Police de Catherine Breillat

Le livre : Police de Catherine Breillat. Paru en 1985 aux éditions Albin Michel. (244 p.) ; 23 x 14 cm. Rééditer le 26/02/2001 en poche chez J’ai Lu. (222 pages) 16 x 11 cm.

Résumé :

“Belleville, c’est mon quartier, quinze ans que j’y respire le même air que les voyous. Tous ceux que j’ai arrêtés, y’a longtemps qu’ils sont tous ressortis. C’est vraiment pas la peine de jouer les méchants. Et l’entrée de la B.T. aussi, je peux vous dire que je la connais vraiment par cœur. Quinze ans que je suis arrivé simple stagiaire. Je n’ai jamais eu envie de changer. J’ai fait tout mon chemin ici, dans ce blockhaus. Mon chemin complet d’ailleurs. Maintenant qu’on m’a nommé chef de groupe, je suis au sommet. Ça paraît drôle à trente-deux berges, se dire qu’on va pas évoluer jusqu’à l’âge de la retraite. Mais je trouverai bien quelque chose. Je passerai commissaire, même si personne n’y croit”. Héros d’un polar ? Plutôt d’une “chronique policière”, d’un document choc qui nous montre une réalité d’aujourd’hui. Un univers où tout le monde a le même langage, le même argot, le même comportement douteux. Flics, truands, avocats véreux, jeunes délinquants. Un vrai sac d’embrouilles du côté de la Goutte d’Or.

L’auteur : Catherine Breillat, née le  à Bressuire (Deux-Sèvres). Elle est réalisatrice, scénariste et romancière . Catherine Breillat, sœur de l’actrice Marie-Hélène Breillat, publie en 1968 son premier roman L’Homme facile, interdit aux moins de 18 ans. Elle a été mariée quelques années avec François Wimille, cousin d’Inès de La Fressange et futur éditeur. En 1972, elle joue aux côtés de sa sœur dans Le Dernier Tango à Paris de Bernardo Bertolucci. Au milieu des années 1970, en pleine vague du cinéma « X » et érotique, un producteur lui propose de réaliser un film à partir de son livre Une vraie jeune fille. Le film, qui contient des scènes pornographiques, ne sort pas en raison de la faillite de son producteur et du blocage de son distributeur Artedis pendant vingt ans. Après un second film, Tapage nocturne, elle met sa carrière de réalisatrice entre parenthèses et se consacre à scénariser pour d’autres, notamment pour Federico Fellini (Et vogue le navire…) et Maurice Pialat (Police). Elle retourne à la réalisation avec 36 fillette (également adapté d’un de ses romans) et Sale comme un ange (scénario refusé par Maurice Pialat). Appréciée par la critique mais inconnue du public, elle rencontre enfin le succès avec Parfait amour !, en 1996, suivi de Romance, en 1999. Catherine Breillat a enseigné, notamment, à la FEMIS et à l’université Columbia. Le 5 avril 2005, elle est victime d’une hémorragie cérébrale qui entraîne une paralysie du côté gauche. Après cinq mois d’hospitalisation et une lente rééducation, elle parvient à reprendre le travail et réalise Une vieille maîtresse, d’après Barbey d’Aurevilly. C’est l’un des trois films français de la sélection officielle du festival de Cannes 2007. Catherine Breillat a également mis en images trois titres de la chanteuse Élodie Frégé : Je te dis non, issu de son premier opus, et, plus récemment, deux chansons de l’album Jeu des 7 erreurs, à savoir Si je reste (un peu) et La Fidélité. En 2019 elle préside le jury de la compétition internationale du 72e Festival de Locarno.

 

Extrait :
Évidemment tout commence dans un bar de voyous, un de ces bars un peu minables avec des cartes postales en éventails et des coupures usagées de tous les pays. Du fric à portée de main. On tue pour moins que ça.
Agrippés au bar : trois types. Pas forcément blancs-bleus. Ça se voit à l’allure qu’ils veulent se donner, à leur manière d’investir l’ambiance, comme s’il n’y en avait que pour eux. A y regarder de plus près, deux sont de simples petits malfrats sans envergure, assez sympathiques dans leur façon de vouloir passer pour des durs.
L’autre, c’est autre chose. Peut-être parce qu’il a l’air plus intelligent. Peut-être parce qu’une cicatrice lui barre la joue.
Ce type-là peut très bien avoir trempé dans des affaires de meurtre. Des règlements de comptes. Puisqu’il est là, sans doute a-t-il été assez malin pour qu’on ne trouve pas de preuve. Quand les flics disent quelque chose, généralement c’est vrai. Ce sont les juges qui chipotent.
Quand on est flic depuis un bout de temps, on est forcément désabusé sur la nécessité d’appréhender les voyous à tout prix. On les laisse vivre.
Donc, vous êtes dans un rade avec trois types.
Ah, encore une toute petite chose… Les bars de voyous, c’est aussi là que vont les flics. Pas étonnant qu’il y en ait quatre, cinq qui entrent et se dirigent droit vers le comptoir.
Parmi eux, un grand balèze, avec une dégaine de Viking. C’est moi. Je me présente : je m’appelle Louis Mangin.
A me voir comme ça, on pourrait croire que je suis un cogneur. Je n’aime pas ça. Ce que j’aime, c’est la persuasion. Les flics intellos, c’est les pires. Faut s’en méfier comme de la peste.
C’est donc plutôt le petit qui aime cogner, d’ailleurs il aime encore mieux tirer. Ça ne lui fait pas peur. Quand je dis qu’il est petit, disons plutôt qu’il est jeune avec une gueule d’ange. Ce genre de types que les filles trouvent irrésistibles à vingt ans et qui généralement s’empâtent vers la trentaine. Celui-là s’appelle Denizot, Jean-Jacques Denizot : le tueur.

 

 

Le post-it de Ge

Police de Catherine Breillat

Scénario originale du film éponyme Police avec entre autre Sophie Marceau et Gérard Depardieu , ce livre est une œuvre ambiguë. Chronique policière, document choc qui nous montre une réalité d’aujourd’hui, un univers où tout le monde a le même langage, le même comportement. Ce livre oscille entre le roman et le documentaire.

Évidemment tout commence dans un bar de voyous, un de ces bars un peu minables avec des cartes postales en éventails et des coupures usagées de tous les pays. Du fric à portée de main. On tue pour moins que ça.

Une vague intrigue autour d’un trafic de drogue est ici le prétexte pour brosser un double portrait. Celui de l’inspecteur Mangin un flic pas très clair à la déontologie variable très proche de la pègre et celui d’Anne alias Noria la maîtresse d’un truand reconnu mais maîtresse aussi de l’inspecteur Mangin. Ce qui signifie typiquement que nous sommes ici dans un polar psychologique où s’entremêlent les personnalités complexes de nos héros principaux. L’intrigue policière est presque trop absente et laisse donc la place à cette étude socio-psychologique du milieu, de la pègre et de la police. Dommage que le style ne soit pas au rendez-vous Dommage en effet que l’écriture ne soit pas à la hauteur du scénario, nous aurions eu là un très bon polar.

Livre lu dans le cadre du chalenge #MarcAuFéminin

2 réflexions sur “Police de Catherine Breillat

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