Vienne la nuit, sonne l’heure de Jean-Luc Bizien

Aujourd’hui c’est « Double Chronique »

sur Collectif Polar

Mamie Danièle et Eppy Fanny sont venir chacune leur tour vous parler d’un même livre.

Alors prêt(e)s pour la Double Chronique ?


Le livre : Vienne la nuit, sonne l’heure de Jean-Luc Bizien – Paru le 07 juin 2012 chez 10/18 – collection Grands Détectives – Le broché d’occasion uniquement – Le prix : epub  10.99 € (380 p.) ; 18 x 11 cm

 

4ème de couverture :

Qu’est-ce que la violence ? Une question singulière à laquelle
l’aliéniste Simon Bloomberg va chercher à répondre… pour
son plus grand malheur. Au fil des jours, les troublantes
confessions de ses patients révèlent leur part de cruauté la plus
sombre. Dès lors, le praticien est plongé à son tour dans un
tourbillon de fureur, au risque de se perdre lui-même au cœur
des ténèbres. Quand un psychiatre est pris dans l’engrenage de
la violence.

L’auteur : Jean-Luc Bizien est un auteur de romans policiers, de science-fiction, de fantasy, de littérature jeunesse, de livres-jeu, né au Cambodge en 1963.
Il écrit également sous les noms de plume Sean McFarrel et Vuk Kovasevic.
Il est le frère de l’illustrateur Éric Bizien.
Il a grandi au Cambodge et vécu aux Comores avant de s’installer en Normandie, où il a étudié l’anglais et intégré l’École normale de Caen comme major de promotion en 1984.
Pendant quinze ans, il a enseigné auprès de l’enfance en difficulté, dans les ZEP et les instituts spécialisés.
Il a publié en 1989 son premier jeu, Hurlements. Puis, en 1994, lui a été décerné le prix Casus Belli du meilleur jeu de rôles pour Chimères (Ed. Multisim). Les Éditions Bayard vont également le solliciter et pour Jean-Luc Bizien, c’est l’occasion d’écrire une trilogie médiévale fantastique, dont le premier livre est publié en 1999 et se voit alors, nommé directeur de la « Collection Imaginaires ».
En 2000, il publie son premier thriller fantastique, Le masque de la bête, suivi en 2001 d’un roman historico-policier La muraille, deux romans que l’auteur a adapté de son premier jeu de rôles Hurlements.
En 2001, il quitte définitivement l’Éducation Nationale pour se consacrer à l’écriture.
Outre Vivez l’aventure, sa collection best-seller chez Gründ, il a publié chez Plon Wendy et les mutants (2006-2007), une trilogie qui rencontre un grand succès auprès du jeune lectorat.
En 2009, il crée le personnage de l’aliéniste Simon Bloomberg pour La Cour des miracles (2009-2012), une trilogie de romans policiers historiques se déroulant en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Jean-Luc Bizien reçoit le prix Gérardmer Fantastic’Arts 2002, le prix du roman d’aventures en 2002, pour La Mort en prime time, le prix Lion noir en 2011 pour La Chambre mortuaire et le prix Sang d’encre 2016 pour Le berceau des Ténèbres.
Extraits :
« Ainsi allait Paris ! Autrefois, on pouvait s’y promener sans risquer une mauvaise rencontre… Hélas, trois fois hélas, les choses avaient changé aujourd’hui. La sécurité n’était plus assurée nulle part, les agressions se multipliaient et – il fallait avoir la lucidité de le constater – tout allait de mal en pis, malgré les efforts redoublés de la Sûreté.
Et ça n’était pas l’inspecteur Desnoyers qui le contredirait ! Léonce croisait parfois Simon Bloomberg dans le quartier Saint-Michel. Les deux hommes, que les tragiques événements de l’Exposition universelle avaient rapprochés, prenaient alors le temps de boire un verre à la terrasse d’un café. Ils parlaient sans faux-semblants de leurs métiers respectifs et s’accordaient sur un point : l’Homme ne s’améliorait guère. On assistait même à un phénomène fascinant : plus le progrès lui offrait confort et avancée, plus « l’animal humain » en revenait à des pensées primitives, à des comportements relevant de la sauvagerie… »

 

