Et les vivants autour de Barbara Abel

Le livre : Et les vivants autour de Barbara Abel – Paru le 05 mars 2020 chez Belfond dans la collection Thriller. 19 € ;  (448 pages) ; 14 x 22 cm

 4ème de couverture :

Voilà quatre ans que l’ombre de Jeanne plane sur eux.
Comme s’ils n’avaient plus le droit de vivre pour de vrai tant qu’elle était morte pour de faux.
Cela fait quatre ans que la vie de la famille Mercier est en suspens. Quatre ans que l’existence de chacun ne tourne plus qu’autour du corps de Jeanne, vingt-neuf ans. Un corps allongé sur un lit d’hôpital, qui ne donne aucun signe de vie, mais qui est néanmoins bien vivant. Les médecins appellent cela un coma, un état d’éveil non répondant et préconisent, depuis plusieurs mois déjà, l’arrêt des soins. C’est pourquoi, lorsque le professeur Goossens convoque les parents et l’époux de Jeanne pour un entretien, tous redoutent ce qu’ils vont entendre. Ils sont pourtant bien loin d’imaginer ce qui les attend. L’impensable est arrivé. Le dilemme auquel ils sont confrontés est totalement insensé et la famille de Jeanne, en apparence si soudée, commence à se déchirer autour du corps de la jeune femme…

Après Je sais pas et Je t’aime, le nouveau thriller de Barbara Abel dissèque à la perfection la psychologie et les émotions en montagnes russes des personnages qui gravitent autour du corps de Jeanne, inerte et si présent à la fois.

L’auteur : Née en Belgique en 1969, Barbara Abel est une auteure de romans policiers.
Après avoir suivi à 15 ans des cours de théâtre à l’Académie d’Etterbeek, elle étudie à l’Université Libre de Bruxelles où elle obtient une licence en philologie romane. Elle s’inscrit ensuite à l’École d’interprétation du Passage de Paris, puis exerce pour un temps le métier de comédienne et participe à des spectacles de rue.
À 23 ans, elle écrit sa première pièce de théâtre, L’Esquimau qui jardinait, qui est montée avec succès sur des scènes bruxelloises et au Festival de théâtre de Spa.
Elle se lance peu après dans l’écriture, publie quelques textes dans différentes revues et, en 2002, un premier roman policier, L’Instinct maternel, lauréat du Prix du roman policier du festival de Cognac.
Elle fait ensuite paraître d’autres récits de suspense qui évoquent souvent des milieux familiaux étouffants où germent délits et folie.
Sélectionnée par le prix du Roman d’Aventures pour Un bel âge pour mourir (Éditions du Masque, 2003), elle a vu son œuvre adaptée à la télévision et traduite en plusieurs langues.
Un bel âge pour mourir a été adapté en téléfilm et diffusé sur France 2 en 2008, sous le titre Miroir, mon beau miroir, avec Marie-France Pisier et Émilie Dequenne dans les rôles principaux.
Marquant son grand retour au roman noir, Derrière la haine (Fleuve Éditions, 2012) – Prix des lycéens de littérature belge 2015 -, sorti sur les grands écrans en 2019 sous le titre Duelles, réalisé par Olivier Masset-Depasse. Ce film remportera neuf prix à l’occasion des Magritte du cinéma 2020.
Elle a collaboré à l’émission « Cinquante Degrés Nord » diffusée sur Arte Belgique et la RTBF. Barbara Abel fait également partie de la Ligue de l’Imaginaire.
Extraits :
« Jamais elle n’aurait imaginé devenir ce genre de femme, de celles qui subissent l’aigreur ou le dépit de leur conjoint, quand bien même elles n’y sont pour rien ; de celles sur lesquelles on se permet de passer ses nerfs, juste parce qu’elles sont là, au mauvais endroit au mauvais moment. Elle garde en mémoire les pénibles tensions que son père faisait endurer à sa mère lorsque, à son retour du bureau, après des heures de travail, harassé de fatigue, il ne gérait plus des humeurs qu’il avait contenues toute la journée. Elle se remémore les reproches, les critiques, les plaintes, autant de remontrances dont l’origine ne valait jamais les esclandres qui en découlaient. Elle se souvient surtout du regard qu’elle portait sur son père, puis sur sa mère, se jurant ses grands dieux que personne, jamais, ne la traiterait de cette façon. »
« Le viol est le crime pour lequel le « chiffre noir » est le plus élevé. Seules 10 à 25 % des victimes portent plainte, d’après les informations qui remontent jusqu’à nous aujourd’hui. La moitié des auteurs souffrent de carences éducatives ou psychoaffectives et sont déjà connus de nos services. 23 % d’entre eux font partie du personnel médical ou paramédical et passent relativement inaperçus. Ils ont en général une vie sociale peu gratifiante, éprouvent le sentiment de ne pas être à leur place. Ils manquent de confiance en eux et en leurs capacités de séduction car, il faut le reconnaître, ils sont souvent peu attirants. Les deux tiers des crimes de viol ont lieu dans un cercle d’interconnaissances. Bien que l’agresseur soit gouverné par des pulsions irrépressibles, la majorité des faits sont prémédités, et donnent lieu à des pratiques sexuelles déviantes. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Et les vivants autour de Barbara Abel

