Cinq cartes brûlées, Sophie Loubière

Une nouvelle » Double Chronique » aujourd’hui sur Collectif Polar

Décidément les flingueuse ont les même lectures.

Et une nouvelle fois c’est mamie Danièle et Ge qui ont lu le même livre.

Il faut dire que ce polar devrait faire du bruit dans le blogosphère tellement il est terrible.

Alors ce matin c’était notre Porte Flingue qui vous livrait son ressenti.

Et ce soir c’est  Dany qui vous propose sa « Chronique Jubilatoire. »


Le livre : Cinq cartes brûlées de Sophie Loubière. Paru le 16 janvier 2020 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90. (352 p.) ; 21 x 14 cm

Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l’humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d’une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l’intention de devenir la femme qu’elle ne s’est jamais autorisée à être, quel qu’en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer…

Thriller psychologique d’une rare intensité, Cinq cartes brûlées va vous plonger au cœur de la manipulation mentale. De celle dont on ne revient jamais indemne.

 

L’auteur : Auteur de 10 romans et de fictions radiophoniques, Sophie Loubière connaît un succès international avec L’Enfant aux cailloux (2011), traduit dans une vingtaine de pays et plusieurs fois primé. Cinq cartes brûlées, inspiré d’un fait réel, révèle tout le talent de la romancière à explorer les abîmes de l’âme humaine.

 

 

 

 

 

Extraits :
« À tout prendre, embrasser une carrière de vétérinaire aurait été préférable. Il lui semblait plus acceptable de ne pas aimer les animaux plutôt que les gens ; on pouvait vivre sans chat, sans chien ni poisson rouge. Mais on ne pouvait exister sans les autres, sans être au milieu des autres, ici, là et ailleurs. Même chez lui, la présence d’un autre corps, dans son lit, le salon ou la cuisine, un corps dont l’odeur lui rappelait vaguement la sienne ou le parfum de celle qu’il avait épousée pour le meilleur et pour le pire – ignorant que le meilleur serait bien trop tôt derrière eux –, pouvait devenir insupportable » 
« — J’en ai marre de lancer des cartes à des crétins et de ramasser des mésanges mortes au printemps, murmura-t-elle. 
— Moi, j’aime bien regarder agoniser un pinson dans la pelle à poussière et savoir que ma sœur gagne du pognon en plumant des gros nazes. 
— Qu’est-ce qui les affole comme ça ?… Le pylône ? 
— C’est tes ondes négatives. » 
 
« — Je ne pourrais pas vivre dans le coin. Je me méfie des champs électromagnétiques. D’ailleurs, je n’ai pas de téléphone portable. 
Tout en se grattant le menton, le brigadier précisa que son beau-frère, technicien supérieur à France Télécom, lui avait fortement déconseillé des installations de type wifi ou bluetooth à son domicile. 
— Les box, c’est dangereux pour la santé. 
Puis, descendant les quelques marches du perron, il leva un index à hauteur de sa tempe et déclara : 
— … Ça vous bousille le cerveau ! » 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Cinq cartes brûlées, Sophie Loubière

 

Laurence est une victime. Sans doute son père a-t-il abusé d’elle alors qu’elle n’était qu’une petite fille. Sa mère complice la rend responsable de sa rupture conjugale. Son frère la tyrannise et l’humilie en raison de son embonpoint. Elle renaît grâce au sport de haut niveau et sombre de nouveau dans la victimisation. Une solution chirurgicale lui donne alors un nouveau souffle. Tout en ambigüité cette quête du bonheur qu’entreprend Laurence est cependant bien dangereuse.

Vous avez là la face visible de cet iceberg qui pourrait bien n’être que le leurre d’une plus grande complexité. Le lecteur se doute que le personnage n’est pas aussi lisse qu’il n’y paraît. L’auteure nous entraîne dans le noir, dans ce roman psychologique sensible et plein d’émotions, loin, très loin du « feel good » qu’il nous plairait à imaginer pour cette jeune femme en souffrance. Et si tout ça n’était causé que par les ondes électromagnétiques du poste EDF installé près de la maison familiale ?

Sophie Loubière s’éloigne de l’Amérique et ses routes mythiques en adoptant le déroulé de cette action de façon originale, en mêlant notamment les réflexions puériles de la petite Laurence, des réactions de son frère, qui précisent la psychologie des protagonistes. Ses personnages sont attachants ou haïssables, parfois les deux successivement. Une belle histoire bien noire, un très bon moment de lecture et la confirmation du talent de l’auteure à mettre en scène des faits troublants sous un titre qui revêt plusieurs significations au fil des pages.

Lu en version numérique : 13.99 €

Je remercie les éditions 12/21 pour leur confiance

 

Autre extrait :
« — Mais tu n’as pas peur que Sylvie l’apprenne ? 
— Quoi donc ? 
— Que tu couches avec des prostituées. 
— D’abord, je ne couche pas avec des putes, mais des escort-girls. 
— C’est quoi, la différence ? 
— Le fun. La plupart des filles sont des étudiantes ou des divorcées en manque d’affection. Elles ne sont pas là pour faire du business. 
— Tu veux dire que tu ne les payes pas ? 
— Si, mais c’est plutôt du financement participatif. Je les aide à payer leurs loyers ou leurs études. 
Bernard repartit en montant à flanc de coteau avec un sourire amer. Du financement participatif. Son beau-frère, contrôleur du trésor à Saint-Flour, savait choisir ses mots lorsqu’il s’agissait de parler pognon. Il lui semblait plutôt que, majoritairement, les femmes inscrites sur ce genre de site faisaient commerce de leurs corps par nécessité économique, et, donc, sous la contrainte. Il concevait mal l’idée que l’on puisse se vendre à autrui par plaisir ou perversité. Le reste de la conversation avait achevé de le convaincre de la mauvaise foi de Michel. » 

10 réflexions sur “Cinq cartes brûlées, Sophie Loubière

  1. Je l’ai commandé… en attente et ai pris L’enfant aux cailloux que je vais lire. Je termine à l’instant un livre d’une femme qui reçoit en héritage une maison superbe d’une artiste décédée. Elle ne comprend pas et se rend sur place. Une belle histoire de femmes sans grandes prétentions et qui m’à beaucoup plue.

    Aimé par 2 personnes

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