Papote d’auteurs, Mamie Danièle était avec NiKo Tackian

Papote d’auteurs,

Mamie Danièle était avec NiKo Tackian

Dany : Bonjour Niko, merci d’avoir accepté d’échanger avec le collectif polar en ce jour un peu particulier de la sortie de ton nouveau roman Celle qui pleurait sous l’eau chez Calmann-Lévy (collection Noir – format 13×21 cm – 270 pages – prix broché 18.50 €)

Est-ce qu’une sortie est une journée à part dans la vie d’un auteur ?
Une double sortie aujourd’hui.

 Niko : Oui c’est une journée d’espoir et de doute… est ce que le livre va plaire ? Trouver ses lecteurs (rices) ? Remplir les objectifs que l’on a fixés ? D’une certaine manière cela marque la fin d’un processus (celui de la création) pour en entamer un nouveau (celui de la vente). Et qui dit sortie, dit tournée de promotion, salons, rencontres libraires donc déplacements par monts et par vaux… En fait un mois de janvier TRES chargé.

 Dany : Une série c’est un pari risqué … il faut de la matière à chaque épisode et un fil rouge pour la série !

Pourquoi avoir un jour choisis de faire souffrir un personnage récurrent ? Ne te sens-tu pas obligé de le faire survivre ?

Niko : Alors d’abord parce que j’adore les séries, cela fait 15 ans que j’en écris pour la télévision et j’en consomme également beaucoup. C’est l’opportunité de créer un véritable RDV avec ses lecteurs et de faire évoluer des personnages sur le long terme, c’est-à-dire en construisant des arches qui dépassent le seul roman en cours. Pour ce qui est de la survie, il n’y a rien de figé dans le marbre. D’ailleurs il se passe beaucoup de choses pour Tomar dans cet opus. Alors, même si on évite de « tuer » ses récurrents principaux, rien ne nous empêche de leur mener la vie dure, c’est même conseillé. Le conflit est au cœur de la dramaturgie.

Dany : Lorsque tu construis une aventure pour Tomar, est-ce que tu penses d’abord au sujet de fond, à l’intrigue et son suspense ou à l’histoire du personnage principal ?

Niko : D’abord au sujet de fond. Chaque enquête de Tomar Khan correspond à une thématique qui m’a heurté l’année précédente de son écriture… C’est le fond qui va ensuite définir la forme en traversant tous les personnages. L’intrigue et le suspens font partie de ma boîte à outils que j’utilise au fil de la construction de l’intrigue et de l’écriture pure du roman. En fait ça devient un sixième sens de savoir raconter une histoire en captivant son auditoire. Le suspens, les surprises, les rebondissements, les clifs, les ruptures, les changements de points de vue, le rythme… tout ça appartient à la panoplie du bon petit artisan du polar.

Dany : Tomar est Kurde, il aurait pu être Arménien ?
Le mot fin était déjà sans doute écrit sur ton manuscrit lorsque l’actualité nous a tristement reparlé le Kurdistan … Est-ce que l’actualité conditionne ton écriture ?

Niko : Tomar est Kurde car c’est un peuple dont l’histoire se mélange avec celle des Arméniens au passé comme au présent. L’actualité du Kurdistan dont tu parles (à savoir les coups bas d’Erdogan ET de la communauté internationale contre les combattants kurdes) était déjà d’actualité il y a 10 ans. C’est juste que le prisme des médias ne s’était pas encore posé dessus. Oui l’actualité conditionne beaucoup mes choix de thématique sur la série des Tomar Khan, car c’est de l’actualité que viennent les horreurs que j’ai envie de dénoncer. Autre lien : chacune des enquêtes est inscrite dans un laps de temps bien précis, généralement de deux ou trois mois. Pour que tout soit bien raccord, je regarde TOUS les journaux télévisés de la période en question, ça me permet de donner du réalisme à mes enquêtes.

Dany : Les femmes, à commencer par la victime, tiennent un rôle important dans tes romans, pourquoi ?

