Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar

Le livre : Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar Cardedo. Traduit de l’espagnol (Cuba) par Morgane Le Roy. Paru le 2 juin 2015 chez Asphalte éditions. 16€. (137 p.) ; 20 x 15 cm

4e de couv :

Santa Clara, ville de province cubaine. Le cadavre d’un caïd est découvert non loin de la gare routière. L’arme du crime étant un marteau de cordonnier, le commissaire de quartier Leo Martin soupçonne tout de suite son ennemi juré, Chago Le Boeuf, dont c’est la profession. Sauf que celui-ci vient de lui-même au poste pour déclarer le vol de l’outil… puis il annonce qu’il souhaite collaborer avec la police sur cette affaire. Sa piste : les prostituées.

Aux côtés d’un Leo Martín toujours en proie à ses démons, le lecteur découvre la vie des jineteras, jeunes femmes vendant leurs charmes aux hauts fonctionnaires cubains comme aux touristes, à travers une galerie de personnages féminins aux caractères bien trempés. L’une d’elle pourrait bien être impliquée dans le meurtre…

 

Lorenzo Lunar est né à Santa Clara en 1958. Après des incursions en poésie et en science fiction, il décide d’écrire sur ce qu’il connaît le mieux : son quartier. C’est le début des aventures de Léo Martín, dans Boléro Noir à Santa Clara, puis La vie est un tango et Coupable vous êtes… Lorenzo Lunar tient également la librairie La Piedra Lunar à Santa Clara.

 

 

Extrait : 
Dans le quartier, la mort est chose quotidienne.
Rien de plus naturel à ça.
Les gens meurent à n’importe quelle heure, dans le quartier : le matin, l’après-midi, la nuit.
Les gens meurent de choses et d’autres, dans le quartier : le foie, la prostate, la gorge. Les poumons !
Ils meurent, tout simplement.
D’un cancer, d’une leucémie, d’une cirrhose, de tuberculose, d’anémie, du sida…
D’une cuite, de froid, de vieillesse…
Les gens se suicident, dans le quartier : ils se coupent les veines, avalent de la mort aux rats, se pendent, s’immolent par le feu, se jettent dans un puits…
Les gens du quartier se tuent à coups de couteau. Se sabrent à coups de machette. S’affrontent à coups de pierres, de briques, de feu.
Et personne ne s’en étonne, parce que la mort, dans le quartier, est chose quotidienne. Un lieu commun.

 

La Kronik d’Eppy Fanny

COUPABLE VOUS ÊTES, DE LORENZO LUNAR CHEZ ASPHALTE ÉDITIONS

(ISBN : 978-2-918767-48-0)

Ce roman nous entraîne à Santa Clara, une ville de province cubaine. C’est chaud, moite, violent. Ça sent le rhum et le sexe, car ce roman fait la part belle aux prostituées, qui n’ont pas toutes choisi leur sort. Certaines sont jeunes, très jeunes, et leur part d’innocence a disparu depuis longtemps.

L’histoire :

Le cadavre d’un caïd, d’un mac, est retrouvé du côté de la gare routière, le crâne défoncé par un marteau de cordonnier. Le commissaire du quartier, Leo Martin, pense immédiatement à son ennemi juré, Chago Le Bœuf, dont c’est le métier.

Oui mais voilà que Chago le prend de court puisqu’il se présente au commissariat pour déclarer le vol de son marteau. Il refuse d’être accusé d’un acte qu’il n’a pas commis. Et il aiguille habillement Léo vers les prostituées. Et Leo, sans le savoir, va bosser pour lui.

Leo, les putes, il les connaît toutes. Enfin c’est ce qu’il croit. Il est même amoureux de l’une d’elles.

Le commissaire connaît le quartier. Il y a grandi avec une bande d’amis. Certains se sont élevés. Écrivain, membre du parti, ce n’est pas rien. Puis il y a ceux qui sont restés sur le bas-côté. Et lui au milieu. Lui qui vit avec sa mère malade. Cette femme pour qui cuisiner chaque repas est un défi avec le rationnement en place. Car pour les choses les plus simples il faut trouver « des solutions » pour tout.

Leo va débuter son enquête et remonter la piste qui le touche de près. De trop près.

Nous allons découvrir une galerie de femmes de tous âges, qui ont vendu et vendent encore leurs charmes aux hauts fonctionnaires cubains et aux touristes. Puis les magouilles de certains responsables de la police, de membre du parti. La corruption est partout. Du plus haut au plus bas, Cuba est gangrenée.

Extrait P.103 : « Le lien entre ces deux hommes, c’est un ami commun. Un type au-delà de tout soupçon, pour la simple et bonne raison qu’il portait un uniforme de police qui avait une certaine réputation. Pas n’importe quel flic, donc. A sa vue, les putes se pissaient dessus et les délinquants chiaient dans leur froc. »

Et au final la vérité éclatera, dans la tristesse.

Un très beau livre. Une immersion totale dans un pays, une époque. Qui donne envie de découvrir les autres romans de cet auteur.

 

Autre extrait :
Pour les superstitieux, le vol d’une chouette et son ululement sont présage de mort. Mais le rapace, ce matin-là, est en retard. Les conjurations du vieux, à présent, sont inutiles. La mort est arrivée, d’après ce que nous confiera le médecin-­légiste, environ deux heures plus tôt. Entre trois heures et demi et quatre heures du matin.

7 réflexions sur “Coupable vous êtes de Lorenzo Lunar

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