Papote d’auteur, Mamie Danièle était avec Nick Gardel

Papote d’auteur, Mamie Danièle était avec Nick Gardel

 

A l’occasion de la sortie de son nouveau roman, Nick Gardel a été sollicité par Dany pour venir vous raconter la genèse de Sans queue ni tête.

Et rien que le titre, c’est déjà tout un programme.

Je ne sais pas vous mais moi je suis impatiente d’en savoir plus.

Alors place à la Papote d’auteur entre Nick Gardel et Mamie Danièle

Dany : Bonjour Nick, tu es un habitué du blog, pour les abonnés qui ne te connaissent pas, peux-tu te présenter ?

Nick Gardel : Mais qui ne me connait pas !!!
En gros je suis un prof qui écrit des bêtises.
Ou alors des romans parfois un peu plus sérieux. Même si le but final reste toujours de ne pas se prendre au sérieux.

Dany : Ne pas se prendre au sérieux n’empêche pas la réflexion et l’analyse de l’environnement …

Nick : C’est même l’essentiel de l’exercice. C’est une marque d’intelligence certaine que ne pas se prendre au sérieux. La profondeur traitée avec légèreté est indispensable.

Dany : As-tu toujours eu ce regard décalé sur ce qui t’entoure ?

Nick : Il est constitutif de mon mode de pensée. J’aime faire affleurer des sentiments et des vérités qui nous constituent. Le cynisme et l’humour à froid sont justement des révélateurs.
Les tragédies de l’existence méritent justement cette légèreté et cette arme totalement dévastatrice qu’est l’humour.

Dany : Alors soit, l’humour mais pourquoi le polar ? Tu aurais pu écrire des essais ou autres ouvrages philosophiques ou au pire devenir journaliste ?

Nick : Le polar est une forme d’expression terriblement libre et, pour moi, dénuée de la lourdeur pompeuse que peuvent avoir ceux qui savent.
Rechercher avec le sourire les responsables de crimes atroces est une véritable dédramatisation de l’existence.
Et quel prétexte !
J’aime avant tout les mots, les constructions et les situations. Le polar porte en lui déjà la justification de l’histoire. Le traitement que j’en fais est d’autant plus important.

Dany : Tu parles de crimes de sang, mais les criminels en col blancs ne t’ont jamais tenté ?

Nick : J’ai déjà utilisé ce type de ressort, mais il s’accompagnait toujours d’assassins patentés et souvent dégénérés…

Dany : Combien as-tu écrit de romans à ce jour ?

Nick : Je viens de terminer mon 16eme roman
15 sont parus désormais

Dany : Tu écris aussi des nouvelles ?

Nick : J’ai commencé par les nouvelles, mais je me sens à l’étroit désormais dans l’exercice. J’ai eu un grand plaisir l’année passée à participer au concours Anonym’us avec une nouvelle que j’adorais. Mais je préfère rédiger une quarantaine de nouvelles et appeler ça des chapitres…
Chacun de mes chapitres est traité comme une nouvelle avec un attrait particulier, un déroulement, un thème.

Dany : Quand tu commences à écrire … ta première ligne sur la page blanche … est-ce que tu connais tout de l’histoire que tu vas raconter ?

Nick : Pas le moins du monde.
De base, j’ai une idée, un thème. Parfois juste une association de mots.
Puis je construits peu à peu et l’histoire se révèle. La logique intervient très tôt pour m’éviter de m’enliser dans une idée que je voudrais absolument imposer.

Dany : Dans le deuxième temps, c’est l’histoire ou les personnages qui s’imposent à toi ?

Nick : C’est essentiellement un soucis de cohérence. Les personnages ont une vie propre qui peut ainsi se révéler. Même si on veut installer un revirement. Parfois il faut préciser des motivations, parfois de simples détails hasardeux changent la donne et conduisent l’histoire sur d’autres voies.

Dany : Tu as souvent eu recours aux personnages récurrents. Tu t’es même amusé à les faire se rencontrer dans Chorale … est-ce que tu ne trouves pas que le héros récurrent est piégeant ?

Nick : C’est effectivement un piège si on considère la récurrence de premier plan. Par exemple Adamsberg de Vargas est de plus en plus caricatural. Pour ma part, j’aime la cohérence d’univers alors je me sers de personnages secondaires qui prennent ensuite le premier plan. C’est ma façon de faire revenir des gens qui n’avaient pas tout dit.

