Exquis Cadavre exquis saison 2 : Un pacte sinon rien, la récap. livre 5

Exquis Cadavre exquis saison 2

Un pacte sinon rien, la récap. livre 5

Allez pour vous qui avez loupé un chapitre, voici le cinquième récapitulatif des premiers épisodes de notre nouveau cadavre exquis

L’idée avait le mérite d’être simple : liquider son auteur-vedette pour transformer en best seller son dernier manuscrit totalement délirant.
Geneviève V. n’avait plus qu’à trouver le bon tueur. Mais à jouer avec le feu on risque de se cramer les doigts, et tout le reste. L’éditrice n’avait pas prévu de croiser la route de son ancien tortionnaire ni de réveiller le Jaguar. Dans l’ombre un concurrent sadique attend son heure…

 

Ici retrouvez la première récap, livre 1 les 8 premiers chapitres.

Et là la deuxième, livre 2 chapitres 9 à 18

Ici la troisième, livre 3 chapitre 19 à 31

Et la quatrième, livre 4 chapitre 32 à 48

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 49

par Maud Vandenbyvanghe

 

Aux grands mots, les grands remèdes

Maud Vandenbyvanghe

Bernard M, à la terrasse d’un café, lisait tranquillement le journal. Depuis quelques jours, il ressentait une effervescence anormale, des tensions… La période bien qu’inédite ne présageait rien de bon. Toutes ces sorties décalées et regroupées avant les vacances, tout le monde se bousculant afin d’apparaitre en vitrine à la plus belle place… Période étrange, comportements étranges. Les derniers événements ne lui disaient rien qui vaille, tout s’enchaînait, naufrage, assassinats, disparitions et cet attentat. De simples coïncidences ? Sûrement pas, son expérience lui avait appris qu’autant de faits ne pouvaient être le fruit du simple hasard.

Jusque-là il était resté à distance raisonnable de ces guéguerres dans le monde du Noir, les batailles d’auteurs et d’éditeurs n’étaient pas de son ressort, mais ça allait bien trop loin. Il suspectait la L.I.S. de ne pas être étrangère au cataclysme qui se produisait.

En se dirigeant vers son bureau, il était décidé. Il devait monter une équipe hors normes. Pour cela il connaissait des hommes et des femmes de terrains, qui se moquent de la notoriété mais se battent pour la vérité et la justice.

Un café-cognac, il lui fallait au moins ça. Installé dans son fauteuil, téléphone éteint, il énuméra :

  • Servaz,

  • Markou,

  • Sharko,

  • Max,

  • Tomar,

  • Marion,

  • Rebecca,

  • Arsenius,

  • Lazare,

Des caractères bruts, durs, froids, sûrement incompatibles entre eux, mais le seul moyen d’empêcher les choses de s’envenimer est d’y mettre le paquet. Et si vraiment il n’y arrivait pas, peut-être faudra-t-il faire appel aux Faucons ou aux Espionnes. Il ne souhaitait pas en arriver là, franchement, car il savait qu’aucun retour en arrière ne serait possible.

Si une personne pouvait l’éclairer, c’était Vic. Il tentait de la joindre depuis trois jours sans succès. Devait-il s’inquiéter ?

Il rentra toutes les adresses mails, paramétra Skype. Il eut un doute avant d’appuyer sur le bouton. Et s’il se trompait, s’il s’alarmait pour rien ? Pour se convaincre qu’il prenait la bonne décision et se donner du courage, il fit un rapide tour sur les différents journaux et la réalité était criante. Il y avait urgence… Enter

Au bout de quelques instants, les visages de ses amis apparurent les uns après les autres. Deux manquaient à l’appel mais il y avait urgence !

« Bonjour à tous, j’espère que vous allez bien, êtes en forme et disponibles car j’ai un très mauvais pressentiment sur ce qui se passe dans le monde du Noir actuellement, aux quatre coins de la planète. Je vous fais un topo rapide et ensuite on voit comment on s’organise ».

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 50

par Jacques Vandroux

Quand c’est trop, c’est trop

 Jacques Vandroux

 