« Le mensonge ?
Épineux sujet.
Pourquoi le mensonge me plonge-t-il dans une telle rage ? Pourquoi ne suis-je pas capable de l’analyser pour ce qu’il est : un simple déni, une fuite de la réalité ?
Le mensonge, quel qu’il puisse être, me cause souffrance. C’est à la fois une insulte à mon intelligence et la preuve d’une défiance à mon égard – sans doute est-ce là que le bât blesse.
Lorsque l’on me conte des sornettes, je le perçois vite – sur-le-champ, dans la plupart des cas. J’ai toujours eu cet instinct qui me permet de saisir ce qui, dans une fable, relève de la pure fantaisie.
Bien sûr, certains menteurs sont plus doués que d’autres. Ils inventent des histoires plus souvent qu’à leur tour, savent masquer sous un visage lisse et des yeux transparents les pires fourberies…
Mais ils ne parviennent pas à m’abuser longtemps.
Je lis le mensonge.
Je le sens, je le devine. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Vienne la nuit, sonne l’heure – JL Bizien – Bloomberg tome 3

J’étais heureuse en sachant que j’allais retrouver les personnages de la série Bloomberg, comme si je retrouvais de vieilles connaissances. En effet aux côtés de l’aliéniste, sa gouvernante, Ulysse l’incontournable qui me fait penser au Lennie de Steinbeck, ses amis de « la sûreté », son jeune confrère, la cuisinière et l’horrible femme de chambre s’annonçait un bon moment de lecture. Je n’ai pas été déçue car l’ambiance créée dès le tome 1 était bien au rendez-vous. Ce Paris rétro et sa vie nocturne des café-concert, ses calèches et le téléphone rare, les débuts de la police scientifique, … Que dire de l’intrigue sans dévoiler … nous touchons ici l’intimité de Bloomberg qui en plus a décidé de consigner ses questionnements dans un journal intime. L’artifice permet de suivre les états d’âme de l’aliéniste, en phase d’accepter son deuil mais encore en choc post-traumatique du fait du tome 2. Il rencontre les limites du secret professionnel quand il se rend compte de la proximité de deux nouveaux patients qui le consultent. Il se confronte à son implication personnelle dans la résolution d’un cas de violence conjugale. Il est toujours baigné d’humanisme.

Un très bon moment de lecture avec ce charme désuet d’un vocabulaire riche, ce côté immersif dans une époque aux préoccupations assez proches des nôtres en fait. Le véritable exotisme peut-être est-il dans la plongée dans les catacombes ?

Il est préférable d’avoir lu les deux premiers épisodes de cette saga avant celui-ci et … que dire quand on sait que le tome 4 est écrit mais qu’il n’a pas encore trouvé d’éditeur …

Lu en version numérique.

 

Autres extraits :

« Sarah avait devant elle les plans détaillés des souterrains qui couraient sous la capitale. Un incroyable réseau de galeries et de cavernes, qui étendait sa toile sous les rues de la capitale, dessinant un monde parallèle, voué à la nuit perpétuelle.
Sarah en demeura estomaquée.
Pour quelle raison l’aliéniste avait-il demandé ces plans ?
On racontait tant de choses à ce propos que l’on ne savait plus vraiment ce qui, des légendes ou de la vérité, l’emportait. On évoquait à voix basse des messes noires, des cérémonies impies organisées par des fous. On affirmait avec des mines effarées que certains n’hésitaient pas à s’y enfermer pour invoquer les esprits. On disait aussi que des groupes politiques y fomentaient la révolte. On murmurait parfois que les morts, fâchés de voir leurs ossements profanés, se levaient pour se venger, frappant sans discernement tous ceux qui osaient troubler leur repos éternel… »
 
« Il esquissa un sourire en songeant que ce rituel l’apaisait, à chaque fois. Il se figura la manie d’Ulysse, qui ne pouvait s’empêcher de triturer sa casquette quand il était concentré ou joyeux. Le visage de Léonce et son cérémonial de la pipe, qu’il récurait et bourrait avec application quand il lui fallait réfléchir, lui apparurent soudain. Bloomberg revit défiler la silhouette d’Antonin dans son bureau, quand il faisait tourner le pommeau de sa canne chaque fois que la colère le submergeait…
Il sut d’instinct que le sujet de réflexion du jour était là et, de son écriture élégante, inscrivit « Rituels et manies diverses » en tête de page.
Passant une main sur ses joues, il fit crisser sa barbe.
Par où commencer ?
Chacun était sujet à ce type de comportement et développait, selon sa nature et sa sensibilité, un cérémonial intime qui lui permettait de conserver le contrôle… »
 

5 réflexions sur “ Vienne la nuit, sonne l’heure de Jean-Luc Bizien

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