Freeman de Roy Braverman 

Le livre :  Freeman de Roy Braverman  . Paru le chez 06/02/2020 Hugo et Compagnie – collection Hugo Thriller –  19.95 €. (560 pages) ; 21 x 14 cm

4ème de couverture :

Patterson, en Louisiane.

Deux millions de dollars disparaissent. Pendant un ouragan d’une rare violence. Dans la maison du boss de la mafia locale.

La traque commence. Elle va faire se croiser et s’affronter un « parrain » amateur de cocktails, un fabuleux tandem de flics que tout oppose mais dont chacun poursuit une quête personnelle, une serveuse qui aime trop l’un des deux flics, le FBI, Freeman et sa fille Louise (celle-là même qui avait été retenue prisonnière quatorze ans dans un trou perdu des Appalaches dans Hunter), un collecteur de dettes arménien, et tout ce que La Nouvelle-Orléans compte de faune interlope, d’indics et de petites frappes…

Cela pourrait être le début de beaucoup de polars. Sauf que c’est au cœur du bayou, et que c’est Roy Braverman qui est aux manettes. Et que la traque va être bercée par le rythme envoûtant de la zydeco, imprégnée des senteurs de la cuisine cajun, caressée par les parfums sensuels de la flore de Louisiane, et rendue plus haletante encore par la menace des crocs acérés des alligators…

 

L’auteur : Né à Meudon en 1949 Patrick Manoukian est un journaliste, éditeur et écrivain.
Il a écrit sous les pseudonymes de Manook, Paul Eyghar, Ian Manook et Roy Braverman.
Grand voyageur, dès l’âge de 16 ans, il parcourt les États-Unis et le Canada, pendant 2 ans, sur 40 000 km en autostop. Après des études en droit européen et en sciences politiques à la Sorbonne, puis de journalisme à l’Institut Français de Presse, il entreprend un grand voyage en Islande et au Belize, pendant quatorze mois, puis au Brésil où il séjournera treize mois de plus.
De retour en France au milieu des années 1970, il devient journaliste indépendant et collabore à Vacances Magazine et Partir, ainsi qu’à la rubrique tourisme du Figaro. Journaliste à Télémagazine et Top Télé, il anime également des rubriques « voyage » auprès de Patrice Laffont sur Antenne 2 et de Gérard Klein sur Europe 1. Il devient ensuite rédacteur en chef des éditions Télé Guide pour lesquelles il édite, en plus de leur hebdomadaire, tous les titres jeunesse dérivés des programmes télévisés : Goldorak, Candy, Ulysse 31. Patrick Manoukian écrit en 1978 pour les éditions Beauval deux récits de voyage : « ’Islande en Belize et Pantanal.
En 1987, il crée deux sociétés : Manook, agence d’édition spécialisée dans la communication autour du voyage, et les Éditions de Tournon qui prolongent son activité d’éditeur pour la jeunesse (Denver, Tortues Ninja, Beverly Hill, X-Files…).
De 2003 à 2011, sous le pseudonyme de Manook, il signe les scenarios de plusieurs bandes dessinées humoristiques aux éditions Semic et Hugo & Cie. Son roman pour la jeunesse Les Bertignac : L’homme à l’œil de diamant (2011), signé sous le nom de Paul Eyghar, obtient le Prix Gulli 2012.
En 2013, il signe du pseudonyme de Ian Manook un roman policier intitulé Yeruldelgger. Les aventures du commissaire mongol éponyme lui ont valu pas moins de seize prix dont le Prix SNCF du polar 2014. Lesdites aventures se poursuivent dans Les Temps sauvages, paru en 2015 et récompensé par un nouveau prix et La Mort nomade (2016).
Son roman Hunter, écrit cette fois sous le pseudonyme de Roy Braverman, est publié en 2018 aux éditions Hugo Thriller. Crow (2019) est le deuxième titre de la trilogie et Freeman en 2020 le troisième.
Extrait :
« Dans ce pays arrogant et belliqueux envers tous ceux qui ne lui ressemblent pas. Il se souvient avoir lu quelque part que depuis sa création, en 1776, ce pays a été en guerre 222 ans sur 239. Sans compter la guerre sociale intérieure qui dure depuis toujours. Howard est bien placé pour le savoir.
Plus de 10 000 morts par arme à feu chaque année. Presque 14 000 en 2015 s’il se souvient bien. Plus 25 000 suicides.
Comment ne pas désespérer de ce putain de pays ! 4 500 Américains morts en Irak en quinze ans de guerre, et plus du double abattus chaque année sur le territoire américain. Et au milieu de toute cette merde, cette fille qui apprend aux gamins à faire des beignets pour qu’ils ne pensent pas à s’amuser avec des armes de mort. Putain, quelles chances ont-ils de survivre à ce monde, elle et ses gosses ? Et Tyler, son frangin, son petit frère, le garçon qui riait à ses ricochets sur les bords du fleuve, de quel côté avait-il basculé ? Côté gang de petits cons assassins sans foi ni loi, ou côté victime abandonnée dans la boue, comme ce pauvre Nestor ? »
  

La chronique jubilatoire de Dany

 Freeman de Roy Braverman

Qu’y a-t-il de commun entre deux millions de dollars et un million et demi de dolars, à part qu’ils soient tous disparus, envolés, escamotés ? Et bien … il nous est proposé une superproduction hollywoodienne sous la plume de cet auteur aux identités multiples, dont le talent fait voler les alligators et les bateaux du bayou !