Fuckin’ blue sky ! Les mains derrière la tête, Dan observait le ciel azur, la mer qui étincelait, les quelques nuages qui ne donneraient pas une goutte d’eau. Il scrutait surtout l’horizon désespérément vide. Un paradis quand on est allongé dans un transat avec une piña-colada à la main, un enfer quand on dort depuis des semaines sur le sable et qu’on se nourrit en mâchouillant des algues ! Lui, le gentil Dan hypersensible, la gonzesse comme l’avait surnommé ce connard de Harlan, ne supportait plus personne ! Les ego de toutes ces stars des librairies, échouées sur cette putain d’île comme des merdes de chien sur un trottoir du XVIe arrondissement parisien, avaient prodigieusement désenflé. À commencer par ceux des Scandinaves : tous ces descendants de pêcheurs de harengs ou de paysans qui se prenaient depuis dix ans pour les rois du thriller mondial ! Sans déconner, pas un qui ne soit le nouvel empereur du noir suédois, le roi du polar norvégien, le prince du comté d’Östergötland, la révélation danoise de l’année… à croire qu’il y avait autant de prix que d’auteurs ! Ils s’étaient réunis entre eux, mais le soleil avait eu raison de leur peau laiteuse. Si Dan avait eu pitié des premières victimes, c’est avec satisfaction qu’il les entendait maintenant râler la nuit. Ses compatriotes ne valaient pas mieux : Harlan s’était autoproclamé leader et se prenait pour Rambo. Tous avaient vite remarqué que les leçons de survie qu’il prodiguait provenaient sans doute d’un manuel des Castors Juniors parcouru en dégustant une coupe de champagne. Dan aimait la France et sa culture, mais il détestait les Français… à commencer par ce raté de Claude France dont l’éditrice gonflait facticement les chiffres de vente à chacune de ses sorties. Mais c’est surtout à un homme qu’il en voulait ! Et c’est cette haine qui avait dicté sa décision irrévocable, un acte qu’il n’aurait jamais imaginé accomplir, même dans ses pires cauchemars ! Le King ! Fuckin’ bastard King ! Chaque année, Dan payait sa cotisation d’un million de dollars au KFC. En échange de cette valise de billets, le King avait promis aux dix membres une assurance vie Platinum, better than the best. Et quoi ? En plusieurs semaines, le King ne les aurait pas repérés ? Le KFC avait accès à des satellites capables de reconnaître la religion d’un mec en train de pisser ! Impossible de croire qu’ils n’avaient pas été localisés. Le King faisait le vide autour de lui, period ! Dan lui avait fait confiance, l’avait même vénéré… et l’autre l’avait lâché sans état d’âme ! Le problème avec les gentils, c’est que quand ils deviennent méchants, ils n’ont plus de limites. Dan avait décidé d’agir seul. Pendant des années, il avait fréquenté le Vatican et le monde parfois interlope qui gravitait autour. En 2007, il avait été admis dans une secte sataniste. Jamais il n’aurait pensé mettre en application tout ce qu’il avait emmagasiné pour ses romans. La veille, il avait discrètement subtilisé l’unique couteau du campement. Sa victime, il la tenait aussi. Une certaine Clarence P s’était introduite sur l’île pour régler un différend avec l’un des Suédois. Dan l’avait aidée à le localiser, et il devait rejoindre ce soir la chasseresse et sa proie. Ce que ne savait pas madame P, c’est que c’était elle qui serait sacrifiée. Pourquoi Lucifer préférait-il le sang d’une femme ? Dan n’en avait aucune idée, il s’en foutait, mais c’était dans le protocole. Une fois le pacte signé, il serait tout-puissant. Alors adieu les blonds, Harlan, Cloclo, son éditrice… et surtout le King.

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 51

par Cicéron Angledroit

Nuit d’échine, nuit câline

 Cicéron Angledroit.

 

Geneviève avait passé une nuit merveilleuse. Il y avait bien longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Ce matin, détendue et nue devant la grande glace de la salle de bains de sa suite, elle admirait la trace du string. Du plus bel effet. Dommage qu’elle ne puisse pas l’exhiber dans les rues de Paris. Ici, ça passait très bien. Pourtant, sa soirée de la veille ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. Cette explosion meurtrière, ces contrariétés liées à son poulain, cet Elias et tous ces gens qui gravitaient autour de l’affaire se mélangeaient dans sa tête. Mais il avait juste fallu une fuite de chasse d’eau pour que sa nuit prenne une tournure de rêve. Le moindre bruit l’empêchait de dormir. Alors vous pensez bien qu’un glouglou toute la nuit, ce n’était pas possible. À la réception, on lui avait dit que José, le responsable de la maintenance, ne pourrait pas passer. Il était dans le journal. Quelle bonne excuse ! C’était lui qui s’était fait bouffer par un requin dans l’anse bien nommée des Trépassés. Une journée de RTT qui lui avait coûté cher. On lui envoyait donc Ludo, le responsable de la piscine : un splendide Maori transgenre, tout à fait qualifié pour les problèmes de tuyauterie. Sur le coup, ça l’avait contrariée. Mais bien vite, à coups de pectoraux sous son paréo et de maniement de sa clé à molette, le bel éphèbe efféminé l’avait séduite. Se changer les idées lui avait paru bienvenu. Un peu trop maquillé pour elle qui n’aimait pas, tant en littérature que dans la vie en général, l’artifice ni la vulgarité. Et là, Ludo, il n’avait pas lésiné sur le fond de teint, le rimmel, le mascara et tout le reste. Mais quelle surprise une fois débarrassé de son legging et de son paréo ! Geneviève avait découvert la parfaite synthèse entre Natalie Portman et Rocco Siffredi. Quelle nuit, mes aïeux ! Ce matin, la chasse d’eau fuyait toujours. Mais qu’importe. Se refaire une santé l’avait complètement transformée. Même si les traces de griffures dans son dos commençaient un peu à réveiller un début de coup de soleil. Une femme nouvelle s’était levée. Une femme de décisions, une stratège froide et efficace. Ludo était parti au petit matin. Il lui faudrait un peu de temps pour reconstituer son côté Rocco. Pas mécontente d’elle, Geneviève avait réussi à convaincre Noémie et Vic de l’accompagner à l’anse des Trépassés, officiellement pour les présenter mutuellement et leur faire part d’une « proposition qu’elles ne pourraient pas refuser ». Ça ne voulait rien dire, mais ça marchait à tous les coups. Le rendez-vous était fixé dans une heure, en bas, où un taxi les prendrait en charge pour un aller simple. Enfin pour ce qui concerne ces deux pimbêches. Pas de temps à perdre. Elle glissa le Beretta T087 Target dans la ficelle de son string qui la serrait un peu trop et la boudinait d’un côté et enfila le paréo que, dans la précipitation, Ludo avait oublié. Retrouver un peu d’ADN du pisciniste serait sûrement utile. Et les requins aimaient le sang frais. Elle serait la seule survivante. Les traces de lutte (son dos lacéré), le paréo et son ADN retrouvé sous les ongles du technicien transgenre feraient son affaire. « Je me laverai les dents en revenant », pensa-t-elle en refermant la porte de la suite.

