Exquis Cadavre exquis saison 2 : Un pacte sinon rien, la récap. livre 3

Exquis Cadavre exquis saison 2 , la récap. livre 3

Allez pour vous qui avez loupé un chapitre, voici le troisième récapitulatif des premiers épisodes de notre nouveau cadavre exquis

Ici retrouvez la première récap, livre 1 les 8 premiers chapitres.

Et là la deuxième, livre 2 chapitres 9 à 18

Un pacte sinon rien, la récap. livre 3 

Épisodes 19 à 31

L’idée avait le mérite d’être simple : liquider son auteur-vedette pour transformer en best seller son dernier manuscrit totalement délirant.

Geneviève V. n’avait plus qu’à trouver le bon tueur. Mais à jouer avec le feu on risque de se cramer les doigts, et tout le reste. L’éditrice n’avait pas prévu de croiser la route de son ancien tortionnaire ni de réveiller le Jaguar. Dans l’ombre un concurrent sadique attend son heure…

Chapitre 19

Vaut mieux jamais… que tard !

Mark Zellweger

 

Des poings tambourinant sur la porte de son domicile ramenèrent Geneviève V. à la réalité !

« C’est bien beau de s’éclipser ainsi mais je fais comment, maintenant que j’ai aussi laissé mon sac plein de biftons dedans ? » se dit-elle.

Elle regarda sa montre arborant un beau Mickey au milieu du cadran.

            « Mon Dieu, avec ces deux zozos je suis complètement à la bourre pour mon rendez-vous. Tant pis pour le pognon et le sac, faut déjà que je me pointe au rencart. Après on verra. »

Geneviève, reprenant ses esprits, descendit les escaliers et se retrouva dans le hall d’entrée. Elle croisa une voisine qui semblait vouloir faire causette comme d’habitude.

Geneviève laissa sa voisine en plan et sortit. Une fois dans la rue, son cerveau tournait à plein régime.

            « Bon, maintenant pour être à l’heure au café de la rue des Barges, la seule solution c’est la 2CV ! »

La décision prise, Geneviève prit sur sa droite puis sur sa gauche et tomba dans une impasse calme où une Citroën2 CV bleu clair était stationnée.

Elle enfonça sa main dans son sac et en ressortit l’unique clé en sa possession. Geneviève ouvrit la portière et se glissa dans la vieille dame qui s’affaissa légèrement quand la conductrice fut assise. Celle-ci introduisit la clé de contact et démarra.

Geneviève jeta un coup d’œil à Mickey qui lui rappela qu’il fallait vraiment se magner le train. Accélérant en marche arrière et avant pour se faire un peu de place, elle finit par enfin sortir de son enfermement et prit la direction de la sortie de l’impasse, jetant toujours un coup d’œil à son bracelet montre qui semblait la narguer.

            « À la bonne heure, ça roule ! » s’exclama Geneviève, esquissant un sourire pour la première fois depuis que les policiers étaient venus la cueillir chez elle.

Quelques minutes plus tard, dans la rue des Barges, elle scruta le haut des portes d’immeuble dans l’espoir de voir le 133 s’afficher. Elle savait que le temps s’était écoulé rapidement.

            «  125 ! Bon, j’y suis presque et y a pile poil une place. Je me gare et j’y vais. Il est pile dix heures et une minute, je suis quasi dans les temps. »

Geneviève se mit à courir vers le café qu’elle apercevait. Elle entra et s’assit à la première table venue.

Une jeune serveuse se présenta :

            « Que puis-je vous servir ?

            — Un express, fit Geneviève par réflexe. Euh… non ! Une Vodka Martini à la fraise sur un fond de jus de banane !

            — Je suis désolée, madame, on n’en a plus ! »

Geneviève blêmit. Son smartphone se mit à vibrer. Elle reconnut le numéro de la L.I.S. ! Au même moment elle aperçut une ombre quitter le café par une porte dérobée au fond du café.

            «  Mon Dieu, je suis foutue ! »

 

 

Chapitre 20

La dette

Virginie Roensmaens

Le cœur battant à tout rompre, les joues cramoisies et la sueur dégoulinant au creux de son dos, Geneviève décrocha.

« Bonjour Geneviève, Barbara A. à l’appareil.

 – Heu… oui… bonjour.

 – Je t’informe que notre part du contrat est remplie. Nous avons récupéré l’argent.

 – Quoi ? Comment ? Mais que sont devenus les deux policiers présents chez moi ?

 – Ceux que tu as enfermés chez toi ? Nous nous en sommes occupés.

– Mais …

 – Arrête avec tes questions. Nous avons honoré le contrat. À toi maintenant de remplir ta part.

 – Ma part ? Mais vous avez récupéré l’argent non ?

 – Et tu penses que cela sera suffisant ? »

Geneviève voyait trouble. Des centaines de questions émanaient de son cerveau chamboulé. 150000 euros, ce n’était déjà pas simple. Elle ne pouvait pas trouver plus d’argent. Les doutes l’assaillaient quand son intuition lui souffla qu’il ne s’agissait sûrement pas d’une dette financière.