Dans mon dernier roman, j’utilise deux policiers dont j’avais déjà défini les interactions en arrière plan dans 3 romans. Mais directement, je les sépare.

Dany : Est-ce que la documentation est importante pour charpenter tes romans ?

Nick : Non la documentation est instantanée chez moi. Je parle d’une chose, je fais des recherches dessus et je passe à autre chose. Je fais beaucoup de recherche pendant l’écriture, pas en amont. Quand il s’est agi de me renseigner sur les opérations de trans-identité, j’ai visité des sites, j’ai lu des essais et des statistiques pour et ensuite, je suis passé à autre chose. Tout le travail a consisté à ne pas en faire justement une charpente, mais un fait anodin pour ne pas avoir l’air de ramener ma science.

Dany : As-tu déjà assisté à une autopsie ou le net t’a suffit ?

Nick : En vidéo seulement. Pas en film, mais en reportage.

Dany : 👍

Dany : Ton actualité maintenant … une nouvelle publication … peux-tu nous la présenter ?

Nick : Nous allons passer à la phase « chat noir » de l’existence !
J’ai débuté par l’auto-édition et j’en ai fait un peu le tour. Il se trouve que je publie depuis quelques années chez un « petit » éditeur qui vend suivant ses moyens mes romans. J’ai été contacté par une maison d’édition qui semblait un peu plus ambitieuse et un peu plus assise. Il se trouve que cette maison était essentiellement bâtie sur les mensonges et la malhonnêteté. Alors le livre qui devait sortir chez elle en a pâti.
J’ai réussi à récupérer les droits sur le texte mais le mal est profond et plus aucun éditeur ne voudra se lancer dans l’aventure de ce texte. Il faudrait pour cela avoir un véritable courage et une vraie foi dans le texte car le livre a été inscrit sur les plannings de sortie… Il part donc avec une balle dans le pied.
C’est rageant car justement, il s’agit d’un texte ciselé où j’étais parvenu à mettre sous un traitement léger des vérités de notre époque et des tragédies réelles.

Dany : Je confirme, le sujet (les sujets) mérite d’être mis en lumière et devrait séduire les pros de l’édition.

Nick : Alors… retour à l’auto-édition pour lui faire un enterrement de première classe. Un truc un peu festif, comme un sourire de clown ou un feu d’artifice désespéré.
Mais, un malheur n’arrivant jamais seul, j’ai appris aujourd’hui que l’ebook avait fuité sur les réseaux de partage illégaux..

Le sujet est le contrepoint de cette ignominie qu’est l’attitude décomplexée qui a surgit lors des manifs du mariage pour tous.
J’y ajoute un soupçon de trans-identité, de trafic de reliques et de rejet parental.

Dany : Et de plus la diversité des personnages et la toute nouvelle « équipe de flics » permet au lecteur d’attendre une suite. Une série ça peut être tentant pour un éditeur ?

Nick : C’était le but initialement. Le contrat spécifiait un certain nombre de textes en clause de préférence.
Mais je ne sais pas encore si j’aurais la niaque…
Bien que j’adore cette équipe.

Dany : Le problème c’est la diffusion et pas d’éditeur … pas de diffusion en librairie, ni en salon si j’ai bien compris !

Nick : C’est ça. Je me retrouve seul comme aux débuts. N’ayant démarché aucun salon (dont je dois assumer tous les frais), n’étant même pas perçu comme un « vrai » auteur auprès des organisateurs ou des libraires. Donc pas de ventes qui ne passe pas par moi, donc pas de vente en somme.

Sans compter que j’ai fait le tour de l’auto-édition. Les lecteurs me connaissent, le petit microcosme des réseaux sociaux a acheté à un moment l’un ou l’autre de mes livres. Je traîne beaucoup dans les liseuses de ces lecteurs. Alors ils ne vont pas acheter un nouveau titre avant d’avoir lu le précédent…

Dany : Parlons-en de ce petit nouveau tout de même … son titre à lui seul est équivoque et tout à fait dans ta veine …

Nick : Le titre est à l’origine du bouquin. Il comporte un triple sens.
De base, il était là pour notifier le manque de courage et la bêtise. Il serait plutôt un synonyme de « sans couille ni cerveau ».
Puis on rajoute à ça le sens premier d’une histoire qui part dans tous les sens.
Et enfin, le sens le plus évident mise en musique par Jean Yanne pour qui un Eunuque décapité ça n’a vraiment, ni queue ni tête.
C’est un titre très riche.