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 52

par Odile Villois

Une seule carte à jouer… celle du Joker

Odile Villois

 

Elle s’était assise à cette terrasse tout à fait par hasard. Elle avait acheté le journal, histoire de s’occuper et elle était abasourdie par ce qu’elle lisait… Un attentat dans une librairie… Elle n’en revenait pas… Qui était capable d’un tel acte ? L’article parlait de groupuscules qui existaient dans le monde de l’édition… La L.I.S., le KGB, non le KFC, là où l’on ne mangeait que du poulet… Elle hallucinait en parcourant le texte dont les caractères dégoulinaient du sang d’innocents. Nicolas L. mort, éparpillé, lui qu’elle connaissait un peu et qui lui apparaissait tellement… entier. Il y avait déjà eu ce naufrage, ces disparitions inquiétantes. Est-ce que tout ceci était lié ? Elle n’aurait jamais imaginé qu’être auteur puisse être aussi dangereux, elle qui l’était devenue il n’y avait pas si longtemps et qui s’en réjouissait.

Un homme était assis juste à la table de devant. De dos, il paraissait impressionnant. Nombre de journaux étaient étalés, tous pliés de sorte à ne laisser voir que ce qui l’intéressait, enfin c’est ce qu’elle en déduisit. Un maniaque, sûrement… Dans la main, il tenait, bah tiens, le même journal qu’elle ! Il sortit un PC portable d’une sacoche posée à ses pieds, qu’il déposa sans chichi sur la petite table de bistrot. Il leva la main et le serveur lui fit un signe de la tête. Dans la minute, un café-cognac lui fut apporté. Un habitué des lieux, à ne pas en douter… Elle observa le reflet du visage de l’inconnu sur l’écran du PC. Un visage carré, des yeux bizarres, noirs… enfin de ce qu’elle pouvait plus imaginer que voir. Elle prit sur elle de se décaler, intriguée, mais elle ne savait pas pourquoi… Sa chaise racla le sol, l’homme se retourna… Elle sourit, mais se figea au vu du regard que celui-ci lui lança. Elle bredouilla un « désolée », mais l’homme s’était déjà retourné. Elle ressentit comme un mal-être et le naturel reprit le dessus. Cet homme cachait quelque chose. Le journal… Un cercle rouge entourait une des photos de l’attentat. Un individu avec un bonnet… Un suspect ? Et cet homme, un flic ?

Soudain, elle l’entendit bredouiller comme une liste de noms dont elle capta quelques bribes… Sharko, Tomar, Rebecca… Cela lui rappela quelque chose… Puis, à l’écran, apparurent nombre de visages… Une téléconférence… Elle se pencha encore pour en voir plus… Il lui sembla que deux des conviés manquaient à l’appel… Ce qui s’ensuivit, elle ne put se l’expliquer… Un coup de folie sans doute, diront les moins téméraires… Elle se leva et s’entendit prononcer ces quelques mots…

« Pardon, mais je crois que je peux vous aider… »

L’homme eut un moment de recul, ferma le PC, et se leva, lâchant son journal. Un géant… Ou alors elle avait peut-être rapetissé…

« Qui êtes-vous ? Je ne vous permets pas.

 – Oh, ça va, il n’y a pas mort d’homme, enfin si, mais non… J’ai quelque peu entendu et suivi votre conversation, monologue somme toute, et si j’ai tout compris, je crois que je peux vous aider.

 – Comment ça m’aider ? Vous êtes gonflée, je ne vous connais même pas ! Vous écoutez mes conversations et rien que pour ça, je peux vous casser la gueule !

 – Moi non plus, il y a cinq minutes, je ne vous connaissais pas, mais il n’est pas trop tard pour pallier ce problème. Alors, on se détend, on respire fort. D’après ce que j’ai vu, vous avez contacté un certain nombre de personnes pour… Allez, avouez, votre journal parle pour vous, avec la tête que vous avez, vous montez une équipe pour traquer les auteurs de l’attentat. »

Elle savait qu’elle y était allée au bluff et elle n’en revenait pas elle-même d’avoir lancé cette phrase. Quand elle vit l’homme se rasseoir, comme anéanti, ramasser son journal, elle sut qu’elle avait vu juste… L’instinct… L’homme la regarda avec insistance une dernière fois et dit :

« Mais qui êtes-vous ?

 – Je suis Od… Je suis le Joker, votre Joker !

