L’œil était dans l’arbre … et regardait de drôles d’oiseaux de Michel Picard

Le livre : L’œil était dans l’arbre … et regardait de drôles d’oiseaux de Michel Picard – Paru le 04 juillet 2019 chez L’harmattan – collection Cabaret –  29 € (442 pages) ; 16 x 24 cm

 4ème de couverture :

Un thriller bestial qui pourrait vous écorcher l’âme, si vous croyez à l’honnêteté de tous les protecteurs des animaux.

Alors qu’il ensevelit un cadavre dans une caverne forestière de l’Ouest parisien, Adrien, presque dix-huit ans, ornithologue passionné, a bien du mal à se remettre du cataclysmique règlement de comptes familial auquel il vient de survivre, grâce à divers animaux : araignée et serpents venimeux, rhinocéros, hyène, perroquet et divers chiens qui, de leurs crocs, griffes, cornes ou dards, avaient eu des actions déterminantes, voire radicales, sur ceux qui, au lieu de les protéger, les exploitaient, ou pire, les martyrisaient…
La veille, sa mère, productrice d’une émission télévisée de défense des animaux, et son père, chirurgien esthétique, avaient été brutalement confrontés à un processus machiavélique d’investigation de leurs multiples perversités, commises depuis des dizaines d’années, après leur rencontre, quasi-initiatique, devant Le Cavalier de l’Apocalypse, un des Ecorchés de Fragonard, emblème du musée du même nom. Une autopsie à vif de la vie éminemment déviante de ses parents, menée par des inquisiteurs particulièrement vindicatifs…

L’auteur : Né à Paris en 1947, Michel Picard a travaillé dans le monde du cinéma et de la télévision où il a été assistant-réalisateur, puis réalisateur et surtout scénariste, et il vient d’écrire (enfin) son premier roman, un thriller fantasque.
Il a commencé par des films de copains en 8mm dont Tu es un gnome mon fils, diffusé en cabaret, puis a effectué ses stages dans le cinéma, avec pour producteur Georges de Beauregard, sur Le petit bougnat et Le mur de l’atlantique. Fort de ces expériences, il a eu la chance d’effectuer son service militaire à l’ECPA où il a réalisé sept films en 35mm dont Les moyens de veille et d’attaque du sous-marin, au cours duquel la Louma a été inventée.
Ensuite, il a travaillé comme 1er assistant-réalisateur sur des téléfilms ou séries de Robert Mazoyer, Jean-Louis Bunuel, Michel Wyn, Peter Kassovitz, Jacques Doniol-Valcroze, Nicolas Gessner, etc., ainsi que sur des longs-métrages, Le Crabe-Tambour de Pierre Schoendoerffer, Train d’enfer et La rumba de Roger Hanin.
Entre temps, il a écrit, ou co-écrit, des scénarios de téléfilms dont, Un jour entre chiens et loups et Le wagon de Martin, réalisés par Patrick Saglio, puis Ressac réalisé par Jean-Louis Bunuel.
Il a co-écrit la série Le vent des moissons, trois épisodes de la série Navarro, divers dessins animés et assuré la direction de l’écriture des séries Seconde BC’est Cool ! et « Beaumanoir ».
En alternance avec ces écritures, il a réalisé quelques épisodes de fictions télés : Famille Fontaine et La saga d’Archibald, et des documentaires, dont 350 sujets pour 30 Millions d’Amis.
C’est ainsi qu’après ces tournages sur le monde animalier, sa part d’ombre, telle une gargouille échappée d’une cathédrale, s’est lâchée dans l’écriture de ce thriller familial et bestial. Il s’est laissé emporter par ses fantasmes, engendrés par les dérives de certains, qui prétendant défendre la cause animale l’utilisent à leurs propres fins. Toutefois, pour que cela soit supportable, il a choisi de le faire avec une dose d’humour. Donc, ayant une grande tendresse pour tous les animaux, certains de leurs représentants, de l’araignée au rhinocéros, en passant par un perroquet et des serpents venimeux, ont des actions déterminantes sur ceux qui, au lieu de les protéger, les exploitent ou les martyrisent…
De ce fait, il a choisi comme exergue la seule citation de Buster Keaton : « Si l’homme descend du singe, il peut aussi y remonter »
Extraits :
« Ses jumelles à nouveau pointées vers le rond-point d’où Blandine devait surgir, le motard en profita pour décoller de ses dents, à l’aide d’un ongle, deux moucherons écrasés sur l’émail. Il en récoltait souvent à cause du sourire qu’il avait quand il pilotait sa moto de collection »
–       « Y a-t-il eu des difficultés particulières lors des interventions qu’elle a subies dans votre clinique ?
–       Elle ne les a pas subies, elle les a sollicitées. Au moins six ou sept fois en quinze ans et non pas deux, comme elle prétend. Qu’elle n’ait pas retrouvé ses vingt ans, c’est possible, mais la chirurgie esthétique ce n’est pas Photoshop ! Moi, je rectifie ponctuellement. Ensuite, la matière vivante évolue selon le milieu dans lequel elle baigne. Dans l’alcool, mon ravalement peut souffrir. »
 
