Papote d’auteur : Isabelle Villain était avec David Ruiz Martin

Papote d’auteur 

Isabelle Villain était avec David Ruiz Martin

 

Souvenez-vous il y a quelques jours Isa nous parlait du dernier roman de Papote d’auteur : Isabelle Villain était avec David Ruiz Martin, Seule la Haine 

 

Aujourd’hui elle nous propose une « Papote d’auteur »


Interview

Isabelle Villain était avec David Ruiz Martin

Bonjour David, pour ceux qui ne te connaissent pas encore très bien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Avec plaisir. Alors, je suis espagnol d’origine et donc bilingue, né à Madrid il y a 41 ans (dans l’hôpital qui se trouve juste à côté du stade Santiago Bernabeu, celui du Real de Madrid), et je suis arrivé en Suisse vers l’âge de quatre ans. Je suis marié et j’ai un fils d’une année et demi. Je suis patron d’une entreprise de menuiserie, donc absolument rien à voir avec le monde littéraire et celui de l’édition, ce qui me pousse parfois à faire des grands écarts dans ma tête, pour passer de l’un à l’autre durant mes journées…

As-tu une autre passion que l’écriture ?

Je dirais que les jeux vidéo ont accompagné une bonne partie de ma vie. J’y joue bien moins souvent à présent, mais garde toujours un œil sur ce qui se fait.

J’adore le cinéma, tous genres confondus (ou presque).

J’ai aussi baigné dans la musique électronique, avec quelques victoires à des dj contests à mes débuts (entre 17 et 20 ans), puis j’ai participé à quelques grosses soirées en salle, en open-air et même à des soirées sauvages et peine forêt, dans ma région, jusqu’à ce que je calme un peu le rythme, aux alentours de trente ans. J’ai gardé tout mon matériel, dont plusieurs centaines de vinyles (oui, on mixait sur vinyles il y a 15 ou 20 ans, la meilleure époque ! J ) mais tout est débranché pour le moment.

Un livre qui t’accompagne ?

Le premier qui me vient est « Écriture, mémoire d’un métier » de King, livre que j’ai lu trois fois et qui est à l’origine de mes débuts dans l’écriture, justement. C’est ce livre qui m’a poussé à tenter l’aventure, aux alentours de 33, 34 ans, à ne pas douter, en plus des nombreux conseils qu’il propose aux jeunes auteurs.

Une chanson ?

Je mettrais plutôt un album : « J’accuse » de Damien Saez, sorti en 2010 et que je prends beaucoup de plaisir à réécouter encore aujourd’hui. Je trouve que ce type a une plume extraordinaire, percutante et sensée, parfois dénonciatrice, parfois pleine de sensibilité.

Et pour la chanson (qui m’accompagne parfois durant mon écriture) je mettrais : « Nightcall » de Kravinsky.

Un film ?

« Peur primale » avec Richard Gere et un tout jeune acteur qui débarquait à l’époque, un certain Edward Norton (qui sera nominé pour les Oscars et recevra même un Golden Globe pour ce brillant second rôle).

Ce film est l’exemple type d’un excellent thriller psychologique, qui te retourne le cerveau dans les dernières minutes, te colle deux claques et te fait mettre un genou à terre ! (C’est justement ce que j’ai tenté de faire avec « Seule la haine ») J

Un voyage ?

Bali, sans hésiter, pour la beauté de ses paysages, la gentillesse des gens et le mélange des religions, qui semblent très bien cohabiter (et sans que cela impacte, justement, sur les croyances de chacun !)

Tu écris depuis combien d’années ?

J’ai entamé l’écriture de « Le syndrome du morveux » en 2012. Publié en autoédition en début de 2014. Avant ça, je gribouillais quelques phrases, pensées, début d’idées, sans réellement être convaincu d’un jour, être capable de pondre un bouquin de 400 pages. Puis l’idée d’un premier roman m’est venue et j’ai mis près de deux ans à le terminer. Personne n’était au courant que j’écrivais. C’était mon petit plaisir personnel. Seule ma femme savait, sans connaître exactement la nature de mes écrits. Quand j’ai publié ce premier roman, j’ai créé une énorme surprise dans mon entourage.

