La mort selon Turner  de Tim Willocks

La mort selon Turner  de Tim Willocks. Traduit de l’anglais par Benjamin Legrand. Paru le 11 octobre 2018 chez Sonatine, 22€. (377 p.) ; 22 x 14 cm.

Rééditer en poche le 14 novembre 2019 chez Pocket. 7,90€. (456 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis avant de disparaître. La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Cap-Nord, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvre fille ? Dans un pays gangrené par la corruption, tout le monde en effet s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir de la brigade criminelle. Lorsque celui-ci arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation est terrible, entre cet homme déterminé à rendre la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.
220px-TimWillocksL’auteur : Tim Willocks est né en 1957 en Angleterre. Grand maître d’arts martiaux, il est aussi psychiatre, producteur et écrivain. La Mort selon Turner est son quatrième roman chez Sonatine Éditions. Mais avant cela il a été publier d’abord chez Plon puis aux éditions de l’Olivier. On trouve même une nouvelle en bilingue chez Allia et un roman ado chez Syros.
Extraits :
« Toute sa vie, les êtres inférieurs l’avaient fait enrager. Ou plus exactement, des personnes inférieures lui disant ce qu’elle pouvait ou ne pouvait pas faire. Ses parents. Ses professeurs. Willem. Nombre de banquiers, d’avocats et d’ingénieurs. Des gens qui ne voyaient pas qui elle était, qui ne voyaient pas au-delà de leurs petits esprits étriqués et de leurs limites, et qui les projetaient sur elle. Elle leur avait prouvé à tous qu’ils avaient tort. Et voilà qu’un flic du ghetto lui avait jeté sa précieuse intégrité à la gueule, avait retourné son fils contre elle, tué le seul homme qu’elle ait jamais aimé. Elle avait fait toutes les concessions possibles, avait tenté de faire la paix. Il n’avait apporté que la mort. Il avait changé la maison que Hennie et elle avaient bâtie en un mausolée. Comment pourrait-elle vivre ici en sachant qu’elle avait laissé Turner s’en tirer? Comment vivre, tout simplement ? »
« Il n’était pas raciste, pourtant. Il était évident pour lui que Dieu avait distribué au sein de la race humaine toutes les qualités avec une égalité parfaite. La haine, une autre évidence, n’avait pas besoin de disparités raciales pour prospérer. Si l’espèce humaine tout entière avait été d’une seule couleur, il y aurait toujours eu les innombrables et microscopiques différences de religion, politique, langage, classe et parenté pour justifier la répugnance mutuelle. Le mal et la stupidité de l’apartheid s’étaient clairement révélés, même aux intelligences les plus moyennes. »

Le post-it de Ge

La mort selon Turner  de Tim Willocks

Sur les côtes de l’Afrique du Sud, au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse une jeune Noire et commet un délit de fuite. Sa mère, Margot Le Roux, une influente femme d’affaires, décide de cacher son crime et de le protéger à tout prix. Mais le policier Turner, chargé de l’enquête, est bien décidé à découvrir la vérité et à braver la corruption de son pays.

Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.

Tim Willock est un grand, un très grand auteur.
Et avec ce titre il en apporte encore la preuve.
La mort selon Turner est un roman magistral.
Un énorme coup de coeur.

Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! nous dit l’éditeur.  Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie. Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir :  » Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons.  »
Les mots ne manque encore pour en parler, un personnage bouleversant, irréductible, intègre, Une écriture furieuse et précise à la fois.
Un thriller sombre sur fonds de corruption, racisme, une dénonciation de l’apartheid qui n’en fini pas. Et toujours cette violence qui régit les rapports humains dans cette Afrique du sud où on la voit se banaliser. Une énorme claque émotionnelle à ne pas rater.
Comme je le disais les mot ne manque pour en parler, mais promis je reviendrai pour compléter cette chronique.

Il est à noter que ce titre a remporter Prix Le Point du polar européen 2019. Et c’est bien mérité.

11 réflexions sur “La mort selon Turner  de Tim Willocks

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