Elle se dirigea alors machinalement vers sa 2CV, s’installa derrière le volant avant de remarquer un feuillet glissé sous ses essuie-glaces. Rentre chez toi et attends nos instructions.

Sous une pluie glaçante, elle reprit la route et rentra à son domicile. Aucune trace des deux policiers. Aucune trace d’effraction. Tout semblait normal et en ordre.

Le lendemain.

Après une nuit hantée par de nombreux cauchemars, Geneviève se glissa sous la douche quand elle entendit du bruit derrière elle et une voix rauque lui intimer :

« Ne te retourne pas, Geneviève. Barbara A. t’a informée. Tu vas devoir prouver à la L.I.S. que nous pouvons te faire confiance. Tu vas être mise à l’épreuve. Plusieurs étapes t’attendent afin de t’acquitter de ta dette. Une enveloppe format A4 a été déposée sur la table de cuisine au rez-de-chaussée. Tu la prends avec toi et tu te rends à ton bureau. Pas besoin de te dire que tu ne dois ouvrir cette enveloppe sous aucun prétexte. Le reste des instructions suivra. »

Geneviève resta pétrifiée avant de se ruer sur son peignoir et de vérifier toute la maison. Aucune trace de cet homme. Les portes et fenêtres étaient fermées. L’enveloppe était bien posée à l’endroit indiqué. Preuve s’il en fallait que ce n’était pas un horrible rêve. Elle cala alors une chaise sous la clenche de la porte de la salle de bain, se doucha en un temps record et fila à son bureau.

Après de longues minutes à chercher ses clés, elle s’aperçut que la porte n’était pas verrouillée et ne put s’empêcher de lâcher un cri d’effroi en découvrant Elias assis à sa place, dans son fauteuil.

 

Chapitre 21

Sans foin ni lien

Antoine Cochet

 

Dan s’acharnait à coups de pierre sur la noix de coco, mais elle lui résistait. L’outil improvisé ripa et lui entailla la paume de la main. Les travaux manuels n’avaient jamais été son fort. Il était écrivain, pas manœuvre. Mais allez faire comprendre ça aux autres. Il abandonna la noix sur la plage et revient au campement, laissant le sang perler de sa main.

Avec un cordage de fortune, Harlan était en train de renforcer la charpente de la cabane qui abritait leurs maigres provisions. Il leva la tête en entendant son compatriote revenir.

« Qu’est-ce qui se passe encore ? demanda-t-il. C’est trop te demander de participer à l’effort commun ?

 – T’es aussi barbare que tes psychopathes, Harlan. Tu ne vois pas que je suis blessé ?

 – Si tu pouvais crever, au moins on aurait de la barbaque ! Pour une fois tu te rendrais utile.

Dan tourna la tête pour cacher les larmes qui mouillaient ses yeux. Il avait toujours été hypersensible. Son éditeur ne cessait de louer sa fragilité qui touchait ses lecteurs au cœur mais ici, sur cette île perdue du Pacifique, cette qualité virait à la calamité. Le cauchemar se prolongeait. Avec ses compagnons de galère, tous auteurs de best-sellers, ils avaient été envoyés à la mort par un requin de la finance. Charismatique en diable, le milliardaire leur avait d’abord fait miroiter une croisière de rêve avec séances de dédicace dans les plus beaux paradis côtiers. Les mâchoires du piège une fois refermées sur soixante auteurs de toute nationalité, ce déjanté de première les avait réduits à l’état d’esclaves avant de les mettre à la tâche. Tous devaient participer à la rédaction de ce qu’il appelait Le livre ultime, un cadavre exquis écrit par les plumes les plus bankables. Seul cet enfoiré de petit Français, un écrivaillon qu’il ne s’était jamais abaissé à lire, était parvenu à négocier avec leur bourreau. Une fois l’Œuvre achevée, ils avaient été entassés dans une chaloupe sans eau ni vivres, avec un unique couteau que ce pourri d’Harlan s’était approprié. Ils avaient vogué pendant plus de deux semaines, recueillant juste assez d’eau de pluie pour survivre, et étaient sur le point de se bouffer entre eux lorsque les courants les avaient poussés en vue d’une île. Et aujourd’hui ils n’étaient plus enchaînés mais ne mangeaient toujours pas à leur faim.

Dan tourna les talons et se dirigea vers l’une des cases du campement. Fred lança un regard réprobateur à Harlan, posa sa brassée de feuilles de bananier et suivit l’auteur de Sans foin ni lien, prête à le réconforter une fois de plus. Elle n’en eut pas le temps. De la forêt proche jaillit un hurlement bestial qui lui glaça les sangs.

 

 

Chapitre 22

Un (presque) cadavre plutôt encombrant

 Elsa Pellegri

 

Les yeux rivés sur Elias, Geneviève se figea, incapable de bouger, incapable de réfléchir.

