Le village de Céline Tanguy

Le livre : Le village de Céline Tanguy. Paru le 5 janvier 2018 chez La salamandre liseuse. 12€.  (108 p.) ; 14 x 22 cm

4e de couv :

Céline TANGUY écrit en marchant, me dit-on. Pourtant, elle renouvelle la tradition : si la méthode est ancienne, la production est très originale. Elle n’a rien à voir ni avec les méditations rationnelles socratiques ni avec le bucolisme complaisamment introverti de Jean-Jacques.
Ici, tout n’est qu’enfermement concentrique : une île et sa communauté villageoise, isolée, hors du temps, une maison moribonde, la conscience de l’anti-héros minée par les béquilles thérapeutiques ordinaires tout autant que par la souffrance du souvenir qu’elles sont supposées combattre. La raison lutte mais bascule, car les cercles successifs que trace l’horreur la forclosent progressivement.
Le maléfice est dans les têtes.
Céline TANGUY tisse savamment les tentacules de la culpabilité déniée, engendrée par l’acte initial inadmissible d’un enfant jaloux avec celles, multiples et variées, du mauvais sort auquel se soumet un clan d’insulaires malveillants, pour en définitive, en faire une arme.
On ne comprend pas tout, mais qu’importe : le résultat est terrifiant. La vengeance s’autoféconde et l’esprit dérive dans les eaux au vert très foncé du délire.

L’auteur :  Céline Tanguy est née à Nancy mais vie du coté de Vanne. Elle est juriste de formation et titulaire d’une maîtrise de droit public

 

 

Extrait : 
Thomas sourit. Et dans sa tête, il commence à chanter :
Dans la troupe, y’a pas de jambe de bois,
Y’a des nouilles, mais ça ne se voit pas.
Ben, si, ça se voit justement les nouilles. La preuve.

 

La Kronik d’Eppy Fanny

LE VILLAGE DE CÉLINE TANGUY, ÉDITÉ PAR LA SALAMANDRE LISEUSE

J’ai rencontré Céline lors de la 1ère édition du salon de Plaine Haute en mai 2018. Salon organisé par l’association « La Salamandre Liseuse ».

Afin de vous la faire découvrir, voici l’interview réalisée lors de notre rencontre. Je la remercie d’avoir pris sur elle pour cet exercice qui n’est pas celui qu’elle préfère.

« Céline dans mes contacts FB, c’est un amour de la nature et des animaux qui s’exprime. C’est de la franchise. Une personne vraie.

Mais cette charmante jeune femme écrit du noir très noir. Écrit en courant sur son tapis de sport et c’est nous qui transpirons et frissonnons.

Pour elle, l’écriture passe avant tout par le visuel. Les mots sont comme des wagons derrière une locomotive dans son champ visuel. Ensuite elle cherche les mots qui collent avec l’émotion qu’elle veut exprimer.

Céline est l’auteur de 3 romans : 1 fantastique et deux polars. Et d’une nouvelle, devenue un court roman.

Les polars sont parus en 2017 chez Les Indés. Les histoires se situent aux États-Unis.

Un agent du FBI, Neil Mullhand et son équipe, et la compagne de ce dernier, Amber Wilson, lieutenant de police à New-York. Neil, c’est l’histoire d’un agent du FBI qui part de son histoire personnelle. Des choix de son passé qui le rattrapent et qui viennent donner toute leur densité au récit et aux personnages. Le choix des USA lui permet une plus grande liberté d’écriture grâce au système judiciaire de ce pays.

Le T1 « 48H avant Noël » suivi du T2 « La meute » que je vous encourage à découvrir.

Puis une nouvelle, « Le village » paru chez la Salamandre Liseuse en décembre 2017, devenue un court roman.

Une île, une communauté isolée, hors du temps, un antihéros… Il n’en sortira rien de bon.

La culpabilité ronge tout. Ce récit, comme l’indique Céline est transposable en tout lieu reculé.

Merci encore pour les moments que nous avons partagés. »

Le village

Préface d’Hugues Pagan. Extrait de la préface « On range l’étrange dans les tréfonds, des lointains sombres, des fonds de cave, d’obscures catacombes, nappés de trémolos romantiques et d’étranges chimères qui, pour la plupart, proviennent du cinéma ou de la télévision. La pire étrangeté, c’est lorsque la froide raison est passée. Qu’on a tout examiné, retourné chaque pierre, chaque pas. L’étrange, le Diable, la Mort, que sais-je ? Je l’ai rencontré en plein soleil, sur cette île alors qu’un vent de face, puissant et glacé, continu, aérien, me tenait franchement aux épaules comme s’il entendait m’empêcher d’avancer, un vent contre lequel il était inconcevable de s’appuyer en désespoir de cause. »

L’histoire :

Thomas a loué une vielle bicoque sur cette île loin de tout. Une maison éloignée de ce qui ressemble à un village. Thomas et ses fantômes qui ne le quittent pas, sauf lorsqu’il arrive à fermer le robinet de ses nauséeuses pensées à coup de cachets et à faire taire les voix et les ombres. C’est qu’elles sont joueuses les gamines.

En parlant de gamine, il y en a une drôlement bizarre au village. La fille de l’épicière. Elle semble aussi barjo que lui. D’ailleurs tous les habitants sont bizarres. Vivre loin de tout, sur cette île battue par les vents, n’aide pas. Et cette violence contenue qui semble prête à jaillir.

Les sentiments s’exacerbent. La jalousie, la méfiance. La culpabilité…

Et Thomas, malgré les béquilles médicamenteuses s’enfonce. Ses déconnexions sont fréquentes. Est-ce qu’il devient fou ? Sinon qui se joue de lui ? Qui lui veut du mal ? Ou bien est-ce son imagination ? Et si sa culpabilité ne pouvait plus être contenue ? Les fantômes s’en donnent à cœur joie.

Ces traces de sang sur le mur, ces cartouches. C’est réel il en est certain.

Et la petite voix en lui qui se moque et lui serine « tu es fou. Tout simplement fou. »

Extrait page 85 : « Ils s’amusent bien, dans ce foutu village. Ils sont tous complices. Une bande de malades. La voilà, la vérité. La vérité vraie. Il ramasse le fusil. En attendant, ils ont commis une putain d’erreur. Pas seulement en lui filant une arme à feu. [Vous ne savez pas qui je suis, bande de rats.] »

 En conclusion « c’est long la mort ».

Un court roman, noir et fort. Le maléfice et la folie sont dans les têtes. Et un clan insulaire devient une arme. Chaque mot à son importance pour suivre le cheminement de cette histoire. Pour ma part j’ai beaucoup aimé cet enfermement, physique autant que psychologique, habilement mis en scène.

4 réflexions sur “Le village de Céline Tanguy

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