 – Mon Joker, mais…

 – Je vous propose mes services, contre quoi, je ne vous demande rien ! Votre équipe est au complet maintenant, alors faites le nécessaire pour que ce que vous vouliez entreprendre, aboutisse…

Il fallait qu’elle s’asseye pour ne pas défaillir… Dans quel guêpier s’était-elle fourrée ? Trop tard… L’homme ralluma son PC et dit :

 – Bernard M., asseyez-vous… OK, vous serez mon Joker…

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 53

par Betty Chacha

Un rendez-vous incertain

 Betty Chacha

 

Geneviève lui avait donné rendez-vous sur la plage la plus fréquentée de l’île.  Qu’est-ce que cela voulait dire, pourquoi sur ce lieu, de quoi avait-elle peur ? Vic ne comprenait pas bien la logique de notre éditrice. D’elle, elle ne connaissait que ce qu’elle avait pu lire sur les fiches de l’agence.

Geneviève s’était faite toute seule. C’était aujourd’hui l’éditrice la plus courue de tout Paris. Mais ça n’avait pas toujours était comme cela. Non, elle avait dû tout sacrifier pour réussir dans ce milieu très hostile. Si aujourd’hui elle était crainte et respectée, à ses débuts l’édition parisienne l’avait prise de haut. Elle, la petite provinciale montée à Paris pour vivre ses rêves en grand. Elle arrivait de nulle part, elle n’avait pas de connaissance, pas de piston dans les milieux littéraires. Mais elle avait la foi. Et si elle avait tout sacrifié pour parvenir à ses fins, empruntant à tout va et y mettant toutes ses économies, aujourd’hui elle était loin de la jeune femme un peu rêveuse et idéaliste qu’elle était à l’époque.

Geneviève s’était fait un nom à la force du poignet. Il faut dire que c’était une bosseuse, elle ne comptait pas ses heures, lisant et relisant les premiers manuscrits qu’on lui avait envoyés. Souvent des auteurs refusés ailleurs, mais derrière lesquels elle, Geneviève, avait su détecter le potentiel. Elle en avait levé des PPS, des probables plumes à signer. Elle avait travaillé avec eux sur leur texte. Oui, Geneviève était une chieuse. Elle était exigeante, ça lui faisait au moins un point commun avec Vic. Mais elle ne lâchait rien, quand elle faisait retravailler un texte s’était toujours pour en retirer «la substantifique mœlle ».

Elle avait fait de beaucoup de ses inconnus les meilleurs vendeurs d’histoires. La liste des meilleures ventes de Livre Hebdo ou de la presse mensuelle regorgeait d’auteurs maison. Elle avait à son actif nombre de best-sellers, ça lui avait rapporté gros. Et si aujourd’hui elle gagnait très bien sa vie, elle savait qu’elle le devait à son travail. Sa maison d’édition pouvait se permettre aujourd’hui de produire des textes plus complexes, de la littérature plus difficile d’accès, plus exigeante.

Elle avait travaillé dur sans même se payer, mais toujours en rétribuant honnêtement ses auteurs. Elle avait bossé comme une forcenée, n’ayant pour tout salaire qu’un plat de pâte au beurre, enfin quand il y avait du beurre. Pourtant, elle était déjà la seule à leur proposer un contrat à 14% alors qu’ils étaient encore inconnus.

 

Geneviève avait deux visages, l’un qu’elle présentait à ses collègues et néanmoins adversaires, les éditeurs, et celui que lui connaissaient ses poulains. Si GV se révélait âpre au gain et sans concession, elle était généreuse, et faisait passer sa passion de la littérature avant toute chose. Et c’est à cette Geneviève-là que Vic avait bien l’intention de s’adresser.

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 54

par Haïda Kios

Une alliance improbable

 Haïda Kios

Vic était arrivée la première sur la plage. Elle avait au préalable fait appel à son agence pour sécuriser les lieux. La brigade des affaires étranges et littéraires avait mis le paquet. Avec ses gadgets reliés à un satellite, Vic avait l’impression d’être James Bond, même si elle se sentait plus Artemis Fowl. Notre détective littéraire n’avait-elle pas de lointains liens de parenté avec Holly Short, ce qui lui donnait un petit côté mutin et farfadet ?

Aussi quand Geneviève arriva sur la plage accompagnée de Noémie, elle avait déjà repéré son arme. Aussitôt, elle fit en sorte que le Beretta s’enraye. Elle avait deviné les intentions de GV, surtout après que Claire Lovecraft lui avait fait son rapport et parlé des courses pour le moins bizarre de Geneviève au magasin de bricolage du coin. Et oui, l’Agence avait des collaboratrices un peu partout dans le monde. Et Lovecraft, si elle était bien la sensitivity reader qu’elle prétendait être, travaillait aussi comme officier de renseignements à la brigade des affaires étranges et littéraires.

Alors que Geneviève allait ouvrir la bouche, Vic ne lui laissa pas le temps de parler.

« Joli joujou que vous planquez là, accroché à votre string. Mais votre flingue ne vous servira à rien ici. C’est en alliée que je suis venue à votre rencontre. Je sais tout de vos soucis actuels. Et ensemble, nous allons les régler. Jouez avec moi, pas contre moi. J’ai des atouts dans mon jeu que vous n’avez pas Geneviève ! Et croyez-moi, je suis votre meilleure chance de retrouver votre vie d’avant.

 –  Mais…

 – Si vous me donnez votre parole que notre association est scellée, je vous raconte tout ce que je sais, même au sujet de Monsieur Antoine, le prête-plume de votre auteur bankable Claude France.