Dans ce bayou proche de la Nouvelle Orléans, un mafieu local tente de reprendre la main sur ses troupes, loin des clichés touristiques. Quelques personnages rescapés des deux premiers épisodes de la trilogie (Hunter 2018 et Crow 2019) et un Arménien futé et facétieux vont alimenter un règlement de comptes douloureux. Ce thriller ne restera pas comme une nouvelle édition du guide du routard … bien au contraire car Big Easy n’y est pas traitée à son avantage, sauf peut-être dans le final grandiose et très musical où l’on s’attend à voir Louis Armstrong (dirigé par Arthur Lubin dans son film de 1947). Plus récemment en 2019, c’était Sacha Erbel avec L’ombre de Nola qui nous avait initiés au vaudou de Marie Laveau. Nous les imaginons tous avec beaucoup de plaisir dans ces tableaux d’ambiance, riches et colorés mis en scène par l’auteur.

Au cœur du roman, une intrigue fouillée et fertile en rebondissements et au-delà, le lecteur sera ému par une histoire d’amour d’exception, le militantisme et la résilience des  rescapés de Katerina et la traque de Doug pour retrouver son jeune frère. Il sera tout autant dégoûté par la corruption, les trafics, l’intimidation, le sexisme, le proxénétisme et les excès.

Enfin à noter avec bonheur la précision des citations musicales comme fond sonore à ce très agréable moment de lecture (même une citation clandestine de Cabrel), qui voit cohabiter des personnages de générations différentes composant cette communauté définitivement atypique …

Pourquoi donc l’auteur a-t-il annoncé une trilogie ? Tous les ingrédients me semblent être présents pour continuer l’aventure … Why not ?

Enfin sachez lecteurs que le fait de n’avoir pas lu les deux premiers opus de cette trilogie en entamant le troisième, ne nuit pas à sa compréhension, même si la psychologie des personnages doit y perdre en épaisseur … oui je lirai les deux premiers tomes bien sûr ! En conclusion un très agréable moment de lecture pour cet ouvrage que je recommande.

Lu en version numérique. epub  7.99 €

Je remercie les éditions #Freeman #NetGalleyFrance

 

autres extraits :
« – Mais que vois-je ? Deux spécimens d’anglo-saxons mâles protestants blancs en goguette. Dans la ville de tous les péchés ! Venez à moi, âmes perdues dans le labyrinthe de l’abstinence et de la fornication contrainte. Laissez le Bon Temps Roulé vous ouvrir les portes de la débauche et du péché.
– Deux bières, demande le plus jeune des agents qui la joue cool. Locales si vous avez.
– Mais il n’en est pas question. D’où venez-vous, tristes témoins d’un Jéhovah ténébreux, pour croire que le diable, en terre Voodoo, se contenterait d’une petite bière locale ? Laissez-moi vous offrir le premier verre. De la Louisiane.
– Un truc local ? fait mine de s’intéresser l’autre agent.
– De la Louisiane, c’est le nom du cocktail, mon gars.
– Non, merci, pas de cocktail, il est encore un peu tôt…
– Mon garçon, dans Big Easy en général et dans ce bar en particulier, tu acceptes les cocktails qu’on t’offre ou tu dégages.
– Bon d’accord, mais léger alors, s’il vous plaît, concèdent les deux agents piégés.
– Dans cette ville, mon gars, un cocktail léger, ça n’existe pas plus qu’un banquier compatissant ou un flic honnête,… »

 

« Si vous voyez un tronc en travers, y’a des chances que ce ne soit qu’un de ces foutus alligators qui plongera avant que vous soyez sur lui. Enfin, si vous n’allez pas trop vite non plus. Par contre, il fera sombre, le canal est enfoui sous les arbres.
Allumez les deux projecteurs. Les yeux des gators refléteront la lumière comme des catadioptres.
– Et ce grillage, devant ?
– Ça, c’est pour ces foutues araignées. Elles tissent des toiles de plusieurs mètres en travers du canal. Des veuves noires quelques fois. C’est juste pour pas les prendre dans les yeux ou en pleine bouche à grande vitesse. »

10 réflexions sur “ Freeman de Roy Braverman 

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