Babylone Dream de Nadine Monfils

La double chronique

Les avis de deux flingueuses sur un même roman.

Voici celle d’Eppy Fanny


Le livre : Babylone Dream de Nadine Monfils; Paru le 2 octobre 2014 chez Pocket. 6€70. (298 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Et ils vivront heureux, jusqu’à ce que la mort les sépare. Ce qui, loin de s’étirer sur des années, devrait prendre entre quinze et vingt minutes, si on s’en tient aux événements récents. Un serial killer semble en effet avoir une dent contre le mariage, et s’amuse à tuer les époux fraîchement célébrés, avec tout le rituel propre à ce genre de malades.

Lynch, flic austère, Barn, second couteau et Nicki, profiler habitée, mènent l’enquête. Nos voeux de bonheur les accompagnent.

 

 

 

L’auteur : Nadine Monfils est belge et vit à Montmartre et en Normandie. Elle est l’auteur d’une vingtaine de romans, et de pièces de théâtre jouées en Belgique. Elle a publié des polars à succès, dont Monsieur Émile, dans la « Série noire » de Gallimard, ou Rouge fou, chez Flammarion. Également cinéaste, elle a réalisé Madame Édouard, avec dans les rôles principaux Michel Blanc, Dominique Lavanant, Josiane Balasko, où elle met en scène le célèbre commissaire Léon – un flic qui tricote ! -, le héros de sa série policière parue aux éditions Vauvenargues.

 

 

 

Extrait :
On avait laissé les mariés tranquilles pour leur nuit de noces, et ce n’est qu’en fin de matinée que la mère de la mariée était venue frapper chez eux pour leur apporter un cake fourré aux insectes caramélisés. Une de ses spécialités depuis qu’on lui avait offert un livre de recettes asiatiques. Lorena  habitait quelques maisons plus loin, elle avait un double des clefs. C’est elle qui devait s’occuper du chat la journée. Elle avait d’abord appelé doucement pour avertir le jeune couple de sa présence. Puis un peu plus fort. Inquiète de ne pas les entendre, elle était montée…
Un voisin l’avait vue sortir de la maison en hurlant. C’est lui qui avait averti la police. Elle, depuis, ne parlait plus. Tout ce qu’elle savait encore dire, c’était : « Le chat. »

 

 

La Kronik d’Eppy Fanny

Babylone Dream de Nadine Monfils

Depuis le temps que je devais découvrir l’univers déjanté de Nadine Monfils c’est chose faite. Après de multiples rencontres et échanges, toujours agréables, j’ai enfin acquis un de ses romans en juin 2018. Et m’en suis délectée en août. L’histoire d’un serial killer que les mariages débectent ne pouvait que m’interpeller.

L’histoire :

Une scène de crime particulièrement gore. Même l’inspecteur Lynch appelé sur les lieux à la gerbe en la découvrant, et pourtant il en a vu dans sa carrière. Faut dire qu’une mariée éparpillée façon puzzle c’est tout sauf glamour. Et même si le marié n’a pas été aussi malmené, il est clair que lui non plus n’est plus concourt. Il n’y a que ce sacré Barn pour faire de l’humour en pareil circonstance. Nicki Sliver, profileur d’exception, les rejoint sur les lieux. Elle travaille à l’instinct et une évidence se fait jour en elle : l’assassin connaissait la mariée.

Lynch doit aussi gérer son frère handicapé mental, sa culpabilité à lui consacrer si peu de temps et la souffrance que chaque visite lui procure. Comme une blessure toujours à vif.

Puis un second meurtre est commis. Là encore la mariée « s’éclate » et le marié est retrouvé avec un couteau dans le ventre.

Extrait P.134 : « Il marchait sur les lambeaux de peau gluants. La chambre ressemblait à une boucherie aux murs maculés de sang. Il ne restait rien de la mariée. »

Et voilà notre trio d’enquêteurs bien occupé à comprendre les motivations du meurtrier afin de l’identifier et l’arrêter. Les pistes partent dans tous les sens. Un sacré sac de nœuds.

Cette histoire nous fait côtoyer : un flic sombre et blasé, un autre, naufragé conjugal, une prostituée, La Callas, un fou en vadrouille, un chauffeur de taxi, un chat, un profileur-médium, une lettre baladeuse, une femme de ménage, un photographe, un éléphant, un chien…

Tout ce petit monde se croise, se cherche, se fuit, se confronte, règle ses comptes, dans une ville fantasmagorique du nom de Pandora. Une ville où les rats sont sacrés (merci pour la petite histoire du 19ème siècle Nadine), et où se déroule, une fois par an, La Grande Nuit de la Brocante (p.161).

Extrait P.162 : « Y a même un type qui a largué sa belle-mère comme ça ! On a retrouvé la vieille endormie dans son fauteuil roulant, près d’une armoire sur le trottoir. »

J’ai passé un bon moment de lecture, dans ce monde où l’humour est toujours présent, tout comme un regard empli d’humanité sur ces abandonnés de la vie de tout ordre (P.40, P.246-247…). Je retournerai avec plaisir dans l’univers de Nadine. C’est que je ne connais toujours pas Mémé !

10 réflexions sur “Babylone Dream de Nadine Monfils

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