Niko : Parce que je n’aime pas les histoires sans femmes ! Encore un trait que je partage avec Tomar car, comme lui, je pense que les femmes ont apporté beaucoup plus de positif dans ma vie que les hommes. J’ai été élevé à une époque et dans un milieu où les pères étaient, au mieux, absents. Ensuite ma vie s’est construite autour de relations avec des femmes qui m’ont accompagné dans ma compréhension du monde et des autres. Donc il est naturel pour moi que leur rôle dans mes histoires soit essentiel. Et puis Tomar est déjà suffisamment masculin, « viril », à lui tout seul pour prendre la place nécessaire à l’équilibre d’une histoire. Dans Celle qui pleurait sous l’eau, son adjointe Rhonda est importante, car elle va l’éveiller à la problématique des violences psychologiques.

Dany : J’ai un faible pour le personnage de Ara, la mère de Tomar, est-ce qu’on la retrouve dans ce 3ème épisode ?

Niko : Absolument et elle a même un rôle décisif ! J’aime également beaucoup ce personnage qui est en réalité la gardienne de l’équilibre de Tomar et qui mélange une grande force et une grande douceur. Deux qualités qui seront énormément mises à l’épreuve dans ce roman.

Dany : Comme dans une tragédie … quelles sont tes unités de lieu, de temps et d’action … sans spolier bien évidemment ?

Niko : Le roman commence dans une piscine municipale, à Pailleron prés des Buttes Chaumont et vous emmènera dans des quartiers de Paris peu connus, comme la colline du crack, le bastion (nouveau QG) de la police et plein d’autres endroits qui existent bien mais auxquels on a rarement accès … Pour une fois, l’histoire se déroule l’été, juste après la finale de la coupe du monde et par temps de canicule…

Dany : Est-ce que l’action de ce tome 3 aurait pu se dérouler dans un autre lieu ?

Niko : Oui… Mais j’essai dans chaque enquête du groupe Khan de visiter un lieu différent de la capitale et de sa proche banlieue. C’est un peu un guide touristique, mais plutôt des bas-fonds…

Dany : Pour les lecteurs qui ne connaissent par encore Tomar, est-il indispensable d’avoir lu les deux premières aventures ?

Niko : Ce n’est pas indispensable MAIS c’est une bonne chose de commencer le récit avec l’historique des personnages. Cela permet de voir leur évolution et c’est clairement un des attraits d’une série. Sachant que j’ai pris le parti de réellement les faire évoluer de roman en roman.

Dany : On connait le côté très visuel de tes romans, ce qui n’est pas sans lien avec tes autres activités, est-ce que cette fois on va encore en prendre plein les yeux ?

Niko : Ça c’est certain. J’écris de manière visuelle car je vois mon récit se dérouler devant mes yeux en l’écrivant. Je me documente aussi beaucoup pour coller à la réalité donc les décors sont là, dans ma tête … Et puis j’aime beaucoup les récits d’ambiance. Pour moi un roman est capable d’agir sur tous les sens du lecteur. C’est un peu un film en 5D mais réussi. J

Dany : Tu nous as habitués à attirer notre attention sur des éléments de notre quotidien qu’on a tendance à occulter, les immigrés par exemple … un message cette année ?

Niko : Oh que oui… un message très important d’ailleurs mais dont je ne veux pas trop parler car c’est justement une des découvertes du roman. Disons que c’est une enquête qui parle de problématiques fortes autour du droit, de la justice, et des femmes…

Dany : La mémoire est un thème que tu aimes traiter … cette fois aussi ?

Niko : Moins dans celui-ci même si, finalement, ce roman est presque un témoignage « à la mémoire de … » .

Dany : Deuxième sortie ce jour Avalanche Hôtel en poche ! Une nouvelle vie pour ce roman ?

Niko : OUI ! Après une année dingue et pleine de succès pour le grand format, c’est l’arrivée de son petit frère du livre de poche. Avec de grosses ambitions !

Dany : J’avais entendu parler d’une adaptation TV de Avalanche Hôtel … qu’en est-il ?

