Ma très chère grande soeur de GONG Ji-young

Le livre : Ma très chère grande soeur de Gong Ji-young. Paru le 4 janvier 2018 aux éditions Picquier. 18,00 € ; (208 pages); 13 x 20 cm. Traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Follebouckt Stéphanie.

Poche paru le 2 février 2020 aux éditions Picquier Poche. 7,50 € ; (236 pages); 11 x17  cm.

4ème de couverture :

Au cœur de l’enfance de l’auteure brille le sourire de Bongsun. Maltraitée et affamée, Bongsun s’est réfugiée chez eux il y a des années. Pour autant, elle n’occupe pas une place égale à celle des autres enfants de la famille, elle reste une subalterne, une petite bonne. Mais pour Jjang-a, c’est sa très chère grande sœur, qui dort dans sa chambre, la porte sur son dos partout où elle va. Surtout, elle est une porte ouverte sur un monde différent, comme si on franchissait une ligne interdite.

Sincérité et émotion sont les deux forces traversant ce récit qui ne cache rien, n’enjolive rien. On est bien souvent bouleversé par la lucidité de ce regard d’enfant sur le monde des adultes et les injustices qui le déchirent. Et toujours rayonne la figure de Bongsun, généreuse et joyeuse, répondant aux malheurs par son fameux grand sourire.
L’auteur :  Née en 1963 à Séoul, Gong Ji-young est une romancière très populaire en Corée et infiniment respectée pour la lutte qu’elle a menée, dès les années de dictature, pour défendre la démocratie et les droits des exclus de la société. Écrivain profondément engagé, ses romans traitent de la condition des femmes et des travailleurs, des maltraitances dont sont victimes les handicapés, de la répression sexuelle… En 1991, elle est l’objet d’une surveillance par le parti conservateur qui commande une enquête sur ses activités politiques. Elle se moquera plus tard de ces investigations sur son compte Twitter en postant « Merci au Grand National Party pour m’avoir rendu populaire internationalement. »

 

 

Extrait :
            – Ma petite Jjang-a, toi, tu vas devenir quelqu’un de remarquable, a-t-il dit avec une petite tape sur mes fesses alors que je somnolais dans les bras de Bongsun. Moi, en tant que père, je souhaiterais simplement que plus tard tu rencontres quelqu’un de bien et que tu l’épouses. Mais je parie que le monde va changer. Il va y avoir plein de femmes admirables qui vont accomplir des choses dont même les hommes sont incapables. Tu dois devenir l’une des ces femmes, comme ces Occidentales qui discutent et débattent avec les hommes sur un pied d’égalité et enseignent aussi dans des universités, que personne ne peut mépriser seulement pare qu’elles sont des femmes, le genre de femme qui réalise des choses que les hommes n’imaginent même pas. Tu sais, moi ton père, je n’ai pas encore les moyens nécessaires mais je vais tout faire pour que tu sois comme ça, tu comprend, ma chérie ?

 

 

Les émotions de lecture de Cécile

Ma très chère grande soeur de GONG Ji-young

Une découverte sur Hanbo(o)k Club et ma deuxième lecture #marsaufeminin.

Dès la couverture de ce profil de petite fille, on sent qu’on va être chaviré.
Effectivement c’est une histoire douce amère sur l’enfance de l’écrivaine dans les années 60-70,

Douce parce que c’est celle de l’amour inconditionnel d’une grande soeur pour sa petite soeur qu’elle a vu naître, et de l’attachement fusionnel de cette petite soeur pour sa grande sœur. Bongsun la porte partout sur son dos. Elle est à la fois sa maman sa protectrice, son univers de petite fille de 4 ans. Douce encore, parce que la société change et l’espoir d’une vie différente pour les femmes dans la société coréenne est possible. Même pour son père qui revient d’une longue période d’études aux US, il espère pour lui, et pour sa fille une autre destinée.

Amère parce que c’est celle de la grande solitude d’une petite fille dont la mère est absente et que Bongsun au gré de ses amours. Amère parce que Bongsun est avant tout la bonne avant d’être la  grande sœur dans une famille obsédée par les apparences et par sa réussite économique dans une Corée qui change.

C’est donc l’histoire douce-amère d’une famille coréenne que nous aurions bien suivi encore quelques décennies.

En conclusion, au gré d’une belle et sincère plume féminine en ce mois de mars, une jolie lecture douce amère comme le portrait photographique jaunie de deux sœurs solitaires à recommander!

 

#MarsAuFéminin

 

3 réflexions sur “Ma très chère grande soeur de GONG Ji-young

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