 – Quoi, Claude fait appel à un ghostwriter  ? »

Cette révélation déstabilisa notre éditrice. Une fois le choc encaissé, elle demanda à Noémie de bien vouloir l’attendre dans sa voiture.

« Si dans une heure je ne suis pas de retour, rentre seule. Je ne ferai raccompagner à mon hôtel. Ne sois pas inquiète pour moi, mon chou. »

Enfin seules, Vic et GV eurent une très longue conversation. À la fin de celle-ci, notre éditrice capitula et accepta sans contrepartie l’association que lui proposait Vic. Cette femme pleine de mystère et de charme était sans doute sa meilleure porte de sortie. C’est ainsi que Geneviève devint la nouvelle Flingueuse de Vic.

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 55
par Christophe Dubourg

Psychodrame

 Christophe Dubourg

L’attentat dans la librairie avait agi comme un électrochoc. Comme tout le monde, il avait lu les gros titres. Comme tout le monde, il avait frémi d’horreur.

Et comme tout le monde, il avait été ébranlé.

Parce que ça n’arrive pas qu’aux autres…

Hommes, femmes, ados, enfants, ils étaient nombreux à avoir péri dans l’incendie qui avait suivi la déflagration. Beaucoup trop. En première ligne, l’auteur Nicolas L.

Par ricochet, – l’homme préférait cependant le terme « association d’idées » -, il avait songé à Claude France.

Capuche relevée sur la tête – ce qui lui donnait au mieux l’allure d’un loulou de banlieue, au pire, celle d’un conspirateur de seconde ou troisième zone -, David Longneck baissa les yeux lorsque Noémie passa près de sa voiture pour regagner la sienne. Non qu’il ait eu peur que la jeune femme le reconnaisse, – après tout, ils ne s’étaient a priori jamais croisés – mais davantage parce qu’il n’était pas certain du bien-fondé de son action présente ni de ce pressentiment qui le taraudait depuis quelque temps.

Depuis que Claude France, ton patient préféré, ne te donne plus aucun signe de vie, médita-t-il en fourrant machinalement une demi-douzaine de Tic Tac dans sa bouche.

Noémie out, le psy avisa les environs. Balaya d’un regard suspicieux la plage dénuée de monde, privée d’activités autres que celle de ces deux femmes qui semblaient deviser ferme.

Geneviève donc, et puis « l’autre », qu’il n’avait jamais vue. Une femme qui semblait mener la danse.

Une personne de caractère, tout comme Geneviève l’est aussi, jugea-t-il en scrutant l’inconnue avec plus d’acuité encore.

Même s’il fallait qu’il s’entretienne avec l’éditrice, Longneck restait dans l’expectative. Un je-ne-sais-quoi désagréable le retenait, et même le chevillait à sa voiture. Le psy ne parvenait pas à mettre le doigt sur le détail quand bien même il avait l’intime conviction qu’il s’agissait là d’un élément fondamental. Crucial.

Et puis il y avait ce parfum dans l’air. Comme un arôme de malheur, une fragrance d’inéluctable, de mélancolie également, qui lui rappelait certaines musiques de films dont il était amateur. Peut-être pressentait-il aussi un tournant dans l’échange qui se jouait devant ses yeux depuis maintenant trente-trois minutes…

David Longneck soupira, pensa un instant appeler la police.

Pour leur raconter quoi ?

Leur dire qu’il avait quelques soupçons concernant les manigances de Geneviève à l’égard de Claude France ?

N’importe quoi !

Leur avouer que lui, David Longneck, 45 ans, psy pour ados, avait été l’amant de France pendant plusieurs mois ? Que ce dernier, en plus de s’assurer les services d’un ghostwriter pour la rédaction de ses inepties policières, trompait son monde depuis des lustres ?

Ridicule !

Longneck pris sa décision dans la seconde. Considéra les silhouettes sur la plage avant de claquer la portière de sa voiture.

Se dirigea vers les deux femmes alors que l’horizon rougeoyait et que les satellites espions qui n’avaient pas perdu une miette de ses gestes dardaient sur lui d’invisibles télescopes.

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 56
par Jean Luc Groner

Le Scrotum Maudit

Jean Luc Groner

 

Geneviève menait une discussion à bâton rompu avec Vic : comment son idole Claude France avait-il pu faire appel à un ghostwriter alors qu’il était tout pour elle, à savoir l’Eugène Sue du 21e siècle ? Impossible !

Quand soudain, dans son champ de vision, apparut le clone de Harrison Ford vêtu d’un bermuda à fleurs, avec une paire de chaussettes violettes fluorescentes dans deux superbes sandalettes Décathlon.

Geneviève, de suite sous le charme, interrompit sa conversation, subjuguée par ce bel étalon germanique qui se dirigeait droit vers elle d’une démarche dégingandée. Tout à fait son style. Mais d’où pouvait bien sortir ce monument de la mode ?

David Longneck avait longtemps hésité. Comment aborder ces deux créatures pour avoir un maximum d’impact ? Et surtout, comment pouvoir s’adresser à l’éditrice du siècle sans se faire renvoyer dans ses 25 mètres ?  Utiliser la méthode frontale avec un tir au but bien cadré ou bien procéder à plusieurs dribbles avant d’arriver à son objectif ?

