Autopsie en huis clos : Les poupées de Nijar de Gilles Vincent par Simone Gélin

Autopsie en huis clos :

Les poupées de Nijar de Gilles Vincent

par Simone Gélin

 

Au collectif Polar, on vous a initié à la double (voire triple) chronique.

Poussons le bouchon un peu plus loin…

Et si on chroniquait avec un auteur sur un autre auteur ? Une fois n’est pas coutume : Geneviève valide le projet.

Il nous faut un binôme de flingueuses : Dany et Miss Aline et un auteur.

Pour cette nouvelle édition  c’est un peu différent c’est Mamie Danièle seule qui a mené la barque avec

Simone Gélin

qui  a répondu présente.

Après une discussion on est tous d’accord pour…. une autopsie en huis clos autour du titre

Les poupées de Nijar de Gilles Vincent 

 

Au cœur des serres incandescentes de l’Andalousie, Thomas Volner, reporter-photographe, découvre la mer de plastique où des hommes travaillent par milliers pour inonder l’Union Européenne de fruits et légumes éclatants. Chaque jour, il côtoie la dévastation environnementale et les nouveaux esclaves de l’agroalimentaire. Mais quand des enfants de la région sont retrouvés suspendus aux arbres comme des oiseaux piégés, ce sont les silences du franquisme qui vont le submerger. Et l’insondable étrangeté des « poupées de Nijar »…

 

 

 

 

L’auteur : Gille Vincent est né à Issy-les-Moulineaux , le 11 septembre 1958.il est un écrivain, auteur de romans policiers et d’un recueil de nouvelles.
Sa mère, Jeannie Thomas, était professeur de lettres. Elle est l’auteure d’un unique roman publié chez Grasset:  » La peine de vie « . Son père, Bernard Vincent, est un universitaire de grand renom, historien et américaniste. Le grand-père maternel de Gilles Vincent, Eugène Thomas, (1903-1969), fut un homme politique français, ancien ministre et grand résistant.
Après trente-trois ans dans le Nord et onze ans à Marseille, Gilles Vincent décidé, en 2002, de poser valises et stylos à Orthez, dans le Béarn.
Commercial, il a mis un frein à son activité professionnelle afin de se consacrer à l’écriture.
En 2008, Gilles Vincent publie aux éditions Timée, un polar intitulé « Djebel » dont les droits audiovisuels ont été achetés par Isabelle Adjani qui envisage d’en réaliser l’adaptation cinématographique.
L’année suivante, il publie la suite de « Djebel », intitulée « Sad Sunday », qui vient d’obtenir le Prix Marseillais du Polar 2010. Fin 2010, paraîtra « Peine maximum », le troisième volet de ce qui est amené à être une tétralogie.
Gilles Vincent est également l’auteur d’un recueil de nouvelles « Les essuie-glaces fatigués rendent les routes incertaines », publié en janvier 2011 par la maison d’édition Eaux-Fortes.
Il est aussi l’animateur d’ateliers d’écriture en milieu scolaire, en prison, à l’hôpital…
Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé : prix Europolar 2014 pour « Djebel », prix Cezam Inter-CE 2014 pour « Beso de la Muerte » et prix du Mauvais Genre 2015 du Val Vert du Clain pour « Trois heures avant l’aube ».

 


Autopsie en huis clos

Les poupées de Nijar de Gilles Vincent par Simone Gélin

Et sous le regard acéré de Mamie Danièle

Dany : ———————début du huis clos——————-

Ge : Pour l’instant, je peux vous suivre. mais je ne pourrais rester

Dany : 👍

Miss Aline : Bonjour à toutes

Simone Gélin : bonjour à toutes !

Dany : Bonjour Cheffe ! Tu nous a encore trouvé une nouvelle stagiaire légiste pour aujourd’hui ?

Geneviève : 😆

Dany : Bonjour Aline, bonjour Simone

Simone : bonjour Danièle et bonjour les filles !
Je suis prête !

Dany : Merci Simone d’avoir accepté ce stage de légiste et de nous apporter toi-même le cadavre !

Simone : 😂 avec plaisir !

Dany : Avant de commencer les constatations, peux-tu nous dire en quelques mots qui tu es ?

