Oublier nos promesses de Elsa Roch

Le livre : Oublier nos promesses d’Elsa Roch – Paru le 16 janvier 2019 chez Le Livre de Poche – collection Policier  7.70 € ; (336 pages) ; 11 x 17  cm

 4ème de couverture :

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?

Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.

S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

L’auteur : Elsa Roch est psychologue spécialisée dans les troubles autistiques, l’adolescence et les addictions.
En parallèle, elle écrit des polars pour explorer une à une les failles de l’être humain.
Ce qui se dit la nuit (2017) est son premier roman.
Avec Oublier nos promesses (2018) son deuxième roman elle remporte le Prix Polar INFINIMENT QUIBERON 2018 et le Prix des lecteurs BLOODY FLEURY 2019.
Prix Plume de bronze Du Thriller Francophone 2019. (Plume-Libre).
Elle vit près de Grenoble.

 

Extraits :
« Alain Vigne, le patron, titulaire de l’iconique bureau 315, la cinquantaine fatiguée mais élégante, était tendu et ne s’en cachait pas. Sitôt son équipe rassemblée en salle de réunion, il jeta un regard à Marsac. En tant que chef de groupe, il devait ouvrir le bal.
— Le corps est à l’autopsie, avec Weber. Le labo planche déjà sur ce que les techs de l’IJ ont pu trouver, notamment les restes de ce qui pourrait être un crachat dans le hall de la résidence et nous sommes encore à la recherche de l’arme du crime, une arme blanche, vraisemblablement de type machette. En attendant, nous avons tout de même quelques éléments, dit Marsac en agitant la carte d’identité de la victime. Emma Loury, vingt-neuf ans, sans histoires, fille unique, journaliste  ; les voisins nous l’ont dit, sa carte de presse dans son portefeuille le confirme. Les factures trouvées dans l’appartement sont toutes à son seul nom et nous en déduisons pour l’instant qu’elle vivait seule même si ses voisins nous signalent un petit ami, militaire et rarement là. »
« Si vous voulez une image, disons que l’hémisphère gauche inspecte le terrain tandis que le droit, lui, sent l’ambiance. Important, non, de sentir l’ambiance  ? Ce n’est pas pour rien que nous, les flics, nous commençons souvent par ça. J’ai oublié d’agir ainsi, chez moi, ou je n’ai pas voulu, et voilà. J’imagine que vous avez commis la même erreur. »
« Bien souvent c’est la vie des gens, leurs habitudes, leurs pensées, leurs faits et gestes qui expliquent leur mort. Les actes de fous furieux frappant au hasard restaient rares, même si les médias choisissaient de les mettre à la une. La folie fait vendre, effraie, terrifie, nous rappelant sans doute notre propre part d’ombre….. posant cette question  : Et si moi aussi je basculais, que se passerait-il  ? »

La chronique jubilatoire de Dany

Oublier nos promesses d’Elsa Roch

Parce qu’en matière criminelle, le principal suspect est souvent le compagnon de la victime, Marsac flic à la dérive applique ce postulat après la découverte du corps d’ Emma, journaliste d’investigation, impliquée dans une enquête sur la prostitution. Il va donc entamer la traque du compagnon encore plus suspect au point de prendre la fuite. Les soupçons s’installent, les fausses pistes ainsi que les faux amis sont les compagnons d’Amaury, héro récurrent, qui n’a toujours pas fait le deuil de Solène, sa petite sœur. Le lecteur va accompagner cette traque, s’immerger dans le monde de la prostitution de rue, aux côtés de l’équipe de Marsac. La profession d’Elsa Roch lui permet de créer des personnages très fouillés, aux traumatismes multiples, tous très attachants où l’on ne peut se résoudre à en vouloir au mauvais garçon.

C’est le deuxième roman d’Elsa Roch et le deuxième que je lis également. On a vraiment envie que Marsac connaisse le repos et retrouve son amie d’enfance. Ils se sont retrouvés au début de Ce qui se dit la nuit, il la cherche dans ce roman, il va falloir que je regarde de près le tome 3 pour avoir les réponses à mes questions …
Merci Elsa Roch pour ce thriller psychologique et un peu polar aussi. Un très bon moment de lecture, noir et profond.

Autres Extraits 
« Même les plus durs finissent par tout lâcher si l’on applique les bonnes méthodes. Il était bien placé pour le savoir. La sueur se mit à ruisseler le long de son dos. Il se souvint de la chaleur étouffante, du nuage de poussière, cet après-midi-là. Lui et ses hommes, après d’interminables conciliabules, avaient réussi à soutirer quelques informations à un chef de village sur la planque d’un dirigeant insurgé qui semait la terreur lors de chacun de ses passages dans la vallée. Le lendemain, ils étaient là, postés devant la petite maison en pierres, le fils cadet du vieil homme devant eux, ligoté à genoux sur le sol. Avoue et je relâche ton fils. Face au silence buté du vieillard, menotté à un poteau, à trois mètres de la scène, un homme avait sorti une perceuse et l’avait enfoncée dans la rotule de l’enfant sous les hurlements impuissants de son père. Pieaud ferma les yeux. Lui et ses hommes avaient observé l’horreur du haut d’une ruine. L’ordre reçu avait été de ne pas se manifester. Il en cauchemardait encore. Avoir laissé faire. Avoir été un monstre pour satisfaire des exigences supérieures. Il n’oublierait jamais cette matinée afghane. La chaleur et la poussière, les cris de l’enfant, son sang absorbé par la terre aride, les yeux révulsés du père et leur silence horrifié, à eux, sur le toit brûlant. Il frissonna. Ce jour-là, il avait encore basculé d’un cran, un pied définitivement planté dans l’obscurité. »
« Sans fric, t’es rien. Quand tu viens de nulle part, que tu es personne et que tu veux du blé et arriver à quelque chose dans la vie, soit tu piques le sac des petites vieilles dans le métro mais alors t’iras jamais bien loin, soit tu vois grand, et là, la rue peut te propulser. Tu commences par fréquenter le bon milieu, tu t’immisces, tu joues l’homme de main fidèle et docile, et tu gravis les échelons un par un. Jusqu’au sommet de la pyramide si tu ne lâches jamais rien. Cette dernière règle est la seule valable dans ce monde, sinon tu te fais bouffer tout cru sans avoir eu le temps d’embrasser ta mère une dernière fois. »

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