C’est une pensée incongrue qui finit par la tirer de sa tétanie : une fois que cette histoire de fous serait terminée (parce qu’elle allait bien se terminer un jour, non ?), il lui faudrait se débarrasser de son fauteuil. Un moment, c’est cela qui l’inquiéta le plus. Elle avait toujours été très attachée aux objets, et à son fauteuil encore plus. C’était la pièce centrale du petit deux-pièces dans lequel elle avait vécu quelques années lors de son arrivée à Paris, il y a plus de vingt ans et où elle avait installé aujourd’hui ses bureaux. Elle aimait tout chez lui : la couleur indéfinissable du cuir vieilli, le léger craquement qu’il émettait quand elle s’y asseyait, la brûlure de cigarette sur l’accoudoir droit, faite par un de ses amis lors des soirées où l’on fumait encore à l’intérieur, l’histoire racontée par le voisin un peu fêlé qui le lui avait offert lors de son emménagement, prétendant qu’il avait appartenu à Agatha Christie en personne…

Ses divagations s’interrompirent quand son regard croisa celui d’Elias. A cet instant précis, elle prit pleinement conscience de l’horrible réalité de la situation : celui dont elle voulait la mort à tout prix (150000 euros, pour être précis) était encore vivant. Paralysé de la tête aux pieds, apparemment, mais conscient, puisque ses yeux bougeaient encore. Geneviève préféra ne pas s’attarder sur ce qu’elle crut y lire.

Qu’est-ce que cela signifiait, bon sang ? La L.I.S. devait l’exécuter, Geneviève y avait pourtant mis le prix et, si elle avait bien compris ce que la mystérieuse voix lui avait susurré dans la douche, elle allait devoir encore payer bien plus que la somme initialement annoncée. Et avec tout ça, ils n’étaient pas fichus de finir proprement le travail ?

Et puis, tout s’éclaira. C’est sa faute. Les termes exacts du contrat lui revinrent en mémoire : « mort par gangrène initiée au niveau des parties génitales ». Combien de temps fallait-il pour mourir d’une gangrène non soignée ? Elle en était convaincue maintenant : la L.I.S. avait exécuté le contrat, mais à sa manière. La gangrène était initiée (même si elle n’osait pas tirer sur la ceinture du pantalon d’Elias pour vérifier, elle en était certaine), mais la mort devait être lente, et la L.I.S. laissait à Geneviève la possibilité d’y assister. Par souci du travail bien fait, ou bien par sadisme ? Au vu des plus récents événements, Geneviève penchait plutôt pour la deuxième option. À moins que ce fut pour la forcer à quitter son appartement au plus vite, pour aller ouvrir cette enveloppe si lourde de menaces.

De toute façon, elle n’avait pas le choix. Elle était incapable de rester là une seconde de plus, que ce fut pour assister au calvaire d’Elias, ou pire, pour l’achever.

Renonçant à trouver ses clés, elle partit en se contentant de claquer la porte derrière elle.

 

Chapitre 23

LIS, ADN & KFC

 Ghislain Gilberti

 

Dans la lecture et les relectures du message, l’esprit de Geneviève s’enlisait. Une panique sans nom s’était installée dans son thorax pour le comprimer et le paralyser.

« Chère Geneviève,

En allant récupérer nos honoraires dans votre appartement, nous avons fait une découverte troublante. Il se trouve que vous avez mis les pieds dans des affaires qui vous dépassent. Sachez qu’il ne s’agit plus de notre contrat qui est à présent payé et honoré. Quant à la prestation de « nettoyage » de votre domicile, le service vous est gracieusement offert par notre organisation.

Comme vous l’a dit notre agent Barbara A. par téléphone, nous sommes passés bien au-delà des questions bassement financières. Avec ce que nous avons trouvé en vérifiant de n’avoir laissé aucune trace, nous avons découvert que vous vous êtes mise dans une position plus que délicate qui nous lie à vous par un concours de circonstance incroyable. Mais tout d’abord, laissez-nous vous éclairer quant au fonctionnement de la L.I.S., au-delà des prestations de services les plus communes.

Nous garantissons, par un choix d’agents internes sélectionnés avec soin, un certain équilibre du milieu littéraire français, renforcé face à un 21ème siècle déclinant et un lectorat si mince qu’il en devient transparentNous sommes un fléau, un mal nécessaire, un facteur de violence et de régulation sans lequel la langue de Molière aurait été depuis longtemps dévorée par celle de Shakespeare.

Cela fait des décennies que nous subissons l’hégémonie anglo-saxonne, installée et maintenue fermement par la KFC – la King Fuckin’ Corporation – habilement introduite et soutenue financièrement par la chaîne de restauration rapide à l’acronyme jumeau : la Kentucky Fuckin’ Chicken. L’arrivée brutale plus récente de la vague de romans venue des pays affiliés à l’ADN – l’Alliance des Dialectes Nordiques – était en train de nous achever. Savamment introduite par leur impitoyable « opération Millenium », renforcée par leur agent Camilla L. avec son interminable série, l’offensive « Princesse des Glaces » nous gelait au sens propre. Nos homologues suédois ne nous laissaient pas d’alternative à une réaction radicale. Une épuration totale. Celle-ci a été minutieusement planifiée et lancée afin de redonner aux auteurs français leur place dans leur pays. La L.I.S. doit détruire l’ADN et la KFC, sans pitié ni distinction.

