Les filles du panier de Ludovic Miserole

Le livre : Les crimes du marquis de Sade Volume 2 Les filles du panier de Ludovic Miserole – Paru le 11 avril 2019 chez French Pulp – collection Les féroces. 19 €  (450 pages) ; 14 x 21 cm

4ème de couverture :

Deuxième tome de la trilogie des Crimes du Marquis de Sade.
Après l’affaire d’Arcueil, et au plus grand soulagement de sa famille, Donatien de Sade tente de se faire oublier quelque temps à La Coste.
Mais les démons de la perversité qui sommeillent en lui ne tardent pas à reprendre le dessus…

Après l’affaire d’Arcueil, et au plus grand soulagement de sa famille, Donatien de Sade tente de se faire oublier quelque temps à La Coste. Au sein de son château, il multiplie les représentations théâtrales et les paternités affichant une apparente respectabilité.
Mais les démons de la perversité qui sommeillent en lui ne tardent pas à reprendre le dessus…
Accompagné de Latour, son fidèle valet, Sade part assouvir ses vices dans la cité phocéenne…

Prix de la biographie pour Zamor

L’auteur Né en 1973 après le succès de son premier ouvrage Rosalie Lamorlière, dernière servante de Marie-Antoinette, Ludovic Miserole nous invite à nouveau à rencontrer un personnage méconnu de notre histoire.
Avec un talent indéniable, il combine la vérité historique, puisée minutieusement dans les sources, et l’invention, autrement dit, il marie subtilement histoire et fiction pour mettre en scène un passé révolu. Derrière le portrait de Zamor se dessine, en filigrane, celui des héros – les grands, que nous connaissons, comme les anonymes, les « humbles » qui ont œuvré dans l’ombre – d’une France révolutionnaire et post-révolutionnaire.

 

 

 

 

Extraits :
« …la végétation a recouvert peu à peu les charniers creusés à l’ombre des remparts, les Marseillais, eux, ne savent que trop qu’ils sont là. Ils les évitent, prennent des détours, tête baissée, ou font rapidement un signe de croix. Pas loin de quarante mille corps ! Soit environ la moitié de la population marseillaise d’alors repose çà et là entre les couches de chaux vive. Des morts qui hanteront pour des siècles encore les rues étroites et tortueuses de la vieille ville.
Le marquis de Sade et son fidèle Latour n’ont que faire de cette tragédie. »
« Louise Gohier demeure impassible. Elle continue à fixer cette impudente pour qui pourtant sa sympathie ne cesse de croître, car Dieu qu’elle aime ce genre de femmes ! Celles qui, à son image, n’ont peur de rien et ne reculent devant aucune forme d’adversité pour s’affirmer telles qu’elles sont. Celles qui s’assument et ne se cachent jamais derrière un mari en baissant lâchement la tête parce qu’on leur a dit justement que la tête pensante d’un couple était fatalement celle de l’époux. Elle admire ces femmes qui, à son image, ont choisi leur vie en refusant d’en subir une autre, toute tracée par des gens indifférents à leurs aspirations.
Se battre pour ne pas pleurer.
Crier pour ne pas s’oublier. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Les filles du panier de Ludovic Miserole

Cet homme est détestable au plus haut point. Cet homme n’est pas une fiction mais il a « bel et bien » existé. Compte tenu de la bibliographie fournie par l’auteur, les faits décrits semblent avérés, dans un contexte libertin de l’époque où le mot consentement n’avait pas encore été inventé.  Une véritable œuvre d’historien de l’horreur.

A mon avis il serait dommage de dissocier ces deux volets traitant des malveillances du Marquis.

Rappel Tome 1 – L’affaire Rose Keller
Un roman féministe tellement actuel

Trois femmes se partagent l’affiche de ce premier volet : la victime, la prostituée et la complice …elles ont toutes à en vouloir à l’infâme Marquis de Sade, bien connu et déjà condamné, influent et pervers, une seule l’aime. Il attire ses proies et les humilie pour son plaisir solitaire, ou partagé avec son non moins infâme serviteur.

Les rapports ambigus avec son épouse et sa belle famille en font le personnage le plus toxique que j’ai rencontré dans mes lectures. Quand je pense que dans le processus créatif, les auteurs partagent leur vie avec leurs héros jusqu’à la publication de leurs œuvres, j’espère que Ludovic Miserole a su se préserver du divin marquis.

Tome 2 – Les filles du panier

Comme dans le tome 1, la première partie du roman décrit les exactions du marquis de Sade et le détail apporté aux descriptions met très mal à l’aise, révélant des sévices  et des perversions inimaginables. La base documentaire utilisée par l’auteur et disponible en fin d’ouvrage ne laisse aucun doute sur la véracité des faits. La seconde partie est d’avantage consacrée à la quête de la vérité, menée par ses victimes et leurs familles. On y retrouve les protagonistes du tome 1 dans les mêmes rôles, une épouse encore plus amoureuse et une société marseillaise bien tolérante et néanmoins solidaire.

Malsains, édifiants, ces deux tomes sont une chronique très documentée sur l’époque prérévolutionnaire et la ville de Marseille en particulier, sur la domination des plus riches et toute ressemblance avec une époque plus actuelle n’est sans doute pas tout à fait fortuite !

Cette immersion a été pour moi la confirmation du talent de narrateur de cet auteur découvert lors de la lecture du tome 1.Le lecteur se voit parfois contraint à un rôle de voyeur plutôt dérangeant … malgré ça je lirais le tome 3 annoncé pour 2020. Attention : méfiez-vous des pastilles à l’anis !

Lu en version numérique :11.99 €

 

Autres extraits :
« Vous savez, je vous parais sûrement un peu rustre et si je traite ainsi mon époux, sachez seulement que j’ai mes raisons. Elles m’appartiennent. Tout comme vous appartient ce combat avec ce personnage que vous pourchassez et qui semble vous avoir fait souffrir. Moi aussi j’ai connu des tempêtes. Ma vie n’a pas toujours été une mer calme, et même si la vieille frégate que je suis arrive à quai, j’ai eu à me battre contre des vents violents et des marées imprévisibles. J’ai tangué, souvent, failli chavirer, parfois. Aussi souvent que possible, j’ai jeté l’ancre au large de minuscules îlots d’espoirs. Des escales plus ou moins longues, mais toujours heureuses et intenses comme s’il s’agissait des dernières. L’essentiel est de toujours garder le cap pour ne pas sombrer et surtout, surtout, Julie, de toujours tenir la barre. Ne la confiez à personne ! Et certainement pas à un homme. Vous êtes le capitaine de votre destin, vous m’entendez ? »
« Apprenez ma fille qu’à trop obéir, on en devient creuse, vide et sans intérêt, surtout lorsque l’on a tendance comme vous à confondre obéissance et servitude. Je ne puis que vous conseiller de profiter de ces moments de solitude pour vous interroger et tenter de définir où sont vos priorités et les choses qui méritent réellement que l’on se sacrifie ainsi pour elles. »

4 réflexions sur “Les filles du panier de Ludovic Miserole

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