David Longneck opta pour la première solution. Sous le coup d’une intense réflexion, il en était arrivé à la conclusion qu’il lui serait impossible d’user d’arabesques sémantiques et de ronds de jambe avec une telle créature avant de se lancer dans le vif du sujet.

David lâcha d’un trait sa phrase à toute vitesse, comme victime d’une soudaine diarrhée verbale :

« Claude France est mon amant, il m’a trahi, c’est un imposteur doublé d’un assassin. J’ai des soupçons quant à sa participation à l’attentat de la librairie de Paris. J’ai trouvé des preuves irréfutables de son double jeu. C’est lui qui a commandité la cryogénisation des testicules d’Elias Armand, j’ai trouvé dans le bac à glaçon de notre frigo, le scrotum congelé d’Elias.

Encore plus inquiétant, j’ai trouvé du semtex sous notre matelas… et je le soupçonne à présent de vouloir éliminer tous les auteurs de littérature noire. Il ne peut en rester qu’un seul, comme se plaisait si souvent à le dire Claude, je suis sûr qu’il a participé à l’attentat de la librairie. »

Geneviève et Vic, abasourdies par l’intrusion soudaine de David Longneck, restèrent bouche bée quelques secondes avant que Vic ne posât la seule question logique qui lui vint à l’esprit :

« Et comment avez-vous su qu’il s’agissait du scrotum d’Elias Armand ?

 – Facile, répondit David Longneck, Elias Armand était l’un de mes ex-petits amis… »

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 57
par Antoine de Lavallière

Le piège

Antoine de Lavallière

 

Geneviève, devant tant de spontanéité et de naturel de la part de ce bel étalon, reprit ses esprits :

« Ok, si j’ai bien compris, vous êtes le petit ami de Claude France et nous avons en commun d’avoir été trahis par lui. Mais que nous proposez-vous pour le coincer et aussi sauver notre peau auprès de la L.I.S. et de la KFC ? »

David déglutit deux fois avant de dire d’une voix rauque :

« C’est simple, il faut lui tendre un piège et lui faire avouer son double jeu pour mettre fin, une fois pour toutes, à ses agissements ignobles ! Et pour ça, il n’y a qu’une solution, le faire parler !»

« Je connais ses habitudes, je sais dans quel restaurant, il va dîner tous les soirs. Chaque soir à 19h pétante, il se rend au Procope Exotique, vous savez ce resto tahitien branché et littéraire. La solution la plus simple, je l’ai trouvée sur Facebook ! Vous savez, l’histoire de l’escargot à qui l’on met un tas de sel devant lui, et qui va devoir boire de l’alcool et qui va trébucher sur un bout de bois malencontreusement disposé devant lui et qui, pour terminer, va s’encastrer dans un rocher… eh bien c’est simple, nous allons faire la même chose avec Claude.

Ce que je vous propose est très simple, vous n’êtes pas sans savoir que Claude France est cinquième dan d’aïkido. Autrement dit il va falloir la jouer serré, même très serré pour le coincer, je m’explique… Je propose que l’une d’entre vous mette une perruque rousse, se rende à 19h05 au Procope Exotique et réserve une table non loin de celle de Claude. Vers 20h, vous irez aux toilettes et passerez à proximité de la table de Claude, vous trébucherez et verserez discrètement du Lasilix dans son verre de vin. Très vite, Claude pris d’une envie pressante quittera le Procope et ira uriner dans un périmètre de cinq cent mètres maximums.  Il n’utilise jamais les toilettes d’un restaurant, quel qu’il soit…

Là, Geneviève je propose que ce soit vous, le temps que Claude fasse sa petite affaire, vous lui saisissez et serrez brusquement les testicules. Il sera immobilisé ; j’en profiterai alors pour l’assommer, lui enfiler un masque sur la tête et le jeter dans mon quatre-quatre… Diabolique, non ?

Alors Mesdames, qu’en dites-vous ? »

Geneviève ne put s’empêcher de demander :

« Mais quel est le rapport avec l’escargot ? »

Sans hésiter, calmement et froidement David Longneck lui répondit alors :

 « Aucun, mais dans les deux cas il y a une succession de causes à effets tout à fait prévisibles… »

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 58
par Lulu Roberto

Un autre pacte sinon rien

 

Lulu Roberto

Vic, si elle avait feint l’étonnement, ne fut pas surprise par l’arrivée du psy. D’une part, les satellites-espions l’avaient prévenue de sa présence et d’autre part en fouillant dans la vie de Claude France, la liaison de celui-ci avec Longneck avait été découverte. Non ce qui la chagrinait, c’était la proposition que le psy retors leur faisait. Il y avait quelque chose de louche derrière tout cela. Quel intérêt avait le bel étalon à kidnapper son amant, si ce n’était de lui sauver la mise ? En plus visiblement Geneviève était tombée sous le charme de David. Elle allait devoir la désenvouter.

Bon, elle allait aussi devoir la jouer fine. Sa priorité restait Monsieur Antoine et Francis T. Aussi, accepta-t-elle la proposition du psy afin de s’en débarrasser dans un premier temps.

— OK monsieur Longneck, on se retrouve donc ce soir à 19 h aux abords du Procope Exotique. Et on mettra votre plan à exécution. En attendant, nous avons quelques autres affaires présentes à régler GV et moi, alors veuillez nous excuser, le temps presse.