Nous sommes en guerre ! Il n’y a plus de retour en arrière possible. Et même si ce n’était pas volontaire de votre part, vous êtes impliquée. »

 

Geneviève relut alors la partie la plus ahurissante du récit de la croisière dont la L.I.S. fournissait, développait et expliquait chaque détail. Il ne faisait nul doute à présent que le manuscrit était bien composé des derniers mots écrits par les auteurs à bord. Et ce piège était monté de toutes pièces par Claude, qui avait eu l’imprudence d’utiliser Armand comme outil : ce monstre aussi instable qu’un bocal de nitroglycérine.

 

 

Chapitre 24

L’Inconscient en coulisses

  Aboukaïev

 

Cette missive anéantissait Geneviève à chaque lecture, mais elle ne pouvait s’empêcher d’y patauger encore et encore. Elle n’y trouverait aucune consolation : le travail studieux de l’agent rédacteur, trop précis, ne lui en laissait pas.

Ce dernier expliquait ensuite comment, en tant que financeur de cette horreur, Claude avait persuadé Elias de le débarquer avant le carnage final. Un drone de la L.I.S. avait suivi toute la croisière. Ils n’ignoraient rien. Puis, Armand avait utilisé un canot motorisé pour s’enfuir en pleine nuit, laissant les auteurs dormir alors qu’un engin explosif égrainait leur ultime compte à rebours.

C’est alors qu’une escouade de la L.I.S. était montée sur le bateau, habillée d’uniformes du GIGN, et avait évacué discrètement les auteurs français sous prétexte d’une menace terroriste on ne peut plus réaliste. La bombe avait fini par percer la coque, envoyant par le fond Anglais, Américains, Suédois, Norvégiens, Islandais, ainsi que quelques « dommages collatéraux inévitables ».

La conclusion de la lettre était l’apogée de l’horreur.

« Il demeure un terrible dilemme, Geneviève. Les images du drone nous ont montré que Claude France est descendu du paquebot en emportant une pile de feuilles. Nous soupçonnons fortement que votre poulain ait pris avec lui des travaux rédigés à bord, sous la menace de mort qui pesait sur leurs auteurs. Lettres d’adieu aux familles, dernières confessions, pire encore ?

Inutile de vous faire un dessin : nous savons que vous êtes sous le coup d’une enquête judiciaire, que la police possède la liste de vos correspondances téléphoniques avec Elias Armand, petite cachotière ! Nous avons appris, pour couronner le tout, que ce dernier est activement recherché pour être le principal suspect de ce naufrage criminel.

Nous ne pouvons pas laisser ces documents circuler, et nous savons que monsieur France est venu vous voir il y a peu, que vous attendiez son dernier manuscrit. Tout cela fait beaucoup, chère Geneviève, et vous devez comprendre qu’en plus de la probabilité de plusieurs survivants au naufrage, ces écrits sont de vraies bombes à retardement. Si vous les possédez, nous vous prions instamment de nous les remettre avant que la police ne vous retrouve, et surtout, trouvez une explication cohérente pour vos correspondances téléphoniques avec Elias Armand.

Sachez que vous êtes en permanence dans nos cœurs, et aussi souvent que possible dans les réticules de nos lunettes de tir.

Avec toute notre amitié, nous vous souhaitons vous voir régler au plus vite cette situation bancale.

Henri Love n’ Bruck

Agent spécial de la Ligue de l’imaginaire sanglante

Membre honorifique du Comité artistique de Carcosa. »

Ces lignes lues et relues, au point de les connaître par cœur, Geneviève était consciente de devoir se décider. Obéir à la L.I.S. et risquer la prison ? Parler à la police et faire de cette histoire son ticket d’or pour la gloire, ou son laissez-passer pour le cimetière ? Retrouver des survivants comme garantie et assurance vie ? Arriver à joindre l’ADN avant que ce ne soit le sien qu’on examine sur une scène de crime ? Trouver de l’aide du côté de la KFC pour éviter de finir aux fourneaux de la Ligue ?

Il me faut choisir ! se persuada-t-elle. Mais, y a-t-il la moindre option qui me garantisse de survivre à la mort et à la ruine ?

Mais derrière sa peur au premier plan, ses instincts de femme d’affaire travaillaient à l’abri de son inconscient. Et l’éditrice qu’elle était et resterait, même dans la mort, commençait à fomenter un plan, encore trop discret pour être perçu derrière la panique qui la déchirait pour le moment.

