Les cicatrices de Claire Favan

Aujourd’hui notre nouvelle flingueuse nous gâte.

En effet Isabelle V nous offre un second avis de lecture.

Après 7/13 de Jacques Saussey , c’est au tour du dernier Claire Favan de passer à la moulinette.

Remarquez, c’est bien naturel ça. Claire n’écrit-elle pas au commencement de ce nouveau roman :

« À Jacques Saussey,

Mon complice et mon frère de plume,

Qui a toujours les bons mots,

Au bon moment. »

Allez je vous laisse découvrir l’avis d’Isa

Le livre : Les cicatrices de Claire Favan. Paru le 4 mars 2020 aux édition HarperCollins dans la collection HarperCollins Noir. 20€ ; (368p) ; 14 X 21cm

4ème de couverture :

Centralia, État de Washington. La vie d’Owen Maker est une pénitence. Pour s’acheter la paix, il a renoncé à toute tentative de rébellion.
En attendant le moment où il pourra se réinventer, cet homme pour ainsi dire ordinaire partage avec son ancienne compagne une maison divisée en deux. Il est l’ex patient, le gendre idéal, le vendeur préféré de son beau-père qui lui a créé un poste sur mesure. Un type docile. Enfin, presque. Car si Owen a renoncé à toute vie sociale, il résiste sur un point : ni le chantage au suicide de Sally ni les scènes qu’elle lui inflige quotidiennement et qui le désignent comme bourreau aux yeux des autres ne le feront revenir sur sa décision de se séparer d’elle.
Mais alors qu’une éclaircie venait d’illuminer son existence, Owen est vite ramené à sa juste place. Son ADN a été prélevé sur la scène de crime d’un tueur qui sévit en toute impunité dans la région, et ce depuis des années. La police et le FBI sont sur son dos. L’enfer qu’était son quotidien n’est rien à côté de la tempête qu’il s’apprête à affronter.

L’autrice : Claire Favan travaille dans la finance. Elle est l’autrice, entre autres, de l’inoubliable diptyque composé du Tueur intime (Prix VSD du Polar 2010, Prix Sang pour Sang Polar 2011) et du Tueur de l’ombre, de Serre-moi fort (Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016) et, récemment, d’Inexorable.

 

 

 

 

 

Extrait :
Elle cligne des yeux plusieurs fois et porte la main gauche à son front. Un raclement suivi d’un tintement lui vrille le cerveau. Elle a la bouche pâteuse, sans compter ce putain de mal de crâne qui la fait grogner de douleur. Elle se sent aussi désorientée qu’un lendemain de cuite.
Elle sait que c’est pitoyable de se réveiller chez quelqu’un dont elle ne se rappelle plus le prénom et d’avoir oublié les événements qui l’ont conduite jusque chez lui, pourtant ce n’est pas la première fois qu’elle échoue ainsi dans le lit d’un inconnu après une soirée bien arrosée, et ça ne sera pas la dernière.
Il est sans doute temps de s’éclipser discrètement, avant que la scène devienne gênante. Elle tente de se redresser en poussant un gémissement. Son corps fait de la résistance. La vache ! Qu’est-ce qu’elle a foutu hier ? Elle a mal partout.
Entre ses doigts qui massent ses tempes, elle observe le décor, et son cœur manque un battement. Son cerveau se remet instantanément à fonctionner. En mode panique.
Le matelas crasseux posé sur le sol dans un coin de la pièce n’a rien du nid de baise qu’elle a pu imaginer. Une chaîne reliant son poignet droit à un anneau dans le mur la retient prisonnière. Prisonnière ? Une sueur froide coule entre ses omoplates, et elle s’exhorte à réfléchir et à reconstituer le puzzle de sa soirée débridée.
14Elle se souvient avoir rejoint sa voiture après le boulot. Elle a entendu des pas derrière elle, mais elle ne s’est pas retournée, pensant savoir de qui il s’agissait. Elle a juré entre ses dents, agacée par le fait qu’il la colle encore. Il s’est rapproché d’elle, et elle a ressenti un choc violent à l’arrière du crâne. Ensuite, le néant.

Chronique de Flingueuse : L’avis d’Isa

Les cicatrices de Claire Favan

 

Il y a des romans où l’on réalise dès les premières phrases, je dirais même les premiers mots, que ce polar sera pour vous. Que vous allez passer un super moment. Que l’histoire va être dingue. C’est exactement ce que j’ai ressenti avec le dernier roman de Claire Favan. Ce polar regroupe tout ce que j’aime : une intrigue machiavélique. Des méchants bien méchants. Des gentils pas si gentils. Du suspens. De la tension de bout en bout. De la violence, mais aucune surenchère. 350 pages où pas une seule seconde, tu te dis « bla bla bla », « trop long », « trop tiré par les cheveux », « incohérent », « trop prévisible ».

Chaque mot a sa place. Chaque rebondissement est au bon endroit. Claire nous prend à la gorge dès le départ. Elle nous balade de fausse piste en rebondissements et pourtant tous les indices sont bien là, mais vous êtes tellement happés par l’histoire que vous n’y faites pas attention ! Quant au final, il est à la hauteur de tout le roman … Etouffant. Angoissant. Stressant.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ces cicatrices. Si vous aimez le vrai polar bien noir, foncez, les yeux fermés !

6 réflexions sur “Les cicatrices de Claire Favan

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