Ainsi, les deux femmes prirent congé et laissèrent seul Longneck à ses pensées.

Vic s’assura qu’il ne les suivrait pas. Et elles filèrent vers l’hôpital afin que Geneviève l’aide à comprendre ce qui clochait avec ce mec blessé à mort censé être le Jaguar.

Francis T. avec ses deux balles dans le crâne était toujours en vie, c’était incroyable, quel maléfice était ici à l’œuvre. Pour Vic s’était certain, Francis T. n’était plus Francis, mais c’est Geneviève qui leva le voile sur cette énigme. En voyant le corps allongé de notre bel ange luciférien, elle ressentit au plus profond d’elle un vif dégout, le même qu’en présence d’Elias Armand. Vic compris alors que le transfert Corpame avait bien eu lieu. Et si on avait bien retrouvé Elias Armand, il allait falloir jouer serrer pour tenter de coincer le mal qui se tramait derrière tout cela. Car c’était certain maintenant, tout cela était lié. Le naufrage, l’attentat à la librairie et les rivalités exacerbées qui régnaient depuis quelque temps entre la LIS, la KFC et l’ADN n’étaient visiblement que les prémisses d’un grand malheur à venir.

Qui avait assez de pouvoir dans les milieux littéraires et les cercles de l’enfer ? Qui tirait les ficelles ? C’est ce que Vic allait devoir découvrir. Pour cela, il lui faudrait du renfort, mais aussi sans doute pactiser avec l’ennemi. Plus de temps à perdre, Vic devait au plus vite rencontrer Monsieur Antoine et convaincre cet ancien grand flic de reprendre du service, mais aussi de mettre de l’ordre dans la Ligue qu’il avait créée, car il n’était pas exclu qu’il y soit un ou des traitres dans les rangs de la L.I.S.

Ensuite il serait temps de faire un sort à David Longneck ou de passer un accord avec lui aussi et son supposé scrotum cryogénisé.

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 59
par Danielle Thiéry

À moi, on me la fait pas !

Danielle Thiéry

Alors là, les gars, on nage en plein délire…

On a perdu le fil et surtout, on a perdu la trace de la moitié des auteurs de polars du monde entier. Les voilà anéantis, carbonisés, cryogénisés du scrotum, aplatis comme des limandes au fond de l’océan, pulvérisés au semtex façon puzzle. L’autre moitié croupit sur une île en plein Pacifique, précisons quand même qu’il n’y a que des mecs, ça devrait déjà poser question mais, visiblement, personne ne veut rien entendre. Pendant que deux espèces de fausses détectives essaient de s’entretuer à Tahiti sans même chercher à vérifier le bien-fondé de ce fichu naufrage ni de comprendre comment et pourquoi le célèbre Nicolas L. aurait pu fomenter un attentat à la bombe dans une librairie en s’y faisant sauter au passage, deux rois d’opérette essaient de nous faire croire que l’un d’entre eux pourrait être ou devenir le King absolu et universel du polar. Indétrônable parce que seul à boxer dans sa catégorie, ça s’appelle un gros enfumage. On a vu passer la reine des abeilles qui prétend tirer la bourre à la bande à San A lequel n’est autre que le ghostwriter d’un de nos tigres de papier, j’ai nommé Claude France. Ce génie de l’embrouille a d’ailleurs bien failli être déglingué par Elias, le mec qui a laissé ses couilles dans la bataille avant de se réincarner dans la peau de son cousin Francis lequel, à l’instant où je vous parle, agonise avec deux balles d’argent dans la tronche dans un hôpital à Tahiti, un lieu où il ne fait finalement pas si bon vivre si on considère la concentration de relous qui s’y trouve. Alors que GV, l’éditrice perverse et, soit dit en passant, plutôt chaude du réchaud, tente d’éliminer Vic, une improbable enquêtrice littéraire qui ne lui a rien fait, voilà que passe, telle une comète, Patrick, un spécialiste des neurosciences très vite supplanté par David, un psy pour ados. Lui, il a baisé (au sens sexuel je précise) quasiment tous ces types – qu’il identifie sans peine à leur scrotum nécrosé, je sais pas vous mais moi j’ai jamais vu ça dans ma longue carrière à la Crim – et le voilà qui se met en tête de kidnapper celui qui semble bien être le pivot de l’affaire, ce fameux salopard, tricheur et j’en passe, de Claude France qu’il a baisé aussi dans des circonstances plus que troubles. Mais on se doute que les intentions du psy ne sont pas pures parce que, pour parvenir à ses fins, il n’a trouvé qu’un truc : que cette obsédée de GV broie les roustons de l’infâme Claude France pendant qu’il fait pipi, dans la rue évidemment sinon ce ne serait pas drôle, et décidément, cette histoire de testicules ça devient obsessionnel. Ah ! et ça se passe aussi à Tahiti quand je vous dis que cet archipel n’a de paradisiaque que l’idée qu’on s’en fait.

Heureusement que je suis là pour dépatouiller tout ça. Rien ne vaut un flic, un vrai qui avance avec la méthode du rouleau compresseur, qui dispose des vraies ressources techniques et scientifiques, qui analyse les données satellitaires, téléphoniques et Internet, ça va de soi, et traque le moindre échange entre tous ces baltringues qui se fient à la légende du flic vue basse et chaussettes à clous pour s’autoproclamer détectives.

