Les Naufragés Hurleurs de Christian Carayon

La Double Chronique

Aujourd’hui chers amis lecteurs nous vous proposons deux billets pour le prix d’un !

En effet deux Flingueuses ont lu le même livre. Aussi ce matin Mamie Danièle vous offre sa chronique jubilatoire. Et ce soir c’est Ge notre Porte Flingue qui vous donnera son petit post-it. Seront-elles d’accord sur leur avis, ça reste à voir !

Allez c’est parti pour la Double Chronique


 

Le livre : Les naufragés hurleurs de Christian Carayon. Paru le 06/02/2020 chez Fleuve éditions  – collection Fleuve noir. 19.90 €.  (400 pages) ; 21 x 14 cm

4ème de couverture :

« Il y en avait pour croire que l’année 1925 serait la dernière du monde tel qu’on le connaissait. »
Martial de la Boissière vit à l’écart de la société, protégé par les hauts murs de son manoir. Quand il en sort, c’est pour assister aux réunions du Cercle Cardan, toujours prêt à démasquer ceux qui se nourrissent de l’engouement pour les sciences occultes, des charlatans sans honneur. Sa prochaine mission : assister à une représentation du nouveau médium à la mode, Collas. Accompagné de son ami Alain, Martial se rend à Paris. Mais l’expérience tourne court : en pleine séance, le médium agrippe le bras d’Alain pour lui crier de s’enfuir avant de s’effondrer en crachant de l’eau de mer.
Ce qui paraît alors un stratagème grossier à Martial va se transformer en tragique prédiction quand il apprendra quelque temps plus tard la mort de son ami. Marin émérite, il a pourtant péri dans un accident de voilier au large de l’île de Bréhat.
Et si, derrière les ombres d’une prophétie, se cachaient de terribles secrets ?

L’auteur : Christian Carayon, originaire du Sud-Ouest, enseigne l’histoire et la géographie en lycée depuis plus de vingt ans. Il vit actuellement dans la Sarthe. Il se lance dans l’écriture en 2012 et publie Le Diable sur les épaules, lauréat du prix Ça m’intéresse Histoire. Après Un souffle, une ombre paru en 2016 et traduit en plusieurs langues, et Torrents (2018), il retrouve le héros de son premier roman pour une nouvelle aventure, Les Naufragés Hurleurs. Les refférences littéraire de notre auteurs sont : Sébastien Japrisot, James Ellroy; Mo Hayder quand elle écrit « Tokyo » ou « L’homme du soir »; Dennis Lehane quand il écrit « Un pays à l’aube »…

 

Extraits :
« Les parents Delaborde avaient fait l’acquisition, bien avant que ce soit la mode, d’une belle demeure à la pointe de l’Arcouest, qui s’avançait dans la Manche en avant de Paimpol et regardait en face l’archipel de Bréhat. C’était ici que leur gendre, encore jeune homme, était tombé amoureux de la mer. Chacun de ses séjours était prétexte à une initiation patiente à la navigation de plaisance. Dans ce domaine, comme dans tout ce qu’il entreprenait, il fit preuve d’une abnégation qui força le respect. »
« Le ciel nuageux venait marquer à sa manière le début de l’automne, mais ne remettait pas en cause la douceur de l’air. Martial eut vraiment l’impression de rencontrer l’île, comme si sa première visite n’avait été qu’un rapide survol. Il franchit l’épais pont de pierre, dépassa la croix qui marquait la frontière entre les deux mondes, laissant les dernières grappes de maisons dans son dos. En suivant la direction de la pointe du Paon, cherchant sa route parmi les multiples sentiers, il espérait tomber sur Saint-Riom. « Si vous cherchez la marque des sorciers, commencez par là », lui avait conseillé Joseph Le Cleuziat, la veille au soir, quand il était venu le saluer entre deux parties de cartes. Ils avaient bu un verre ensemble. 
Il découvrit sans mal les ruines de l’ancienne chapelle. Les quatre murs peinaient à tenir encore debout. Une fontaine les devançait, de l’autre côté du chemin. Personne ne venait y tirer de l’eau parce qu’on la disait maléfique. Derrière les vestiges, un cimetière abandonné disparaissait sous la végétation. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Les naufragés hurleurs de Christophe Carayon

Ce pourrait être une histoire d’amitié entre Martial déjà connu des lecteurs du Diable sur les épaules et Alain.
Ce pourrait être une histoire d’amour entre Martial et Camille.

Ce pourrait être l’histoire d’un classique triangle amoureux où deux femmes se déchirent … ou pas.

Ce pourrait être une chronique des années folles, où les fortunes se construisent avant le krach boursier de 1929, en spéculant sur l’immobilier de loisirs.

C’est une histoire qui se passe en Bretagne, terre de légende, de sorcellerie, où quand les prédictions d’un charlatan parisien se réalisent au bout de nulle part, Martial endosse les habits de l’enquêteur.

L’histoire semble simple et l’énigme facile à résoudre : un voilier s’abime en mer et son naufrage fait deux victimes. De nos jours on dirait « affaire classée ! » …
Quand Martial arrive au bout de cette presqu’île de Bréhat, il découvre une famille de notables en proie aux rancœurs personnelles et il mettra ces 400 pages pour découvrir la vérité, après avoir emprunté avec ses lecteurs, de nombreuses fausses pistes.

Après avoir lu Un soufle, une ombre et Torrents, j’étais curieuse de voir cet auteur dans un registre différent. J’ai retrouvé le souci de la précision, la ruralité. Cependant cette fois, l’action se situe dans une époque et un lieu décalés avec des personnages tout aussi attachants et bien campés dans leurs convictions et leurs contradictions, tout comme les lourds secrets de famille qui plombent l’ambiance. Ajoutons une petite tempête du siècle pour pimenter le dénouement … Ce thriller peut se lire sans avoir fait la connaissance de Martial dans le premier roman de Christian Carayon mais donne envie d’en savoir plus sur lui et Camille. Bref, un très bon moment de lecture, du suspense assuré et une Bretagne envoûtante comme on l’aime.

Je remercie Fleuve éditions et 12/21 pour leur confiance

Lu en version numérique. epub  13.99 € 

Autre extrait :
« — Où as-tu caché tes fausses preuves, espèce de vieux fou ? grogna-t-il à voix haute. 
En guise de réponse, au-dessus de sa tête, une lame du plancher grinça. Un craquement, un seul, mais bien distinct. Il avait connu une telle frayeur dans le grenier que la peur ne trouva aucun terrain fertile pour prendre racine. Il se précipita au pied de l’escalier. 
— Il y a quelqu’un ? cria-t-il. 
Le silence en retour, tel qu’on n’en trouve jamais dans les vieilles maisons. Puis, à nouveau un bruit, plus marqué, quelque part dans l’enfilade des pièces du bas. Il les traversa ; elles étaient dépeuplées et immobiles. Sauf la dernière. L’échelle était posée contre la poutre centrale, bien calée, et la trappe avait pivoté, laissant passer un courant d’air gelé. Il grimpa à nouveau. Le grenier était vide. Il referma la lourde trappe et ôta l’échelle. »

7 réflexions sur “Les Naufragés Hurleurs de Christian Carayon

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