Laisse le monde tomber de Jacques-Olivier Bosco

Le livre : Laisse le monde tomber de Jacques-Olivier Bosco – Paru le 24/10/2019 chez French Pulp – collection FP polar. 19 € – epub 11.99 € (372 pages) ;  14 x 21 cm

 

4ème de couverture :

À travers une succession de crimes dignes du Chien des Baskerville, de jeunes policiers vont être confrontés à la violence sociale et humaine d’une grande cité de banlieue.
« Et la violence ne se combat pas par la violence… » ; c’est ce qu’aimerait prouver Jef, le flic idéaliste et lâche, mais sa collègue Hélène, bouffie de mal-être, a de la rage à revendre, quant à Tracy dont le frère est mort lors des attentats de Paris, c’est de vengeance dont elle rêve.
Dans un thriller ténébreux et spectaculaire, leurs voix, celles des retraités, parents, filles et fils de banlieue vont s’exprimer avec lucidité et mélancolie.

« Comment rester humain dans un monde qui vous déteste ? »
Une enquête où se multiplient les pertes et les désillusions, pour un final de guerre.

L’auteur : Né en 1967 Jacques-Olivier Bosco est un auteur français.
Il est né dans le sud de la France d’un grand-père sicilien arrivé en France pendant les années 30 puis immigré plus tard en Algérie.
Ses parents nés à Alger reviennent en France parmi les rapatriés et s’installent définitivement à Nice.
Il est balayeur, éboueur, plongeur, barman puis entre dans le milieu de cinéma où il est scénariste dans les années 90 (de courts métrages), régisseur avant de s’installer comme restaurateur sur une plage près de Gruissan.
Il écrit déjà quelques polars qui restent à l’état de manuscrits, des nouvelles aussi.
Début des années 2000, quelques unes de ses nouvelles sont publiées sur www.1000nouvelles.com et les Éditions Jigal acceptent son premier polar.
Jacques-Olivier Bosco est l’auteur de Quand les anges tombentLoupo, Aimer et laisser mourir, Le cramé, Et la mort se lèvera (Jigal, 2015, 2013, 2012, 2011, 2010), Brutale et Coupable (Robert Laffont, 2017, 2018).
Extraits :
 » Le crépuscule avait transformé la bruine en une pluie d’épines glacée. Dans la journée, à voir toutes ces mines fatiguées, à se trouver parfois coincée sans un morceau d’horizon, avec un peu de ciel gris dans un losange, elle avait eu l’impression d’être dans un évier en inox rempli de vaisselle sale. À présent, sous la masse gluante de cette nuit pluvieuse, avec toutes ces lumières éparses qui floutaient, au son monotone des voitures sur la grande route, cela faisait comme une allée de fête foraine abandonnée. Sans cris ni musique, juste des bruits farouches qui resserraient son estomac, comme le vrombissement d’un avion au décollage au loin, ou bien cette moto qui hurlait d’une telle violence que son envie de s’arracher au temps et de s’assouvir de la vie crevait les yeux et le cœur.»
« Les grandes bandes de gazon mouillé brillaient d’un vert magnifique. Elle avait déjà vu de l’herbe, en Normandie, mais n’avait jamais noté comme cela pouvait être vivifiant à regarder. Et puis, au-dessus d’elle, ce ciel libéré. Cela changeait tout. On était chez les « aisés ».

 

La chronique jubilatoire de Dany

Laisse le monde tomber de Jacques-Olivier Bosco

Un vrai polar bien noir, dans une banlieue parisienne bien désespérée de génération en génération … Y a-t-il de la détermination sociale à naître dans les zones oubliées de la République ?

Avant Jacques-Olivier Bosco,  Olivier Norek dans Territoires et Ghislain Gilberti avec Le bal des ardentes avaient fait de ces banlieues oubliées des personnages de leurs romans à part entière. Car c’est bien la banlieue qui impose ses règles aux quatre joueurs de cette partie de cache-cache infernale. Les forces qui s’opposent ne sont pas équilibrées, il n’y a pas simplement les bons et les méchants, les valeureux et les lâches. On sait que chez les jeunes tout est noir, chez les flics rien n’est rose !

C’est le premier roman que je lis de cet auteur et j’ai été surprise. Surprise par la justesse du ton et celle des sentiments. Surprise par un final digne d’une super production hollywoodienne. Surprise par la profondeur et la justesse des personnages. Tous les acteurs n’ont pas de circonstances atténuantes et les flics sont tout sauf des héros ! Entre trafics et vengeance, résilience et quête de la vérité, les lecteurs sont souvent émus, parfois dégoutés, toujours captivés par cette aventure urbaine, construite de façon originale en plusieurs parties et des chapitres bien rythmés et nommés comme des éléments d’une cité HLM.

Un très bon moment de lecture pour une histoire bien menée et très documentée sur ce microcosme que l’on ignore ou que l’on ne veut pas voir.

Lu en version numérique.

Autres extraits
« Tu sais, il y a une sacrée densité de population par ici, c’est déjà étonnant qu’on n’ait pas plus de cambriolages et de viols par rapport aux statistiques démographiques. Mais c’est comme partout, on a des gens haineux, des gosses surtout, c’est comme un jeu pour eux. C’est pas nouveau, on a tous voulu être du côté des méchants. Nos parents faisaient les Indiens, nous, on jouait à être braqueurs, eux, ils veulent massacrer des gens.
– Vous en chiez, pas vrai
– Le pire, c’est qu’on s’y fait. C’est pour ça qu’ils ne veulent plus nous muter. Et nous, de notre côté, faut bien qu’on se motive. Qu’est-ce qu’on fait sinon ? On laisse le monde tomber ? Tu sais, pour un jeune qui part en couille ou qui nous crache dessus, t’en as trois, même quatre, qui bossent leurs devoirs, vont au sport, cherchent des stages. »
 « J’ai 26 ans, je n’ai connu que des merdes. Je croyais qu’être flic c’était quelque chose, être crainte, tout du moins aimée, respectée. Reconnue. Nos supérieurs nous fuient comme la polio, il n’y a pas de confiance, de soutien, on les effraie parce qu’on pourrait se plaindre, dire ce qu’il se passe vraiment, comment ils nous traitent. Quant à la population, il n’y avait que des insultes, du rejet, de la haine, des crachats à longueur de journée. »

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