Deux générations, trois couples …

Dans la famille Mercier, je demande les parents, catholiques convaincus : un mâle dominant chef d’entreprise irrespectueux et une épouse soumise, véritable réserve de vengeance en devenir.

Je demande maintenant l’aînée, Charlotte tente avec son mari de maintenir une petite entreprise en perdition, à la recherche d’une solution financière. Elle a quelques frustrations à gérer.

Enfin, dans le couple de la benjamine nous avons le malheur, la souffrance à laquelle il est proposé de mettre fin en abrégeant un coma … c’était sans compter sur l’ultime alternative à gérer, qui déchirera les restes d’une complicité familiale bien légère en fait !

Nous avons toutes et tous des choix à faire tout au long de la vie … des petits choix sans trop de conséquences et d’autres beaucoup plus définitifs …

Au fil de ce roman à très haut potentiel de suspense, si certains sont ignobles sans excuses possible, d’autres personnages méritent que l’on tienne compte de leurs circonstances atténuantes, car ils en ont. L’empathie du lecteur sera d’autant plus sollicitée que, comme dans tous ses romans, Barbara Abel met en scène des personnes « ordinaires », un peu moins ordinaires cette fois que dans ses précédents romans, avec cette question récurrente sous sa plume : qu’aurais-je fait à sa place ?,  et son lot de surprises jusqu’à la toute dernière page !

J’ai beaucoup aimé endosser les émotions que nous procure l’auteure, intimes s’il en est, dérangeantes souvent, pudiques toujours. Du grand art pour un pur moment de bonheur pour le lecteur … et non pas pour les personnages élégamment malmenés.

Je remercie les éditions Belfond pour leur confiance – epub  13.99 € …

 #Etlesvivantsautour #NetGalleyFrance.

 #MarsAuFéminin

Autres extraits :
« — J’ai subi ma vie d’épouse et ma vie de mère pendant des années, poursuit-elle en regardant cette fois sa fille dans les yeux. Je ne peux pas dire que ces deux rôles m’aient épanouie, bien au contraire. Quant à ma vie de femme… Elle a presque été inexistante. Sacrifiée au nom de la famille. J’ai souvent repensé à cet instant où l’idée m’a traversé l’esprit, celle de mettre fin à ma grossesse. Je savais que j’avais les compétences pour mener à bien une carrière qui, sans être exceptionnelle, aurait en tout cas pu me combler. Me rendre fière de moi. Seulement… Seulement les obstacles à franchir pour prendre cette décision m’ont semblé insurmontables : l’opprobre de mes parents, celui de la société, Dieu, mes propres convictions aussi, qui me soufflaient que si je tuais cet enfant-là je n’en aurais jamais d’autres… J’ai eu peur. Je n’ai rien osé dire. J’ai chassé cette idée folle et j’ai subi mon destin »
« Toutes ces années perdues ! Tous ces compromis qu’elle n’a cessé de faire, de son propre chef qui plus est, sans que personne l’exige vraiment, juste parce que… Parce que quoi ? Pour quelle raison a-t-elle passé sa vie à obéir, à arranger, à consentir, à négocier, à prendre sur elle, à ronger son frein, à étouffer ses exigences, à se taire, à maîtriser ses émotions ? Pour plaire à qui ? Pour sauver quoi ? »

25 réflexions sur “Et les vivants autour de Barbara Abel

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