 

Chapitre 25

Le chapitre manquant

Chris Simon

 

Appeler cette cabine Économie Première plutôt que Première Économie lui parut plus idoine. Geneviève ne réfutait pas qu’elle détenait un bon 30 centimètres de plus pour ses jambes, une assise large, un repose-pied et dans une main la coupe de champagne que venait de lui offrir l’hôtesse, mais elle rageait de devoir utiliser les latrines de la classe Économie. Après avoir décidé de vérifier à la source la véracité de ce que la L.I.S. affirmait, elle avait plié bagage en vingt secondes chrono et se réjouissait d’être débarrassée d’Elias Armand. Le seul psychopathe à ce jour qui l’ait baisée. Une fois les coucougnettes desséchées, le cœur en panne, il se décomposerait dans son fauteuil fétiche et ne témoignerait pas. Rassurée, Geneviève avait parié sur l’océan Pacifique d’après les descriptions du manuscrit. Elle saisit la deuxième coupe qu’on lui tendait et la dégusta en pensant à Noémie, la meilleure stagiaire qu’elle ait eue. Une jeune femme efficace et drôle. De l’autre main, elle referma le chapitre manquant de Claude France qu’elle venait de relire, y cherchant le moindre indice supplémentaire. Le bourdonnement des réacteurs l’assommait, elle s’enfonça dans les oreilles les deux bouchons qu’elle trouva dans la trousse de bord et feuilleta le catalogue Air France. Tahiti. Ses plages, ses atolls, son ciel bleu, ses eaux turquoise… et Noémie, éditrice dans sa ville natale, Papeete. Elle lui avait dégoté un super guide, Afaitu, topographe et amateur de plongée sous-marine incollable sur la région. Son ex-stagiaire lui avait confirmé qu’un naufrage avait bien eu lieu au large des atolls de Tuamotu, mais la catastrophe n’avait pas fait couler beaucoup d’encre dans la presse locale. Pourquoi les compagnies aériennes servaient toujours un fricassé de poulet au lieu de mouton ou de veau ? L’Économie Première n’échappait pas à la règle. Une sauce mauve nappait des morceaux luisants et ronds. Sceptique sur la qualité du cru, Geneviève accepta un quart de vin, plus pour accélérer le temps que par goût. Elle rêvassait. Qu’allait-elle découvrir ? Des restes de cadavre dévorés par les requins, des survivants mal rasés revenus à l’état sauvage ? Elle se souvenait de Robinson Crusoé, une lecture de jeunesse. Trouverait-elle simplement des auteurs affamés, creusant le sable en quête d’une feuille et d’un stylo ? L’idée la divertit. Elle reposa le pain trop mou et en recracha une bouchée. Courait-on encore après la gloire pris dans les affres de la survie ? Non, ces salauds n’auraient ni sa peau, ni sa carrière.

 

 

Chapitre 26

Le rappeur

Fanny Haquette

 

            Antsfryd Patyn entendit aussi subitement ce cri de terreur. Il était sans doute plus près que les autres abrutis restés au campement. Il préférait être loin d’eux, de toute façon. Il n’avait confiance en personne, à part son seul compatriote danois, un certain Francky Thiliersen qu’il connaissait un peu. Il se précipita vers le haut de la colline.

            Une espèce de brouillard flottait à même le sol. Plus Antsfryd avançait, plus cette brume se faisait plus dense, lui arrivant à mi-cuisse. Il continuait quand même de courir et se ramassa une gamelle phénoménale en butant contre quelque chose. Il atterrit dans la végétation. Il se releva péniblement mais en restant à quatre pattes. On voyait mieux à une trentaine de centimètres du sol. Soudain, il vit Francky Thiliersen, visage et poitrine en sang comme déchiquetés, chair et chemise en lambeaux. Antsfryd s’approcha. Francky vivait encore, il tremblait, un rouleau de feuilles manuscrites serré contre lui. Il essaya de parler. Antsfryd mit son oreille près de la bouche du blessé :

« Ne pas donner… ligue imaginaire… danger… arghhhh… »

Et il mourut dans un râle rauque. Antsfryd prit le rouleau et le cacha vivement dans sa chemise en entendant les autres arriver.

La ligue imaginaire ? Il voulait sûrement dire la Ligue de l’Imaginaire Sanglante. Il ne les connaissait que trop bien, hélas…. Il avait déjà fait appel à leurs services par le passé. Erreur de jeunesse… Juste parce qu’un écrivain avait qualifié ses livres de nourriture à cochons. C’est vrai que ses chansons de rap en poème remportaient un franc succès auprès de la jeunesse. Le gars s’était retrouvé dans le coma quinze jours après avoir été plongé dans le canal de Bergues. Il garderait des séquelles toute sa vie… Antsfryd n’en était pas fier. Et c’est au cours d’une soirée entre écrivains, bien arrosée, qu’il s’était confié à une fille au bar. C’est ainsi qu’il eut connaissance de la Ligue du Chapitre 22 dont la devise était JAV (Justice, Apéro & Vérité). Elles étaient malignes et douées, les nanas. Il s’était lié d’amitié avec elles et avait fait serment de leur jurer fidélité en intégrant leur ligue. D’ailleurs, il se souvient d’une soirée très chaude avec l’une d’elles. Il n’oublierait jamais l’humidité de sa langue sur sa peau, les mouvements de son bassin et la douceur de ses doigts experts sur son sexe…

 

 