Es-tu un gros lecteur ? et si oui quel est ton genre de prédilection ?

J’ai beaucoup lu durant l’adolescence (j’ai dévoré presque tous les « King » entre 15 et 20 ans !). Il m’arrivait parfois de relire les mêmes passages/chapitres plusieurs fois, pour analyser la construction, le rythme, sans plus de raison que celle du plaisir. Je me projetais peut-être déjà, inconsciemment, à vouloir un jour écrire un roman, moi aussi. Aujourd’hui, vu que j’écris, je lis du coup un peu moins. Mon genre de prédilection est bien évidemment les thrillers, psychologiques de préférence.

« Seule la haine » est un thriller oppressant très original. Comment t’es venue l’idée de cette confrontation entre tes deux protagonistes ?

L’idée m’est venue durant l’été 2018, au bord du lac de Neuchâtel (la ville où je vis depuis pas mal de temps). J’étais avec un ami et nous discutions de choses et d’autres, des problèmes du quotidien, et à un moment, je lui ai dit : en réalité, tous les problèmes de notre génération découlent des erreurs de la précédente…

Ça m’a fait tilt dans la tête et le soir, j’ai commencé à écrire un texte, une sorte de monologue ou plutôt les diatribes d’un ado très éveillé envers un adulte, à qui il reprocherait tous les maux du monde comme s’il représentait à lui seul tous les responsables. J’ai travaillé ce texte, et il m’a finalement servi de fil rouge à l’histoire de « Seule la haine ». Je l’ai même en grande partie intégrée au second chapitre, de cette manière, j’ai voulu prendre le lecteur (ainsi que Larry, le psy) en otage, et qu’il se sente particulièrement impliqué dans l’histoire.

Tu écris avec un plan bien détaillé ou au « fil de l’eau » ?

Lorsque je commence un roman, en général, je sais exactement comment je vais le terminer, et quels sentiments je veux tenter de provoquer chez le lecteur. Avant de débuter l’écriture, il se passe plusieurs mois (parfois des années) où je cumule les idées, des moments précis, des amorces de dialogue aussi, où je crée les personnages et leur donne vie. Et lorsque, toutes ces idées mises bout à bout dans une sorte de story board, me plaisent et qu’il y en a assez, c’est à ce moment que je commence réellement l’écriture. Mais il arrive aussi que certaines idées me viennent sans jamais aboutir à quelque chose de concret.

La couverture de « seule la haine » est très réussie. C’est toi qui en es l’auteur ?

Sur l’image, c’est moi avec le masque, oui. J’ai pris un photographe pro (un p’tit jeune bourré de talent de 19 ans, sur Lausanne) et nous avons sillonné la ville à la recherche de l’endroit idéal, avec lui, ma femme et mon fils encore en poussette… 😉

J’avais déjà une idée assez précise de la mise en scène, et je voulais donner une ambiance dans le style du film « Sin City », entre le réel et l’abstrait, le rêve et le cauchemar…

Le cliché a été pris le soir, proche de la gare de Lausanne.

Bluffée par ton style, penses-tu avoir progressé depuis ton premier roman ?

Je l’espère ! J

J’ai en tous les cas plus d’assurance dans mes écrits, et les erreurs que j’ai pu commettre sur les premiers romans me servent aujourd’hui, comme par exemple : noter l’âge exacte de chaque personnage. En quelle année se déroule l’histoire. Reporter chaque événement majeur en bas de page pour ne rien oublier. Cela peut paraitre bête, mais c’est ce qui m’a pas mal ralenti pour l’écriture de « Le syndrome du morveux », mon premier roman, où j’avais mélangé certaines dates et qui m’avait poussé à devoir revoir tout le texte…

Il y a aussi eu mes premières participations à des concours de nouvelles qui, je pense, m’ont grandement aidé à affiner mon écriture. Une nouvelle nous empêche de trop nous étaler. On doit aller à l’essentiel, condenser les phrases, repenser la construction pour avancer rapidement, tout en gardant le lecteur en haleine. Chaque mot doit être pesé, réfléchi, pour maintenir un rythme cohérent.