Alors, les faits, rien que les faits. Un naufrage suspect, des survivants localisés sur une île déserte, un attentat dans une librairie, le monde du noir en plein marasme, ça commence à faire beaucoup non… Coup de pub ou coup de génie ? J’ai ma petite idée, vous l’avez compris, et quelques indices graves et concordants à produire le moment venu.

Alors au risque de me faire rattraper par la patrouille des #metoo et de la NRF (la Nouvelle Révolution Féministe, tiens on l’a oubliée celle-là dans la liste des ligues et coteries à la mords moi le nœud), j’ai envie de dire : cherchez la femme.

Barbara A. est-elle bien morte comme on vous l’a fait croire ? GV est-elle juste une éditrice bonne fille et un peu folle du cul ? Qui se cache derrière les Vic, Noémie, et autres ombres que vous avez vu passer dans les épisodes précédents ?

Le King est-il un homme, finalement ?

Et Claude France ?

Et, posez-vous la question : un mec sans couilles est-il vraiment un homme ?

Alors, laquelle de ces nanas, dévorée d’ambition ou lasse d’attendre d’être promue Queen du noir, à votre avis, a orchestré tout ce mic-mac ?

Mais ça, mes gaillards, ne comptez pas sur moi pour vous le dire. Les infos de cette taille ça ne se partage pas. Au mieux ça se monnaie, au pire…

 

Exquis Cadavre exquis Saison 2 Episode 60
par Chantal Criscuolo

Opération Escargot

Chantal Criscuolo

 

Après avoir expliqué son plan, David Longneck se retrouva tout seul plus vite qu’il n’aurait voulu. Certes, l’interlocutrice de Geneviève avait tout de suite acquiescé, trop vite peut-être, à sa proposition. Lui voulait avant tout mettre la main sur son ex-amant, lui faire avouer toutes ses trahisons, sexuelles surtout. Ah, bien sûr, lui-même n’était pas un saint, il aimait goûter à la chair fraîche de temps à autre, se frotter peau contre peau à une quelconque célébrité si l’occasion se présentait, mais Longneck n’avait pas l’impression de trahir Son Amour, Claude France, sa Belle Plume, pour ne pas dire autrement… Mais cette fois, savoir que France exploitait le talent d’écriture d’un autre et se l’appropriait, et qu’en plus il avait trempé dans un attentat, c’était trop. Alors, il allait souffrir, c’était décidé. Au volant de son 4×4, avant même d’avoir démarré, David imaginait déjà quelque torture raffinée, genre « mille coupures » ou pal à l’ancienne. Bon, peut-être un peu compliqué à mettre en œuvre…

Surgit brusquement, dans ses pensées, Geneviève. Elle n’avait pas dit grand-chose, la fameuse éditrice, terreur des auteurs médiocres, mais corne d’abondance pour les meilleurs. Elle avait arboré, bizarrement, un regard qu’il n’aurait pas hésité à qualifier de langoureux si elle avait été un homme… Lui aurait-il tapé dans l’œil ? Lui, le sosie d’Harrison Ford période Indiana Jones (quoique les chaussettes dans les sandalettes aient pu évoquer un certain président de la République…), à qui il arrivait de gonfler discrètement le biceps devant un bel éphèbe, se retrouvait réduit à jouer de son charme envers une femme pour arriver à ses fins…. Il se sentit un peu déçu, sinon déchu. Mais baste. À la guerre comme à la guerre, l’objectif, rien que l’objectif.

Il démarra enfin. Un coup d’œil circulaire lui avait permis de constater que Geneviève et sa comparse avaient disparu. Le rendez-vous était à 19 h, il avait encore quelques heures à tuer, si l’on peut dire.

Le Procope Exotique, sorte de dernier salon où l’on cause et se montre en chipotant son poulet fafa, ou encore mieux, un fafaru  (David Longneck n’avait jamais compris comment on pouvait avaler ce thon servi dans de l’eau de mer avec des têtes de crevettes fermentées…), ne payait pas de mine de prime abord. Rien à voir avec l’original, avec ses lustres, miroirs et dallage blanc et noir… Une grande salle, des tables espacées, nappes blanches, éclairage indirect… Presque austère. De toute façon, David n’allait pas s’y installer. Il avait garé son 4×4 dans une rue en retrait, et guettait l’arrivée de Claude France. Celui-ci fut ponctuel, comme prévu, bientôt suivi dans le restaurant par une jeune femme d’un roux flamboyant, l’air conquérant. Elle portait sous le bras ce qui pouvait passer pour une sorte de manuscrit. Autant faire couleur locale dans ce Procope des îles, rendez-vous des plumes sans doute frustrées. David supposa que le Lasilix prévu se trouvait dans ce sac aussi minuscule que ridicule qu’elle balançait à sa main gauche. L’opération escargot était lancée.

Longneck était tellement absorbé par le déroulement de son plan qu’il faillit hurler quand il sentit soudain se coller à son dos une paire de seins conséquente et une main glisser gentiment sur son torse….

6 réflexions sur “Exquis Cadavre exquis saison 2 : Un pacte sinon rien, la récap. livre 5

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