Simone : Je suis une amoureuse des mots et je vis comme un privilège de pouvoir écrire des romans, de partager des histoires avec des lecteurs, d’échanger des idées et des émotions, cela me rend profondément heureuse !

Dany : Ca fait du bien d’entendre de telles paroles …
Alors notre sujet :
Pourquoi ce roman ?

Simone : J’avais hâte de découvrir ce livre dont j’ai beaucoup parlé avec Gilles pendant qu’il était en train de l’écrire. J’ai eu la chance de pouvoir le lire en avant première si j’ose dire. En plus, il aborde un sujet auquel je m’intéresse beaucoup, l’histoire de l’Espagne.

Dany : Comment est-ce que tu qualifierais ce roman : historique, politique, écologique ?

Simone : Je dirais d’abord que c’est avant tout un polar (à cause de la construction, mais nous y reviendrons) et un roman noir sociologique, puisqu’il aborde des sujets écologiques, je peux citer un passage ? «  Des hectares de serres à vingt bornes de la mer, en pleine caillasse. À perte de vue. Le jardin de l’Europe. Entre Malaga et Almeria, au cœur des déserts andalous, « le jardin de l’Europe » fournit la moitié des fruits et légumes consommés par l’Union européenne. Serres gigantesques, dévastation environnementale sans précédent »,  et sociétaux, humanitaires, je cite un autre passage : « Des travailleurs africains réduits à l’esclavage et au silence. À quelques kilomètres des plages, genre connue de tous ignorée de chacun, une infamie à l’échelle nationale. Voire européenne. Des mecs qui bossent douze heures par jour et qu’on traite comme des parias. »

Geneviève : 👍

Geneviève : L’Espagne et le Franquisme un sujet récurent chez Gilles Vincent. 🙂

Simone : Oui, il adore l’Espagne, ce n’est pas un secret, moi aussi !

Geneviève : 👍

Dany : Le thème du Franquisme : politique (actuel) ou historique ?

Simone : Alors, excellent question, Danièle, tout est là. Parce que dans ce roman, le présent ne s’exonère pas du passé. C’est tout un pan de l’histoire de l’Espagne qui m’est revenu  en mémoire dès les premières pages : La condition de ces migrants exploités par la rapacité de grands groupes agro-alimentaires, (ici les noirs vivent dans des cartons et sous des tôles) est la même que celle des paysans andalous, autrefois réduits à l’esclavage par les grands propriétaires terriens :  la misère . Il fera dire à son personnage : Apartheid. Honte. Putain d’Europe. Dès lors, je devine que dans ce roman, le passé sera toujours en arrière-plan. Parce que c’est dans la nature même de l’histoire de l’Espagne.

Dany : Au-delà de l’environnement et de l’exploitation au nom du fric, il y a une intrigue que la 4ème de couverture nous annonce saignante …

Simone : Oui, dans ce théâtre, que nous peint merveilleusement bien Gilles, Thomas Volner va découvrir une affaire qui secoue toute l’Espagne : des disparitions d’enfants.
Là encore, cette histoire m’incite à faire un lien avec le passé. (Décidément, en Espagne, on n’en finit pas de lier les deux, le passé et le présent. )
Un lien, oui, mais lequel ?
Tout le talent de Gilles résidant à semer le doute, sera de nous balader pendant 400 pages dans les rues de Nijar et des alentours, de nous bouleverser, nous saisir, à force de coups de théâtre, de fausses pistes, de surprises.

Dany : Où se trouve Nijar ?

Simone : En Andalousie, et je dois dire qu’un autre des attraits de ce roman est aussi de nous évoquer parfaitement bien cette région de l’Espagne, que Gilles connaît très bien.

Dany : Les disparitions d’enfants en Espagne on en a beaucoup parlé il y a quelques années, toi-même tu as traité ce problème dans Jane de Boy. Crois-tu que toute la lumière a été faite sur cette triste affaire ?