« Bien avant les vidéos de décapitations humaines devenues une arme des terroristes, il existait déjà des films clandestins montrant l’accomplissement d’un vrai crime, les snuffs movies. Dans les années 70, des sadiques filmaient l’agonie de leurs victimes, les copiaient sur des cassettes vidéo puis les vendaient sous le manteau »
« il n’avait rien à regretter, aucun acte de contrition à effectuer. Certes, ce qu’il avait fait était immoral, mais il y avait toujours pris du plaisir. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

L’œil était dans l’arbre … et regardait de drôles d’oiseaux de Michel Picard

Dans la famille Montbrun vous avez les grands-parents Tom et Francine, motards et en mission pour raccompagner en Bretagne le Jack Russel de leurs amis. Puis les parents Cyril, chirurgien esthétique qui rate ses opérations et Blandine, productrice de TV, à l’origine d’une fondation pour la défense des animaux et qui n’hésite pas à fabriquer de fausses preuves quand elle en manque. Enfin les enfants : Vincent, qui travaille pour une ONG, Flore, qui n’achève pas son deuil et toujours en proie à un choc post-traumatique du fait de la disparition de Sean et Adrien spectateur et en passe de prendre son destin en main.
A leurs côtés vous avez la famille Parson avec un patriarche absent, accidenté ou assassiné ou … bref absent, la mère Noreen elle aussi toujours en deuil de son Fils Sean accidenté, suicidé ou assassiné, elle-même victime d’une chute de cheval et réduite à l’état de légume, en voie de réveil.

Autour d’eux vous avez une belle galerie de personnages atypiques sans oublier les animaux serpents rhinocéros et autre mygale. Enfin, la star « Scarlet », un ara !

Tout ce petit monde est sous surveillance technologique …

Oui il y a du monde dans ces 439 pages, denses, servies par l’écriture cinématographique de l’auteur. Une bonne intrigue se noue dès les premières pages. J’y vois trois parties distinctes : la première où tous les personnages se croisent, avec des situations cocasses et originales, la deuxième sous la forme de deux huis clos où se déroule la quête de la vérité et une troisième partie plus fantastique qui m’a moins emballée. J’ai eu le même sentiment que pour Le cri de Nicolas Beuglet en me disant que les dernières pages (ici 150 tout de même) n’étaient pas nécessaires à l’histoire que nous conte l’auteur. Mais il s’agit là d’un avis très personnel, d’une lectrice de thriller mécréante, rationnelle et cartésienne …

La richesse de cet ouvrage réside aussi dans l’expérience professionnelle dont nous fait profiter l’auteur (homme de télé, réalisateur et scénariste notamment). Le monde audio-visuel est loin des Bisounours …

Bref vous l’aurez compris, un premier roman original qui pêche par sa longueur en perdant le lecteur dans une intrigue secondaire à moins que cela ne soit l’essentiel du roman auquel cas j’ai un doute …  Plaisant au demeurant pour les portraits.

20 réflexions sur “L’œil était dans l’arbre … et regardait de drôles d’oiseaux de Michel Picard

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