avoue que c’était assez plaisant d’avoir les retours en direct. J’aimais bien la publication en mode feuilleton, je pense que mon roman s’y prête bien.

 

MV :  Vos plus belles joies en tant qu’auteur ?

 GF : Ma plus belle joie ? Avoir mon livre entre mes mains. L’aventure de l’auto-édition et les belles rencontres que l’on fait, les retours enthousiastes des lecteurs, l’ambiance des salons, etc.

 

MV : Et vos « pires » moments ?

GF : Le deuil ! Cette histoire a germée dans ma tête pendant plus de 20 ans, c’est une sacrée relation ! Franz, le violoniste, était devenu si proche de moi que j’ai eu du mal à mettre le mot « Fin », j’ai dû faire mon deuil. Même si je voulais mon héros détestable, je le savais humain, malgré tout, et je me suis beaucoup attachée à lui. Puis, je m’en veux de l’avoir fait souffrir !

Après, je ne dirais pas que c’est mon pire moment, mais quand on se lance seule dans l’arène, il y a toujours beaucoup de moments de doute (et des questions qui frôlent parfois le ridicule comme quelle police utiliser, quelle taille, mat ou brillant, etc.) Plus sérieusement, je suis consciente que mon roman est dense, un mélange des genres sur un milieu qui ne branche pas tout le monde. J’espère qu’il réussira à trouver son public parmi les lecteurs qui aiment voyager, se laisser embarquer par les mots et par une histoire originale.

MV :  Après avoir échangé sur votre côté auteur, pourriez-vous nous dire quelle lectrice êtes-vous ?

 GF : Je suis une lectrice atypique, à contre-courant, je n’aime pas les lectures « fast-food » (trop faciles, aucune recherche stylistique, intrigue banale). Les titres/auteurs hyper matraqués me font fuir. Je préfère la découverte et l’inconnu. Je lis de tout, mais j’aime beaucoup le thriller. J’aime le mystère, le sang, les macchabés, etc. Malheureusement, c’est un genre avec beaucoup de clichés. Une énième enquête sur un serial killer dans un village paisible, menée par le super flic désabusé, alcoolique et divorcé, c’est niet pour moi. D’ailleurs je préfère suivre « les méchants » que les flics dans les thrillers. J’aime les histoires qui développent la psychologie des personnages, où l’intrigue se développe petit à petit pour atteindre une fin grandiose.

J’ai une pile à lire haute comme trois fois moi, mais j’ai peu de temps. Je ne lis que dans le métro. C’est mon seul moment de paix et de quiétude où je sais que je ne serais pas interrompue. Hélas, parfois je suis tellement concentrée qu’il m’est déjà arrivé de louper le terminus et de me retrouver coincée dans le garage (par deux fois !).

MV :  Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de roman ou autre ?

GF : Je suis en pleine écriture d’un autre roman. C’est un thriller aussi, mais ce n’est pas pour l’avenir proche. Je prends mon temps pour tisser mon intrigue, faire des recherches, etc. Dans un autre registre, j’aimerais faire un projet hybride mélangeant illustrations et petites nouvelles humoristiques. C’est une idée qui me trotte. En outre, je me suis mise au violon ! Et j’adore !

MV :  Une excellente nouvelle, impatiente je suis de découvrir votre prochain projet. Je vous remercie de nous avoir accordé ces instants et vous laisse le mot de la fin.

GF : Merci à vous pour cet échange ! Et attention aux coups d’archet !

 

Retrouvez l’avis de Maud ICI sur le violoniste

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