Ils étaient vingt et cent de Stanislas Pétrosky

 Ils étaient vingt et cent de Stanislas Pétrosky. Paru le 11 Avril 2019 aux éditions French Pulp éditions. (221 pages) ; 14,5 x 22 cm.

4ème de couverture : Gunther, jeune allemand opposé au régime nazi, excelle dans l’art du dessin. Il se retrouve promu illustrateur officiel du camp de Ravensbrück, son oeil d’artiste interprète la vie et surtout la mort. L’histoire d’un homme qui a vu la construction et la libération du plus grand camp d’extermination de femmes du IIIème Reich, un homme qui a vécu des deux côtés des barbelés.

 

 

 

 

 

L’auteur : Stanislas Pétrosky, de son vrai nom Sébastien Mousse, est un écrivain qui vit en Normandie. C’est après une première vie de thanatopracteur qu’il rentre en écriture. Après quelles nouvelles, il se lance dans l’écriture d’un roman noir historique « Ravensbrück mon amour » (2015) et reçoit le Grand prix des Blogueurs 2016 qui sera suivi par une romance noire sur la dépression « L’amante d’Etretat » (2016). En 2016, il publie « Je m’appelle Requiem et je t’… », puis la suite, « Dieu pardonne, lui pas ! », aux éditions LaJouanie, en 2017. Aujourd’hui avec son personnage de Requiem, prêtre exorciste déjanté, il égale les grands auteurs du noir burlesque avec un style mêlant humour et polar.
Extrait :
« Chaque soir moi qui voulais tant fermer mon esprit aux horreurs quotidiennes, moi qui espérais dormir pour tenter d’effacer ces images abominables, je devais m’imprégner de tout cela encore et encore, pour finir mes dessins, puis les recopier en gardant les mêmes émotions qu’ils suscitaient. J’étais seul avec mon désespoir. Seul face au papier sur lequel j’avais couché les ignominies de ces savants fous. Mes larmes coulaient et je les laissais tomber sur mes esquisses. Elles m’aidaient, je m’en servais pour estomper, diluer les gris. Du doigt j’étalais mon dégoût des hommes.».

Chronique d’une flingueuse, l’avis de Sylvie K

Ils étaient vingt et cent de Stanislas Pétrosky

J’ai eu une période plus jeune ou j’ai lu Christian Bernadac, vu des reportages, je me posais beaucoup de questions, j’avais l’impression d’avoir une curiosité morbide et sans les témoignages, les images, je n’aurais pas pu croire que cela ait pu exister. On a donné un nom hébreu à cet épisode : La Shoah.

Comment ? pourquoi ne pas se rebeller, Je bouillonnais face à cette période de l’histoire, j’aurais fini une balle dans la tête ou peut être aurai-je été utilisée par les nazis pour un travail d’une quelconque utilité.

C’est ce qui arrive à Gunther, il ne pourra pas fermer les yeux sur les horreurs qu’il doit dessiner tout juste pourra-t-il fermer ses oreilles. Dessiner pour ne pas mourir, dessiner pour survivre, dessiner pour témoigner, faire de son don un atout.

Survivre pour ne pas devenir une ombre jusqu’à croiser un regard, l’amour dans le camp. Braver l’interdit, amener du soleil dans leur vie et celles de leurs proches.

Gunther fête ses 99 ans il se souvient.

Il est un jeune fermier allemand de 20 ans. Il aime le dessin pas la ferme. Un camp se construit près de chez lui, son père l’y envoie pour travailler. Ce camp deviendra un camp de concentration de femme. Gunther avec son carnet et son crayon dessine les visages de ces femmes qui entrent au camp. Il est repéré et deviendra le Gribouilleur officiel, celui qui sera chargé du dessin mieux que les photos ! Il est content, pourra se promener dans le camp pour dessiner on le réclame mais très vite il doit dessiner des atrocités, sévices, tortures, expériences sur des personnes vivantes, il devient prisonnier de son crayon.

Gunther n’a pas de cas de conscience, il n’est pas nazi, il est juste un jeune homme simple, un soldat. Il est privilégié, il n’a pas le choix, il dessine, remplit un carnet et le cache pour en faire un témoignage. Il essaie d’adoucir, d’aider, de sauver ces pauvres femmes. Son regard croise celui d’Edna qui lui sourit. Il n’aura de cesse de lui garder l’étincelle qu’elle a dans les yeux mais à Ravenbrück un allemand ne peut ni regarder et encore moins parler à une juive. Gunther va se retrouver prisonnier. Il veut tenir, il espère que cela ne durera pas et qu’ils seront libres.

Encore un livre sur la guerre direz-vous en ces temps de commémoration ça suffit ! Et bien non lire ce livre va nous ramener dans une période que l’on préférerait oublier mais nous ne devons pas oublier que certains individus ont une double vie. Père de famille, femmes ordinaires qui deviennent des tortionnaires capables de cruauté extrêmes et qui l’exercent en toute impunité.

Cherchons bien des hommes prêts à tout pour exterminer l’autre êtes-vous bien sûr que cela ne pourra plus exister ?

Subir la folie des hommes, dans ce livre on passe par beaucoup d’émotions, ça prend aux tripes, au coeur, à l’âme, jusqu’à la libération du camp, jusqu’à la dernière page, la dernière phrase et encore lorsque Stanislas nous explique le pourquoi de ses personnages.

Il m’est difficile de vous dire comment définir ce roman d’un réalisme prenant, j’ai oublié par moment que c’était une fiction. J’ai même du mal à le classer dans polar il serait à sa place dans témoignages.

L’écriture de l’auteur est crue, à nue, juste, les mots percutants, l’histoire reste dans la tête.

Si vous voulez être bouleversé « émotionné » lisez …..

 

 

18 réflexions sur “Ils étaient vingt et cent de Stanislas Pétrosky

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