Les 9 jours du cafard  de Jean-François Pré

Le livre : Les 9 jours du cafard  de Jean-François Pré. Paru le 11 octobre 2019 aux éditions Lajouanie. 19,99 euros ; (560 p.) ; format 13 x 19 cm.

4ème de couverture :

Un jeune peintre, valeur montante de l’art contemporain, est assassiné dans un manoir normand par une personnalité politique de premier plan venue passer quelques jours de vacances incognito.

Son hôte, une aristocrate écossaise, décide de détourner les soupçons qui pèsent sur son invité. Elle convoque l’ex-commissaire Langsamer et l’envoie Outre-Manche, résoudre un improbable défi. Il en revient bien vite, persuadé que la clé de l’énigme se trouve dans le haras de la Duchesse. Le meurtre d’une jeune journaliste le conforte dans cette idée.

Une atmosphère raffinée, des décors chics et ouatés, la campagne normande, les palaces de Deauville, des pur-sang d’exception… et quelques cadavres bien encombrants. Un environnement que n’aurait pas renié Agatha Christie, d’autant que le héros, Georges Langsamer a plus d’un point commun avec Hercule Poirot.

L’auteur :  Chroniqueur hippique à TF1 et au Parisien pendant des années, Jean-François Pré se consacre maintenant à l’écriture. Sa discipline favorite  ? Le roman noir. Son héros  ? L’ex-commissaire Langsamer. Une de ses toiles de fond favorites ? Les champs de courses, évidemment. Jean-François Pré a reçu le Prix de la région Normandie au salon d’Aumale en 2016, pour son roman Double JE.
Extrait :
« On dit que si l’on coupe la tête d’un cafard, l’insecte peut vivre encore neuf jours sans son chef. Et ce n’est pas la décapitation qui l’achève, c’est la faim.
Vous m’avez bien lu. Sans sa tête et donc sans la possibilité d’ingérer quelque aliment, le cafard mourra au bout de neuf jours. Ce n’est pas comme pour nous, mammifères, où le seul fait de trancher le cou provoque une mort immédiate. Enfin… quasi immédiate. Selon l’habileté du bourreau.
J’ai tenu neuf jours après qu’on m’eut coupé la tête. Neuf longs jours où j’ai tenté de survivre. J’ai survécu neuf jours et je suis mort. Je parle au sens figuré, bien entendu. Mais vous m’avez compris : dès le départ, je savais que j’étais foutu. J’ai quand même essayé de résister et ça a duré neuf jours. Il faut que vous compreniez bien une chose : ce n’est pas une agonie. Mes forces n’ont pas décliné durant ces neuf jours. Je les ai gardées intactes jusqu’au bout. Je me suis battu. Et puis, comme le cafard, il arrive un moment où l’on n’a plus rien à se mettre sous la dent. C’est l’heure de l’acceptation. Du passage. J’ai passé la main et j’ai disparu de la circulation.
Voici mon histoire. »

 

Les pépites d’Isabelle

Les 9 jours du cafard  de Jean-François Pré

Que celles et ceux qui croient que le cosy mystery est un genre mineur qui se lit les jours de pluie en avalant une tasse de jus de boue appelé thé par les vieilles ladies passent leur chemin. Le bon cosy mystery se déguste par tous les temps, aussi bien avec du lapsang souchong qu’avec du single malt. C’est la touche british qui en fait tout le charme. Amateurs du genre, voici un très bon cru.

Ici le héros s’appelle Georges Langsamer. Le nom annonce la couleur (langsamer signifie plus lentement en allemand) : le bonhomme prend son temps pour enquêter mais ne laisse rien passer. Ancien flic à la retraite, il est souvent appelé en renfort par ses anciens collègues à condition de ne pas être bousculé.

Dans Les 9 jours du cafard, Langsamer doit résoudre deux affaires de meurtres dans le milieu hippique, à Deauville et en Grande-Bretagne.  Il va jouer une partie acharnée face à une galerie de personnages surprenants. Sur le court, c’est une aristocrate écossaise manipulatrice qui lui renvoie la balle. Dans les gradins, le public est tout aussi banal et discret :  une journaliste arriviste qui s’exprime comme un charretier, un dandy grec féru d’art, un entraîneur de pur-sang, et j’en passe, ne perdent rien de leurs échanges. Tapi dans l’ombre, un personnage encore plus atypique compte les points : le Cafard himself ! Jean-François Pré ne fait pas dans la modération. L’intrigue est improbable, les personnages loufoques, le style fleuri, l’humour of course pince sans rire! Les invraisemblances abondent, mais peu importe. L’auteur s’amuse et nous aussi. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, l’ensemble fonctionne. Derrière la fantaisie, une rigueur dans l’intrigue, une construction parfaitement maîtrisée, beaucoup de finesse dans l’écriture, des ambiances et des décors joliment plantés. Un nuage de lait dans votre thé ?

3 réflexions sur “Les 9 jours du cafard  de Jean-François Pré

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s