Mascarade de Ray Celestin

Salut mes polardeux,

Ce matin je suis heureuse de vous présenter une nouvelle chroniqueuse pour Collectif Polar.

Notre nouvelle lectrice n’est autre que Jeanne Faivre d’Arcier. Auteure de polar, de fantastique et de roman jeunesse,  Jeanne nous apporte son regard acéré sur le polar.

Et comme notre auteure est aussi amatrice de photographie, vous aurez de temps à autre la chance de retrouver la rubrique de notre nouvelle indic, « Cadrage noir« 


Le livre : Mascarade de Ray Celestin. traduit de l’anglais par Jean Szlamowicz. Paru le 1er février 2018 chez 10/18. 9€10. (614 p.) ; 18 x 11 cm.  Edité précédemment  le 9 février 2017 chez le Cherche midi. 21€50. (565 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Mascarade

« C’est la guerre. En temps de guerre, on tire avant de discuter. » L’agent de police William Shoemaker, Chicago, 1925.

Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, Chicago vit au rythme du jazz, de la prohibition, et surtout du crime. Alors que des mafieux et des politiques meurent empoisonnés après un dîner, les détectives Michael Talbot et Ida Davis enquêtent sur la disparition, à la veille de leur mariage, d’un couple de fiancés appartenant à la plus riche dynastie de la ville. Au même moment, Jacob Russo, photographe pour la police, se trouve confronté à une scène de crime qui lui en rappelle effroyablement une autre.

Inspirée de faits réels, une histoire de sang et de swing sur fond de guerre des gangs.

L’auteur : Ray Celestin est britanique, il est  linguiste, scénariste et écrivain.
Après avoir étudié l’art et les langues asiatiques, il devient scénariste pour la télévision et publie plusieurs nouvelles.
Il s’impose dans le thriller avec son premier roman, « Carnaval » (« The Axeman’s Jazz », 2014), basé sur l’histoire réelle d’un sérial killer qui sévit en 1919 à la Nouvelle-Orléans. C’est le premier tome de la série « ‘City Blues Quartet ». Il a été élu meilleur premier roman de l’année par l’Association des écrivains anglais de polar (CWA John Creasey New Blood Dagger for Best Debut Crime Novel of the Year).
En 2016, il publie la suite de la série, « Mascarade » (« Dead Man’s Blues »), inspirée de faits réels, une histoire de sang et de swing sur fond de guerre des gangs. Il a obtenu de nombreux prix notamment le prix du thriller historique de l’année par Historia Magazine.
« Mafioso » (« The Mobster’s Lament »), le troisième tome, un polar historique qui nous emmène dans un sombre New-York d’après-guerre, est paru en mars 2019.

 

Extrait : 
LA NOUVELLE-ORLÉANS
AOÛT 1922
Louis Armstrong courait sur le quai pour rattraper le train de la Panama Limited qui s’était mis en marche. Il avait sa valise en carton dans une main et, dans l’autre, son cornet et ses billets de train. Il les brandit au préposé qui ne les contrôla même pas, trop occupé à se moquer de ce gamin joufflu, tout transpirant, embarrassé par ses bagages, qui galopait le long du train pour dépasser les wagons réservés aux Blancs et atteindre ceux où il pourrait s’installer sans craindre de se faire rosser. Le train siffla et Louis redoubla d’efforts. Il esquiva un tas de valises, passa devant un porteur déconcerté et parvint au premier wagon où figurait la mention « Gens de couleur ». Il lança sa valise à bord, mit les billets entre ses dents et attrapa la main courante, se hissant dans le train au moment où le chauffeur poussait le feu. Le train quitta la gare dans un tumulte incandescent et fila dans la lumière brûlante du Sud.
Louis s’écroula sur le sol et resta un moment sans bouger pour reprendre son souffle. Ses poumons le brûlaient — trop de cigarettes et pas assez d’exercice. Il fouilla dans ses poches et trouva son mouchoir. Il essuya la transpiration sur son visage afin de se rendre présentable et se dirigea vers son compartiment. 

 

 « Cadrage noir » par Jeanne Faivre d’Arcier

Mascarade de Ray Celestin  (10-18) 

 

Le Chicago des Années Vingt vit au rythme du jazz et de la Prohibition…

Dans ce roman noir fiévreux écrit par un scénariste anglais, passent en guest stars Louis Amstrong dont la carrière décolle après un échec retentissant à New York et Al Capone qui a contracté la syphilis et commence à perdre sérieusement les pédales — ou à craindre de les perdre, le résultat étant le même quand on est hypermnésique et qu’on a assis son pouvoir sur la cruauté mentale, une connaissance très fine des failles de ses rivaux et des vices des hommes haut placés qu’on a corrompus et faits chanter.

Dans cette ville qui ne dort jamais, où les Blancs aisés dansent et séduisent pour un soir les Noires pauvres des ghettos dans les boîtes de jazz tandis que les abattoirs et les usines tournent à plein régime jour et nuit en détruisant l’environnement, une bizarre série de morts par empoisonnement touche des hommes politiques, des mafieux et des jeunes gens issus des plus riches familles.  Capone s’inquiète pour son business et demande à Dante, un ami de jeunesse devenu héroïnomane après avoir perdu sa femme et toute sa famille en fournissant de l’alcool frelaté au mariage de sa sœur, de mener l’enquête. Mais Dante a l’esprit embrouillé et aussi piètre allure que le chien galeux qu’il a recueilli  alors qu’il se faisait un shoot sur les bords d’un fleuve et qu’il traîne partout avec lui. Sa route va croiser celle  de Michael et d’Ida, un détective blanc et son assistante métisse qui enquêtent sur la disparition, à la veille de leur mariage, d’un couple de jeunes issus des deux plus grandes dynasties de Chicago. Pendant ce temps-là, les  meurtres se multiplient, étrangement semblables les uns aux autres…

Un thriller haletant qui s’inspire de faits réels  et se lit d’une seule traite. Les personnages sont attachants, la description  d’un Chicago en pleine effervescence passionnante. Et puis il y a ces jazzmen noirs sans le sou venus du Sud et de la Nouvelle Orléans tenter leur chance dans cette ville du Nord, froide et hautaine qui les méprise et qui, pourtant, va succomber à leur charme et vivre à leur rythme frénétique…  

8 réflexions sur “Mascarade de Ray Celestin

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