Simone : Non toute la lumière n’a pas été faite. Les blessures de l’Espagne sont encore ouvertes aujourd’hui, parce que le devoir de mémoire n’a pas été accompli…
Une phrase revient dans le roman : Callarse. Nunca jamàs ! (Ne jamais se taire)

Simone : je vous cite des phrases que j’ai relevées : « Façades blanches, balcons de fer forgé, patios, ruelles. Difficile d’échapper à la carte postale.
Des bâtisses aux façades un peu défraichies, aux toits-terrasses chargés d’antennes. Il sourit au goût de chiottes des architectes urbains espagnols. Aux villes étranges qu’ils ont dessinées dans les années 70. »

« Dès la sortie de Nijar, c’est caillasse et compagnie. Partout, des collines érodées, des talus d’herbe sèche. Par endroits, comme oubliées des hommes et du ciel, les silhouettes d’arbustes rabougris.
L’ambiance est rendue par les détails de la vie des gens et :  les tapas, l’omelette, le chorizo, la morue, la paella…
 »
Et l’église : « Dios nos libre qui revient comme une ritournelle.« 

Dany : Le roman de Gilles Vincent … tu dirais qu’il est contemporain ou historique ?

Simone :

eh bien, les deux. Parce que justement en Espagne, le présent ressuscite toujours le passé et parce qu’en plus, l’histoire de l’Espagne est universelle.

Dany : J’insiste lourdement … est-ce que l’intrigue aurait pu se dérouler dans un autre lieu, dans une autre époque (post-franquiste bien sûr)

Simone : Non, cette histoire est typiquement espagnole. Elle a ces racines profondes dans le pays.
Mais elle a une valeur universelle…

Miss Aline : Écrire sur ce thème n’est il pas déjà faire acte de devoir de mémoire. ?

Simone : Bien sûr que cela n’est pas suffisant mais c’est déjà dire : on n’oublie pas.

Dany : Sur le problème de la disparitions, de l’enlèvement des enfants, l’Espagne a le courage de l’aborder. En France, le scandale des petites réunionnais envoyés en Corrèze a été beaucoup plus confidentiel ...

Simone : Oui, mais c’est insuffisant. Il n’y a pas eu de procès,( comme Nuremberg), pour qualifier les crimes de crimes contre l’humanité.Exact. Il a fallu du temps. Mais en Espagne c’est très récent, il ne faut pas oublier que le juge Garzon a été destitué pour vouloir mettre à jour ce sujet.

Dany : Et pour bon nombre de Français … c’est une découverte.

Simone : Oui, je parle énormément de ça avec les lecteurs de l’affaire Jane de boy. certains me disent avoir découvert ces histoires dans mon roman, preuve que c’est utile…

Dany : Je m’adresse à l’auteure … est-ce que la fonction de l’auteur est aussi, au-delà du divertissement, de passer un message ?

Geneviève : 👍

Simone : Oui, je crois que nous pouvons passer des messages, en tout cas, je le fais de manière spontanée, en écrivant, ce qui me vient, les idées que j’ai envie de partager avec mes lecteurs, surtout pas de leçon de morale, juste des échanges…un regard sur ce qui nous entoure…

Dany : tu sers de révélateur …

Simone : 🙂

Simone : Pour revenir au livre de Gilles, les personnages sont très attachants. Il y a:
Thomas Volner, on est dans sa peau, c’est le porte-parole de l’auteur ?
Ingrid, dans une première partie, elle n’est qu’une ombre, mais quand elle apparaît on est prêt à la suivre, on la connaît déjà
Aman Moussa, le migrant, « le negro », symbole de toutes les oppressions, qui suscite l’empathie, mais met aussi en lumière la fraternité, avec des exemples de générosité humaine qui font du bien !
Juan Pedro, le serveur qui ressemble à JP Bacri et son frère Roberto, typiquement espagnols, participent de l’ambiance.
La commissaire Alba, professionnelle, charismatique, mais surtout humaine.
Alberto Fraga, personnage ambiguë, symbole du déchirement de l’Espagne.
Et puis, il y aura Blanca. Dont il faut taire l’importance.
Dont il faut taire la souffrance : Callarse. Nunca jamàs !

Dany : Tu nous disais plus haut que Gilles Vincent aimait et connaissait l’Espagne, qu’il avait déjà écrit sur l’Espagne, est-ce que tu peux nous en dire sur cet auteur ?

Simone : Un forçat de l’écriture, je veux dire qu’il a une capacité incroyable à écrire, qu’il a en réserve des tas d’histoires, une imagination dingue et qu’il peaufine son écriture au fil de ces romans…

Dany : Faut-il avoir lu d’autres romans de lui avant d’aborder ses poupées ?