Dany : Une intrigue aussi, sérieuse et bien menée, au-delà du calembour

Nick : ça c’était l’indispensable. Je marchais sur des œufs avec cet initiateur.

Dany : Est-ce que tu peux en dire un peu plus que la 4ème de couverture ?

Nick : C’est une histoire de politiquement correct et de lâcheté hiérarchique. Quand la victime est transsexuelle, on écarte le policier homosexuel dans un amalgame dégueulasse.
C’est la base de l’éclatement de mon équipe en deux affaires. D’un côté une affaire lourde de répercussion sociétale et de l’autre une affaire un peu plus légère qui sert de prétexte à une galerie de portraits.
Je m’amuse à utiliser des personnages qui pourraient être des porte-drapeaux (un jeune, une noire, un homo) mais qui ne sont jamais utilisés de la sorte.

Dany : Nous avons ici un polar sociétal (peut-être le premier d’une série) par lequel les lecteurs peuvent commencer leur découverte de Nick Gardel. Peux-tu leur donner 3 bonnes raisons de lire Sans queue ni tête ?

Nick : Sans queue ni tête est un roman très écrit. Il porte une réflexion profonde sur ce que nous sommes et sur la société de faux-semblants dans laquelle nous vivons. Mais à aucun moment, cette position est revendiquée. Il reste une galerie amusante de personnages, un foultitude de bons mots, beaucoup de choses à apprendre.

Dany : 👍

Dany : La diffusion sera malheureusement confidentielle, comment se le procurer ?

Nick : C’est effectivement compliqué. Il faut passer par moi (et donc me connaitre) ou par le mangeur d’âme à zone.
Une librairie extraordinaire et strasbourgeoise me soutient et en aura quelques exemplaires : La tâche noire. Nous y faisons d’ailleurs une soirée de lancement le vendredi 13 mars (belle date pour un enterrement) … Ce soir !


Dany : J’allais te demander en conclusion de notre échange de nous faire part d’un coup de gueule et d’un coup de cœur, même si tu as déjà partagé un mauvais coup de sang plus haut …

Nick : J’ai deux coups de cœur à partager. D’une part le roman Madame B de Sandrine Destombes qui vient de sortir, c’est une merveille et surtout une évolution dans son écriture. Et puis, même si c’est pour plus tard, il y a ma copine Katia Campagne qui vient de remporter le concours Fyctia avec Gang of Witches ce qui la conduira à être éditée.
Je n’ai pas vraiment de coup de gueule au final, un peu de résignation, beaucoup de découragement, mais pas de coup de gueule;

Dany : As-tu une question que tu aurais aimé que je te pose ?

Nick : Je suis mauvais à ce genre d’exercice. Je répond avec plaisir aux questions mais j’arrive difficilement à me les poser. Et puis une question attendue est toujours biaisée. Restons honnête.

Dany : Merci Nick pour ta disponibilité et ta confiance en tous cas. Les abonnés du blog vont te croiser aussi pendant le déroulement du cadavre exquis saison 2.
Pour ma part j’ai lu Sans queue ni tête avec beaucoup de plaisir, j’y ai découvert des sujets sensibles et cette lecture m’a permis d’approfondir mon analyse sur ces sujets de société. Je souhaite à tous les lecteurs de pouvoir le lire … ça fait un bien fou !

Nick : Merci à toi !

Dany : A bientôt pour le tome 2 j’espère !

Nick : Laissons cicatriser celui-ci…

Dany👍

NDLR : Nous retrouverons bientôt la Chronique jubilation de Dany sur nos page de Sans queue ni tête

Et oui comme Nick, je regrette que ce livre n’est pas pu être publié chez un éditeur digne de ce nom. C’est un excellent roman qui je l’espère va trouver son public et même au delà !

Foncez vous ne serez pas déçu, foi de Porte Flingue !

Pour info le légiste du roman s’appelle Cécile Pellault !!! ahaha

4ème de couverture :

Quand les intempéries font remonter un cadavre à la surface, c’est toujours des soucis pour la police.

Lorsque le défunt est décapité, c’est encore plus de problèmes.

Si en plus il n’est pas identifié du bon sexe, là, c’est carrément le désastre !

Deux flics, aux antipodes de l’enquêteur habituel, vont tenter de démêler cette affaire qui va se révéler surprenante.

 

Et le site de l’auteur pour la commander c’est ICI

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