Chapitre 27

Fin de partie… ou pas

Aurélie Pelletier

« Ne t’inquiète donc pas, darling, tu ne vas pas mourir tout de suite : tu as tout le temps, pour ça, n’est-ce pas ? » lui avait susurré Barbara A. avant d’éclater d’un petit rire diabolique, apparemment satisfaite de son trait d’ironie soulignant l’art de sa scène de crime sans aucun doute la plus réussie, puis de partir en arborant un éclatant sourire pour le laisser agoniser seul dans ce fauteuil pourri…

Et ça, pour agoniser, il agonisait… Quelle salope ! Elle comme l’autre timbrée de Geneviève V. et toute la gente féminine réunie. En littérature comme dans la vie, ce sont surtout des femmes dont il faut se méfier, lui avait-on dit… Et il en avait encore fait l’amère expérience aujourd’hui, l’ultime de sa vie a priori…

D’ailleurs Elias Armand n’était pas dupe : contrairement aux hommes et à leurs délires mégalomaniaques puérils, les autrices s’étaient méfiées de sa croisière littéraro-touristique et ne s’étaient que trop peu laissées embarquer dans son piège diabolique…  « Des salopes ! » se répétait-il, tandis que son esprit hurlait de douleur sans que son corps, lui, ne parvienne à réagir…

Et pourtant… Oui pourtant son stratagème avait parfaitement réussi ! Ce qu’il regrettait simplement, c’était de ne pas assister au grand final qu’il leur avait préparé, à tous… À Geneviève, qui n’était décidément pas au bout de ses peines, comme à l’autre abruti de Claude France qui pensait l’avoir berné à son propre jeu… A ces auteurs, toujours en quête de plus de succès et de notoriété, comme à la L.I.S. qui se croyait aussi redoutable qu’en sécurité… « Patience, mes petits chéris » se disait-il en pensant esquisser un sourire qu’il ne parvenait pourtant plus à afficher, « patience… Bientôt vous aurez le plaisir d’être en première page de tous les journaux, magazines, sites, blogs, réseaux sociaux et autres foutus médias réunis… Patience, vous l’aurez bientôt, votre heure de gloire ! Avant de finir dans un cercueil ou derrière les barreaux… Tout se mérite et se paie, mes doux agneaux, et vous paierez, ça je puis vous l’assurer » se dit encore Elias Armand avec une pensée particulière, presque émue, pour cette chère Geneviève V. qu’il ne verrait malheureusement pas souffrir davantage… Quel dommage, tout de même, c’était le personnage préféré de mon histoire, j’aurais tant aimé pouvoir la torturer encore un peu » regretta-t-il, avant de s’évanouir à l’intérieur même de son être…

 

Chapitre 28

Retrouvailles

 Olivier Vesier

 

Elle le regardait se déplacer autour du lit. De chasseuse elle était devenue proie, comment aurait-elle pu résister à ce superbe spécimen ? Un visage à la mâchoire carrée, des yeux d’un bleu profond insondable et ce corps musclé… Qui plus est le ramage était en accord avec le plumage. Non, elle n’avait pas laissé passer ce trophée rencontré dans son club fétiche et elle s’en délectait.

Nue sur les draps de soie, elle se laissait attacher au lit. Le programme allait être torride. Il finit de serrer les nœuds puis lui inséra une boule bâillon dans la bouche : « Nous sommes dans un hôtel de luxe, je n’ai pas envie d’être dérangé pendant que nous serons en plein effort. Je vais chercher quelques accessoires…» Il disparut de son champ de vision. « Au fait nous ne serons pas deux mais trois, cela ne te dérange pas j’espère ? »

Il réapparut, poussant un homme en fauteuil roulant.

« Salut Barbara, ça te rappelle quelque chose ?»  Elias souriait. « Je te rassure, tu as bien travaillé. Mon neveu ici présent m’a récupéré chez ta cliente sinon je ne serais plus là. Il a réussi à endiguer la gangrène, même si elle aura ma peau. L’essentiel, c’est de boucler ce que j’ai à faire et c’est pas mal parti. Tu m’excuseras mais je suis assez pris par le tempsil va s’occuper de toi car je dois encore cicatriser pour pouvoir tenir debout

Son neveu posa une mallette sur ses genoux et l’ouvrit. À côté d’un bocal se trouvaient une seringue pleine, des bistouris et une paire de gants chirurgicaux. Il enfila ces derniers et prit la seringue.

L’aiguille s’enfonça à plusieurs reprise dans le ventre de la tueuse.

«Une fois que l’anesthésiant fera effet, il te fera une jolie ouverture de haut en bas. Nous restons humains tout de même. Si tu es forte, tu vivras assez longtemps pour voir tes entrailles sortir de toi ? C’est un spectacle que l’on a rarement l’occasion de voir, non ? Alors fais l’effort s’il te plaît ! Pardon ? Tu disais ? Le bocal ? Il ne te concerne pas, enfin pas vraiment. »

Il l’ouvrit et en sortit un doigt.