Niko : Elle est en cours. J’assure le scénario avec l’excellente Véronique Lecharpy, scénariste de renom à laquelle on doit des dizaines de polars à la télévision. Fontaram à la production est en train de se charger de la « vente » du projet auprès d’une chaine.

Dany : Le cru 2021 : un tome 4 ou un one shot ?

Niko : Un one shot en cours de conception !

Dany : Des projets TV ? Alex Hugo ? D’avantage d’épisodes compte tenu du succès rencontré par cette série atypique et  lumineuse ?

Niko : Alex Hugo est au sommet des audiences de France 2 depuis 5 saisons. La saison 6 (2020) est tournée et sera diffusé en septembre avec cette fois 4 épisodes inédits. La saison 7 (2021) est en écriture actuellement. Moi j’ai toujours pas mal de projets sur le feu, dont deux très concrets : Avalanche Hôtel ET El Valley, une série internationale que j’écris avec un auteur espagnol et les producteurs de la Casa de Papel. 

 

Dany : Et le cinéma ?

Niko : Alors là gros scoop… je développe actuellement deux projets pour le cinéma. L’adaptation de mon second roman La nuit n’est jamais complète et un film de genre très très genre qui se déroule dans les catacombes de Paris.

Dany : Pour conclure, peux-tu me donner 3 bonnes raisons de lire Celle qui pleurait sous l’eau ?

Niko : Parce que c’est la fin d’une trilogie.

Parce qu’il faut donner une voix à celles qui pleurent sous l’eau.

Parce qu’il n’y a pas d’auteurs sans lecteurs.

Dany : Et pour ceux qui ne connaissent pas encore, trois bonnes raisons de lire Avalanche Hôtel ?

Niko : Parce que vous allez adorer frissonner au coin du feu.

Parce que la Suisse n’est pas que le pays du chocolat.

Parce que ce thriller est une bombe J

Dany : Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais ajouter ?

Niko : Bonne année 2020 à toute l’équipe des flingueuses et BRAVO pour ce boulot de dingue que vous abattez chaque nouvelle année.

Dany : Il me reste à te remercier Niko pour ta disponibilité et ta confiance, et te souhaiter une très bonne sortie double !

Niko : Et moi … des bises !

Celle qui pleurait sous l’eau 

4ème de couv :
SI CLARA N’AVAIT PAS AIMÉ CET HOMME,
ELLE SERAIT TOUJOURS EN VIE.

Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident.

Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda,son adjointe, peut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.

Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante.

QUI RENDRA JUSTICE À CELLE QUI PLEURAIT SOUS L’EAU ?

Avalanche Hôtel :

4ème de couverture :

Janvier 1980. Un homme se réveille dans une chambre de l’Avalanche Hôtel, situé sur les hauteurs de Montreux. Il s’appelle Joshua Auberson, il est agent de sécurité, et une jeune fille a disparu. Mais tout ceci est-il bien réel ? Janvier 2018. Joshua Auberson se réveille à l’hôpital. Alors qu’il enquêtait sur une inconnue découverte en pleine montagne, il a été pris par une avalanche et est resté quelques jours dans le coma. Malgré la confusion qui règne dans sa tête il est convaincu que ce qu’il a vu pendant son coma est plus qu’une manifestation de son inconscient, Joshua décide de se pencher sur l’histoire de l’hôtel de son rêve, désormais abandonné. Et si la clé de l’énigme se trouvait dans les souvenirs défaillants de Joshua ?

10 réflexions sur “Papote d’auteurs, Mamie Danièle était avec NiKo Tackian

  1. […] Jeudi : interview de Niko Tackian ! Collectif polar : chronique de nuit nous propose un bavardage avec l’auteur le jour de la sortie de son nouveau roman Celle qui pleurait sous l’eau. Une interview que j’ai lu admirative et avec joie en tant que grande amatrice de la plume de Tackian. Rdv sur Papote d’auteurs, Mamie Danièle était avec Niko Tackian […]

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