Mon territoire de Tess Sharpe

Le livre : Mon territoire de Tess Sharpe. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Héloïse Esquié. Paru le 29 août 2019 chez Sonatine éditions. 23€. (555 p.) ; 20 x 14 cm

4e de couv :

À huit ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu pour la première fois son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Mais le jour où Harley est en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, elle décide de faire les choses à sa manière, même si cela signifie quitter le chemin tracé par son père.

Depuis Winter’s Bone, on n’avait pas croisé d’héroïne aussi fascinante, émouvante, inoubliable que Harley McKenna. Ce roman à l’écriture puissante signe la naissance d’une auteure de grand talent.

L’auteur : Fille de deux rockeurs punk, Tess Sharpe est née dans une cabane au fond des bois et a grandi dans une campagne reculée de Californie. Après des études de théâtre, elle se reconvertit en cuisinière professionnelle. Elle partage aujourd’hui son temps entre écriture et pâtisserie à la frontière de l’Oregon. Mon territoire est son premier roman adulte.

 

Extrait :
J’ai attendu. J’ai écouté. Et j’ai appris. J’ai appris la leçon la plus importante : même l’homme qui t’aime, qui a consacré sa vie à t’élever pour faire de toi une femme puissante, cet homme te sous-estimera comme c’est pas permis, rien que parce que tu es une femme.

 

Le post-it de Ge

Mon territoire de Tess Sharpe

Oh punaise quel putain de coup de coeur. Quel uppercut aussi.

Bon promis je reviens très vite vous en dire un peu plus sur ce livre et moi !

Mais en attendant notez ce titre, non mieux lisez ce bouquin.  C’est une sacrée découverte pour un premier polar, c’est une vraie révélation. Et quelle héroïne, Harley McKenna ne peut pas ne pas vous toucher.  Une héroïne comme on n’en rencontre peut. Elle n’est pas sans ma rappeler la Turtle de Gabriel Tallent, déjà une héroïne de premier roman.

Harley McKenna a quelque chose aussi des mafieuses de Pascale Dietrich ou de la daronne d’Hannelore Cayre.

En effet : Harley McKenna assiste à 8 ans à la mort violente de sa mère et, au même âge, à l’assassinat d’un homme par son père, Duke. Celui-ci est un baron de la drogue, homme brutal, connu dans tout le nord de la Californie. Adolescente, Harley est chargée de s’occuper du Ruby, un foyer pour femmes en détresse, fondé des années plus tôt par sa mère. Mais, un jour, une des pensionnaires disparaît.

 Alors voilà… Il y a déjà quelques mois que mon ami Yvan m’a dit : « Ce livre est pour toi » et moi je ne l’ai qu’à moitié écouté laissant ce premier roman traîner dans ma PAL.  Et puis mars et son mois au féminin est arrivé et là je ne suis souvenue de ce titre qui dormait sagement en attendant le jour où je me déciderai à la sortir de ma bibliothèque. Eh bien voilà c’est fait. Et maintenant je me demande pourquoi je ne l’ai pas fait avant ! Pourquoi n’ai-je point écouté Yvan en août dernier ? Car en effet ce livre a tout et est tout ce que j’aime.

Alors ce roman va alterner les chapitres. Les premiers se passent dans le présent de notre jeune héroïne sur la courte période que dure cette histoire, les autres reviennent sur le passé de Harley a différentes époques de sa jeunesse ou de son adolescence. Et chacun d’eux nous dresse un parfait portrait psychologique de cette jeune femme incroyable.  Et nous embarque dans son histoire, celle d’une Patronne d’un empire criminelle qu’elle va devoir gérer de main de maître(sse). Car chez Harley, nous somme bien dans un monde d’homme, un monde patriarcal coincé entre l’exploitation du corps des femmes et son asservilissement. Et pour garder son territoire Harley ne va pas hésiter à montrer les crocs !

Montrer les crocs mais aussi mettre tout son cœur et ses tripes pour que sur son territoire les choses changent enfin

 

 

Extrait :
J’ai huit ans la première fois que je vois papa tuer un homme. Je ne suis pas censée voir ça. Mais ces dernières semaines, depuis que maman est morte, chaque fois que tonton Jake s’absente, je suis complètement livrée à moi-même.
Je passe beaucoup de temps dans les bois ; je me perche dans les abris de chasse au cerf pour jouer ou je grimpe aux arbres pour voir jusqu’à quelle hauteur je peux arriver sans l’aide de personne. Parfois je pleure, parce que maman me manque. Parfois je ne peux pas m’en empêcher.
Mais je m’efforce de ne pas le faire en présence de papa.
J’aime les bois. Ils sont à la fois très bruyant et très silencieux, la bande-son et la berceuse de ma vie, d’aussi loin que je me souvienne. Lorsque j’escalade les grands chênes, me hissant de toutes mes forces, lorsque je me cramponne, saute et me balance le long des branches et de l’écorce tel un écureuil, je suis forcée de faire attention, sans quoi je risquerais de glisser et de tomber. Quand je grimpe, je n’ai pas à penser à l’absence de maman. Ni à papa, qui ne sait plus que tempêter dans un nuage de whisky, nettoyant ses fusils en marmonnant des imprécations contre les Springfield en réclamant du sang.
Ça fait trois semaines et demie que maman est morte, et déjà mes paumes sont gercées par l’escalade. J’ai des croûtes sur les genoux de la fois où je suis tombée du grand séquoia près de la rivière. Mes doigts sont tachés de jus de mûres et mes bras griffés par les ronces. Mes poches se gonflent des trésors que je trouve dans la forêt – des choses qu’elle aurait aimées : des plumes de geai bleu et des cailloux lisses parfait pour faire des ricochets, un gland éclaté qui ressemble à un visage.
J’entrepose les cadeaux de la forêt dans un abri de chasse au cerf. Tonton Jake a promis qu’il me ramènerait sur la tombe de maman, même si papa l’a fusillé du regard quand il a dit ça. Je veux lui apporter mes présents, parce que tonton Jake dit qu’elle est au ciel, qu’elle vieille sur nous.
Parfois, je lève les yeux et j’essaie d’imaginer ça. J’essaie de la voir.
Mais il n’y a rien d’autre que des branches et des étoiles.
Papa ne remarque pas que je suis tout le temps partie, au chaud dans l’étreinte de la forêt. Il a d’autres soucis en tête. 

17 réflexions sur “Mon territoire de Tess Sharpe

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