« C’est le doigt d’une connaissance commune, Claude France. Il te sera inséré post-mortem mais il est destiné à faire mousser la brigade criminelle. Sur ce, que le spectacle commence ! Francis, à toi ! »

 Elle ne leur donna pas la satisfaction de verser une larme , elle fixa Elias dans les yeux depuis la première goutte de sang jusqu’à ce que ce qui était son ventre soit béant.

 

 

Chapitre 29

Alias Elias

 Sébastien Dourver

 

Elias Armand crut d’abord à une banale expérience de mort imminente.

C’était après tout une hypothèse fort crédible : d’abord il faisait sombre, ensuite il avait très froid, et puis il lui semblait flotter en hauteur… sans oublier le fait que son propre cadavre gisait sur une grande table de pierre juste devant lui.

Et cela correspondait en tous points à la description d’une sortie de corps qu’il avait entendue de la bouche-même de feu Pierre Bellemare sur une chaîne de la TNT.

Toutefois, lorsqu’il se ratatina lamentablement la gueule par terre, Elias Armand prit douloureusement conscience qu’il n’était pas encore tout à fait une entité spectrale immortelle étrangère à la douleur mais bel et bien encore et toujours un être humain capable de se niquer la cheville.

« Sa grosse mère la… » n’eut-il heureusement pas le temps de finir en se relevant. Car dans un drôle de miroir en forme d’étoile à cinq branches, il découvrit avec le plus grand étonnement le visage de Francis T.

« Sa grosse mère la pute », murmura-t-il cette fois.

Étant donnés les tristes événements récents ayant affecté ses parties intimes, Elias Armand eut le réflexe de vérifier avant toute chose l’état de ses testicules. Réflexe idiot vu qu’il avait changé de corps mais dans sa situation, qu’il l’en blâmerait ? Après avoir tiré sur son haut de jogging et son boxer, il eut un rire nerveux… avant de réaliser avec effroi que ce pénis serait désormais le sien. Il ne put alors résister à une drôle de pulsion. Il lui fallait l’essayer. Il fit la chose contre un mur pour éviter de trop penser à la présence de son propre cadavre dans la pièce.

Il s’apprêtait alors à se diriger vers son ancienne enveloppe corporelle quand il heurta un guéridon sur lequel se trouvait une petite assiette contenant ce qui, au fumet, lui semblait être du bœuf marengo. Détendu, il ne put résister à l’envie de goûter le plat qu’il trouva à ce point fameux qu’il finit par en saucer l’assiette avec son doigt avant de le lécher.

C’est là qu’il vit la lettre sous l’assiette.

« Tonton, tout ceci doit peut-être vous sembler farfelu. Mais d’abord vous n’êtes pas mon oncle, enfin je ne suis pas votre neveu. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi vous m’avez toujours cru alors que nous ne nous étions jamais vus auparavant mais bon, passons… Je suis l’équivalent maléfique d’un ange gardien, votre protecteur. Alors je ne sais pas si c’est clair mais en gros mon « patron » adore votre travail et m’a demandé de vous protéger à tout prix. Or, à la suite de votre gangrène des couilles il a fallu que j’utilise les grands moyens en vous réincarnant dans mon corps. Pour cela j’ai dû avoir recours à un fastidieux rituel druidique incluant des légumes de saisons, quelques épices et vos testicules… Je vous laisse deviner la suite, pas besoin de détails scabreux. Prions (je rigole) simplement pour que votre gangrène des couilles n’ait pas altéré le processus qui est un peu touchy quand même, je ne vous le cache pas. Gros bisous. »

Tout en essayant de retirer un morceau filandreux qui s’était coincé entre ses dents, Elias Armand se posait beaucoup de questions. Et en particulier qui était ce « patron » dont parlait Francis ? Se trouvait-il chez cet homme en ce moment ? Il lui fallait réfléchir. Le miroir pentacle, les têtes de boucs empaillés, l’ambiance un peu austère… Peut-être s’agissait-il d’un architecte d’intérieur féru de taxidermie ?

 

Chapitre 30

Une part de ténèbres

 Yannick Provost

 

Le King trônait au bout de la table autour de laquelle figuraient des écrans LCD. Malgré son aversion pour la technologie, il s’était laissé imposer ce mode de communication. Aucune réunion physique. Ne jamais prendre le risque d’être confinés dans un même lieu. Avoir la capacité de dialoguer d’un bout à l’autre du monde à chaque instant. Pour la grandeur du KFC, il avait cédé.

Le KFC, ou le club des 10. À eux seuls, ils pesaient plus de la moitié des ventes mondiales. Par vidéos interposées, la réunion avait commencé. La moitié des écrans étaient éteints. Des membres imminents, dont Harlan et Dan, manquaient à l’appel. Pour cause, soit ils n’avaient pas survécu à l’attaque de la L.I.S., soit ils avaient mystérieusement disparu. Les corps de Connelly et de Lehane avaient refait surface sur une plage de sable blanc d’un petit paradis. Les touristes affolés avaient pris leurs jambes à leur cou à la vue des cadavres bouffis, gonflés, et dévorés partiellement.

Là où le quidam moyen aurait été dépité, abattu et se serait carapaté, le King flottait dans son élément. La confrontation entre le Bien et le Mal, il adorait ! Gommer la frontière séparant la réalité de l’imaginaire, également.