Simone : Non, je ne crois pas. Ils sont tous différents. Le dernier que j’avais lu de lui avant celui-ci, était Noir Vézère, je vous le conseille aussi…Un livre qui fait réfléchir à la condition humaine…

Dany : En résumé Simone, peux-tu nous donner trois bonnes raisons de guetter la sortie des poupées …

Simone : Les trois raisons résident dans ce que nous avons dit de ce roman. C’est à dire, les sujets profonds qui sont évoqués : écologique, humanitaire et historique. Et le côté polar : On ne peut pas s’arrêter de tourner les pages : c’est vraiment (aussi) un polar.

Miss Aline : Je dois vous quitter Mesdames (travail oblige) . Merci Simone pour cet échange très intéressant.
Bonne journée à toutes

Simone : Merci Aline, belle journée à toi.

Miss Aline : ❤

Dany : Merci à toi Aline.
Je crois que nous avons fait le tour de ce roman à paraître le 13 février et tu nous as donner envie d’approfondir le thème des enfants du franquisme, que tu avais si bien servi dans l’affaire Jane de Boy.
Ça c’est pour l’actualité de Gilles Vincent … la tienne c’est Adieu Lola dont nous avons parlé récemment sur ce blog … as-tu quelques actualités « salons et dédicaces » à annoncer ?

Simone : Mon premier salon sera Soulac le 11 avril,  puis Fargues… Ma première signature le 28  Mars au cultura de Bègles.

Dany : Ravie de savoir que tu seras à côté de chez moi en mars
Merci de ta disponibilité Simone  et de ta gentillesse.
As-tu quelque chose à ajouter avant de nous quitter ?

Simone : Merci à vous toutes de votre attention sur nos livres, ces échanges sont toujours enrichissant pour nous, (personnellement je suis très attentive aux retours des lecteurs qui m’ont toujours beaucoup appris sur moi-même et

ce sur quoi je dois travailler..). Vous donnez de votre temps pour nous mettre en lumière, vous le faites avec intérêt, intelligence et beaucoup de bienveillance, alors Merci !

Dany : Merci à toi et à très bientôt donc.
Geneviève  a dû s’absenter et trépigne de faire ta connaissance dans la vraie vie !
Je t’embrasse !

Simone : 😘Je t’embrasse aussi, Danièle

Ge : Oui pardon une urgence, mais j’ai rattrapé, si, si !  Et… Merci Mesdames pour ce belle échange.Aussi Bonne écriture chère  @Simone et peut-être un jour aurons-nous le plaisir de nous rencontrer.

Belle journée à vous toutes

Simone  : Merci Geneviève ! Belle journée à toi

Si vous souhaitez rencontrez nos auteurs voici leur prochaine dédicaces

complément d’info sur huis clos – actus de Gilles Vincent

Ci-dessous les dates de signature les plus proches:

 

Vendredi 21 février: recontre à partir de 17h30 à la librairie La Litote à Vic en Bigorre (65)

Cette rencontre sera suivie, le samedi matin, d »‘une signature sèche de 10 à 13 heures.

Vendredi 28 février: signature toute la journée au Cultura de Lescar (64)

Le vendredi 6 mars: rencontre à partir de 18 heures à la librairie l’Escapade à Oloron ste Marie (64)

Le dimanche 15 mars: rencontre à partir de 14 h 30 à la librairie Le Kairn à Arras en Lavezan (65)

Jeudi 19 mars: rencontre à la médiathèque de Casseneuil à partir de 18 h (47)

Samedi 21 et dimanche 22 mars: présentation et signatures de mon roman au salon du livre de Paris sur le stand du Diable Vauvert qui fête ses vingt ans.

 

Voilà pour l’instant.

Merci à vous et bonne fin de journée.

Bien amicalement

Gilles Vincent

complément d’info sur huis clos – actus de Simone Gélin

Son premier salon sera Soulac le 11 avril,  puis Fargues…

Sa première signature le 28  Mars au cultura de Bègles.

 

4 réflexions sur “Autopsie en huis clos : Les poupées de Nijar de Gilles Vincent par Simone Gélin

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