Les disparus de Pukatapu de Patrice Guirao

Le livre : Les disparus de Pukatapu de Patrice Guirao – Paru le 13/02/2020 chez Robert Laffont – collection La bête noire  –  19 €.  (384 pages) ;  14 x 22 cm

 4ème de couverture :

Pukatapu, c’est un paradis de sable blanc, de corail et de cocotiers perdu dans le Pacifique, à des milliers de kilomètres de Tahiti. Le long de ses eaux turquoise, une poignée de maisons colorées abritent quinze hommes, neuf femmes et, étrangement, pas un seul enfant. Lilith, photographe, et Maema, journaliste à La Dépêche de Papeete, y effectuent un reportage sur les conséquences du réchauffement climatique. Elles croient avoir trouvé l’éden, jusqu’au jour où, sur la plage, Lilith découvre une petite main coupée. Mais sur l’îlot, nulle trace d’un cadavre et personne ne manque à l’appel…

Après Le bûcher de Moorea voici la seconde enquête de Lilith Tereia à paraître dans la collection la Bête Noire.
Alors prêt(e)s à repartir dans l’enfer des îles paradisiaques de la Polynésie Française.

 

L’auteur : Né en  1954, Patrice Guirao est un parolier et romancier français.
Il arrive avec sa famille à Tahiti en 1968. Il ne quittera l’île que pour poursuivre ses études en France à l’École nationale de l’aviation civile (ENAC) en 1975. Son diplôme en poche, il retourne exercer son métier d’aiguilleur du ciel en Polynésie.
Quelques années plus tard, il abandonne sa profession pour se consacrer pleinement à l’écriture. De chansons d’abord, puis de comédies musicales et enfin, de livres.
Il a contribué à l’écriture de plusieurs comédies musicales, notamment Les Dix Commandements, Cléopâtre, Le Roi Soleil, Mozart, l’opéra rock, Robin des Bois, Les Trois Mousquetaires, Alive (film musical), et Bernadette de Lourdes.
Il a également écrit des textes de chansons pour de nombreux artistes, entre autres, Johnny Hallyday (Ça ne change pas un homme, L’Eldorado, Ça n’finira jamais), Florent Pagny, Calogero (Prendre racine…), Viktor Lazlo, Pascal Obispo, Jane Birkin, Mireille Mathieu (Un peu d’espérance, La vie n’est plus la vie sans nous, Chansons des rues)…
En 2000, il écrit un livre pour enfants, illustré par sa fille, Sydélia Guirao (1977), intitulé Tamariata, l’enfant nuage.

Il est l’auteur d’une saga de romans noir et humoristiques Al Dorsey – Le détective de Tahiti, composée de quatre tomes: Crois-le ! (2009), Lyao-Ly (2011), Si tu nous regardes (2012), Tu vois (2017). Elle fait l’objet d’une adaptation par France Télévisions avec Alban Casterman dans le rôle principal d’Al Dorsey.
Patrice Guirao vit à Tahiti.

Extraits :

« Qui pouvait avoir envie d’un monde dont les montres sont les maîtres ?

Ici, les maîtres, c’étaient eux. Ils étaient en accord avec la réalité de leur monde. Avec la conscience que ce grain de beauté de l’océan sur lequel ils avaient grandi était une volonté des dieux. Le temps leur avait appris que vouloir plier cette volonté à leurs désirs était voué à l’échec. »

 « Lui était affecté à la décontamination des Vautour de retour de mission. Les avions allaient effectuer des relevés dans les nuages radioactifs et se posaient ensuite à Hao, où des équipes les attendaient pour les décontaminer à grands jets d’eau. Moi, j’étais aux infrastructures, routes, pistes, bâtiments, surveillance. Koke Piti se mit à rire avant de poursuivre :

— Quelle bande de salopards ! Ces enfoirés laissaient les gars lutter contre le démon avec de l’eau ! De l’eau ! Quel scandale ! Avec trois billets de cinq cents en guise de vaseline ! Même bénite, elle ne pouvait pas les protéger. Aujourd’hui, ils sont pratiquement tous morts. La plupart emportés par le cancer, comme Willy. Et tout le monde s’en fout. Bientôt, il n’y aura plus de témoins, plus de victimes, plus de responsables vivants. C’est là qu’ils lèveront le secret défense. Et c’est là qu’on saura les ordures qu’ils étaient. Les politiciens vont jurer leurs grands dieux que ça ne se reproduira plus. Plus jamais ! Que ces temps-là sont révolus. Les mêmes qui laissent Monsanto assassiner les populations et le glyphosate ravager la planète. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Les disparus de Pukatapu de Patrice Guirao

Alors que Lilith et Maema arrivent sur Pukatapu pour réaliser un article sur la montée des eaux et ses dommages sur les atolls, elles y découvrent une communauté polynésienne isolée du monde, avec sa hiérarchie tribale et un prêtre qui peine à calmer ses ouailles. Les traditions s’accommodent semblent-il avec la religion … à de notables exceptions près… une série de morts brutales.

Pas très loin de là, sur une terre non répertoriée, une étrange équipe de scientifiques, jouant aux apprentis sorciers, sous la houlette de l’armée française, réalise de surprenantes expériences sur des cobayes humains.

D’une part un désastre écologique annoncé dans le déni des peuples victimes, d’autre part une folie scientifique à laquelle s’invite une éruption volcanique du plus bel effet !

La pugnacité des deux femmes dont nous avions fait la connaissance dans le précédent roman de Patrice Guirao Le bucher de Moorea, sera mise à l’épreuve de la coutume et des rites païens, eux-mêmes confrontés à la religion des missionnaires historiques. L’exploitation des minorités exotiques par les blancs n’en est que plus haïssable car ils seront encore cette fois les victimes, déniées comme par le passé, lors des essais nucléaires « sans risques » mais aux répercussions sanitaires encore bien palpables.

Une façon élégante pour cet auteur de nous présenter ces terres confrontées durement à la réalité économique et culturelle. Une belle plongée dans le bleu des atolls … une très belle histoire, une énigme bien menée et juste flippante !

«  Un jour, poursuit-elle, le monde devra examiner franchement les conséquences de sa stupidité. L’homme devra peut-être céder sa place. »

 

Lu en version numérique. – epub  12.99 € 

Je remercie les éditions Robert Laffont et  #LesdisparusdePukatapu #NetGalleyFrance pour leur confiance

 Autre extrait
« Seule la frange blanche du récif, martelée par les vagues à quelques centaines de mètres sur leur droite, animait les abords. Au loin à bâbord, un filet de cocotiers tissait les horizons. Devant eux, l’immensité d’un miroir. Le ciel s’y reflétait et les fonds sablonneux le déclinaient en camaïeux de verts et de bleus. L’eau limpide était parfois parcourue d’ombres rapides qui se faufilaient entre les coraux : des poissons qui fuyaient à l’arrivée du bateau. Le poti märara fendait les flots à grande vitesse dans la solitude de ce point-virgule de terre venu du fond des âges ponctuer l’océan. Sur ces cercles de corail, la faiblesse n’était pas de mise, survivre était un devoir et l’entraide en était la garante. »

 

 

 

 

6 réflexions sur “Les disparus de Pukatapu de Patrice Guirao

  1. Bonjour
    Je me suis procurée avec difficultés les al dorsey et je vais donc acheter les 2 des enquêtes de sa nouvelle héroïne
    J’ai vu le feuilleton qui malheureusement n aura pas de suite filmée et ma libraire m a fait venir les livres de son nouveau éditeur

    Aimé par 2 personnes

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s