Les écrivains étaient des humains à part. Lui était encore au-dessus de cette masse.

« Nous devons rendre coup pour coup. Fuck ! Hors de question de se laisser décimer. Bloody frenchies ! gueula Ellroy dans son écran, à en faire péter son micro. Faut les éviscérer et leur coller une balle dans la tête.  Mother fucker ! On doit éliminer ces creuvards.

 – On se calme et on réfléchit, J, reprit le King. Nous avons créé de toute pièce la Noire. Nous maîtrisons la peur. Nous sommes l’effroi et les tremblements. Ce n’est pas une éditrice française ou une bande d’écrivains qui vont dicter leur loi. L, quelles sont les infos dont nous disposons ? »

La femme de l’Oregon prit la parole tout en relevant sa mèche blonde. D’une voix maîtrisée, Gardner annonça :

« Soyons clairs, nos agents sur place se font rares. Heureusement, il nous reste des Canadiens, deux Suisses et un Italien qui nous sont toujours dévoués. Ils mentionnent l’existence d’un manuscrit hors norme et confirment que l’éditrice Geneviève Van Luth, ou quelque chose d’approchant, joue un rôle dans cette histoire. Victime ou tête pensante, rien n’est sûr. En revanche, il semble que l’ADN soit aux fraises. Découvrir Grebe dénudée, le visage à moitié bouffé par les poissons et flottant aux côtés des nôtres, les a refroidis.

 – Alors butons cette fucking Van Truc. Putain, c’est pas sorcier ! » cria Ellroy.

Le King souffla, histoire de ne pas craquer. Certes, Ellroy était un élément incontournable, mais son caractère faisait de lui un homme usant à gérer. Plus le temps passait, moins il supportait son pseudo-puritanisme et son affreuse manie de jurer pour se faire remarquer. Mais il devait avouer qu’il avait une aptitude à la violence et cela frisait le don divin.

« Oui, J. Promis, il y aura des morts. Mais on ne tuera que si j’en donne l’ordre. Alors tu te calmes » reprit le King.

 

Roadmaster

 Ernest Corto

Des profondeurs de son Maine ombrageux, il surplombait le monde. Tout en fixant sa caméra, il prit une poignée de secondes pour réfléchir. Le silence se fit à travers le réseau informatique sécurisé du KFC, comme pour marquer la pesanteur de sa pensée. Son sourire s’effaça.

« Il y a trois priorités à gérer. Il nous faut sans tarder nous allier à celui que nos homologues mais néanmoins ennemis, L.I.S. et ADN, ont omis de mettre de leur côté :  le lecteur. Ensuite on reprend la main sur le business. Enfin, on punit. Donc je vous propose de faire un exemple tout en les décrédibilisant. Vous m’activez Hawkins. Elle doit être encore sur Oxford. Elle sait y faire pour brouiller les pistes. L, vous lui ordonnez de mettre l’opération Manook en place.

 – Manook ? demanda Gardner. Vous voulez dire, un attentat dans la plus grande librairie de France ?

 – Oui, un attentat suicide commis par un fou désespéré. Je veux de la violence, de l’hémoglobine et des innocents dans tous les coins. On ne lésine pas sur le nombre de victimes. Ça doit être romain, antique. Une prouesse monstrueuse. Si vous avez un enfant ou deux, même précoces, c’est encore mieux. Cela marque l’opinion. »

King marqua une pause pour appuyer son ordre.

« Mais surtout, surtout qu’elle fasse en sorte de relier cet assassinat de masse à la L.I.S. C’est la clé. Pendant ce temps, J, tu vas pouvoir chasser de l’éditrice. Tes talents de psychopathe vont enfin nous être utiles. Tu vas pouvoir ressortir tes chemises à fleurs et faire bronzer ta peau blanche. Un vol pour Tahiti t’attend. »

Sous ses lunettes rondes, la bouche du septuagénaire californien se tordit de contentement. Il allait pouvoir bouffer du frenchie. Venger ses associés ne l’intéressait pas. De toute manière, il n’avait jamais pu piffer D et l’autre grand couillon. Mais châtier du frenchie, c’était une autre histoire. Ils allaient en prendre plein les miches. Il détestait ces bouffeurs de fromage qui l’accueillaient sur leurs plateaux télé avec autant de déférence que de dédain. Toutes ces chiffes molles le trouvaient réac’. Ils allaient en baver. Cherry on the top, il allait pouvoir s’éclater sur une éditrice. Cette Geneviève V, dont il venait de recevoir le dossier sur son smartphone allait souffrir.

« Yeah, in a good mood now ! Je m’en occupe avec plaisir » répliqua Ellroy.

Sur ce, le King mit fin à la communication. Satisfait, il retourna son fauteuil pour fixer sa fenêtre. Du haut son bureau, au-delà de Bangor, son puzzle machiavélique se mettait en place. Exactement comme il l’avait écrit. Il n’était pas le King pour rien !

 

La suite, après demain avec l’épisode 32

 

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