Le polar suisse est en plein boum. As-tu déjà rencontré tes illustres collègues ?

Je connais un peu Nicolas Feuz (qui m’a, justement, écrit la préface de mon petit dernier), car nous vivons dans le même coin, et nous sommes déjà pas mal croisé sur des festivals de musique ou de films par ici. Nous avons, justement, un projet en cours, avec trois autres auteurs suisses romands, qui viendra cet automne, mais c’est encore trop tôt pour en parler plus J

Pour les autres auteurs, je n’en connais que très peu, je débarque seulement dans ce milieu, et étant, de par mon métier, très loin du monde littéraire, je n’ai que les salons ou certaines dédicaces pour provoquer ces rencontres.

Travailles-tu sur un autre projet ? Et envisagerais-tu d’écrire autre chose que du thriller ?

J’en ai toujours plein ! Déjà, le projet cité plus haut qui arrivera d’ici deux ou trois petits mois. J’ai déjà bouclé mon 5ème roman, qui est un thriller légèrement axé sur l’ésotérisme avec quelques touches surnaturelles. Il se déroule entièrement dans ma région, entre Neuchâtel, Bienne et Yverdon. Le roman est actuellement en étude chez quelques éditeurs, je dois donc encore patienter un peu avant de vous en parler davantage.

J’ai déjà entamé l’écriture de mon 6ème roman, un thriller lui aussi, et j’ai en projet un second recueil de nouvelles, (le premier étant « La face cachée de l’arc-en-ciel », une autoédition) encore en standby.

Pour ce qui est d’écrire autre chose que du thriller, je l’ai déjà fait avec mon second roman autoédité « que les murs nous gardent », qui était plutôt axé sur l’épouvante.

Et aussi, avec mon troisième roman, « Je suis un des leurs », où je racontais le parcours d’un jeune journaliste, parti à Madrid pour tenter de retrouver l’amour perdu de son grand-père, une gitane qu’il avait connu durant la guerre civile espagnole. Le roman se déclinait en deux histoires principales, une se déroulant de nos jours et l’autre où je relatais le quotidien du grand-père durant la guerre jusqu’à la dictature sous le régime de Franco. Un roman très personnel, de par mes origines et aussi, du parcours de mes grands-parents, qui ont connu la guerre, et mon père qui a vécu la dictature à Madrid.

J’ai encore quelques autres idées pour des romans autres que du thriller, mais j’aimerais me constituer une petite bibliographie dans ce genre, trois, quatre ou cinq romans, avant de bifurquer à nouveau vers quelque chose d’un peu différent.

Pour conclure, un coup de cœur ?

Tout ce petit monde de l’écriture, auteurs, lecteurs, blogueurs, que j’ai eu la joie de rencontrer au fil des sorties de mes romans, ainsi que des salons, et qui se reconnaîtrons !

Un coup de gueule ?

Y a toujours trop de salade dans les dürüms !! J

Non, plus sérieusement, niveau littérature, la période que nous sommes tous en train de vivre va certainement couper les jambes de pas mal de petits libraires, et il risque de rester uniquement les poids lourds de la distribution, ce qui serait catastrophique pour le monde du livre.

Et un dernier petit mot ?

Déjà, un grand merci à toi, Isabelle, pour cette interview !

Et merci à tous ceux qui me suivent depuis mes débuts, ainsi qu’à celles et ceux qui prennent le train en marche et me découvrent avec « Seule la haine », mon 4ème roman !

Puisse l’aventure se poursuivre longtemps !

Je vous dis à très (très) vite 😉

5 réflexions sur “Papote d’auteur : Isabelle Villain était avec David Ruiz Martin

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